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Revue de Presse | 26.11.2008

 

À LA UNE

Ensemble contre la crise

Ensemble contre la crise

 

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso présente un plan conjoncturel européen.Dans le cadre des paquets de mesures conjoncturelles nationales, il recommande de diminuer les impôts et d'augmenter les dépenses de l'Etat. La presse européenne se demande comment le plan sera accueilli.

Extraits des publications suivantes:
Trouw - Pays-Bas, Világgazdaság - Hongrie, La Repubblica - Italie, Süddeutsche Zeitung - Allemagne, Evenimentul Zilei - Roumanie

Trouw - Pays-Bas

Des mesures destinées à stimuler vigoureusement la conjoncture sont nécessaires, selon le quotidien Trouw. Mais un tel plan comporte également des risques : "Si l'on débloque de l'argent pour dynamiser la conjoncture, la dette publique augmente. Et le rôle de la Commission européenne est précisément de veiller au respect du pacte de stabilité pour l'euro. … De nombreux pays dépasseront rapidement l'année prochaine la limite établie. C'est pourquoi la flexibilité est désormais la formule magique à Bruxelles. … En pratique, les Etats membres ont suffisamment de temps pour remettre en ordre leur déficit. Cela peut bien se terminer si la récession ne dure pas trop longtemps. Si la conjoncture se rétablit de nouveau, les déficits peuvent être réduits. Mais si les mesures ont peu d'effet, les problèmes s'accumuleront. Les Etats membres devront alors subir les conséquences de déficits élevés pendant des années encore." (26.11.2008)

Világgazdaság - Hongrie

Le journal économique Világgazdaság écrit : "Il n'est absolument pas question de mettre en place un 'fonds européen'. Au lieu de cela, le cadre envisagé d'un montant de 130 milliards d'euros correspond à la somme de toutes les mesures qui ont été prises dans les différents Etats membres pour endiguer la crise. … Ce qui saute aux yeux, c'est l'équilibre trouvé de justesse entre les possibilités et les instruments de la Communauté et ceux des membres individuels de l'UE. … Comme nous le savons, le point faible de la politique économique de l'UE réside dans le fait que les projets qui sont élaborés au niveau européen ne peuvent en réalité être réalisés qu'au niveau national, avec des résultats inégaux. Le paquet actuel reflète également la tentative de la Commission de l'UE de tirer le maximum de son étroit champ de manœuvre. … Mais ici la psychologie joue certainement aussi un rôle : il s'agit d'inverser d'une manière ou d'une autre la spirale négative dans laquelle l'économie mondiale se trouve aujourd'hui. Et à cet effet, des annonces qui suscitent de l'intérêt de temps à autre sont nécessaires." (26.11.2008)

La Repubblica - Italie

Le quotidien La Repubblica a peu confiance dans le paquet conjoncturel. "Le plan de Bruxelles ne donne aucun remède pour venir à bout de la crise. Il se limite à fixer un pour cent du PIB que chaque pays devra dépenser pour la conjoncture, et donne différentes possibilités de dépenses comme des baisses d'impôts, des investissements dans l'infrastructure et une augmentation des dépenses sociales. Officiellement, une liberté totale d'action est accordée à chaque pays face à leurs propres particularités. Cela signifie de facto la suppression du pacte de stabilité de Maastricht et une totale liberté d'appréciation accordée aux gouvernements quant à l'importance de la dette publique. C'est une manœuvre du 'sauve qui peut' mal dissimulée. " (26.11.2008)

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Le quotidien Süddeutsche Zeitung estime que les mesures de Barroso ne feront pas l'unanimité : "Avant que Barroso ne présente de façon tout à fait officielle ses idées, chaque pays de l'UE fait déjà ce qu'il pense être bien pour lui. De nombreux pays européens, dont l'Allemagne, la France ou la Grande-Bretagne ont depuis longtemps concocté et annoncé des paquets de mesures conjoncturelles nationales. La demande de Barroso de coordonner avant tout les aides économiques nationales à partir de Bruxelles, est ainsi déjà caduque. C'est déjà une sévère défaite pour le président de la Commission. Cette situation toutefois désagréable pourrait encore s'aggraver de façon dramatique si Barroso préconise ce que lui ont indiqué ses spécialistes dans le projet de paquet de mesures conjoncturelles de l'UE : diminuer massivement les impôts. Cette proposition est présomptueuse. … Il n'y a aucune certitude que les consommateurs en temps de crise achèteront plus s'ils payent moins d'impôts. Ce qui est sûr, c'est que l'Etat percevra moins d'argent." (26.11.2008)

