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Revue de Presse | 24.11.2008

 

À LA UNE

Conflit chez les socialistes français

Conflit chez les socialistes français

 

Lors du scrutin devant désigner le nouveau secrétaire général du Parti socialiste français, l'ex-ministre du travail Martine Aubry est arrivée en tête avec une courte avance. Sa rivale, l'ancienne candidate aux élections présidentielles, Ségolène Royal, entend contester ce résultat en raison de prétendues irrégularités. La presse européenne commente la lutte pour le pouvoir à Paris.

Extraits des publications suivantes:
Le Soir - Belgique, The Independent - Royaume-Uni, La Repubblica - Italie, Le Figaro - France

Le Soir - Belgique

D'après le quotidien Le Soir, la situation est "pire que tout ce que l'on aurait pu imaginer. Les scènes auxquelles on a assisté durant tout ce week-end au Parti socialiste français resteront gravées dans les pires annales de l'histoire politique. ... Après 'la droite la plus bête du monde', voici la 'gauche la plus folle du monde'. Celle qui vous dégoûterait de la politique tout en prétendant la rénover. Un comble ! ... La gauche française avait besoin de tout sauf de cela. Car déjà frappée au cœur il y a six ans, lors de l'élimination à la présidentielle de Lionel Jospin par [le populiste d'extrême-droite] Jean-Marie Le Pen, elle ne s'était pas encore remise de cette blessure. Peut-être parce qu'elle n'avait pas tiré toutes les leçons de cette honteuse défaite. ... Voici donc le Parti socialiste coupé en deux. Avec deux camps qui se détestent et qui ne restent plus sous le même toit que pour une seule et unique raison : seuls, ils sont actuellement trop faibles pour disputer le pouvoir à la droite en place." (24.11.2008)

The Independent - Royaume-Uni

Le quotidien progressiste The Independent trouve stupide la lutte pour le pouvoir des socialistes : "Aucun combat entre individus de gauche et de droite n'a été ponctué d'autant d'insultes et de coups bas que celui mené entre centre gauche et centre gauche. La haine mortelle entre les deux camps était déjà visible depuis longtemps avant que les voix des membres du Parti socialiste ne se répartissent vendredi soir quasi exactement en 50-50. Le problème, ce ne sont ni le résultat serré du vote, ni les preuves d'irrégularités. … De telles pratiques ont depuis longtemps mis à mal 'le parti d'alternance au gouvernement' en France. … Le véritable problème, c'est que les relations personnelles entre les deux camps sont si empoisonnées qu'une scission de facto semble inévitable. Une scission formelle en deux partis de centre gauche est improbable à court terme. Mais elle est désormais imaginable. … On a toujours dit que la France avait la droite 'la plus stupide du monde'. En France, cette tradition semble avoir été reprise par la gauche." (24.11.2008)

La Repubblica - Italie

Le quotidien progressiste de gauche La Repubblica pense qu'Aubry sera soutenue par les poids lourds du parti car elle ne veut pas devenir présidente de la République : "La guerre entre les deux dames socialistes, entre la rigoureuse Martine Aubry, et l'atypique et trop glamour Ségolène Royal, n'a pour l'heure qu'un seul vainqueur : le président de droite, Nicolas Sarkozy. Dans la perspective de 2012, quand son mandat prendra fin, celui-ci voit une opposition de gauche confrontée à une crise profonde, ravagée par des conflits internes impossibles à résoudre. … Tout tourne autour de cette date. Le parti s'est ligué contre Ségolène pour ne pas lui donner une nouvelle fois la possibilité de présenter sa candidature. Avec Martine Aubry, le poste reste libre. … La passion et les rivalités éprouvent le parti et ne l'aident pas à prendre la mesure de l'apogée politique de la présidence. Mais le PS reste une formation traditionnelle qui n'abandonne pas les responsables tel un navire en train de couler." (23.11.2008)

Le Figaro - France

Le quotidien conservateur Le Figaro prédit une possible scission du Parti socialiste français : "Qui dit camarade dit camaraderie. Cela faisait longtemps qu'elle n'existait plus au Parti socialiste, mais, dans leurs rivalités, les divers 'éléphants' s'efforçaient jusque-là de ne pas franchir la ligne rouge. ... On n'en est plus là. Les royalistes et les aubrystes sont devenus deux tribus rivales qui se toisent, s'agressent et se promettent mille et une avanies. Les Capulet et les Montaigu, les O'Timmin et les O'Hara. ... Le plus probable, c'est donc que deux partis socialistes cohabitent au sein d'un seul. Il y aura le 'PSS' (le Parti socialiste de Ségolène) et le 'PSM' (le Parti socialiste de Martine). C'est une scission qui ne dit pas son nom, mais qui a l'avantage de sauver les apparences." (24.11.2008)

