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Revue de Presse | 02.12.2008

 

À LA UNE

La Roumanie a voté

La Roumanie a voté

 

Dimanche, la Roumanie a élu un nouveau Parlement. Selon les résultats annoncés jusqu'à présent, les sociaux-démocrates (PSD) devancent légèrement le Parti démocrate-libéral conservateur (PD-L). Le Parti national-libéral (PNL) du Premier ministre Calin Popescu Tariceanu constitue la troisième force du pays. La presse européenne commente les résultats serrés de ces élections et les prochaines négociations de coalition qui s'annoncent compliquées.

Extraits des publications suivantes:
Evenimentul Zilei - Roumanie, Adevărul - Roumanie, Népszabadság - Hongrie, Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Evenimentul Zilei - Roumanie

Après la courte victoire électorale des sociaux-démocrates (PSD) en Roumanie, le quotidien Evenimentul Zilei commente les difficiles négociations pour former une coalition : "Un gouvernement au sein duquel le PNL [libéraux] et le PD-L [libéraux-démocrates] se surveillent mutuellement, assurera une meilleure gestion des fonds européens et des appel d'offres pour les futurs projets d'infrastructure. En réalité, les politiques ne se préoccupent pas du tout d'unité d'idéologie ou de programme. Le PNL choisira très vraisemblablement le partenaire le plus offrant - pour les postes dans le prochain exécutif, de préfets, de directeurs d'autorités administratives nationales. Les libéraux exigeront en outre des garanties pour ne pas être écartés des structures décisionnelles - dans l'éventualité où ils n'obtiendraient pas le poste de Premier ministre." (02.12.2008)

Adevărul - Roumanie

Pour la première fois, les Roumains ont voté avec un nouveau système, alliant suffrage direct et scrutin proportionnel. Le quotidien Adevarul écrit à ce sujet : "Une petite révolution ! Une révolution silencieuse telle une arme équipée d'un silencieux visant à éliminer au moins partiellement les manques de la politique, et à plus long terme à réformer la politique. On peut en voir les résultats à court terme, même s'ils sont peu spectaculaires. Des figures de proue intouchables ont quitté le Parlement ... ne voulant pas se soumettre au nouveau suffrage direct, parmi lesquels des vétérans comme Ion Iliescu et Nicolae Văcăroiu. C'est après le vote que l'on vit les grandes défaites. Des politiques qui se sentaient jusque-là en sécurité sur les listes des partis, ... tremblent désormais de peur de ne pas obtenir de siège au nouveau Parlement. Certains devaient essuyer de véritables humiliations. ... Il y a un autre effet positif du suffrage direct : seule la prise en compte directe des électeurs a convaincu les barons des partis de s'ouvrir à la nouvelle génération politique." (02.12.2008)

Népszabadság - Hongrie

Les forces politiques d'extrême droite et anti-hongroises ont essuyé un échec pitoyable lors des élections roumaines, écrit le journal de gauche Népszabadság. "En Roumanie, c'est un pays imprévoyant, dont les citoyens sont plus ou moins satisfaits de la situation politique et économique actuelle, qui s'est rendu aux urnes. Ils n'ont peut-être jamais eu aussi peu de motifs d'insatisfaction qu'aujourd'hui. ... Mais ce qui est encore plus important d'un point de vue hongrois, c'est que les partis radicaux ont échoué lors de ces élections - de même que leur hungarophobie. Ce que l'on a pu notamment remarquer lors de la campagne, c'est l'absence de rhétorique anti-hongroise. ... Cela est positif pour la minorité hongroise de Roumanie. Mais d'un autre côté, cela signifie aussi que les problèmes de la minorité hongroise ne sont pas à l'ordre du jour des forces politiques à Bucarest." (02.12.2008)

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

"Le résultat le plus intéressant des élections législatives n'est pas le pourcentage réalisé par chacun des partis mais la participation électorale", écrit le quotidien Süddeutsche Zeitung. "Seuls 39,26 pour cent des personnes ayant le droit de vote ont donné leurs voix, la plus faible proportion depuis la chute du dictateur communiste Ceausescu il y a 19 ans. Près de deux tiers de tous les citoyens sont si découragés par le nouveau système qu'ils renoncent à leur droit démocratique élémentaire. Les citoyens ne pouvaient adresser pire témoignage à leurs politiques. ... On pouvait malheureusement s'y attendre après la sinistre comédie que la classe politique a délivrée ces dernières années." (02.12.2008)

