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Revue de Presse | 02.10.2008

 

À LA UNE

Les chantiers navals polonais ont-ils encore un avenir ?

Les chantiers navals polonais ont-ils encore un avenir ?

 

La Commission européenne semble avoir largement rejeté les projets de restructuration des chantiers navals polonais présentés par la Pologne début septembre. Il est possible que Bruxelles autorise la survie des chantiers de construction navale à Gdańsk, tandis que les entreprise de Szczecin et Gdynia devront mettre la clé sous la porte. On attend toujours une déclaration officielle de la Commission. Les médias européens s'interrogent sur le bien-fondé de la fermeture des chantiers navals et sur l'importance historique de ceux-ci.

Extraits des publications suivantes:
Gazeta Wyborcza - Pologne, Rzeczpospolita - Pologne, La Repubblica - Italie

Gazeta Wyborcza - Pologne

Le quotidien libéral Gazeta Wyborcza compare l'attitude de l'UE vis-à-vis des chantiers navals polonais à son intervention dans la crise bancaire – avec une pointe d'amertume : "Tel jour, l'UE est prête à assouplir ses règles de telle sorte qu'elle autorise des subventions d'au moins dix milliards d'euros pour le secteur bancaire et qu'elle prétend qu'il ne s'agit pas d'une 'aide publique dommageable' mais d'une 'opération de marché'. Et le jour suivant, la même commissaire à la Concurrence, la néerlandaise Neelie Kroes, déclare qu'il n'y aura pas d'indulgence à l'égard des chantiers navals polonais. Ils devront rembourser leurs aides publiques, bien que celles-ci ont été dans leur cas bien moindres et réparties sur plusieurs années. L'union Européenne agit malheureusement en toute légalité. La cruelle vérité est la suivante : quand une banque puissante dont dépend la moitié de l'économie européenne est ébranlée dans ses fondations, un après-midi dominical suffit pour donner le feu vert." (02.10.2008)

Rzeczpospolita - Pologne

L'UE n'est pas la seule à porter la responsabilité de la situation des chantiers navals, déclare Igor Janke, du quotidien conservateur Rzeczpospolita. Par crainte des syndicats, la Pologne a longtemps oublié d'agir. "Indépendamment de la question de savoir dans quelle mesure la démocratie de Bruxelles est juste ou injuste, l'affaire des chantiers navals polonais traîne depuis des années. Aucun des nombreux gouvernements polonais n'a pu résoudre ce problème. ... Depuis que des hordes de mineurs sont venues à Varsovie avec leurs pioches, plus personne n'a le courage d'entrer en conflit avec les grands syndicats. ... Les chemins de fer nationaux, les mines et finalement les chantiers navals, sont restés des entreprises peu rentables. Tous les chantiers navals devraient être privés comme les Stocznia de Gdańsk (les chantiers navals de Gdańsk). Leur exemple montre que Bruxelles mise sur les entreprises privées. Mais ils sont restées publics parce que l'on n'a pas osé affronter soit l'histoire et le symbole que représente le 'berceau de Solidarność', soit les puissants syndicats." (02.10.2008)

La Repubblica - Italie

Le quotidien italien La Repubblica souligne l'importance symbolique des chantiers navals polonais : "Les chantiers navals légendaires de Gdansk, Gdynia et Szczecin, où est né Solidarność en 1980 avec les grèves pour le syndicat libre et ou a débuté la longue marche du bloc soviétique vers la liberté, sont menacés de fermeture définitive. La Commission européenne, responsable de la concurrence, a déclaré le plan de sauvetage proposé par le gouvernement polonais incompatible avec les règles sur les aides d'Etat en vigueur. La fermeture des chantiers navals serait un coup dur pour la région et pour le gouvernement libéral de Donald Tusk, lui-même combattant de la première heure de la lutte de Gdansk pour la liberté. L'intransigeance de l'UE signifierait la mort du lieu symbolique d'un mouvement qui a entraîné la chute du mur de Berlin. … Depuis 1989, c'est-à-dire depuis la transition pacifique vers la démocratie, la Pologne est devenue la locomotive de l'économie de la nouvelle Europe. Mais dans une économie efficace, il n'y a pas de place pour des entreprises déliquescentes, même si celles-ci sont le symbole d'une révolution." (02.10.2008)

