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Revue de Presse | 11.08.2008

 

À LA UNE

Guerre au Caucase

Guerre au Caucase

 

Le conflit qui couve entre la Russie et la Géorgie s'envenime : vendredi, les troupes géorgiennes ont envahi la province séparatiste d'Ossétie du Sud, la Russie a répondu ce week-end par une riposte d'ampleur. La presse européenne analyse cette crise qui se déroule aux portes de l'UE. » suite

Extraits des publications suivantes:
Dnevnik - Slovénie, The Times - Royaume-Uni, Gazeta Wyborcza - Pologne, Magyar Nemzet - Hongrie, Le Figaro - France

Dnevnik - Slovénie

Le quotidien Dnevnik dresse un sombre tableau des suites que pourraient prendre le conflit en Ossétie du Sud : "En s'étendant rapidement, la guerre du Caucase pourrait, ces prochains jours, déborder des frontières de la Géorgie et l'Europe se verrait alors confrontée à la plus grave crise se déroulant à ses portes depuis la Seconde Guerre mondiale. La guerre de Yougoslavie pourrait disparaître dans les dernières pages des livres d'histoire comparée à l'ébullition caucasienne. Depuis l'implosion de l'Union soviétique, jamais le monde n'avait été aussi prêt d'une nouvelle guerre froide. … Les doutes concernant le retour de la Russie parmi les puissances mondiales se sont désormais définitivement envolés. Les relations entre Moscou et l'Occident sont redéfinies. Ces événements ont relancé la peur ancestrale de l'ours russe." (11.08.2008)

The Times - Royaume-Uni

Le quotidien The Times met en garde la Russie contre les conséquences de l'intervention brutale à l'encontre de la Géorgie : "La Géorgie cherche raisonnablement à établir des relations étroites avec l'Occident. Elle voit également les Etats baltes comme un précédent pour les anciennes républiques soviétiques cherchant à adhérer à l'OTAN. Le néo-impérialisme pratiqué par Moscou est une motivation évidente pour la Géorgie de maintenir cette stratégie. La Russie ne peut pas être considérée comme un arbitre plausible dans les conflits qui agitent cette région si elle ne reconnaît pas les objectifs légitimes des autres Etats. Les gouvernements occidentaux, comme tous les autres, ne veulent pas de conflit dans cette région. Mais cela a un prix d'envoyer des messages muets ou à double tranchant. L'attitude la Russie est inadmissible. Elle devrait être mise en garde contre le risque d'être frappée d'ostracisme sur le plan international si elle ne se retire pas." (11.08.2008)

Gazeta Wyborcza - Pologne

Le quotidien Gazeta Wyborcza publie une déclaration commune des présidents de l'Estonie, de la Lettonie, de la Lituanie et de la Pologne dans laquelle ces hommes politiques protestent sévèrement contre l'intervention de la Russie dans le Caucase. "Nous, dirigeants de nations d'Europe de l'Est autrefois réduites à l'esclavage, aujourd'hui membres de l'Union européenne et de l'OTAN - Estonie, Lettonie, Lituanie et Pologne, exprimons notre grande inquiétude quant à l'intervention de la Fédération de Russie vis-à-vis de la Géorgie. … En réponse aux activités militaires unilatérales des forces armées russes, nous mettrons en œuvre tous les moyens dont nous disposons en tant que présidents pour s'assurer que l'agression de ce petit Etat d'Europe ne soit pas tue ou diminuée par des déclarations insignifiantes qui mettent les victimes et les agresseurs au même rang … Il faut que l'UE et l'OTAN prennent l'initiative et s'opposent à l'extension de la politique impérialiste et révisionniste en Europe de l'Est." (11.08.2008)

Magyar Nemzet - Hongrie

Le journal conservateur Magyar Nemzet tient le président géorgien Mikheïl Saakachvili comme principal responsable de l'escalade du conflit en Ossétie du Sud : "Mikheïl Saakachvili se trouve dans une situation difficile. … Même s'il domine la presse mondiale avec sa rhétorique, en pérorant un jour sur une nette victoire, un autre sur un retrait des troupes, une agression de la Russie ou sur la démocratie et les valeurs occidentales (après avoir brisé des manifestations, truqué des élections et réduit en cendres la capitale d'Ossétie du Sud, Tskhinvali), une chose est claire malgré le vent de l'Occident qui lui est favorable : le président géorgien a commis une erreur de calcul considérable. … Saakachvili et la Géorgie ont probablement provoqué le plus grand conflit international depuis des années. … Le président géorgien a mêlé ses souhaits à la réalité et s'est visiblement trompé dans ses estimations. … Il n'avait pas envisagé sérieusement des répliques de Moscou. Ou bien son calcul se limitait-il à mettre l'agression sur le dos de la Russie. … Dans tous les cas, Saakachvili a marqué un but puissant mais contre son propre camp." (11.08.2008)