Evenimentul Zilei - Roumanie

Le quotidien Evenimentul Zilei écrit : "L'enthousiasme à ce sujet varie. … L'Allemagne se trouve au milieu d'une récession et pourrait argumenter qu'il y a actuellement différentes situations. … La Commission européenne veut en revanche relancer aussi la consommation et préconise de diminuer la TVA sur certains produits. La Grande-Bretagne a déjà annoncé une baisse d'impôts (et l'augmentation simultanée de l'impôt des riches jusqu'à 45 pour cent de leurs revenus). Ce n'est pas ce que veulent les autres gros pays de l'UE. La France fait remarquer que, vu la baisse des prix, une diminution de la TVA n'est plus nécessaire. L'Allemagne a récemment augmenté cet impôt afin d'équilibrer son budget. La stabilité budgétaire était l'un des fondements sur lesquels insistait Berlin avant que l'euro ne soit introduit. Mais une nouvelle conjoncture prévoit que l'on change aussi les règles." (26.11.2008)

POLITIQUE

Právo - République tchèque

Václav Klaus confirme son non à Lisbonne

Le président tchèque Václav Klaus a confirmé son rejet du traité de Lisbonne devant le Conseil constitutionnel de Brno (Brünn). Le tribunal doit statuer pour savoir si le traité de Lisbonne est conforme ou non à la constitution tchèque. Le quotidien de gauche Právo commente la décision à venir du tribunal : "Si le tribunal devait juger que le traité n'est pas conforme à la constitution, le gouvernement devrait alors procéder aux modifications nécessaires de celle-ci. La République tchèque ne peut pas se permettre de rejeter Lisbonne. Pour une raison toute simple : nous avons besoin de l'UE et non l'inverse." (26.11.2008)

die tageszeitung - Allemagne

Le dialogue injuste de l'Europe avec l'Afrique

Lors d'un sommet Afrique-UE à Paris, l'UE a demandé hier aux pays partenaires africains de soutenir son pacte pour l'immigration. Le quotidien de gauche die tageszeitung qualifie ce partenariat d'injuste. "C'est ainsi que se représente l'UE le dialogue avec l'Afrique : les Européens ne font que convenir entre-eux d'un cap politique. Les Africains sont ensuite priés de l'approuver. On appelle ensuite cela un partenariat. Sur cette base, les gouvernements africains sont donc pris dans l'obligation, en échange d'obtention d'aide au développement, de bâillonner leurs citoyens qui seraient tentés de façon inconsidérée d'émigrer en Europe, sans que quelqu'un en Europe ne les ait invités à le faire. … L'avenir des relations entre l'Europe et l'Afrique peut-il ressembler à ça ? " (26.11.2008)

La Vanguardia - Espagne

Le jugement sur les crucifix divise l'Espagne

Un jugement prononcé par la cour de Valladolid en Espagne donne raison à un groupe de parents d'élèves qui avait demandé que les crucifix soient retirés des salles de classe. Le quotidien La Vanguardia demande une plus grande pondération dans la discussion autour de ce jugement qui divise la société espagnole. "Une personne est-elle plus progressiste parce qu'elle demande le retrait des symboles, et une autre plus ultra[-conservatrice] uniquement parce qu'elle en demande le maintien ? Existe-t-il une position intermédiaire ? D'emblée, je n'arrive pas à comprendre qu'un crucifix soit un terrible signe d'intolérance et que le foulard porté par une enfant musulmane soit au contraire une démonstration de tolérance. Pourquoi les porte-paroles du multiculturalisme estiment-ils que la tolérance à l'égard des autres religions ne vaut pas pour la religion catholique ? Ils vont me répondre qu'utiliser un symbole à titre individuel, ce n'est pas la même chose que de l'utiliser comme une référence symbolique collective. Certes. Mais une société, qui est catholique depuis 2000 ans et qui déborde de tous côtés de symboliques chrétiennes ne peut pas [non plus] être comparée à d'autres religions qui viennent tout juste d'arriver." (26.11.2008)

Expressen - Suède

Pas de "contrat suédois" pour les immigrants

Le parti conservateur au gouvernement en Suède a proposé que tous les immigrants signent un "contrat suédois" par lequel ils acceptent le système social suédois. Le journal du soir suédois de Stockholm Expressen juge cette proposition inutile : "Cette idée n'est pas 'xénophobe' comme certains bloggeurs et éditorialistes l'écrivent. Mais elle n'a pas beaucoup de sens comme de nombreuses autres propositions dans ce domaine. Il est évident que les nouveaux arrivants doivent recevoir une information adéquate sur notre société. On peut discuter ici de la forme. Mais on ne peut pas combler le grand fossé entre la société [suédoise] et les banlieues peuplées d'étrangers par la mise en place d'un 'contrat suédois'. Au lieu de cela, les immigrants devraient, selon l'Expressen, être intégrés dans la vie active. "L'un des problèmes qui se pose c'est que le secteur tertiaire en Suède est trop petit. … Les jobs dans le secteur du tertiaire permettent d'acquérir une expérience professionnelle qui est nécessaire pour d'autres emplois." (26.11.2008)

