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08.01.2009

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Revue de Presse | 26.09.2008

 

À LA UNE

La fin du capitalisme ?

La fin du capitalisme ?

 

Après que la crise financière mondiale semble avoir atteint son paroxysme, les experts de toute l'Europe se demandent si le capitalisme tel que nous le connaissons a fait son temps. L'heure d'un nouvel ordre économique international est-elle venue ?

Extraits des publications suivantes:
NRC Handelsblad - Pays-Bas, La Repubblica - Italie, Postimees - Estonie, Figyelő - Hongrie

NRC Handelsblad - Pays-Bas

La crise financière internationale est un signe que même le capitalisme touche à sa fin, écrit le quotidien NRC Handelsblad : "C'est pour cette raison que la crise financière actuelle est déjà historique car personne ne peut plus affirmer que le libre-échange sans limites conduit systématiquement à un monde meilleur. On ne peut plus non plus croire à la vieille légende libérale selon laquelle le marché se corrige toujours lui-même. ... L'été indien de 2008 s'inscrira dans l'histoire comme le moment ayant marqué la disparition de la dernière idéologie politique du 20ème siècle. Près de 20 ans après la victoire définitive sur le communisme, le vainqueur d'hier apparaît également comme le perdant. Les deux camps de la guerre froide ont échoué. Il faudra encore quelques années avant que la faillite ne se cristallise. Le 20ème siècle sera alors définitivement fini, de la manière qu'il a fallu attendre jusqu'en 1914 pour que la page du 19ème siècle soit définitivement tournée." (26.09.2008)

La Repubblica - Italie

Le quotidien La Repubblica publie un extrait d'un discours que le juriste et expert en droit des entreprises Guido Rossi tient aujourd'hui dans le cadre de la conférence sur le droit civil international de la Fondation Courmayeur. Il demande dans celui-ci la mise en place d'un nouveau cadre juridique pour l'économie capitaliste : "Les multiples modifications du système international des entreprises qui ont été introduites par la lex mercatoria moderne, la loi de l'économie de marché, n'ont pas pu empêcher les crises qui ont touché les sociétés et les marchés financiers dans leur ensemble. … La crise est en réalité bien plus profonde car la forme des grandes sociétés par actions ne s'est pas seulement affranchie des catégories juridiques traditionnelles sur la base desquelles elles avaient été initialement créées, mais aussi toutes les dernières tentatives de régulation, en partie récentes et en partie inspirées d'autres législations, que l'on regroupe sous le terme vague de Corporate Governance, c'est-à-dire une direction d'entreprise responsable. … Les vieilles formules sont dépassées. La société par actions touche à sa fin. Un nouveau phénix doit renaître de ses cendres. Un nouveau paradigme scientifique aussi éloigné que possible des formules creuses du capitalisme social de marché ou de quoi que ce soit de semblable." (26.09.2008)

Postimees - Estonie

Les récents développements de l'économie mondiale ont soulevé beaucoup de nouvelles questions, écrit l'écrivain estonien Mihkel Mutt dans le quotidien Postimees. "L'économie de marché ne s'est-elle pas discréditée ? Ou tout du moins le néolibéralisme ? Peut-on s'attendre à des changements paradigmatiques ? … Nombre de managers d'instituts financiers semblent avoir agi depuis 2002 comme des joueurs de casinos qui n'arrivent plus à se freiner. L'économie de marché serait parfaite si les gens étaient rationnels et si seules des décisions rationnelles étaient prises sur le marché. Mais l'homme n'est pas rationnel, il est aussi victime de ses pulsions. … Il semblerait judicieux de renforcer la régulation dans les phases de surchauffe économique. Il faut percer les bulles pour éviter les surprises désagréables." (26.09.2008)

Figyelő - Hongrie

Selon l'hedomadaire Figyelő, la crise financière internationale a ébranlé le capitalisme occidental jusque dans ses fondements. La conséquence pourrait être un déplacement du centre économique vers l'Asie : "Une récession est quasi inéluctable aux Etats-Unis, la zone euro stagne et les marchés émergents marquent aussi le pas. ... Le capitalisme libéral est depuis toujours confronté à des défis sans cesse renouvelés, et il subit aujourd'hui l'une des plus grandes secousses de son histoire. Personne ne sait pour le moment comment sortir de la crise. ... Celle-ci enterrera-t-elle avec elle le système capitaliste occidental et le poids de l'économie mondiale va-t-il se déplacer 'définitivement' vers l'Extrême Orient ? La situation est certes dramatique mais nous n'en arriverons pas là. Pour pouvoir corriger et innover, le système le plus approprié est finalement celui qui mélange capitalisme et démocratie. Il est cependant tout à fait imaginable que le capitalisme dont nous disposerons dans quelques années diffère de celui que nous connaissons aujourd'hui." (26.09.2008)

