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08.01.2009

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Revue de Presse | 30.09.2008

 

À LA UNE

Sauver les meubles ?

Sauver les meubles ?

 

Après le krach bancaire aux Etats-Unis, la crise financière a finalement atteint l'Europe. Dans plusieurs Etats européens, des aides financières de plusieurs milliards ont été décidées afin de sauver les banques, menacées de faillite, de l'insolvabilité. La presse européenne débat des possibilités de sortie de crise.

Extraits des publications suivantes:
Les Echos - France, La Repubblica - Italie, Cinco Días - Espagne, Berlingske Tidende - Danemark

Les Echos - France

Le quotidien Les Echos souligne l'importance de la Banque centrale européenne dans la crise bancaire. "Une chose est sûre : une réponse concertée s'impose. Or, à quoi a-t-on assisté le week-end dernier ? A des mesures prises en ordre dispersé, chaque pays s'efforçant de gérer de son côté les problèmes rencontrés par ses banques nationales. Et le problème, c'est qu'aucune initiative communautaire concrète n'est attendue dans l'immédiat. ... Tout se passe comme si les dirigeants européens ne s'inscrivaient pas dans le même temps que celui des marchés. ... En attendant, la si décriée Banque centrale européenne est la seule institution continentale à apporter une réponse transnationale en injectant, jour après jour, des liquidités sur le marché interbancaire. Ce rôle est devenu indispensable. ... Sans le soutien actif de la BCE, la plupart d'entre elles ne pourraient plus faire leur métier." (30.09.2008)

La Repubblica - Italie

Le quotidien italien La Repubblica souligne l'incapacité de l'Europe à réagir de façon appropriée à la crise. "Les remous du krach bancaire ont touché l'Europe. … Celle-ci découvre qu'il y a pire que la crise aux Etats-Unis : le fait d'avoir des instituts bancaires, trop gros pour être sauvés, qui ont dépassé les proportions des [banques des] anciens Etats nations. Il est effrayant de constater l'insuffisance criante de l'Europe en termes de moyens politiques et institutionnels. L'Union ne serait même pas en mesure d'établir un plan Paulson [de sauvetage des banques américaines]. Alors que ses banques sont depuis longtemps des acteurs de dimensions mondiales, il n'existe aucune autorité sérieuse pour les marchés financiers. La Banque centrale européenne est loin de disposer du même pouvoir que la Réserve fédérale des Etats-Unis." (30.09.2008)

Cinco Días - Espagne

Face à la crise bancaire, le journal économique Cinco Días demande la création d'un ministère des Finances européen : "La Banque centrale européenne et les gouvernements européens doivent coordonner leurs instruments pour faire face à une crise telle que celle que nous traversons actuellement, et dont nous ignorons encore les conséquences. Jusqu'à présent, la rigueur de la surveillance, les exigences en matière de capital et la mise à disposition de provisions en cas d'impayés, ont connu des fortunes différentes d'un pays à l'autre. Mais les circonstances nécessitent, de façon préventive, des critères uniformes. Il serait certainement bien d'appliquer le protocole le plus exigeant, qui dans le cas présent, est espagnol. Et si toutes les digues devaient rompre, l'Europe aura besoin non seulement d'une banque centrale commune, mais aussi d'un ministère des Finances commun qui dispose d'un budget suffisant à préserver le système de la faillite." (30.09.2008)

Berlingske Tidende - Danemark

Le quotidien Berlingske Tidende met en garde contre une abrogation des lois du marché libre. "Le Fonds monétaire international (FMI) a clairement déclaré qu'avec le système actuel, l'Europe n'était pas en mesure de faire face à une crise semblable à celle des Etats-Unis de la même façon que ces derniers. Le FMI préconise une régulation et un contrôle accrus des banques, ce qui peut être séduisant dans la situation présente. Nous devrions toutefois veiller à ce que les mécanismes du marché libre soient rapidement rétablis. Nous aboutirons sinon à la même crise que dans les années 1930 [crise économique mondiale], période au cours de laquelle on a serré la vis si fort que l'économie n'a pu repartir que dans les années 1950. Espérons que nous avons tiré les enseignements de l'histoire, de telle sorte que ce chapitre ne se répète pas." (30.09.2008)

