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Revue de Presse | 29.09.2008

 

À LA UNE

Poussée de la droite en Autriche

Poussée de la droite en Autriche

 

Le SPÖ et l'ÖVP, les partis formant la grande coalition gouvernementale qui avait volé en éclats en juillet, ont subi de lourdes perte aux élections législatives anticipées en Autriche. Le Parti libéral d'Autriche (FPÖ) et l'Alliance pour l'avenir de l'Autriche (BZÖ), deux partis populistes de droite, ont obtenu près de 30 pour cent des voix. Quelles sont les raisons du succès de la droite ?

Extraits des publications suivantes:
Neue Zürcher Zeitung - Suisse, Delo - Slovénie, Süddeutsche Zeitung - Allemagne, La Repubblica - Italie

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Le quotidien Neue Zürcher Zeitung attribue le triomphe des populistes de droite en Autriche à la politique menée par les partis au pouvoir, le SPÖ et l'ÖVP. "Les électrices et les électeurs sont moins imprévisibles que les politiques. Ils ont adressé au SPÖ et à l'ÖVP une sanction plus que méritée. … On devine à quel point il sera difficile de reformer un gouvernement capable d'agir à partir d'une telle pagaille. A moins qu'au final, il n'en sorte à nouveau une grande coalition typique en Autriche. Celle-ci serait certes menée par un nouveau chancelier, le tout jeune chef du SPÖ, Faymann. Celui-ci s'étant déjà présenté comme le maître de l'absence pragmatique de principes, il n'y a rien de bon à en attendre. Heureuse Autriche, tu peux continuer à bricoler de la sorte." (29.09.2008)

Delo - Slovénie

Le quotidien Delo critique le manque de distance des partis du centre politique par rapport aux arguments des partis de droite. "Dans la campagne nationale contre l'UE, les sociaux-démocrates se sont même joints aux partis de droite les derniers temps. Une chose devient alors évidente : si rien de bien n'arrive de Bruxelles – avis également partagé par la majorité des Autrichiens malgré la conviction inverse de la ministre des Affaires étrangères – alors ce sont ceux qui proclament l'essence de l'Autriche comme le bien suprême qui l'emporteront. Le Parti libéral (FPÖ) de Heinz-Christian Strache et l'Alliance pour le futur (BZÖ) de Jörg Haider ont ainsi obtenu près d'un tiers de tous les suffrages et si les deux hommes politiques ne s'étaient pas disputés, l'un d'entre eux aurait même peut-être pu devenir chancelier autrichien ! ... Le gouvernement désireux de voir l'Autriche devenir un pays tourné vers l'Europe et emportant encore plus de succès, devra travailler dur contre les mauvaises habitudes des politiques qui règnent depuis la seconde Guerre mondiale.'' (29.09.2008)

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Pour le quotidien Süddeutsche Zeitung, la poussée de la droite lors des élections législatives autrichiennes reflète la réaction des citoyens à l'égoïsme des partis : "Le fait que le Parti du peuple autrichien (ÖVP) ait été encore plus fortement touché, n'est que justice : il était tombé dans une forme de destruction dont même les sociaux-démocrates (SPÖ), pourtant si avides de vengeance, n'ont pas été capables. ... Le vice-chancelier en exercice, Wilhelm Molterer, ... va devoir démissionner. Mais avec lui, l'ÖVP va également pouvoir se débarrasser d'un esprit plus sinistre – celui de l'ancien chancelier Wolfgang Schüssel. ... Cela va ainsi marquer la fin du mythe que Schüssel affectionnait tant : en faisant entrer au gouvernement l'allier droit Jörg Haider en 2000, il aurait détruit son efficacité et son charisme. Du pipeau : Haider a fait du BZÖ, un produit ridicule ... de la scission de son ancien Parti libéral d'Autriche (BZÖ), le quatrième parti du pays. L'insécurité sociale dans l'un des pays les plus florissants d'Europe constitue le cœur du désastre autrichien." (29.09.2008)