POLITIQUE

Delo - Slovénie

Un nouveau conflit dans les Balkans

La Croatie et la Serbie s'accusent mutuellement devant la Cour de justice internationale de génocide pendant la guerre en ex-Yougoslavie (1991-1995). Le quotidien Delo critique particulièrement l'attitude de la Serbie. "Quand même les politiques modérés croates et serbes reconnaissent que l'on ressent de nouveau l'atmosphère des années 1990 dans les Balkans, c'est que quelque chose ne va pas dans la région. … Or, ce ne sont pas uniquement les procès pour génocide qui pèsent sur les relations dans les Balkans, ce sont avant tout les dispositions de la Serbie, qui se déclare depuis des mois être la plus grande des victimes. Comme si la guerre [en ex-Yougoslavie] avait été programmée et menée par Ljubljana, Skopje, Sarajevo et Zagreb. Comme si les chars d'assaut croates et bosniaques avaient détruit [les villes serbes] de Novi Sad, Niš et Kragujevac. Il faudra apparemment encore attendre longtemps avant qu'il soit ouvertement reconnu que les massacres ont été conçus dans les bureaux des responsables militaires et politiques de Serbie." (24.11.2008)

La Repubblica - Italie

La croix sur le banc des accusés

Pour la première fois dans l'histoire de l'Espagne, un tribunal de la ville castillane de Valladolid a ordonné le retrait immédiat d'un crucifix d'une salle de classe à Macia Picaeva. Selon le quotidien La Repubblica, ce jugement relatif à la liberté religieuse pourrait "s'étendre au niveau national et engendrer une réaction en chaîne en accord avec la conception laïque préconisée par le gouvernement socialiste de José Luis Rodríguez Zapatero. La croix est sur le banc des accusés. L'accusation est la suivante : violation des droits fondamentaux d'égalité, de liberté de religion et de liberté de culte de l'Etat. Après 40 ans de dictature de Franco et de catholicisme comme religion nationale, la constitution démocratique adoptée en 1978 et sa justice revendiquent la liberté de culte et le sécularisme. Le fait que les symboles religieux soient encore présents aujourd'hui est lié à la position ambivalente des socialistes, qui craignent d'attiser encore un peu plus le conflit avec l'Eglise. Mais là où la politique marque le pas, la magistrature prend le relais. Et ce procès pourrait seulement être une première étape." (24.11.2008)

De Volkskrant - Pays-Bas

La culture du cannabis régulée par l'Etat ?

Aux Pays-Bas, les drogues douces peuvent être vendues légalement dans les coffee shops, mais la culture et la livraison des coffee shops est toutefois interdite. Les maires néerlandais veulent désormais que la culture du cannabis soit régulée par l'Etat pour lutter contre la criminalité et le tourisme de la drogue. Le quotidien De Volkskrant salue ce projet : "Le plaidoyer pour l'expérimentation d'un contrôle de la culture du cannabis est une mesure nécessaire si l'on veut en décriminaliser la vente. Fermer tous les coffee shops [43 coffee shops doivent être fermés à Amsterdam d'ici 2011] freinerait certes le tourisme de la drogue mais replongerait les consommateurs néerlandais dans la criminalité. Il faudra être plus habile au niveau diplomatique pour convaincre à l'étranger que la régulation n'est pas la même chose que la légalisation. Mais comme le dit à juste titre le maire chrétien-démocrate, le gouvernement ne peut plus fermer les yeux sur ce problème." (24.11.2008)

Die Presse - Autriche

Obama forme un cabinet exemplaire

La façon dont le président américain élu Barack Obama forme actuellement son nouveau cabinet est exemplaire, estime le quotidien Die Presse. "Barack Obama a choisi une méthode évidente et pourtant rarement appliquée : il choisit tout simplement les meilleurs. ... Bien sûr, le nouveau président américain s'entoure aussi de proches et de personnes qui le soutiennent depuis longtemps. Il n'en reste pas moins impressionnant de voir quelles pointures Obama tolère à ses côtés, comme par exemple [Hillary] Clinton comme ministre des Affaires étrangères qui a aussi été sa rivale. Nul ne sait encore si l'équipe de choc d'Obama s'entendra bien et si elle s'engagera dans la bonne direction. A ses débuts, Bush en imposait aussi quand il a enrôlé des pros comme Colin Powell [ancien ministre des Affaires étrangères, Dick Cheney [vice-président américain] ou Donald Rumsfeld [ex-ministre de la Défense]. Mis à part cette réserve non négligeable : un chancelier autrichien pourrait-il aussi un jour décider de former une équipe avec les meilleurs éléments ? Nous en avons assez des troupes d'amateurs désignés selon une logique mathématique fédérale et régionale." (24.11.2008)