POLITIQUE

Gazeta Wyborcza - Pologne

Défaite de l'UE en Biélorussie

L'opposition ne sera toujours pas représentée au Parlement biélorusse. Les 110 députés qui ont été élus dimanche dernier lors des élections législatives figurent tous dans le camp du président autoritaire en exercice, Alexandre Loukachenko. Le quotidien libéral de gauche Gazeta Wyborcza considère ce scrutin comme une défaite pour l'UE : "La Biélorussie n'a pas vraiment voté pour le Parlement dimanche, elle a plutôt choisi entre les subventions européennes, la levée des sanctions [européennes] et les pipelines russes de gaz et de pétrole bon marché. Et en y regardant de plus près, une personne – comme c'est toujours le cas chez nos voisins – a voté : Alexandre Loukachenko. ... La diplomatie européenne, le ministère polonais des Affaires étrangères et son chef, Radosław Sikorski, qui a négocié au nom de l'UE avant les élections avec le ministre biélorusse des Affaires étrangères, ont essuyé une défaite. Les sarcasmes avec lesquels Loukachenko a répondu à tous les efforts est une leçon amère et triste. Cela prouve seulement que cela n'a aucun sens de pactiser avec un dictateur. Cela ne signifie pas pour autant que l'on doive oublier la Biélorussie. Il faut rapprocher le peuple biélorusse de l'Europe, par exemple en facilitant l'obtention des visas. Il faut soutenir l'opposition biélorusse." (30.09.2008)

Les Echos - France

Les relations entre l'Inde et l'Europe

A l'occasion de la visite du Premier ministre indien Manmohan Singh, l'Union européenne et l'Inde ont convenu lors d'une rencontre au sommet de doubler le commerce entre les deux pays pour que celui-ci atteigne 100 milliards d'euros par an d'ici cinq ans. Jean-Joseph Boillot, cofondateur du réseau Euro-India Economic & Business Group (EIEBG) analyse, dans le quotidien Les Echos, les relations entre l'Inde et l'Europe : "On parle de crise d'identité, de crise institutionnelle. Mais on oublie précisément que toute redéfinition de l'Europe passe par l'identification d'un 'intérêt européen' dans la mondialisation et donc vis-à-vis de ces nouveaux acteurs historiques qui aspirent à retrouver un rang de grande puissance. On l'a vu au cours de l'été avec la Chine, puis avec la Russie. … Il est parfois amusant de lire que l'Inde est un 'nain' économique face à l'Europe. Mais quelle Europe ? Une collection de 'petits' pays ou un grand bloc démocratique capable de faire les concessions nécessaires pour exister demain ?" (30.09.2008)

Világgazdaság - Hongrie

Le Pacte de l'UE sur l'immigration, un marketing habile ?

Le journal économique Világgazdaság réfléchit au Pacte sur l'immigration lancé par la présidence française de l'Union : "Le … 'Pacte sur l'immigration' … était la mesure phare … de la présidence du Conseil de l'UE. … [Il] se compose … de cinq volets : l'endiguement du flux des immigrants irréguliers, l'emploi des immigrés réguliers, la collaboration avec les pays d'origine des immigrants, l'harmonisation de la politique à l'égard des réfugiés et le renforcement de la surveillance aux frontières de l'UE. Paris n'a ni présenté de nouvelles règles de droit, ni fait avancer la création … d'une protection des frontières. Pas de préparatifs non plus en vue d'instaurer un fonds d'aide pour les pays d'où viennent les immigrants. La France n'a fait que ficeler plusieurs projets déjà existants dans un grand paquet : … il faut néanmoins constater que le 'succès de la présidence française de l'UE' repose plus sur un marketing habile que sur le résultat de véritables efforts." (30.09.2008)

The Times - Royaume-Uni

L'ère de l'austérité

Lors du congrès du Parti conservateur, George Osborne, chancelier de l'Echiquier du cabinet fantôme, a annoncé une 'ère d'austérité' – il n'y a plus d'argent. Le quotidien The Times estime dans un commentaire que cette constatation s'imposait : "Tout le monde dans le pays sait maintenant que la Grande-Bretagne vivait sur une montagne de dettes qui nous donnait l'impression d'être importants. ... Que l'économie est sur une pente glissante et que les réserves du gouvernement sont vides. Mais ces points devaient être exprimés clairement. M. Osborne n'a donné aucune politique détaillée. Mais il a exposé les paramètres d'un futur gouvernement conservateur. II a défendu, à juste titre, les principes d'un capitalisme 'responsable' de l'économie de marché tout en prévenant les banquiers qu'ils devaient payer pour nettoyer le désordre qu'ils ont causé. ... Les propositions des conservateurs consistant à mettre en place une administration responsable du budget de l'Etat – le nom prétentieux est supposé donner du poids au concept – tombent par conséquent à point nommé. Si le gouvernement perd en pariant sur la maison, il joue avec l'argent du peuple ...." (30.09.2008)