La Repubblica - Italie

Le quotidien La Repubblica considère que le résultat des élections législatives en Autriche constitue un défi de Vienne vis-à-vis de l'Union européenne. "La droite radicale l'emporte en Autriche, un véritable triomphe. De par ses proportions et son importance politique, c'est un événement unique dans l'histoire de l'Europe d'après-guerre. … La formation d'un gouvernement sans ou contre les radicaux de droite sera quasiment impossible à Vienne. Il y a quelques années, l'UE avait pris des sanctions contre la République alpine après la formation d'une coalition entre le parti conservateur [ÖVP] de Wolfgang Schüssel et le populiste Jörg Haider. Elle doit maintenant relever un défi auquel elle n'était pas du tout préparée. … D'un point de vue purement mathématique, l'unique possibilité semble être une nouvelle grande coalition entre les sociaux-démocrates [SPÖ] et le Parti populaire autrichien conservateur [ÖVP]. Cela semble pourtant impossible politiquement, d'une part en raison du climat empoisonnée entre les deux partis, d'autre part en raison de la punition infligée par les électeurs. Bruxelles devra trouver une réponse convaincante … à cette nouvelle situation." (29.09.2008)

POLITIQUE

Diena - Lettonie

Elections en Biélorussie

Le quotidien Diena critique les élections législatives en Biélorussie qu'il estime injustes, mais reconnaît toutefois une certaine ouverture dans le pays : "Le président Loukachenko essaye de briser le semi-isolement dans lequel il est tombé il y a deux ans. A ce moment-là, il venait d'être 'réélu' pour la troisième fois, la police intervenait violemment contre les manifestants et les leaders politiques de l'opposition étaient envoyés en prison. Par la suite, la Biélorussie a définitivement été inscrite sur la liste noire de l'Occident et les Etats-Unis ont gelé les comptes de deux grandes entreprises. … Quelle que soit la façon dont on juge aujourd'hui l'issue des élections, il s'agit maintenant de l'avenir de Loukachenko mais aussi de l'avenir de la société biélorusse. Il faut voir désormais si l'Etat s'orientera vers l'Est ou vers l'Ouest." (29.09.2008)

Corriere della Sera - Italie

La Bavière sous le choc

La CSU (Union chrétienne sociale), le parti au pouvoir en Bavière, a obtenu 43 pour cent des voix aux élections régionales d'hier dans le land allemand de Bavière, et ainsi perdu sa majorité absolue au Parlement pour la première fois depuis 1962. "Les chrétiens-démocrates sont sous le choc, mais aussi tout le land. Une révolution radicale s'annonce au niveau politique. Les élections législatives de 2009 seront difficiles à remporter pour la chancelière Angela Merkel après la débâcle en Bavière. … La victoire revient d'une part au FDP [parti libéral-démocrate] qui revient au Parlement régional avec à peine huit pour cent, et de l'autre aux 'sans-étiquette' qui ont volé les voix du CSU. … Les chances de la CSU pour les élections européennes [de 2009] sont en outre mauvaises. La CSU y figure en général seule, sans son partenaire de la CDU [chrétiens-démocrates], et risque maintenant de ne pas pouvoir franchir la barre des cinq pour cent. En ce qui concerne la nouvelle majorité au Parlement régional de Bavière, la CSU doit trouver un partenaire. Ce pourrait être les sociaux-démocrates, les libéraux ou les 'sans-étiquette'. Le problème, c'est que la recherche d'alliés ne fait pas partie du patrimoine de la CSU." (29.09.2008)

Sme - Slovaquie

Les enseignements des accords de Munich

Aujourd'hui, c'est le soixante-dixième anniversaire de la conclusion des accords de Munich par lesquels la Grande-Bretagne et la France ont permis à Adolf Hitler d'annexer les Sudètes pour ainsi soi-disant garantir la paix en Europe. La Tchécoslovaquie a été, à l'époque, exclue des négociations et considère encore aujourd'hui la "politique d'apaisement" de Londres et de Paris d'alors comme une trahison. Le journal Sme considère les discussions pour savoir si Prague aurait dû, à l'époque, se défendre militairement contre l'Allemagne d'Hitler, comme oiseuses : "Hitler aurait peut-être perdu quelques mois pour l'armement et la préparation de la guerre. Les démocraties européennes avaient alors totalement sous-estimé la menace. Munich est un avertissement nous signalant que cette menace aurait pu être payée par la fin de la civilisation. ... Les débats tchèques d'aujourd'hui ne mènent à rien. On devrait plutôt utiliser le 70ème anniversaire de Munich comme la meilleure publicité pour le radar américain en République tchèque. [Le radar doit faire partie du bouclier antimissile américain.] On doit s'opposer à une puissance agressive avant que celle-ci ne puisse attaquer le monde entier." (29.09.2008)