Le Figaro - France

Le Figaro voit l'UE - et en particulier la présidence française du Conseil de l'UE - dans un rôle de médiateur dans le conflit en Ossétie du Sud : "La phase diplomatique qui s'ouvre à propos du conflit en Ossétie du Sud va être plus compliquée que les opérations militaires engagées. Au-delà du sort d'une province indépendantiste de Géorgie et bientôt d'une deuxième, l'Abkhazie , c'est l'ensemble des relations entre la Russie et l'Occident qui est dans la balance. … A la tête de l'Europe, la France se trouve à une position clé pour mener une médiation déterminante pour l'avenir des relations Est-Ouest. … Entre les États-Unis et la Russie, l'Union européenne est en première ligne. En prolongeant l'initiative allemande sur l'Abkhazie, la diplomatie européenne doit trouver le moyen d'engager une médiation avec Moscou pour préserver la paix sur notre continent. C'est une lourde responsabilité pour la présidence française." (11.08.2008)

POLITIQUE

Diário de Notícias - Portugal

Jeux politiques

Dans son éditorial d'aujourd'hui, le quotidien Diário de Notícias commente l'influence de la politique mondiale sur les Jeux olympiques : "Les Jeux olympiques de Pékin seront peut-être les Jeux les plus politisés de tous les temps. Mais pas pour les raisons attendues : le sujet n'est pas la confrontation de la Chine avec les Etats-Unis, ni les droits de l'homme ou la censure. Au moins deux situations du monde réel se sont déjà traduites dans les Jeux : … l'Iranien Mohammad Alirezaei n'a pas couru le 100 m à la brasse. L'explication officielle était qu'il ne se sentait pas bien, mais on soupçonne qu'il s'est retiré parce que le nageur israélien Tom Beeri participait à cette course. … Sur le podium, les championnes du tir au pistolet Natalia Paderina (Russie) et Nina Salukwadse (Géorgie) sont tombées dans les bras l'une de l'autre. Cela n'aurait rien eu d'exceptionnel si leurs pays n'étaient pas justement en guerre. … Le Comité international olympique (CIO) a dores et déjà déclaré qu'il vérifierait les raisons du forfait de l'Iranien. Par ailleurs, le CIO devrait être fier de l'embrassade des deux tireuses. Dans ces moments-là, on ressent la force sportive et apaisante des Jeux olympiques." (11.08.2008)

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

De grands mots, des petites actions

Le 1er octobre prochain, l'Allemagne quittera la direction de la mission de police européenne (EUPOL) en Afghanistan. Le quotidien Süddeutsche Zeitung revient sur les efforts déployés jusqu'à présent par l'Occident pour le développement de la troupe de police afghane. "Sans une police fonctionnelle, l'Afghanistan ne sera jamais en mesure d'assurer lui-même sa sécurité. Tous les experts sont d'accord sur ce point. Tel est justement l'objectif de l'intervention de l'Occident, coûteuse et accusant de plus en plus de pertes : pouvoir se retirer n'importe quand sans que ce pays du massif d'Hindou Kouch soit redevenu un camp de base de terroristes. A l'aune de cet objectif, les précédents efforts sont bien maigres. … Différents projets s'opposent : les Allemands privilégient une force de l'ordre organisée civilement, les Américains misent davantage sur une troupe paramilitaire. … De grands mots suivis de petites actions. … L'Occident n'a plus beaucoup de temps. Les signaux montrant que les Afghans ont de moins en moins confiance dans les promesses de l'Alliance se multiplient." (11.08.2008)

