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Revue de Presse | 27.11.2008

 

À LA UNE

Un signe tchèque en faveur du traité de Lisbonne

Un signe tchèque en faveur du traité de Lisbonne

 

Le conseil constitutionnel tchèque a donné son feu vert au traité européen de Lisbonne. Les juges de Brno ont conclu que le traité ne viole pas la souveraineté tchèque et ne va pas à l'encontre de la constitution du pays. La question est maintenant de savoir si le président Václav Klaus va signer le document officiel.

Extraits des publications suivantes:
Právo - République tchèque, Sme - Slovaquie, Die Welt - Allemagne

Právo - République tchèque

Le quotidien de gauche Právo est loin de considérer que la question du traité européen en République tchèque est close : "Le président va y réagir avec entêtement en retardant sa signature. La constitution tchèque n'indique pas clairement si sa signature est nécessaire dans ce cas. Certains experts constitutionnels l'affirment, d'autres le contestent. Ca va devenir encore plus drôle. La déclaration selon laquelle il ne signera que lorsque l'Irlande aura revu son Non, suscite des craintes. Il ne faut pas s'attendre à un nouveau référendum irlandais avant le mois d'octobre de l'année prochaine." (27.11.2008)

Sme - Slovaquie

Dans le quotidien progressiste Sme, le président Václav Klaus a été applaudi pour son intervention devant le conseil constitutionnel : "Klaus n'a pas dissimulé sa déception devant le jugement, mais il peut être satisfait du fait que le conseil se soit exprimé sur la question du traité de Lisbonne qu'il a qualifiée de lourde de conséquences. Son plus grand mérite est d'avoir pu déclencher un débat public sur le traité de Lisbonne. Les prises de position sur des questions importantes sont vitales. En ce sens, le rôle de Klaus est unique. … D'un autre côté, la République tchèque n'est pas en mesure de refuser le traité, même si celui-ci comporte son lot d'erreurs. Il n'y a pas d'alternative géopolitique pour les pays de notre région." (27.11.2008)

Die Welt - Allemagne

L'Europe pourrait tout aussi bien continuer à fonctionner sans traité européen, estime le quotidien conservateur Die Welt : "Le Oui des juges constitutionnels tchèques au traité de Lisbonne est une victoire d'étape importante pour le nouveau traité - rien de plus. Les opposants peuvent continuer à porter plainte contre le traité dans son ensemble car les juges de Brno n'ont examiné que quelques points litigieux. ... Ce traité n'a jamais suscité l'adhésion des Européens : c'est un froid conglomérat que beaucoup considèrent comme le petit chien de l'élite pro-européenne. Le traité ne se débarrassera jamais de ce défaut – si tant est que le traité aboutisse un jour. Et dans le cas contraire ? L'Europe continuera simplement son chemin. La pratique montre que l'on peut obtenir de bons résultats avec les règles actuelles. Il peut y avoir davantage de coopération même sans le nouveau traité de l'UE. Il faut que les hauts cris sur l'avenir de l'Europe cessent." (27.11.2008)

POLITIQUE

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Discours de Poutine en matière de politique de sécurité

Dans un discours sur la politique de sécurité, le Premier ministre russe Vladimir Poutine a concrétisé les propositions du président, Dmitri Medvedev, pour un traité européen de sécurité, écrit le quotidien Neue Zürcher Zeitung : "La politique russe en matière de sécurité et d'affaires étrangères est en principe de la compétence du président. … Dans un discours remarquable à cet égard, Poutine a accepté la proposition du président Medvedev d'un traité de sécurité européen et nommé pour la première fois des principes concrets. … Sa rhétorique orientée vers la ligne générale de la politique étrangère actuelle ne contribuera pas à dissuader Washington de ses projets de bouclier anti-missile. Lors de son voyage en Amérique latine le week-end dernier, Medvedev a fait part de l'espoir de pouvoir convaincre toutefois la nouvelle administration américaine d'y renoncer." (26.11.2008)