RÉFLEXIONS

Information - Danemark

Mira C. Skadegård Thorsen sur le langage raciste au Danemark

Sur fond de débat sur les étrangers au Danemark, la spécialiste en littérature Mira C. Skadegård Thorsen écrit dans le quotidien Information que les Danois utilisent encore le mot 'nègre' sans réfléchir : "Si nous décidons de désigner un groupe de personnes en utilisant le mot 'nègre', ce n'est malheureusement pas anodin. C'est problématique au plus haut point. Le mot nègre vient du latin negro. Mais au cours des siècles, ce terme a été utilisé pour désigner une 'race biologique'. Il laisse entendre que les êtres humains peuvent être rangés dans des catégories de 'races'. Le seul hic c'est qu'il n'existe pas de 'races biologiques'. Il n'existe qu'une seule 'race' : la race humaine. La répartition des êtres humains en sous-races selon des signes distinctifs tels que la couleur de la peau, le type de cheveux, la forme des yeux ou des caractères de cet ordre, ne fonctionne pas à long terme. … L'idée de 'race' s'est ancrée dans les manuels scolaires, dans les chansons et les descriptions. … Malgré tout, nombreux sont ceux qui se sentent sincèrement blessés lorsqu'on leur dit que leurs affirmations ou leurs conceptions sont racistes. Ce discours devient ainsi presque tabou. … Dans le Danemark d'aujourd'hui, cela est politiquement incorrect. C'est intéressant car il s'agit de respecter des gens qui se sentent blessés. En s'attaquant à ce qui est politiquement correct, on se détourne du problème central : le fait que des citoyens sont discriminés au Danemark." (26.11.2008)

Les Echos - France

Roger-Pol Droit sur l'ancrage des marchés dans un lieu

Le quotidien Les Echos examine la notion de marché et analyse comment son importance a évolué au cours de l'histoire, notamment avec la création des marchés financiers : " 'Si au moins je savais où il est, ce marché noir, j'irais bien ! » Voilà ce que disait une brave femme, à Paris, sous l'Occupation, quand les pratiques clandestines étaient une nécessité. Qu'avait-elle donc en tête ? A l'évidence, qu'un marché est d'abord un lieu. Un endroit où l'on vient. … Bref, un emplacement réel, fixe, où l'on se rencontre pour acheter et vendre. … Car, au fil des siècles, les marchés furent effectivement des places, où venaient se rencontrer l'offre et la demande, où les prix se fixaient. … Cet ancrage des marchés dans un lieu, les places boursières et leur développement au XIXe et au XXe siècle ne l'ont pas défait. A Wall Street [à New York] ou à la City [à Londres], … on achète et vend titres et actions plutôt que veaux, vaches, cochons et couvées, mais il faut toujours que s'ajustent les prix et que se rencontrent les acteurs, … Le marché global, lui, semble n'avoir plus de lieu physique. … Du coup, quand plus personne n'arrive à savoir où il se trouve, on peut avoir l'impression que le marché devient... comment dire ? noir, par exemple." (26.11.2008)

ÉCONOMIE

Dnevnik - Bulgarie

L'UE supprime des subventions destinées à la Bulgarie

La Commission européenne supprime des subventions d'un montant de 220 millions d'euros destinées à la Bulgarie, en raison de la corruption qui sévit dans le pays. Le quotidien Dnevnik dit comprendre cette décision de l'UE. "L'annonce ainsi que le commentaire du commissaire à l'élargissement de l'UE, Olli Rehn, qui l'a suivie, n'ont surpris que le gouvernement dont les membres ont continué à affirmer allègrement le contraire jusqu'au dernier moment, c'est-à-dire que les subventions ne seraient pas perdues. Le gouvernement faisait face à la tâche insoluble consistant à conserver le statu quo tout en évoquant un progrès. On attribuait le problème des fonds de l'UE à la mauvaise communication présumée entre Bruxelles et Sofia. Maintenant ce prétexte a disparu. Le commissaire Olli Rehn a dit clairement qu'il ne s'agit pas d'un problème de communication mais d'un manque décisif d'actions. Et la Commission européenne a agi parce que dans une telle situation, cela aurait été le devoir de quiconque de le faire." (26.11.2008)