RÉFLEXIONS

Les Echos - France

Jean-Marc Vittori sur le retour du Docteur Keynes

Dans le contexte actuel de crise économique, on assiste au retour du keynésianisme, analyse Jean-Marc Vittori dans le journal économique Les Echos : "C'est le retour de [John Maynard] Keynes. C'est la seconde mort de Milton Friedman. La crise qui secoue l'économie mondiale ... bouscule aussi les visions économiques du monde. John Maynard Keynes, le héros des années 1930, revient au premier plan. ... Après l'explosion de la plus formidable bulle financière de l'histoire, les prix des actifs comme l'immobilier ou les actions dévissent. L'argent manque. Les banquiers doivent réparer les trous dans leurs bilans, ce qui limite leurs ardeurs prêteuses. Et surtout, en face, les consommateurs n'ont guère envie d'emprunter. La demande s'affaisse. Elle ne suffit plus à assurer le plein-emploi. Nous sommes bien dans une situation 'keynésienne' justifiant une action publique puissante. L'Etat doit dépenser beaucoup plus pour éviter la catastrophe, et le plus tôt sera le mieux. ... Dans ce tohu-bohu, les partisans du marché ne parviennent plus à faire entendre leur voix. L'urgence, c'est de sauver l'économie, en recourant aux prescriptions du docteur Keynes. A côté, Milton Friedman fait figure d'architecte. Son laisser-faire peut éventuellement nous aider à bâtir un système plus efficace quand l'économie va bien, pas quand elle est au bord de l'asphyxie." (24.11.2008)

Irish Independent - Irlande

James Downey sur le traité de Lisbonne

Le quotidien Irish Independent commente la nouvelle polémique sur le traité de Lisbonne : "Les lignes de front ont de nouveau été tracées dans le débat sur le traité de Lisbonne. Nous pouvons désormais les voir avec une clarté dont nous ne disposions pas lors du fiasco de juin, quand le camp du non avait déconcerté de si nombreux électeurs avec son discours sur la souveraineté, l'avortement et la détention d'enfants de trois ans. Nous - et l'Europe – ne sommes confrontés à rien de moins qu'au choix entre la démocratie libérale et l'alliance profane de la 'droite économique' et des fondamentalistes. … Nous avons peut-être connu une détérioration irréparable de notre statut. C'est pourtant un détail comparé au pire scénario pour l'Europe et l'Irlande. L'UE pourrait voler en éclats et s'exposer ainsi à des conséquences désastreuses en termes d'économie et de sécurité. Dans un tel scénario, les grands pays se protégeraient eux-mêmes. Ils auraient peu intérêt à protéger l'Irlande. Notre monnaie perdrait sa valeur, comme cela est arrivé à l'Islande, si nous devions ne pas parvenir à rester dans l'Union monétaire. Et notre dépendance vis-à-vis de la Grande-Bretagne augmenterait en matière d'économie et de sécurité. En d'autres termes, nous perdrions l'indépendance pour laquelle ont combattu les politiques irlandais par le passé. Est-ce vraiment ce que nous voulons ?" (24.11.2008)

ÉCONOMIE

Frankfurter Rundschau - Allemagne

Les Britanniques montrent l'exemple

Le gouvernement britannique envisage une baisse de la TVA. L'Allemagne doit suivre cet exemple, estime le quotidien Frankfurter Rundschau. "Avec le plan de sauvetage des banques, le gouvernement britannique avait déjà donné le ton en Europe. Désormais, Londres se consacre à la conjoncture et envisage une baisse significative de la TVA. En Allemagne, à une époque prospère, la coalition est allée à l'encontre de la consommation en procédant à la plus importante augmentation de la fiscalité de l'histoire de la République fédérale. Aujourd'hui, la marge de manœuvre dont elle dispose lui permettrait de corriger le tir. Elle pourrait circonscrire la baisse de la TVA à un ou deux ans. En agissant ainsi, il deviendrait clair qu'il est inévitable de contracter provisoirement plus de dettes. Il ne s'agit pas de vider les caisses de l'Etat. Il s'agit de renforcer l'économie nationale au moment où le pays traverse la crise économique la plus sévère depuis 80 ans." (24.11.2008)