RÉFLEXIONS

Financial Times Deutschland - Allemagne

Andreas Theyssen sur l'euroscepticisme

Dans le quotidien Financial Times Deutschland, Andreas Theyssen demande aux Européens de s'investir plus fortement contre l'euroscepticisme. "Nous nous sommes habitués à voir l'euroscepticisme intégrer la pensée sociale dominante. Mais il y a désormais une nouvelle qualité : la phobie de l'UE devenue convenable, gagnante politiquement. Il faut à tout prix que nous ne nous habituions pas à celle-ci. En Autriche, le Parti au gouvernement SPÖ a remporté les élections suite à une campagne ouvertement hostile à l'UE. … En République tchèque, la phobie de Bruxelles du président Vaclav Klaus est légendaire. En Irlande, le milliardaire Declan Ganley a mené une campagne qui a donné lieu au vote négatif de ses compatriotes sur le traité constitutionnel européen ... et ainsi plongé toute l'Union dans la paralysie. Désormais, chaque ennemi de l'UE est disposé à s'unir aux forces hostiles à l'UE en République tchèque, Suède, France, Grande-Bretagne ou Pologne. Et que font les pro-européens ? Dans la mesure où ils ne sont pas complètement planqués, ils sont frappés d'immobilisme. Or il est temps de s'engager enfin pour l'Union européenne, l'un des projets politiques les plus fascinants des temps modernes. Il est temps d'arrêter enfin de porter un regard – indéniablement existant – sur les petits bureaucrates de Bruxelles et montrer ce que l'UE est vraiment. … L'UE a assurément besoin de réformes, mais elle est aussi un projet pour lequel il vaut la peine de se battre. C'est la raison pour laquelle les pro-européens ne doivent pas abandonner la scène aux Ganley, aux Klaus ou aux Haider." (30.09.2008)

Delo - Slovénie

Barbara Kramzar sur les élections législatives en Autriche

Le quotidien Delo voit dans la mise en exergue de l'identité autrichienne par les politiques avant les élections législatives le succès des partis populistes de droite : "De nombreux autrichiens redoutent peut-être réellement que l'identité autrichienne s'estompe en raison du nombre important d'immigrants. Surtout dans les grandes villes qui connaissent une augmentation des chiffres de la criminalité. Mais les politiques omettent de présenter tout cela sous son vrai jour et d'expliquer clairement aux électeurs que le système scolaire hostile aux immigrants est également responsable. ... Les Autrichiens préfèrent comparer les succès [économiques concomitants] avec les périodes où le succès économique n'avait pas encore été perturbé par la mondialisation, mais était resté à l'intérieur des frontières sécurisées de l'Etat pur et neutre sur le plan de la politique étrangère. ... Les politiques autrichiens ont échoué de façon catastrophique à expliquer au peuple que les temps avaient radicalement changé et que l'Etat suivait ces changements avec succès. Dans l'espoir de rallier de nombreuses voix, les partis de gauche comme de droite ont présenté les succès comme relevant de l'essence de l'Autriche et recherché des boucs émissaires des échecs du côté des immigrants, des Etats de l'Est et de l'UE. … Il est très probable que les partisans du nationalisme autrichien tentent de nouveau de le rendre présentable." (30.09.2008)

ÉCONOMIE

Göteborgs-Posten - Suède

Crise chez Volvo

De nouveaux licenciements de grande ampleur ont été annoncés au sein du groupe automobile Volvo. Selon le journal Göteborgs-Posten, la situation difficile de Volvo a plusieurs causes ; l'une d'elle réside dans la crise financière internationale. Par ailleurs, la forte consommation d'essence des moteurs Volvo n'est pas la plus adaptée à une époque où l'on se soucie de plus en plus de l'environnement. "Il faut espérer que nous avons touché le fond et qu'un tournant est possible. Au prochain salon automobile de Paris, Volvo présentera par exemple de nouveaux moteurs à plus faible consommation. ... Il faut espérer que le plan de sauvetage américain apportera aussi une plus grande stabilité financière et davantage de confiance. Il ne faut toutefois pas sous-estimer le temps qui peut être nécessaire à une reprise économique. Pour Volvo il s'agit notamment de soigner sa marque et de mettre en avant ses efforts sur la qualité. Si les mesures d'économie prévues empêchent cela, l'entreprise risque de voir sa situation empirer." (30.09.2008)