Times of Malta - Malte

L'immigration à l'ordre du jour de l'Union européenne

Dans le quotidien Times of Malta, le ministre de la Justice et de l'Intérieur de Malte, Carmelo Mifsud Bonnici, loue les mérites de la présidence française de l'UE car elle a porté à l'ordre du jour le thème de l'immigration irrégulière : "Le mois de décembre marque la fin d'une présidence de l'UE qui a eu une signification particulière pour Malte et d'autres Etats méditerranéens qui, au même titre que nous, avaient un mot à dire sur le front de l'immigration irrégulière. Il faut féliciter la présidence française d'avoir porté ce thème à l'ordre du jour des 27 Etats membres. Elle a donné les premières directives sur des propositions concrètes pour que l'ensemble de l'UE aborde tous ces dossiers de manière coordonnée. On se souviendra de cette présidence comme étant celle qui a posé les bases pour une politique de l'UE commune en matière d'immigration et d'asile. ... Pourtant, nous ne pouvons prétendre que les progrès réalisés au cours des quatre derniers mois sont suffisants. Nous devons poursuivre ce travail dans tous les comités de l'UE afin de nous assurer que les décisions prises sont appliquées dans le délai le plus raisonnable possible pour que Malte puisse en bénéficier le mieux du monde." (27.11.2008)

Berlingske Tidende - Danemark

La fin du colonialisme et de la haine contre les Danois

Dans un référendum organisé au Groenland, la population de la plus grande île du monde s'est clairement prononcée en faveur d'une plus grande autonomie par rapport au Danemark. Le quotidien Berlingske Tidende salue ce résultat même s'il reste encore un long chemin à parcourir jusqu'à une véritable indépendance. "L'essentiel est que les Groenlandais puissent prendre des décisions et en porter eux-mêmes la responsabilité. Le Danemark a balisé le chemin qui mène vers cette évolution et restera par la suite disposé à apporter son aide, mais la responsabilité économique et sociale appartient dorénavant aux Groenlandais. Le Groenland décide dans quel domaine il souhaite obtenir l'aide du Danemark, lequel, de son côté, ne doit pas se sentir obligé d'aller au-dlà de ce qui a été convenu. Les accusations sur le colonialisme et la 'haine des Danois' font maintenant partie du passé. Sur le long terme, on peut compter sur un Groenland indépendant, qui pourra, s'il le souhaite, être lié au Danemark, dans une 'association libre' c'est-à-dire un accord volontaire entre des nations égales en droit. C'est ainsi que cela doit être." (27.11.2008)

Cotidianul - Roumanie

L'Union démocratique des Magyars de Roumanie sans campagne électorale

L'"Union démocratique des Magyars de Roumanie" (UDMR), parti représentant la deuxième plus grosse minorité du pays, a, ces dernières années, souvent fait penché la balance dans la coalition gouvernementale en faveur de la majorité au gouvernement. Le quotidien Cotidianul se demande si le parti obtiendra suffisamment de voix lors des élections législatives de dimanche : "L'absence d'une campagne électorale réussie pour l'Union des Magyars ne leur permet pas de mobiliser un électorat lassé des beaux discours. … L'UDMR a désormais les mêmes mauvaises habitudes que les partis roumains. Dans la ville roumaine de Galati, une famille hongroise entière a présenté sa candidature : mari, femme, beau-frère et belle-sœur, il existe des divergences d'opinion comme dans les partis roumains. De temps en temps, l'Union des Magyars brandit également l'étendard de l'autonomie. … Il parle rarement et seulement quand cela est nécessaire de la pauvreté dans la grande région des Sicules (minorité hongroise). Et quand il le fait, c'est seulement pour justifier son incapacité à avoir représenté les Sicules lors de son passage au gouvernement, et en attribue la responsabilité au partenaire de la coalition." (27.11.2008)

RÉFLEXIONS

Cicero - Allemagne

Ralf Dahrendorf sur les modèles de société en temps de crise

Dans le magazine mensuel Cicero, le sociologue et essayiste Ralf Dahrendorf s'intéresse à la question de savoir si une société riche peut rester à la fois bonne et libre en temps de crise. "Une société riche, bonne et libre, caractérisée par sa compétitivité, sa cohésion sociale et sa démocratie libérale, ce n'est tout simplement pas la même chose. … Il est relativement facile de décrire ce qu'est une société riche. Il s'agit de l'association entre un revenu élevé par habitant et une répartition de la prospérité qui garantit des opportunités à tous et un niveau de vie décent à la majorité des citoyens. Il est bien plus difficile de définir ce qu'est une bonne société : utiliser une catégorie morale pour qualifier une société, peut d'ailleurs être contesté. On pense ici surtout aux sociétés de citoyens qui sont impulsées par l'initiative personnelle des individus, qui n'excluent personne, et dans lesquelles règne une cohésion sociale suffisante pour que personne ne tombe en principe entre les mailles du filet. Mais la quadrature du cercle proposée contient trois éléments, et le troisième, celui de la société libre, pourrait se révéler être le plus difficile. Les sociétés modernes sont justement menacées sur ce point. Nombreuses sont celles qui sont prêtes à sacrifier les libertés politiques pour atteindre des objectifs économiques et sociaux. La croyance se répand même que seule la restriction des libertés permet d'apporter des changements. Le danger d'un nouvel autoritarisme est indéniable. … Dissoudre la résistance au changement, sans installer l'arbitraire à sa place, rester sur le marché mondialisé, sans détruire toute la cohésion sociale : ce sont les objectifs qui animent tous ceux qui aiment la liberté." (21.11.2008)