Népszabadság - Hongrie

L'UE doit devenir adulte

Le quotidien de gauche Népszabadság évoque la lettre ouverte de José Manuel Barroso au prochain président américain, et la communication de la commissaire européenne aux Affaires étrangères Benita Ferrero-Waldner : "... Le point de vue de l'UE ainsi articulé peut ... être considéré comme un ballon d'essai. Dans la mesure en effet où le ... traité de Lisbonne entrerait en vigueur, il existerait alors un poste de ministre des Affaires étrangères dont le titulaire aurait à présenter un point de vue européen uni. ... Barroso a ... évoqué la nouvelle vague de mondialisation. ... L'Europe ou les Etats-Unis peuvent-ils se refuser à trouver une issue ... à cette situation? La réponse de Barroso est "non". ... Il faudrait [aussi] ... s'interroger sur comment intégrer de ... [nouvelles puissances mondiales] - si possible selon le modèle européen - et comment restructurer les organisations internationales. ... Nous ne saurons que dans le chapitre suivant si le prochain président des Etats-Unis entendra cette voix adulte de l'Union européenne, ou si les 27 pays de l'UE continueront à être considérés comme une bande d'enfants hystériques hurlant en tous sens." (29.09.2008)

RÉFLEXIONS

Trouw - Pays-Bas

Le meilleur modèle capitaliste d'Europe

Dans la crise financière actuelle, le quotidien Trouw estime que le modèle capitaliste rhénan ou européen est un meilleur modèle que l'anglo-saxon : "Le mauvais comportement américain est responsable de cette crise. Pendant des années, l'Etat aussi bien que les citoyens ont contracté des dettes absurdes, donnant l'impression que celles-ci ne devaient pas être remboursées. … Il existe une autre forme de capitalisme que l'on nomme capitalisme rhénan, car il règne dans les pays situés le long du Rhin. Ce capitalisme crée également une aisance financière en permettant la libre concurrence des entreprises sur les marchés avec toutefois plus de sécurités. … Les actionnaires ont ainsi de l'influence mais les salariés aussi. La structure de l'entreprise est également orientée vers le profit dans cette forme de capitalisme mais dans une perspective à long-terme. … Le lien entre marchés financiers et production n'est pas encore complètement rompu. Il y a en l'occurrence un Etat qui contrôle, ainsi qu'une banque centrale qui interdit les excès du système bancaire. La question est de savoir si cette forme de capitalisme constitue un idéal. En tout cas, les Américains et les Britanniques reconnaissent déjà qu'il y a une différence entre le capitalisme rhénan et le capitalisme anglo-saxon. Américains et Britanniques se sont par le passé régulièrement référés au prudent continent européen de façon méprisante. Nous sommes heureusement restés différents. Les Etats et les citoyens sont heureusement moins endettés qu'aux Etats-Unis. Nous savons heureusement désormais dans quelle direction nous devons continuer à nous développer pour créer de la richesse sans nous retrouver dans un casino." (29.09.2008)

The Guardian - Royaume-Uni

Jon Cruddas sur le changement des conservateurs britanniques

Le député Labour, Jon Cruddas, analyse dans le quotidien The Guardian, le changement du parti conservateur et réclame de nouvelles réponses de la gauche : "[Le chef du parti conservateur David] Cameron a fait du thème de la 'Grande-Bretagne brisée' le point central de sa politique et a déclaré : 'Le plus grand défi des années 1970 et 1980 était la relance économique, celui de cette décennie et de la suivante sera la renaissance sociale'. Avec une brillante élaboration de la langue et de l'image, Cameron a changé le Parti conservateur en se saisissant de traditions paternalistes pour développer une politique moderne plus réfléchie. ... Malgré leur rhétorique pro-sociale, les nouveaux conservateurs ne s'attaqueront pas aux structures du pouvoir et aux privilèges qui faussent le développement économique et déterminent notre avenir à tous. Ils ne peuvent pas mordre la main qui les nourrit ; deux questions se trouvent au cœur de la politique. De quel type d'économie avons-nous besoin pour développer une bonne société ? Et quelle sorte d'Etat pourra le mieux répondre aux exigences de chacun ? Les nouveaux conservateurs n'ont aucune réponse crédible à donner à ces questions. L'avenir appartient à la gauche mais pour réussir avec succès, elle doit répondre de ses erreurs et renouer le lien avec les gens." (29.09.2008)