POLITIQUE

Lidové noviny - République tchèque

Lutte pour le pouvoir sur la Vltava

En cas de réélection du Premier ministre Mirek Topolánek lors du congrès du parti libéral-conservateur au gouvernement, l'ODS, le président Václav Klaus a évoqué son possible départ de l'ODS, parti dont il est le président d'honneur, et la fondation d'un parti anti-européen. Le quotidien conservateur Lidové noviny analyse les intentions de Klaus : "La présidence tchèque du Conseil de l'UE débutant en janvier est la bête noire de Klaus. Le chef du gouvernement, Topolánek, va présider deux sommets européens et ses ministres des douzaines de réunion de travail. Ils seront tous sous la lumière des projecteurs de l'Europe et du monde. Klaus a peur que le gouvernement et Topolánek en sortent renforcés. Cela risquerait de compliquer le retour du président au poste de chef de l'ODS après la fin de son mandat au Château de Prague. Si le gouvernement devait chuter, alors Klaus serait sous les feux de la rampe. … Il ne s'agit donc pas du retour (demandé par Klaus) du parti conservateur à ses racines, mais simplement d'une manipulation de pouvoir ciblée." (02.12.2008)

Večer - Slovénie

Obama confie le département d'Etat américain à Clinton

Barack Obama, président américain élu, a formé son cabinet. En matière de politique extérieure, les premiers accrocs pourraient apparaître bientôt entre Obama et la nouvelle secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, pense le quotidien Večer. "L'ancienne First Lady devient la troisième femme à la tête de la diplomatie américaine en relativement peu de temps. Cela ne signifie pas pour autant que la politique extérieure des Etats-Unis soit 'féminisée', bien au contraire. ... S'agissant de la question du Proche-Orient, Clinton n'a jamais fait mystère de son engagement pour une politique 'plus dure' que celle qu'Obama souhaiterait. ... En revanche, on sait moins de choses sur le point de vue de Clinton en ce qui concerne les relations avec la Russie, la Chine ou l'UE, toutefois la véritable question est de savoir qui tiendra les rênes. Hillary Clinton ou - ce qui ne serait pas une grande surprise - le nouveau vice-président Joe Biden qui a la réputation d'être un diplomate exceptionnel ? Il faudra moins d'un an pour découvrir dans quelle mesure Hillary Clinton saura s'imposer." (02.12.2008)

De Volkskrant - Pays-Bas

Pour une Cour constitutionnelle néerlandaise

Ce mardi, la Première chambre du Parlement néerlandais doit se prononcer sur la possibilité pour les Pays-Bas de se doter d'une Cour constitutionnelle. Un tribunal constitutionnel national est nécessaire même si les citoyens peuvent depuis saisir les tribunaux européens, estime le quotidien De Volkskrant. "N'est-il pas étonnant que les juges néerlandais soient autorisés à contrôler les lois sur la base de traités internationaux et non sur celle de la constitution nationale ? Les défenseurs de la réforme ont le droit de leur côté. Les Pays-Bas sont le seul pays de l'UE où les juges n'ont pas la possibilité de vérifier la constitutionnalité des lois. Ce n'est pas une preuve de la nécessité de cette réforme. Mais le fait que les Pays-Bas soient condamnés chaque année par le tribunal de Strasbourg donne à réfléchir. Un contrôle de la constitutionnalité des lois peut se révéler bénéfique pour la qualité de celles-ci et peut diminuer la tendance à élaborer des lois de circonstances. ... Et la constitution serait peut-être enfin un peu plus vivante." (02.12.2008)

El País - Espagne

L'Espagne et Guantánamo

Un tribunal examine actuellement dans quelle mesure l'ancien gouvernement espagnol a participé, via la CIA, aux arrestations et au déplacement de prisonniers de guerre à Guantánamo. Le quotidien El País estime, au vu de récents résultats d'enquêtes, "qu'il ne suffit pas de dire que le gouvernement sous la présidence de [l'ex-Premier ministre José María] Aznar, avait connaissance de l'existence de vols illégaux et secrets dirigés vers cette prison douteuse qu'est Guantánamo. La machinerie de l'administration espagnole était à disposition des services de l'administration Bush pour faciliter [ces vols] et dissimuler les preuves de leur transit par l'Espagne. De hauts fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères et de la Défense de même que des conseillers du chef du gouvernement ont pris part à cette opération. Ils ont noté par écrit la communication au cours de laquelle ils ont immédiatement répondu à la demande de Washington, cela fait d'eux les complices de la plus grande infamie de notre temps." (02.12.2008)

Der Tagesspiegel - Allemagne

Une loi sur les stagiaires en Allemagne ?