POLITIQUE

The Guardian - Royaume-Uni

Il faut plus que du caractère aux conservateurs

Le quotidien libéral de gauche The Guardian commente le discours de principe qu'a tenu David Cameron lors du congrès du parti des conservateurs : "Hier, David Cameron a tenté de retirer les vêtements aux couleurs voyantes d'un chef d'opposition et de revêtir les couleurs plus sombres d'un Premier ministre. Son discours à Birmingham était remarquable, parfois ennuyeux, mais il a bénéficié d'une solidité plus assurée qui a permis d'aller plus loin et de réfuter le reproche du 'novice'. ... La critique du chef des tories à l'égard du Labour était ... portée par une conviction profonde qu'il ferait un meilleur Premier ministre que Brown. Tout ce qu'il a dit reposait sur cette certitude inébranlable : c'est ce qu'il y a de plus frappant chez lui. ... Cameron a beaucoup parlé hier de caractère et de valeurs mais il faut plus que de l'instinct à un gouvernement. ... Le conservatisme de Cameron est alimenté par un rejet des méthodes du Labour ; il puise également sa force dans une vision alternative d'une meilleure société. Quant à savoir si cet objectif a un sens quelconque alors que la route pour y parvenir est à peine tracée, c'est aux électeurs de décider." (02.10.2008)

Svenska Dagbladet - Suède

La Russie s'isole un peu plus

Le ministre suédois des Affaires étrangères a demandé plusieurs fois en vain une rencontre avec Moscou. Les mots qu'il a choisis pour qualifier l'invasion de la Géorgie sont responsables de ce refus, estime le quotidien Svenska Dagbladet. Bildt avait comparé l'argumentation russe à celle de l'Allemagne hitlérienne avant l'attaque de la Tchécoslovaquie. "Les offres de dialogue de Bildt se sont heurtées à un niet – bien que la Suède occupe la présidence du Conseil de l'Europe. Ou précisément pour cela. La Russie a clairement fait savoir avant comme après la guerre de cinq jours qu'elle n'était pas intéressée par un accord. L'autorisation des observateurs de l'UE dans les zones tampons en dehors de l'Ossétie du Sud est restée incertaine jusqu'au bout. [L'ex-ministre des Affaires étrangères social-démocrate] Jan Eliasson estime qu'un ministre suédois des Affaires étrangères devrait pouvoir parler avec tous les participants. Mais le problème, c'est que les Russes ne veulent pas parler avec Bildt – faisant ainsi eux-mêmes un pas de plus sur la voie de l'isolement." (02.10.2008)

Týždeň - Slovaquie

Menace ou paranoïa ?

L'hebdomadaire libéral Týždeň se demande ce qui se cache derrière les relations tendues entre Slovaques et Hongrois et parvient à la conclusion suivante : "La psychose de 'l'ennemi naturel' de la Hongrie qui hante les esprits d'une large classe politique [slovaque], est complètement irrationnelle. Les milieux extrémistes en Hongrie ont d'autres objectifs : les Roms, les Juifs ou les homosexuels, mais pas les Slovaques. Tandis que chez nous les relations avec la Hongrie sont quotidiennement à l'ordre du jour, les relations avec la Slovaquie en Hongrie ne sont absolument pas un problème. Elles n'apparaissent dans l'agenda politique que lorsque Ján Slota [président du Parti national slovaque, parti d'extrême droite au gouvernement à Bratislava] se manifeste ou que le Parlement [slovaque] confirme les décrets Beneš. … Bien qu'une partie de la minorité hongroise de Roumanie réclame ouvertement autonomie, les relations hongro-roumaines sont correctes. La Hongrie a même de bien meilleures relations avec Belgrade, bien que Budapest ait reconnu l'indépendance du Kosovo. … Notre politique est une combinaison de préjugés et d'une incompréhension fatale de nos voisins. La menace hongroise n'est rien de plus qu'une paranoïa slovaque." (02.10.2008)