ÉCONOMIE

De Standaard - Belgique

Le Benelux reprend la banque Fortis

La banque belge Fortis semble sauvée après la décision des gouvernements de Belgique, du Luxembourg et des Pays-Bas de reprendre 49 pour cent des participations pour un montant de onze milliards d'euros. Le quotidien De Standaard écrit à ce sujet : "Est-il courant que les règles du marché cessent soudain de s'appliquer pour ce champion du marché ? La réponse est trois fois non. Mais, il n'y a pas d'autre alternative. ... Le plan de sauvetage qui a été élaboré est nécessaire parce qu'il faut absolument éviter que Fortis ne soit le premier domino à tomber, la première victime d'une hécatombe financière et économique européenne. Ce plan peut permettre au navire Fortis de retrouver des flots plus calmes mais la confiance dans le système bancaire belge, européen et mondial est encore loin d'être rétablie. Ce que nous avons vécu ces derniers jours avec Fortis n'est qu'un épisode du grand nettoyage dans le secteur financier. Seuls les efforts communs mondiaux des responsables politiques et bancaires peuvent éviter que le grand nettoyage ne tourne à l'hécatombe." (29.09.2008)

Dnevnik - Bulgarie

Qui paie la note ?

Lorsque l'on visite la Bulgarie, on ne peut que s'étonner de voir des rues remplies de voitures modernes et de restaurants pleins de personnes heureuses, écrit le quotidien Dnevnik. Cela n'est pourtant qu'une façade. "La Bulgarie vit à crédit : ceux qui paieront pour tout sont les nouveaux-nés et même les enfants à naître. ... Il leur faudra payer parce que leurs parents n'ont pas bâti de bâtiments à faible consommation d'énergie, parce qu'ils n'ont pas investi dans les transports publics et qu'au lieu d'encourager le développement d'énergies renouvelables, ils ont construit des centrales électriques thermiques. ... Et même pour l'électricité et le chauffage, leurs dépenses vont augmenter. Ceux qui possèdent les centrales, qui importent les combustibles de Russie et vendent ici le gaz et l'électricité, pourront également être satisfaits de leur revenu. Ils continueront de corrompre l'Etat avec des affaires de privatisation et des allégements fiscaux. ... Plus nous devrions nous intégrer au sein de l'UE, plus nous nous excluons." (29.09.2008)

CULTURE

ABC - Espagne

Défendre la langue espagnole dans la rue

Le week-end dernier, à Barcelone, plusieurs milliers des personnes ont manifesté contre le nationalisme linguistique catalan. Ils exigeaient entre autres que leurs enfants puissent suivre une scolarité en espagnol dans les écoles catalanes. Le quotidien conservateur ABC soutient les manifestants : "Il est évident que la politique de normalisation linguistique s'est transformée en une contrainte basée sur une obsession identitaire. Celle-ci conduit à la persécution de [l'espagnol] castillan et de ceux qui en exigent l'enseignement dans les premières années de scolarité. A cette manifestation organisée par vingt organisations et cinq mouvements de citoyens et soutenue par le Parti populaire et par le [Parti] des citoyens ..., aucun représentant du PSOE [au pouvoir en Espagne] n'était présent. Ce dernier a été accusé de complicité avec les gouvernements autonomes qui enfreignent la loi linguistique." (29.09.2008)

COULEURS LOCALES

I Kathimerini - Grèce

Des Grecs pessimistes

D'après une étude de l'Office statistiques des communautés européennes, Eurostat, les grecs sont le peuple le plus pessimiste d'Europe. Le quotidien I Kathimerini en attribue la faute à la situation politique et économique du pays. "La solitude du citoyen est aussi définie par la politique. … Pour la première fois, la Grèce n'a pas l'avantage d'être le seul pays membre de l'UE et de l'OTAN dans la région. … Quand on voit le niveau dérisoire des investissements directs étrangers dans notre pays – ils ont chuté de près de 1,9 milliards en 2007 – on peut dire que l'on a perdu le combat. … Tout cela use les citoyens. Et quand ils cherchent un soutien du regard, que voient-ils ? Un gouvernement paralysé par les scandales. … Mais le plus triste reste le manque d'idées. Les politiques comme les intellectuels n'ont rien à proposer qui pourrait stimuler le dialogue public." (28.09.2008)

 

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