POLITIQUE

Frankfurter Rundschau - Allemagne

Les réfugiés irakiens ne sont pas les bienvenus

Les ministres européens de l'Intérieur ont reporté une décision sur l'accueil de réfugiés de guerre irakiens à la fin du mois de novembre. Le quotidien libéral de gauche Frankfurter Rundschau critique sévèrement cette décision : "Parmi les nombreuses aptitudes remarquables dont dispose l'Union européenne, l'une d'elle sort particulièrement du lot : l'UE est presque virtuose dans sa façon de jouer avec le temps. ... Les réfugiés eux-mêmes doivent penser qu'il s'agit d'une plaisanterie. Quatre millions d'Irakiens fuient la violence qui sévit dans leur pays, deux millions d'entre eux ont trouvé refuge en Syrie et en Jordanie. L'Union européenne se considère d'ordinaire comme une puissance pacifique. Une décision rapide sur l'accueil de ceux notamment qui ont besoin de protection lui aurait bien convenu. Or il semble que les ministres se préoccupent davantage de minimiser les difficultés." (26.09.2008)

Cotidianul - Roumanie

Le retour du 'bon sauvage'

Le quotidien Cotidianul estime que l'avenir de l'Europe dépendra du traitement de la problématique de l'immigration. "Notre continent se trouvant dans des abîmes démographiques, aucun argument n'est plus nécessaire pour l'arrivée de main d'œuvre étrangère. … D'un côté, un pays développé ne peut pas accepter la misère mondiale sans sombrer lui-même dans le chaos. D'un autre, il est préférable d'avoir des étrangers correctement intégrés que des clandestins marginalisés. … Au lieu de préparer les jeunes à la guérilla urbaine interethnique, il serait préférable d'introduire des passeports biométriques, d'uniformiser les bases de données et de sécuriser les frontières. … Seule la question de l'intégration culturelle reste en suspens. L'Allemagne et la France ont par exemple récemment introduit un processus de sélection. Pour obtenir un permis de travail, le candidat doit connaître la langue du pays et chaque date constitutionnelle. Les autre pays européens vont sûrement leur emboîter le pas. La période de l'après-guerre et ses millions de travailleurs immigrés qui se pressaient sur les chantiers sans connaître un tant soit peu la langue, est révolue. Le 'bon sauvage' de Rousseau est de retour. Il a juste remisé son habit académique. C'est désormais le 'yuppie' postmoderne." (26.09.2008)

Dnevnik - Slovénie

Les voix de l'étranger

Brane Kastelic, le correspondant du quotidien Dnevnik en Grande-Bretagne, évoque l'influence des voix des électeurs slovènes vivant à l'étranger et fait une comparaison avec les Britanniques expatriés. "Dans le cas de la Slovénie, il existe un problème spécifique avec les voix de ceux qui se trouvent à l'étranger. ... Certains de ces [électeurs] pensent que, loin de chez eux, ils doivent continuer à lutter contre les 'rouges'. Si l'on juge du nombre d'émigrés britanniques qui ont participé aux élections jusqu'à présent, on pourrait penser que les élections n'ont pour eux aucune importance. ... Or, maintenant qu'un résultat se profile pour les prochaines élections [en Grande-Bretagne], on parle beaucoup plus des voix des britanniques expatriés, qui sont intéressantes surtout pour les conservateurs. Pourquoi ? Parce que la plupart des Britanniques qui vivent à l'étranger votent pour les conservateurs. ... Ceux-ci comptent désormais jusqu'à un million de voix à l'étranger. Il ne s'agit donc pas de ce que les partis peuvent faire pour les expatriés, mais de ce que les expatriés peuvent faire pour les partis. Pathétique ! ... Les partis devraient davantage se préoccuper de la question de savoir pourquoi 39 pour cent (en Grande-Bretagne) et 36 pour cent (en Slovénie) des électeurs habitant le pays n'ont pas fait valoir leur droit de vote au cours des derniers scrutins, au lieu d'espérer (comme en Slovénie) que les voix de leurs ressortissants à l'étranger déterminent ou non le vainqueur des élections." (26.09.2008)