Frankfurter Rundschau - Allemagne

18 ans d'unité allemande

Le 3 octobre 2008 marquera le 18ème anniversaire de la réunification allemande. "Cette grande chose miraculeuse qu'est l'unité allemande fait depuis longtemps partie de l'Histoire", écrit Bernhard Honnigfort dans le quotidien Frankfurter Rundschau. "La petite dictature de la RDA s'enfonce dans le passé, et les lacunes de la jeune génération de l'ensemble de l'Allemagne sont tout aussi normales que celles relatives aux siècles précédents. On est en droit de trouver cela regrettable. L'unité allemande est devenue une évidence pour nous, même si l'on parle en permanence des murs qui demeurent dans les esprits. Parfois, il est utile de jeter un œil de l'autre côté de la frontière : comparés à la Belgique, à ses Flamands et Wallons, comparés aux Tchèques et aux Slovaques qui se sont séparés après l'effondrement du bloc de l'Est, les Ossis et les Wessis sont comme les deux doigts de la main. L'unité, elle fait partie du quotidien. On ne peut pas en dire autant de l'uniformité des conditions de vie dans notre pays. C'est pour cela que l'on parle sans cesse de la reconstruction de l'Est, quand le jour de l'Unité approche." (02.10.2008)

RÉFLEXIONS

Le Monde - France

Henri Weber sur la crise financière mondiale

Henri Weber, socialiste français et député européen, analyse dans le quotidien Le Monde les causes de la crise financière mondiale actuelle : "La cause première de la crise financière et économique que nous vivons est idéologique : à la fin des années 1970, l'idéologie libérale, longtemps discréditée et marginalisée après la Grande Dépression des années 1930, a fait un retour en force. ... La critique de la faillite de l'Etat et de sa bureaucratie l'a emporté sur la critique des carences du marché. Dans sa forme moderne, le néolibéralisme repose sur deux postulats : le premier affirme que le libre jeu des marchés permet la meilleure allocation des ressources et la croissance optimale de l'économie. Le second, que les marchés sont doués de capacités autorégulatrices qui rendent l'intervention de la puissance publique dans la vie économique, non seulement inutile, mais encore nuisible. ... Trente années de déréglementations, libéralisations, dérégulations, sous la houlette des Etats-Unis et des grandes multinationales, débouchent aujourd'hui sur la crise économique la plus grave que le capitalisme ait connue depuis 1929. ... Le mythe libéral des capacités autorégulatrices des marchés en a pris un coup [du fait de la crise actuelle]. Son corollaire de l'indispensable désengagement de l'Etat, aussi." (01.10.2008)

Hírszerző - Hongrie

Tamáska Hitetlen sur la 'question tzigane' en Hongrie

Tamáska Hitetlen réfléchit dans un blog aux problèmes sociaux auxquels sont confrontés les Roms en Hongrie qui constituent la plus grande minorité ethnique du pays : "Quand nous entendons parler de misère sociale et culturelle, d'existence marginale et d'exclusion, c'est la minorité ethnique reconnaissable à ses traits, à sa gestuelle et à son langage qui vient inévitablement à l'esprit de la plupart des gens de ce pays. Au lieu de se confronter sérieusement à ce problème social complexe, on parle communément de la 'question tzigane'. J'entends sans cesse l'opinion ostensiblement raciste et ethnocentrique selon laquelle les Roms devraient régler leurs problèmes eux-mêmes et laisser enfin tranquille la société majoritaire – c'est-à-dire les non Roms. … Cette opinion est exprimée par des gens qui défendent habituellement l'idée que l'homme naît libre et que l'on ne peut le rendre responsable de ses origines. … Si un individu a la possibilité de s'émanciper d'une communauté [rom] qui constitue pour lui un fardeau, et qui lui fait subir, en tant que membre de celle-ci dans ce pays, préjudices et discriminations, il y a de grandes chances pour qu'il le fasse. " (02.10.2008)