La Repubblica - Italie

Marc Lazar sur les tourments de la gauche

Suite aux querelles au Parti socialiste français (PS), le politologue Marc Lazar considère que la gauche européenne dans son ensemble est à la croisée des chemins. Elle doit se retrouver, demande-t-il dans le quotidien italien La Repubblica. "La majorité du PS aimerait trouver une nouvelle orientation à l'aide du socialisme classique. De ce fait, il convient de stigmatiser toute tentative d'alliance avec le centre, accords qui ont pourtant porté leurs fruits au niveau local. … Parallèlement à cela, les récentes mesures anticrises de Gordon Brown contredisent la nouvelle orientation du New Labour. Le SPD [Parti social-démocrate d'Allemagne] a été sanctionné pour sa politique de coalition avec les chrétiens-démocrates de la CDU/CSU, et souffre désormais de la pression de la nouvelle gauche. De façon conséquente, il fait maintenant des concessions sur l'agenda de Schröder et mise sur une politique 'plus 'sociale'. Le Labour et le SPD, les instigateurs de la politique de révision et de renouvellement de la gauche des années 1990, sont apparemment à la fin d'un cycle que l'on appelait Troisième voie. … Ils ont un problème d'identité, de projet politique, et sont maintenant contraints de conférer un contenu véritable et mobilisateur à leur réformisme, ou à leur socialisme. La gauche européenne a souffert de nombreuses défaites électorales mais elle a surtout perdu sa dominance culturelle. Son engagement devrait s'attacher à la reconquérir." (27.11.2008)

ÉCONOMIE

De Tijd - Belgique

Le plan conjoncturel gagne la confiance

Le plan conjoncturel présenté mercredi par la Commission européenne gagne la confiance, estime le quotidien belge De Tijd : "La plus grande partie du plan de sauvetage européen doit venir des Etats membres. Mais ce plan est-il donc invraisemblable ? Non. … Comme lors de la crise financière, les institutions européennes n'ont ni les compétences ni les budgets pour affronter directement les problèmes. La coordination européenne est toutefois indispensable pour arrêter la spirale négative des réflexes nationaux. Les appels des 'nos banques d'abord !' ou 'notre économie d'abord !' ne menacent finalement pas que le système financier en cette période de crise, mais aussi la collaboration européenne construite au fil des ans. Le véritable avantage de l'Union est d'une telle évidence qu'il en passe inaperçu : la monnaie unique forte. Sans l'euro et tous les efforts de politique économique, budgétaire et monétaire entrepris, la crise économique et financière serait encore pire." (27.11.2008)

Neatkarīgā Rīta Avīze - Lettonie

Pas de recettes contre la déflation

Selon le quotidien Neatkariga Rita avize, la crise financière et la baisse du prix du pétrole pourraient rapidement conduire à une déflation à laquelle l'Europe ne serait pas suffisamment préparée : "Pour le simple citoyen, c'est plutôt une bonne chose que les prix baissent. Mais lorsqu'une déflation s'installe sur une longue période, celle-ci a des répercussions négatives sur la croissance économique. ... Les grandes entreprises, surtout, n'aiment pas la déflation car elle réduit les chances de faire des bénéfices et les perspectives de croissance. Toutefois, les Etats occidentaux disposent certes de recettes contre l'inflation mais ne connaissent pas de moyens permettant de sortir d'une déflation. Par exemple, le gouvernement japonais tente depuis les années quatre-vingt-dix de surmonter la déflation installée dans son pays, sans véritable résultat." (27.11.2008)

El Mundo - Espagne

Lukoil une entreprise privée comme une autre ?