En Allemagne, l'introduction d'une "loi sur les stagiaires" est envisagée. Les stagiaires "travaillent dans les entreprises et les activités les plus diverses. Ils aimeraient apprendre et accumuler des expériences pratiques mais sont la plupart du temps utilisés comme main d'œuvre bon marché, écrit le quotidien Der Tagesspiegel. Un changement d'état d'esprit aurait [toutefois] débuté dans les entreprises. Elles aimeraient ne plus être perçues comme des exploiteurs. "Il ne leur reste peut-être même [en raison du projet de loi] aucun autre choix. ... Les ministères du Travail et de l'Education travaillent actuellement à déterminer la nature finale de cette modification légale." (02.12.2008)

RÉFLEXIONS

La Repubblica - Italie

Adriano Sofri sur le potentiel de scandale inhérent à la croix

La récente décision d'un tribunal espagnol d'interdire les croix dans les écoles publiques a provoqué des réactions polémiques et violentes. Adriano Sofri, ancien militant du groupe d'extrême gauche Lotta Continua en Italie, se demande pourquoi la croix ne cesse de susciter autant de passions. "L'inépuisable potentiel de scandale inhérent à la croix tient au fait que de symbole de l'ignominie, elle peut se transformer en symbole de la dignité, voire même du triomphe aux yeux de ceux qui croient en la résurrection. La révolution chrétienne est une véritable révolution ; celle du Juif Jésus qui réalise la prophétie d'Isaïe. … Le changement insolite de la béatitude et de la menace. Heureux les pauvres et malheur aux riches. … Toute la leçon de la croix réside dans ce renversement. C'est ainsi qu'un condamné à mort, bafoué et sans défense, siégera à la droite du Saint Père et jugera les vivants. Il suffirait aujourd'hui de répéter ce renversement à l'entrée d'un supermarché pour provoquer un scandale. Aujourd'hui, à l'heure où les riches deviennent encore plus riches, la croix suscite encore la réprobation. La croix n'est pas un symbole de résignation, de négation de soi, et encore moins un symbole de puissance ou de vanité, mais un symbole de la résistance et de la liberté, même au prix du martyre." (02.12.2008)

Sme - Slovaquie

Daniel Šmihula sur le rôle futur de l'Europe dans le monde

Dans une analyse parue dans le quotidien progressiste Sme, le politologue Daniel Šmihula rejette les hypothèses européennes selon lesquelles l'arrivée du nouveau président américain, Barack Obama annonce "une période plus pacifiste dans les relations internationales". Obama serait paradoxalement "plus exigeant que George W. Bush avec ses alliés européens en ce qui concerne les questions de sécurité. Ils devront assumer la plus grande partie des obligations américaines en matière de sécurité et de politique étrangère. Les Européens doivent être conscients du fait qu'ils devront augmenter leur contribution à la défense de l'Occident, quelle que soit la personne au pouvoir aux Etats-Unis. C'est la conséquence inéluctable de la perte de pouvoir de l'Amérique au profit de la Chine, de la Russie et de quelques Etats islamiques. Jusqu'à présent, les Européens vivaient dans une bulle de sécurité leur permettant de ne pas ressentir de menace directe. C'est pour cette raison qu'ils ne voient pas la nécessité d'augmenter leurs dépenses militaires ou de s'engager plus clairement au niveau militaire dans des régions en crise, d'autant plus que cela est extrêmement impopulaire. Les Européens doivent toutefois comprendre que la meilleure défense de leur propre sécurité est une prévention calculée et une intervention contre les menaces, tant que celles-ci sont encore suffisamment éloignées de l'Europe. Pour la survie des démocraties occidentales, une prépondérance militaire, technologique et économique face aux Etats non-démocratiques est indispensable." (02.12.2008)

ÉCONOMIE

Aftonbladet - Suède

L'Etat suédois doit sauver Volvo et Saab

La crise des constructeurs automobiles suédois Volvo et Saab, deux marques appartenant à des groupes américains, s'aggrave. On a appris lundi que les nouvelles immatriculations en Suède ont baissé de plus d'un tiers par rapport à l'année passée. Dans le même temps, il a de nouveau été confirmé que Ford serait sur le point de vendre Volvo. Il faut maintenant que l'Etat suédois intervienne, estime le tabloïd de Stockholm Aftonbladet : "Partout dans le monde, des Etats s'engagent dans la restructuration de l'industrie automobile. Il n'est pas difficile d'en comprendre les motifs. La branche automobile représente dans beaucoup de pays la colonne vertébrale de l'industrie. L'industrie automobile suédoise et ses sous-traitants emploient au moins 130 000 personnes. Le gouvernement suédois montre cependant qu'il se désintéresse de ce qui se passe chez Volvo et Saab. Le Premier ministre [Fredrik] Reinfeldt a déclaré ce week-end que 'c'est au marché de résoudre les problèmes'. Un commentaire très étonnant par rapport à ce qui se joue à Washington, Paris et Berlin." (02.12.2008)

The Daily Telegraph - Royaume-Uni

L'euro bientôt en Grande-Bretagne ?