Libération - France

Le nouveau dirigeant de la Mauritanie prend la parole

Cinq jours après le coup d'Etat en Mauritanie, le général Ould Abdel Aziz explique les raisons de ce putsch dans une interview au Libération : "Nous n'avons pas fait de coup d'Etat ! Nous avons simplement réagi à une situation qui n'était plus souhaitée par le peuple mauritanien. D'ailleurs, on le voit, l'ex-Président a perdu ses soutiens au cours des dernières semaines. Quant aux réactions de la communauté internationale, elles sont tout à fait normales. Nous avons de très bonnes relations avec ces pays. Dans les jours et semaines à venir, ils seront rassurés. … Le Président a failli détruire le système militaire et sécuritaire de son propre pays. Nous avons tenté de le raisonner. … Mais il n'a rien voulu entendre. … Nous allons instaurer un climat de confiance entre les acteurs politiques de tous bords. Au niveau économique, nous souhaitons donner des signaux de bonne gouvernance et éradiquer la corruption." (11.08.2008)

Pražský deník - République tchèque

L'ex-premier ministre Zeman et les médias

L'ancien premier ministre tchèque Miloš Zeman, actuellement en préretraite politique, tente une nouvelle fois d'obtenir la présidence à Prague. Pendant le creux estival, les médias parlent presque quotidiennement de lui. Le journaliste Karel Hvížďala les critique tous deux : Zeman et les médias. "Même au temps des vaches maigres, la couverture médiatique concernant Zeman est incroyable. Zeman s'est inscrit dans nos livres d'histoire comme un politicien irresponsable, mal dégrossi, qui a contribué à l'affaiblissement de notre pays. Il a traité les Autrichiens d'idiots, il a crié aux Allemands des Sudètes qu'ils devraient s'estimer heureux de ne pas avoir tous été tués après la guerre. … Les médias devraient savoir que Zeman n'a aucune chance. Ils ne font pas d'analyses mais se contentent de faire le jeu d'un lobby. Pourtant il serait facile de démasquer Zeman." (11.08.2008)

RÉFLEXIONS

La Vanguardia - Espagne

Naomi Klein au sujet de la guerre en Irak

Dans un article intitulé 'Le capitalisme du désastre', l'écrivain et opposante à la mondialisation, Naomi Klein, analyse dans le quotidien La Vanguardia la phase actuelle du système économique mondial. Elle écrit entre autre sur la guerre en Irak : "Certains des architectes de la guerre d'Irak ne nient même pas que le pétrole a été l'un des principaux motifs de l'invasion. Fadhil Chalabi, l'un des principaux conseillers du gouvernement Bush pendant les mois qui ont précédé la guerre, a déclaré récemment que l'invasion était 'une action stratégique des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne dans le Golfe persique visant à assurer l'approvisionnement en pétrole à l'avenir.' Occuper d'autres Etats en raison de leurs richesses minières est illégal selon la Convention de Genève. Cela signifie que le travail de reconstruction de l'infrastructure en Irak - y compris l'infrastructure pétrolière - incombe aux envahisseurs. Ils doivent payer les réparations. (Il ne faut pas oublier qu'en 1990, le régime de Saddam Hussein a versé 9 milliards de dollars de réparation au Koweit en 1990 après son invasion). Au lieu de cela, on oblige l'Irak à vendre 75 pour cent de ses ressources minières pour payer la facture d'une invasion et d'une occupation illégale." (11.08.2008)

Revista 22 - Roumanie

Le puissant lobby de la Roumanie

Dans le magazine d'informations Revista 22, le spécialiste britannique en sciences politiques, Tom Gallagher, pose un regard critique sur la relation entre l'Etat roumain et les institutions de l'UE. "Le fait que l'élite [politique] de Bucarest ait réussi à établir un lobby très influent pour la Roumanie dans les institutions multidimensionnelles confuses qui gouvernent l'Union européenne … était un sérieux signal d'alarme. Bucarest a fait preuve d'habileté en proposant des contrats pour des projets d'infrastructure à la fois à des acteurs économiques ayant une certaine influence à Bruxelles et aux partis qui dominent certains des Etats clés de l'Union. Grâce à ce lobby, la Roumanie devrait adhérer [à l'UE] sur la base d'une longue liste restée insatisfaite. … Le rapport de la Commission de l'UE du 24 juillet dernier met en lumière un … système de justice largement contrôlé par des puissances corrompues. Dans ce contexte, il apparaît clairement qu'il n'existe aucune volonté politique suffisante au sein de l'UE pour prendre des sanctions à l'encontre de la Roumanie. Les sociaux-démocrates et les libéraux du Parlement européen se sont de plus en plus rapprochés des communautés d'intérêts et de pouvoir qui gouvernent la Roumanie derrière les coulisses. Cette réalité rend improbable l'idée que le Parlement de l'UE commandé par des favoritismes [mutuels] sera à un moment donné capable de représenter les intérêts du citoyens moyen européen." (11.08.2008)

Dagens Nyheter - Suède

Cher monde, arrête-nous s'il-te-plaît !