The Independent - Royaume-Uni

Une carte d'identité pour les étudiants étrangers

Le gouvernement britannique a l'intention d'introduire des cartes d'identité biométriques - cela concernerait dans un premier temps uniquement les étudiants étrangers. Cette nouvelle réglementation vise surtout les immigrés irréguliers. Le quotidien The Independent voit cependant dans cette mesure une atteinte aux libertés des Britanniques : "Le gouvernement prépare l'introduction dans tout le pays de la carte d'identité d'ici 2011 en l'imposant d'abord au groupe le plus détesté de notre société. Cette mesure n'en est qu'à ses tout premiers débuts. Mais nous ne devrions pas nous soumettre à une tactique aussi sournoise. ... Vu l'insouciance avec laquelle l'Etat a traité nos données personnelles l'année dernière, peut-on encore envisager de transmettre en toute confiance des informations aussi sensibles à l'administration ? L'argument le plus fort contre la carte d'identité reste cependant un argument de principe. L'idée que nous devons toujours avoir sur nous une carte d'identité pour prouver qui nous sommes est scandaleuse. ... Nous n'avons pas besoin de cartes d'identité et celui qui veut défendre nos libertés devrait se lever et le dire clairement au gouvernement." (26.09.2008)

RÉFLEXIONS

Sme - Slovaquie

Ian Buruma sur les enseignements de Munich de 1938

En 1938, lors d'une conférence tenue à Munich, la Grande-Bretagne et la France ont toléré l'annexion des Sudètes par Hitler pour soi-disant préserver la paix. Les représentants de la Tchécoslovaquie n'étaient pas autorisés à participer à cette rencontre et se sont sentis trahis par leurs alliés. L'écrivain Ian Buruma, un anglo-néerlandais vivant aux Etats-Unis, demande dans une tribune parue dans le quotidien Sme quels enseignements l'Occident a tiré de la politique d'apaisement des Accords de Munich dont c'est le 70è anniversaire. "Après l'expérience de la Seconde Guerre mondiale, l'Europe de l'Ouest s'est volontairement rangée aux côtés du [Premier ministre britannique Arthur Neville Chamberlain] et a élaboré des institutions qui devaient permettre de rendre une nouvelle guerre inutile. Les Etats-Unis en ont tiré l'enseignement inverse et ont tenté dans le style de [Winston] Churchill de défendre la liberté partout - si nécessaire également en recourant à la force militaire. ... La sale besogne a toujours dû être effectuée par les Américains : en Yougoslavie, au Koweït, contre Saddam Hussein ou dans la conduite de la guerre contre le terrorisme. ... La diplomatie européenne ... a contribué à renforcer la démocratie dans l'Europe centrale et de l'Est et à intégrer ces pays dans l'UE. Mais les Européens sont-ils également prêts à mener une guerre dans l'intérêt des autres, par exemple en Géorgie ou en Ukraine? L'Europe doit décider si elle veut conserver son indépendance vis-à-vis des Etats-Unis ou développer ses propres ressources en matière de défense - et cela, avant qu'il ne soit trop tard." (26.09.2008)

ÉCONOMIE

De Volkskrant - Pays-Bas

L'Europe et la crise du crédit aux Etats-Unis

Selon le quotidien De Volkskrant, le plan de sauvetage des Etats-Unis dans la crise financière va également modifier le poids du pouvoir politique américain dans le monde. Cela a des conséquences pour l'Europe. "Pour combler le trou gigantesque dans le budget américain, il faut donc économiser dans le secteur collectif. Pour les Américains pauvres, le rêve américain avait de toute manière déjà tourné au cauchemar. Il ne faut pas compter sur des économies du côté des dépenses militaires. Les Etats-Unis n'ont pas encore accepté qu'ils ne sont plus en mesure de dicter ce qu'il doit arriver dans le monde. Le reste du monde est toujours moins disposé à l'accepter. Cela conduira à de nouvelles tensions dont les Etats-Unis pensent qu'elles sont à régler militairement. Rien que pour cette raison, l'Europe doit, en matière de politique extérieure, se sortir de ce cloaque par ses propres moyens. Mais on est encore bien loin d'une politique étrangère et de sécurité européenne commune. L'une des raisons à cela est que les Pays-Bas et la Grande-Bretagne réduisent à néant presque toutes les propositions qui ne plaisent pas aux Etats-Unis." (26.09.2008)

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Les eurodéputés désapprouvent l'industrie automobile