Le quotidien eurosceptique The Daily Telegraph commente la remarque du président de la Commission européenne José Manuel Barroso, indiquant que "les personnes qui comptent en Grande-Bretagne" pensent que le pays doit rejoindre la zone euro : "Voilà la véritable voix de l'élite européenne. … La théorie Barroso est aussi soutenue par la chute de la valeur de la livre face à l'euro – près de 15 pour cent depuis le début de l'année. A cette vitesse, les deux monnaies seront au même niveau d'ici mars 2010, peu avant les prochaines élections. Cela pourrait-il correspondre à une tentative d'adhérer à la zone euro ? Mais cela arrive malheureusement comme un cheveu sur la soupe pour les partisans de la monnaie communautaire. Selon les critères de convergence de Maastricht, le rapport des dettes au produit intérieur brut des candidats retenus ne doit pas dépasser 60 pour cent. Le Trésor reconnaît que ce ratio approche les 57 pour cent mais qu'il exclut les projets d'initiatives de financement privées, les garanties retraites et le plan de sauvetage pour les banques. Si l'on prend tout cela en compte, notre ratio de dettes est déjà deux fois plus élevé que la limite autorisée." (02.12.2008)

CULTURE

Rzeczpospolita - Pologne

Une histoire de l'Europe politiquement correcte

Le journal conservateur Rzeczpospolita critique le projet de "Musée de l'Europe", né de la volonté du Parlement européen. Ce musée oublie certains événements historiques comme la guerre polono-soviétique de 1920 ou les Tables rondes qui ont permis à la Pologne de négocier la fin du communisme en 1988/1989 : "Cela est douloureux pour la Pologne. Nous devrions veiller à ce que ces événements soient pris en compte dans l'exposition du musée. … Les partisans du projet indiqueront qu'il manquera toujours quelque événement européen à quelqu'un. Mais le problème est ailleurs, au-delà des différents évènements historiques. La perspective [de ce projet] … repose sur l'Europe de l'Ouest, notamment sur les événements qui revêtent une importance clé pour l'Allemagne et la France." (02.12.2008)

MÉDIAS

Le Monde - France

La télévision contrôlée par l'Etat

Le quotidien Le Monde critique les plans de réforme de Nicolas Sarkozy pour l'audiovisuel public : "Dans un mois, une fois adoptée la réforme en discussion au Parlement, l'audiovisuel public sera passé sous le contrôle du pouvoir exécutif. Et de son premier, pour ne pas dire unique, responsable aujourd'hui : Nicolas Sarkozy. ... Primo, les présidents de France Télévisions et de Radio France seront nommés en conseil des ministres, et éventuellement révoqués de la même façon. ... Secundo, la suppression de la publicité sur les chaînes publiques, assortie du refus d'augmenter une redevance pourtant parmi les plus faibles d'Europe, va les placer sous la tutelle financière entière et directe du budget de l'Etat. Mais, conçue à la hussarde, cette réforme est un mauvais coup : elle conduit à contrôler étroitement l'audiovisuel public et à renforcer les chaînes privées, dont chacun sait que les patrons sont, pour l'heure, des proches du président." (02.12.2008)

Latvijas Avīze - Lettonie

Une télévision sans publicité

La France prévoit d'interdire la publicité à la télévision après 20 heures dès 2009 et de supprimer toute publicité sur les chaînes publiques à partir de 2011. Le quotidien Latvijas Avize voit dans cette interdiction un exemple à suivre : "Même si la méthode employée par [le président Nicolas] Sarkozy n'est pas au goût de tout le monde, personne ou presque ne contestera la nécessité d'un changement d'orientation. En Europe, nous sommes de plus en plus convaincus qu'il est négatif qu'une institution aussi centrale que la télévision publique soit soumise à la loi du marché et en soit réduite à dépendre de publicités pour du savon. On pourrait tout aussi bien faire concourir la banque d'émission d'Etat contre des banques commerciales privées ou mettre en concurrence la police et les services de sécurité privés. Bien sûr il n'existe pas de modèle idéal. Mais si nous téléspectateurs étions plus conscients du danger, le risque de manipulation serait moins élevé." (02.12.2008)

 

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