Le quotidien El Mundo reproche au chef du gouvernement espagnol José Luis Rodríguez Zapatero son attitude passive face à l'intention du groupe russe d'huile minérale Lukoil d'acheter des parts de l'entreprise espagnole Respsol : "L'argument principal invoqué par le gouvernement espagnol pour se soustraire à sa responsabilité dans le cadre de la vente de Repsol à Lukoil, selon lequel sa marge d'intervention dans des opérations entre des entreprises privées serait limitée, a été ridiculement démasqué aujourd'hui à Caracas [la capitale du Venezuela]. [Le président russe] Dmitri Medvedev et [le président vénézuélien] Hugo Chávez vont signer un accord en vue de fonder le premier groupe énergétique de l'Amérique Latine. Ce groupe réunira Lukoil et Gazprom, du côté russe, et l'entreprise d'état Pdvsa du côté du Venezuela. Le président Zapatero peut-il continuer à présenter Lukoil – un instrument politique et stratégique dans les mains de Poutine - comme une entreprise privée quelconque agissant dans les mêmes conditions que les autres ?" (27.11.2008)

CULTURE

Monitor - Bulgarie

La politique en matière d'éducation au point mort

"Un an après la plus grande grève des enseignants de l'histoire bulgare, la politique en matière d'éducation est toujours au point mort", constate le Monitor. "La grève a donné lieu à des débats annexes au lieu d'entraîner une opposition productive. Et bien que les enseignants, les syndicalistes et les gouvernants parlaient soi-disant d'éducation, en réalité ils avaient tous en tête la question de l'argent. Les uns se demandaient comment ils pourraient en obtenir, les autres comment ne pas en débourser. La politique d'éducation n'a pas non plus fait l'objet de débats au Parlement. … Et comment cela aurait-il pu être le cas, alors que la plupart des engagements avec les autorités en charge de l'éducation ont été pris au téléphone. On ne devrait certes pas minimiser le rôle des enseignants dans le déclin de la qualité de la formation, mais le fait qu'un milieu éducatif mal en point soit maintenu relève plutôt de la responsabilité de la direction. Une situation qui démotive tous les participants." (27.11.2008)

MÉDIAS

The Times - Royaume-Uni

La protection des victimes prime sur la transparence

Un cas d'inceste a été révélé en Grande-Bretagne, dont la gravité est comparable à l'affaire Fritzl en Autriche. Le tribunal a ordonné que cette histoire ne soit pas couverte par les médias dans le but de protéger les victimes. Le quotidien The Times demande au contraire que l'on donne aux médias un rôle plus important : "Le droit à l'anonymat à vie qui est octroyé à toutes les victimes de viol signifie qu'il est impossible pour les médias de citer le nom de l'accusé car cela permettrait d'identifier sa fille. ... Dans ces circonstances, les médias ne devraient pas agir comme des juges et comme un jury. Mais quand ce système [étatique] ne contrôle pas lui-même son action de façon appropriée, il est difficile de justifier la rétention d'information. Ces malheureuses femmes et leurs enfants méritent que l'on respecte leur sphère privée. Mais elles méritent également la transparence des autorités sur ce qui leur est arrivé." (27.11.2008)

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Histoire pour populistes

Le Süddeutsche Zeitung commente le conflit qui agite les médias germano-polonais depuis l'utilisation de l'expression "camp de concentration polonais" par le quotidien allemand Die Welt : "Les auteurs incriminés se sont excusés dans les règles mais affirment néanmoins que le terme 'camp polonais' était utilisé exclusivement au sens géographique. Ayant reconnu que ce terme prête effectivement à confusion, la plupart des rédacteurs en chef allemands ont suggéré d'éviter de l'utiliser. Mais sur les rives de la Vistule, la version selon laquelle les Allemands rendent les Polonais responsables de l'holocauste, tout en se présentant eux-mêmes comme des victimes de la guerre, est tout à fait populaire. Rares sont les journalistes et les essayistes polonais qui expliquent à leurs compatriotes que cette version n'a rien à voir avec la réalité. … Le lecteur polonais ignore qu'en République fédérale, les milliers de reportages de presse ne sont naturellement pas les seuls à souligner volontiers la responsabilité allemande, mais que c'est également le cas dans les programmes éditoriaux, télévisés et scolaires." (27.11.2008)

 

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