ÉCONOMIE

Latvijas Avīze - Lettonie

Querelle entre les compagnies aériennes lettones et lituaniennes

Un tribunal lituanien a saisi les biens de la compagnie aérienne lettone airBaltic se trouvant à Vilnius et provoqué ainsi l'indignation en Lettonie. La plainte avait été déposée par la compagnie aérienne lituanienne flyLAL qui se voit désavantagée par des limitations de concurrence sur l'aéroport de Riga. Le quotidien Latvijas Avize craint une nouvelle escalade : "Ce conflit n'aurait peut-être pas pris ces proportions impressionnantes si la dispute entre ces deux entreprises concurrentes relative à leur libre position sur le marché n'était redevenue un affrontement politique entre des peuples fraternels. C'était déjà arrivé avec le conflit relatif aux achats de lait et de petits fours au fromage blanc, mais aussi au sujet du tracé des frontières imprécis. Or avec les compagnies aériennes, s'ajoute encore le problème que nombre d'entre elles sont, au moins en partie, la propriété de l'Etat et qu'elles représentent plus que de simples sociétés de services et de transport, elles sont en effet les cartes de visite d'un pays." (02.10.2008)

Capital - Roumanie

Une critique des syndicats

En Italie, les syndicats ont approuvé ce lundi un plan de sauvetage de la compagnie aérienne italienne Alitalia au bord de la faillite. Elle doit être vendue au consortium d'entreprises CAI. Les syndicats se sont opposés jusqu'au bout à ce plan parce que des milliers d'emploi sont en jeux. L'hebdomadaire Capital critique l'attitude de refus des syndicats. "Il est clair que la réduction des coûts s'accompagnera d'une réduction du personnel. Cela aussi devait être discuté avec les syndicats, qui ne voulaient pas entendre parler de sacrifice. L'argent des investisseurs était le bienvenu s'il était investi de la même façon qu'aujourd'hui et si tous les emplois étaient maintenus. Cela était impossible. Les syndicats semblaient préférer la faillite à un changement de leur mode de travail. Les syndicats roumains ont aussi réagi de la même façon pendant des années à la privatisation des entreprises. .. Ce type de syndicats est caractéristique de l'Europe, et il empêche celle-ci de devenir une puissance économique mondiale, quel que soit le nombre d'agendas du traité de Lisbonne que l'on accepte [d'ici 2010 l'UE doit devenir l'espace économique le plus compétitif et le plus dynamique du monde]. Le revers de la médaille pourrait en revanche se révéler être que le Vieux Continent est probablement celui qui compte les employés les plus heureux. ... La question est seulement de savoir comment ce bonheur peut être préservé quand l'économie va mal." (02.10.2008)

El País - Espagne

Barroso demande des actions rapides et transnationales

José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, demande dans le quotidien de gauche El País une intervention unitaire européenne contre la crise financière : "Il sera temps ultérieurement de faire une analyse. A présent, il est important que les leaders politiques donnent les bonnes réponses : il faut réagir à la crise aiguë, protéger les économies des citoyens, garantir aux entreprises l'accès suffisant au crédit et élaborer un meilleur système de contrôle pour l'avenir. ... Il est temps de se mouvoir au-delà des perceptives nationales. Si cette crise clarifie quelque chose, c'est qu'entre-temps les marchés financiers internationaux sont si reliés entre eux que les frontières internationales ont bien peu d'importance. Si les banques et les établissements financiers sont internationaux, ceux qui dirigent et protègent le système doivent agir vite et de façon transfrontalière pour protéger les intérêts des dépositaires." (02.10.2008)

CULTURE

Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

La littérature américaine, victime de la crise financière ?

Alors que se profile le prix Nobel, le quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung se demande si la crise bancaire aux Etats-Unis ne va pas aussi entraîner la littérature américaine dans sa chute. "Les nouvelles les plus récentes de la bourse littéraire de Stockholm font craindre des dommages collatéraux d'une ampleur considérable. ... On trouve sur les étagères vingt volumes de Philip Roth, une douzaine d'œuvres de John Updike ... et d'autres encore. ... Ce serait un krach boursier comme le monde littéraire n'en a encore jamais vu. En tout cas, si l'on en croit Horace Engdahl, aucun de ces auteurs ne vaut le prix Nobel de littérature. Avec le froid calcul digne d'un directeur de banque centrale, ... le secrétaire permanent de l'académie suédoise a contesté le rang international de l'ensemble de la littérature moderne américaine : les écrivains américains ... seraient trop isolés et trop ignorants pour être en mesure d'écrire de la grande littérature. ... [Or] quand un pays est au sol, on ne devrait pas en plus piétiner ses auteurs." (02.10.2008)

 

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