Cotidianul - Roumanie

Conflit social classé aux archives

Le journal Cotidianul s'interroge sur les statistiques de l'Organisation internationale du travail (OIT) : "Les Roumains ne se sentent pas vraiment compétents pour se solidariser avec leur emploi. De 1996 à 2006, seuls 326 luttes ouvrières ont été enregistrées dans le pays, dont la majorité en 1999 : on en compta 85, ... en 2006 par contre seulement deux. Pendant la période susmentionnée, le Danemark a connu en revanche plus de 11 000 conflits sociaux. ... Et en définitive, on ne peut pas dire que le sort des salariés roumains soit meilleur que celui des Danois. ... Mais d'autres types de solidarité sont apparus entre temps. L'un d'entre eux naît d'une insatisfaction largement répandue, ... et d'un pessimisme inné. Il s'agit de cette communauté qui rend le gouvernement responsable de tout ce qui va mal dans ce pays. ... En condamnant l'institution que l'on pourrait en principe changer de façon démocratique, le citoyen insatisfait se révolte contre la politique. .. L'effet d'un tel comportement est toujours plus que visible : il se distingue dans toutes les élections par l'abstention." (30.09.2008)

MÉDIAS

Dagbladet Information - Danemark

Un impôt sur les médias au lieu des redevances ?

Les libéraux et les sociaux-démocrates danois ont suggéré de remplacer les redevances pour la radio danoise par un impôt sur les médias. L'argument le plus important contre une telle proposition est évident, écrit le quotidien Dagbladet Information. Si la radio et la télévision étaient financées par des impôts, "leur octroi pourrait en principe être rediscuté à chaque fois que le budget de l'Etat serait approuvé au Folketing. ... Au moment on nous écrivons ces lignes, les magnats des médias du Danemark tiennent une conférence. ... C'est pour eux l'occasion de s'échauffer en vue de la grande bataille sur les subventions accordées aux médias qui aura lieu l'année prochaine. L'existence de nombreux médias est en jeu. En effet, la radio danoise n'est pas la seule à être subventionnée, c'est le cas de la majeure partie du paysage médiatique danois. Plus on prend conscience dans quelle large mesure l'espace médiatique pluraliste vit de l'aide de l'Etat, et plus il devient important d'en tenir les politiques éloignés à une distance respectable. Un impôt sur les médias est un petit pas dans la mauvaise direction." (30.09.2008)

COULEURS LOCALES

Stuttgarter Zeitung - Allemagne

La valeur de Wałęsa

Dans le cadre de l'introduction de l'euro prévue en 2011, une polémique est née en Pologne au sujet de qui devait être représenté sur les pièces de monnaie. Le quotidien Stuttgarter Zeitung écrit : "Toute la Pologne est d'accord sur une chose. Le portrait du défunt pape Jean-Paul II doit absolument figurer sur l'un des euros. … Mais l'harmonie s'arrête là. La liste est longue. … Le nom de Lech Wałęsa entre aussi en jeu. Puisqu'il est le seul des candidats potentiels à être en vie, il s'est aussitôt manifesté. Il serait naturellement prêt à ce que son visage orne l'un des euros, a déclaré Wałęsa. Son effigie devrait par contre figurer sur une pièce d'une grande valeur, a également indiqué l'ex-président peu modeste. … Ces déclarations entraînent une moquerie acerbe de la part des toujours nombreux critiques et opposants politiques de Lech Wałęsa. Il faudrait déjà pouvoir établir clairement que le prix Nobel de la paix n'a pas été un indic du régime communiste." (30.09.2008)

ABC - Espagne

Les feux arrière de l'Espagne

Dans deux ans, il sera aussi obligatoire en Espagne d'allumer ses phares de jour. Le quotidien conservateur ABC est irrité par le fait que l'Espagne va de nouveau devoir attendre trop longtemps la mise en œuvre de cette mesure : "En Espagne, nous arrivons en retard, peut-être trop tard pour ceux qui auraient pu éviter un accident si les mesures avaient déjà été introduites. ... En Espagne, nous semblons attendre qu'une directive de l'UE nous y oblige. Je ne comprends pas pourquoi. S'il a été démontré que cette mesure est si efficace, qu'attendons-nous? J'espère au moins qu'une fois que quelqu'un aura remarqué au ministère de l'Intérieur à quel point cette idée est bonne, on ne lui réservera pas le même sort qu'au triangle de signalisation. En Europe, l'obligation de disposer d'un triangle dans son véhicule existe depuis des années. L'Espagne a suivi beaucoup plus tard mais pour montrer que nous sommes plus intelligents, nous avons décidé qu'il fallait avoir deux triangles. J'espère qu'ils ne vont pas nous obliger à allumer quatre phares." (30.09.2008)

 

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