Dans le quotidien Dagens Nyheter, l'intellectuelle américaine, Naomi Wolf, nous fait part de ses doutes quant à son amour pour sa patrie, les Etats-Unis, et aborde la question des nombreuses images et nombreux rapports sur la torture et les crimes de guerre que ses compatriotes ne veulent pas croire. Dans son article, elle lance un appel au monde : arrête-nous s'il-te-plaît ! "Nous nous sommes préoccupés par notre poids et nous allons faire des courses", écrit Wolf. "Nous sommes devenus une nation sans loi, un véritable danger pour les lois internationales et la stabilité mondiale des pays civilisés qui étaient nos alliés. Nous figurons à juste titre sur la liste canadienne des pays brutaux ayant recours à la torture. … Aujourd'hui, nous, les Américains, sommes incapables de nous aider nous-mêmes. De la même manière que les toxicomanes ou les malades mentaux qui refusent de se laisser soigner, nous sommes dépendants de l'intervention de nos amis. Rappelez-vous comment nous étions dans des temps meilleurs et agissons pour nous sauver et sauver le monde de nous-mêmes. Peut-être pourrais-je alors aimer à nouveau mon pays." (11.08.2008)

ÉCONOMIE

Les Echos - France

Le syndrome de la stagflation

Les Echos analyse le phénomène de "stagflation" qui est désormais perceptible en Europe : "Les symptômes se multipliaient ces dernières semaines. Désormais, il n'y a plus de doute. L'Europe est, à son tour, touchée par le syndrome de la stagflation. La Grande-Bretagne et l'Italie ont été les premières atteintes. Toutes les capitales, jusque Berlin, s'apprêtent désormais à en reconnaître les méfaits. Après avoir rêvé, il y a un an, de voir la crise du 'subprime' cantonnée à l'immobilier américain, … la réalité s'impose. … Certes, il ne faut pas dramatiser et imaginer qu'une récession est inéluctable. … Encore faudrait-il que l'accalmie sur la parité euro-dollar et les matières premières persiste. En ces temps incertains où la moindre étincelle met le feu à toutes les poudrières, rien n'est moins sûr. L'affrontement entre la Russie et la Géorgie sur l'Ossétie en constitue le rappel le plus inquiétant. Aux portes de l'Europe." (11.08.2008)

CULTURE

El Mundo - Espagne

Opposition à la politique linguistique régionale

Selon des informations du quotidien espagnol El Mundo, la Chambre de commerce allemande en Espagne s'est prononcée contre la politique linguistique de la région autonome des îles Baléares. Les entreprises devraient pouvoir prochainement servir leurs clients en catalan dans cette région. El Mundo donne raison à la Chambre de commerce et critique la politique linguistique régionale : "Il ne s'agit plus seulement d'estimer les graves dommages entraînés par le fait que l'espagnol n'est plus parlé dans les écoles, les établissements de santé ou dans les administrations des régions des îles Baléares, de Catalogne, du pays basque et de Galice, mais aussi d'évaluer les répercussions de cette politique linguistique … sur l'économie nationale. Les gouvernements [régionaux] nationalistes ont transformé la discrimination positive [en faveur des langues régionales] en une sorte d'impôt linguistique qui n'est pas acceptable et qui va à l'encontre de l'intérêt commun. Surtout dans une crise économique comme celle que nous vivons actuellement." (11.08.2008)

To Vima - Grèce

Critique du cours de religion

Jusque récemment, les parents dont les enfants ne voulaient pas participer au cours de religion délivré dans les écoles grecques, devaient justifier cette décision par l'hétérodoxie ou le manque de croyance en la religion chrétienne. Désormais, cette obligation a été levée sous la pression de l'Union européenne. Le quotidien To Vima analyse dans ce contexte le cours de religion en Grèce. "La grande hérésie se situe dans la mentalité des enseignants grecs ou … chez ceux qui pensent que le cours de religion doit avoir un caractère informatif et non pas être un cours d'histoire des religions - comme ce devrait pourtant l'être. … Il est évident qu'aujourd'hui, l'influence de la religion joue un rôle décisif. … Pensons [seulement] aux altercations sanglantes entre Islamistes et hétérodoxes. … Tout ceci reste incompréhensible si aucune analyse ni aucune explication des différences dogmatiques et des objectifs universels des églises ne sont données." (10.08.2008)

 

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