Evenimentul Zilei - Roumanie

Les bons côtés de la crise économique

Il se peut que la crise économique ait aussi du bon, écrit le quotidien Evenimentul Zilei : "Certains renoncent peut-être à l'idée d'acheter une troisième voiture ou décident de vivre avec leur femme dans un appartement ordinaire. ... Peut-être ne reste-t-il plus rien à voler en Occident et les gens simples qui ont gagné de l'argent en Espagne en procédant à des vols ou à des petits trafics vont-ils rentrer au pays. L'image de la Roumanie va sans doute s'améliorer en Occident seuls resteront à l'étranger les Roumains travailleurs et intelligents. ... Il se peut que les politiques [roumains] soient contraints de s'attaquer à la crise même si cela doit leur coûter des voix d'électeurs. Ils s'occuperaient en fin de compte des choses vraiment importantes de la société. Cette crise signifie peut-être le retour de la normalité en Roumanie. Mais peut-être n'est-ce pas le cas." (24.11.2008)

Sega - Bulgarie

Les retraités sont les perdants de la crise

Le quotidien bulgare Sega constate que les salariés de l'industrie lourde et les investisseurs les plus âgés des sociétés d'assurance sont particulièrement touchés par la crise financière : "Avec la crise, ils courent le risque que leurs recettes ne couvrent même pas l'inflation. Les spéculateurs qui, l'année dernière, ont placé leurs dividendes records par millions dans les sociétés d'assurance, ont entretemps retiré leur argent et attendent des jours meilleurs. ... Les perdants de la transition, les personnes âgées, n'ont cependant pas autant de temps devant eux. Certes, les assurances vieillesse privées constituent un investissement volontaire et celui qui y souscrit prend un risque. Mais l'Etat et les sociétés auraient dû amortir les conséquences de cette crise sur la population la plus âgée - ils auraient dû créer des fonds multiples. A côté des retraités, les salariés de l'industrie lourde sont touchés directement par la crise. A partir de 2011, ils ne percevront que des retraites limitées de la part des fonds privés, sans la part de l'institut national d'assurance." (24.11.2008)

CULTURE

Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

Fantômes chez Europeana

En raison de sollicitations trop importantes peu après son lancement jeudi dernier, la bibliothèque en ligne Europeana est depuis indisponible. Le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung écrit : "La participation très inégale des 27 membres de l'UE reflète une Europe culturelle fantomatique. La France participe à hauteur de plus de 50 pour cent, suivie par la Grande-Bretagne et les Pays-Bas avec 10 % chacun. L'implication de l'Allemagne constitue 1 % du cerveau culturel de l'Europe. Le fait qu'Europeana ait pensé à tous les aspects concernant les manuscrits, les dessins, les premières éditions, les photographies, en omettant cependant un petit détail technique, à savoir que le site puisse être plus convoité que prévu, nous la rend de nouveau très sympathique. Une telle Europe des contenus nous rappelle le vieux rêve perdu de l'Europe. Trois semaines de panne technique ne sont pas cher payé, d'autant qu'il est plus aisé de rêver devant des écrans vides." (24.11.2008)

SPORT

El Mundo - Espagne

Des succès sportifs positifs pour la confiance en Espagne

La victoire de l'équipe nationale de tennis lors de la Coupe Davis conclut une année faste pour le sport espagnol, avec les succès remportés à l'Euro de football et dans les courses cyclistes les plus importantes. Le quotidien espagnol El Mundo estime que ces triomphes sportifs font du bien à l'estime de soi nationale mal en point : "Il est paradoxal que l'Espagne remporte ses plus grands succès à une période où le nationalisme régional fait rage et où les régions revendiquent la possibilité de disposer de leurs propres équipes nationales. Des succès obtenus dans des sports d'équipe avec des équipes composées justement de joueurs issus de toutes les provinces du pays. En tout cas, les Espagnols ne s'habituent que lentement – après des années d'échec – à voir désormais leur drapeau devenir un symbole de victoire. En ces moments de doute, cette dose de confiance en soi, de fierté et de patriotisme sain ne peuvent pas faire de mal au pays." (24.11.2008)

 

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