De façon surprenante, la commission Environnement du Parlement européen a refusé un compromis en faveur de l'industrie automobile dans la dispute sur les contraintes écologiques pour nouvelles voitures. La décision, soutenue par les libéraux, les verts, les partis de gauche ainsi que par quelques conservateurs et des socialistes, montre que les politiques de l'UE agissent selon leur conscience, écrit le quotidien Süddeutsche Zeitung : "Le putsch au Parlement est plus qu'une facétie de Bruxelles. Le résultat du vote montre que les eurodéputés s'autorisent en réalité plus de libertés que des députés dans d'autres lieux. Cela montre aussi que certains sont suffisamment courageux pour décider de changements réels. Si pour la première fois de leur histoire, les groupes automobiles sont contraints à la fin de cette année à construire des voitures plus écologiques, il faut en remercier la multitude imprévisible au Parlement de Bruxelles." (26.09.2008)

CULTURE

Luxemburger Wort - Luxembourg

La valeur de la formation

La formation serait porteur d'avenir affirme Roger Nilles dans le quotidien Luxemburger Wort : "On peut par conséquent déjà prévoir relativement tôt dans la vie d'une personne si celle-ci ... va prendre le chemin des gagnants ou celui des perdants ; à supposer que l'on définisse la réussite en fonction du savoir, des connaissances et de l'utilisation de la chance. Le principe 'le savoir est le pouvoir!' se vérifie et ne pose pas seulement des difficultés aux nombreuses personnes 'issues de l'immigration'. ... Lorsque la formation, dans un contexte tant mondialisé que complexe ... décide quelles personnes intègreront et façonneront la société à venir et celles qui en raison d'un manque de formation resteront sur la touche ..., alors la mission de l'école et des autres institutions de formation est tout à fait claire. Cela implique une énorme responsabilité du corps enseignant vis-à-vis de la société. ... Préparer les membres de la société de demain à la vie adulte exige, outre la volonté de réformer, un engagement total, l'enthousiasme au travail et beaucoup d'idéalisme. ... Il est possible de voir tous les jours dans de nombreux pays 'du Tiers-monde' dans quelle mesure les Etats sont mal gérés lorsque les structures de formation ne fonctionnent pas. ... La formation ... ne peut toutefois être complètement laissée à la responsabilité de l'école. Elle doit également être poursuivie à la maison, pendant les loisirs, au quotidien, avec l'aide, par exemple de médias sensés ou des activités culturelles ou sociales." (26.09.2008)

Kultura - Bulgarie

Habiter la langue

On célèbre aujourd'hui en Europe la Journée des langues. L'hebdomadaire Kultura demande à la poétesse bulgare Zweta Sofronieva d'évoquer ses rapports personnels à la langue, la perception de la langue et la diversité linguistique en Europe : "Pour moi, la langue n'est pas une seule langue mais ce que toutes les langues essayent de dire. C'est-à-dire ce qui éveille en moi le sentiment qu'un certain mot existe. Ce qui n'a en fait pas encore été nommé, la quête de la langue. Voilà ce qui m'intéresse. … J'habite la langue. Et j'aime de nombreux habitats et leurs interstices. … La relation d'une langue aux autres ne la maintient pas moins bien en vie que la préservation de sa pureté. J'accorde parfois plus d'attention à l'usage correct du bulgare quand j'écris en anglais ou en allemand, ou lorsque je traduis." (26.09.2008)

Corriere della Sera - Italie

La croisade de Sarkozy contre l'élite

Le quotidien Corriere della Sera décrit la réforme française de École Nationale d'Administration (ENA) comme un acte de représailles du président français, Nicolas Sarkozy. "On pourrait parler d'une vengeance de Sarkozy contre les élites, ou bien, vu de droite, d'un 'mini mai 68'. Aux conséquences analogues : la suppression d'une part du classement final des candidats et des privilèges qui en découlent, et d'autre part l'élargissement des possibilités d'admission. Les objectifs sont les mêmes au final : une efficacité accrue des cadres dans l'administration publique. Mises à part les interprétations relevant de la politique sociale, cette réforme révolutionne l'un des bastions du système institutionnel français, conçu d'un point de vue culturel par Napoléon et créé par De Gaulle en 1945 pour fournir à l'Etat de l'après-guerre des hauts fonctionnaires dotés de la meilleure formation possible. … Sarkozy, qui a effectué ses études dans une université classique et qui n'est pas diplômé de l'ENA, avait depuis longtemps dans le collimateur une académie qu'il considère comme un modèle archaïque, inadaptée aux exigences d'un Etat moderne et trop fermée aux différences sociales." (26.09.2008)

 

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