CULTURE

Le Monde - France

Trop peu de diversité dans le cinéma français

A l'occasion de la sortie du film "Aide-toi et le ciel t'aidera", le réalisateur français François Dupeyron se demande dans le blog d'informations Rue89, pourquoi l'on trouve aussi peu d'acteurs noirs dans le cinéma français : " Alexandre Michelin est le président de la commission Images de la diversité, chargée depuis 2007 … de promouvoir la diversité sur les écrans petits et grands. … Et il ne mâche pas ses mots: 'préjugés', 'discrimination', 'blocages conscients et inconscients'. … Grâce à des films comme 'Indigènes', 'La graine et le mulet' ou 'Entre les murs', … quelque chose a bougé. Et aujourd'hui, derrière la locomotive Jamel Debbouze [d'origine marocaine] (un des acteurs les plus 'bankables' du cinéma national), des comédiens comme Roschdy Zem ou Sami Bouajila … ont enfin droit à la reconnaissance artistique, sans que l'on pointe du doigt leurs origines. Pour les blacks, l'attente continue." (25.11.2008)

MÉDIAS

Rzeczpospolita - Pologne

"Les camps de concentration polonais" font des vagues

Le quotidien conservateur et critique de l'Allemagne Rzeczpospolita réagit à un article du quotidien allemand Die Welt, dans lequel il est fait état de "camps de concentration polonais". "La réaction ferme et rapide des médias polonais à l'expression `camps de concentration polonais` employée dans une édition de Die Welt, s'est révélée efficace. Le rectificatif clair et complet publié par le journal est une bonne chose. Il faudrait désormais que les collaborateurs de Die Welt se demandent pourquoi l'auteur de l'article, née en 1970, a employé une formule aussi douloureuse pour les Polonais dans son article. Et comment celle-ci a pu passer à travers les mailles des différents processus de rédaction. Les propos du rédacteur en chef Thomas Schmid ('cette formulation calomnie la Pologne et n'a rien à voir avec la vérité historique') ont par chance résolu le problème. Dans cette affaire se pose la question de savoir si le ministère des Affaires étrangères polonais devrait réagir à l'avenir dans des cas similaires." (26.11.2008)

COULEURS LOCALES

Karjalainen - Finlande

Une bouteille de schnaps par Finlandais et par semaine

Dans sa chronique dans le journal Karjalainen, le rédacteur en chef Kari Kontkanen se penche sur le thème récurrent de l'alcool en Finlande : "La consommation moyenne d'alcool en Finlande, du bébé au grand-père, était de 10,5 litres d'alcool pur en 2007 – cela correspond à une bouteille de schnaps par Finlandais et par semaine. La consommation a doublé depuis 1970. … L'attitude à l'égard de l'alcool a toutefois évolué de telle sorte que les boissons que l'on consomme pour se saouler sont plutôt mal vues. … L'abstinence totale est de plus en plus fréquente et la pression sociale incitant à boire de l'alcool en société diminue. … L'alcool est bon pour le cœur et pour les artères, mais seulement en faibles quantités. En consommer en grandes quantités a un effet néfaste sur le cerveau. … On verra si la récession économique et l'augmentation des taxes sur l'alcool pourront aider à résoudre le problème de l'alcool. L'attitude [envers l'alcool] s'est en tout cas déjà améliorée." (26.11.2008)

Adevărul - Roumanie

L'éloge du chaos

Le philosophe roumain Andrei Plesu écrit dans le quotidien Adevărul que le Roumain observe toujours avec nostalgie le côté civilisé des autres pays et le fait que les choses fonctionnent avec ponctualité. "L'ordre allemand ! Des bus et des tramways qui arrivent à l'heure, … de sages files d'attente à l'aéroport pour prendre un taxi qui ne vous escroquera pas, un pays où personne ne s'énerve et où personne ne peste contre le gouvernement et le destin. Ordre. Assistance. Immédiateté. Tradition. Rien de hasardeux, rien qui ne pèse sur les nerfs et la vie. En comparaison, la Roumanie semble être une espèce à part. Improvisée, … fortuite. C'est notre chaos. Notre antidote à l'ennui. … L'ordre c'est bien, mais pas dans tous les domaines. Si l'on a faim en France et en Italie (pas en Allemagne et en Autriche) entre 15h et 19h, on ne trouve aucun restaurant convenable. On peut boire un café et manger un sandwich dans un bistrot, mais il n'est pas question d'un véritable repas. Cette organisation du temps, cette invitation au régime, je ne les comprends pas. … Bref, les choses sont mieux chez nous. Tout y est certes approximatif, mais on peut toujours compter sur une soupe copieuse, même entre les heures de repas." (26.11.2008)

 

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