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Revue de Presse | 08.02.2010

 

À LA UNE

L'Ukraine élit Ianoukovitch

L'Ukraine élit Ianoukovitch

 

Le leader de l'opposition Viktor Ianoukovitch a remporté dimanche les élections présidentielles en Ukraine, près de cinq ans après avoir été balayé par la révolution orange sur des accusations de fraude électorale. Au second tour, il s'est imposé d'une courte tête face à la Premier ministre Ioulia Tymochenko. La presse européenne déplore la victoire d'un homme politique considéré comme pro-russe, mais estime que l'Ukraine a réussi son examen démocratique. » suite

Extraits des publications suivantes:
Neue Zürcher Zeitung - Suisse, Lidové noviny - République tchèque, Rzeczpospolita - Pologne, Diário de Notícias - Portugal

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Les élections présidentielles ont montré qu'il existe une véritable opposition politique et une diversité d'opinions en Ukraine, écrit le quotidien Neue Zürcher Zeitung. Ce serait un acquis de la révolution orange de 2004 : "Dans les années qui ont suivi l'indépendance, on a toujours agité le spectre d'une division de l'Ukraine entre parties orientale et occidentale. Même pendant la révolution orange, les contrastes régionaux se sont aggravés. … Aujourd'hui, le risque que l'Ukraine succombe à ses contradictions régionales est conjuré. L'Etat s'est consolidé dans ses frontières actuelles. Ce sont justement les contrastes ethniques, sociaux, culturels et linguistiques qui contraignent les politiques ukrainiens à chercher un équilibre d'intérêts démocratique. Le fait que se soit imposé le concept d'une nation politique de citoyens ne reposant pas sur des critères ethniques, est l'un des principaux acquis de la révolution orange." (07.02.2010)

Lidové noviny - République tchèque

Le quotidien conservateur Lidové Noviny aurait volontiers préféré une autre issue aux élections présidentielles en Ukraine, mais il estime que l'élection ne change pourtant rien à l'ordre constitutionnel libéral du pays : "L'Ukraine 'orange' ne s'est peut-être pas autant rapprochée de l'Europe que nous l'espérions. Mais malgré toutes ses insuffisances, ce pays dépasse encore largement la Russie autoritaire en ce qui concerne la question décisive de la liberté. L'UE a fait trop peu pour l'Ukraine ces dernières années. C'est la raison pour laquelle le déclin de la révolution orange est aussi une défaite de l'Union. Avec [le nouveau président élu] Viktor Ianoukovitch, la situation va certes se dégrader mais l'Ukraine reste toutefois un pays démocratique. Et une Ukraine libre est la meilleure réponse et la plus appropriée à la 'poutinisation' de la Russie." (08.02.2010)

Rzeczpospolita - Pologne

Malgré la victoire électorale du candidat dit pro-russe Viktor Ianoukovitch, la Pologne ne doit pas se détourner de l'Ukraine, écrit le quotidien conservateur Rzeczpospolita : "Nous devons plus que jamais nous montrer actifs à l'égard de notre voisin ukrainien. … Viktor Ianoukovitch est certes décrié comme un politique pro-russe, mais c'est le pragmatisme qui le caractérise avant tout. Au final, son élection n'a encore rien décidé. On peut plutôt s'attendre à de nouveaux conflits et de nouvelles dissensions à propos des affaires les plus importantes. Nous devons ainsi d'autant plus convaincre les Ukrainiens que l'orientation pro-européenne leur est profitable, que la Pologne continue d'être l'avocat de ses intérêts au sein de l'UE et de l'OTAN et que nous voulons collaborer avec elle - quelque soit la personne au pouvoir à Kiev." (08.02.2010)

Diário de Notícias - Portugal

La victoire du leader de l'opposition pro-russe Viktor Ianoukovitch aux élections présidentielles ukrainiennes pourrait renforcer l'influence russe en Ukraine, écrit le quotidien Diário de Notícias : "Avec la victoire de Viktor Ianoukovitch aux élections présidentielles, une nouvelle période d'instabilité s'annonce en Ukraine et le reste de l'Europe ne peut pas rester indifférent à son égard. Ce grand pays européen (plus grand que la France ou que l'Espagne), avec ses 46 millions d'habitants, peut faire basculer l'équilibre de pouvoir dans la région. … Et Moscou a vu déjà trois de ses anciennes Républiques intégrer l'OTAN: l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie." (08.02.2010)

POLITIQUE

Der Standard - Autriche

L'Iran inquiète l'Occident

Après l'échec de la tentative de médiation lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a ordonné la production d'uranium fortement enrichi dans son pays. C'est un nouveau fiasco de la politique étrangère occidentale, écrit le quotidien Der Standard : "Les conséquences politiques de ce week-end sont considérables. … L'Occident réagit à ces défis avec doutes et hésitations. Le litige sur le nucléaire iranien constitue ainsi l'une des grandes incertitudes de la politique internationale de ce début de décennie. Du point de vue de la politique étrangère, l'année qui s'est écoulée n'a pas vraiment été couronnée de succès : la gestion de la guerre en Afghanistan a été largement paralysée par la crise et par la réélection truquée du président Hamid Karzaï ; avec leur nouveau président, les Etats-Unis n'ont pas non plus enregistré de succès notables au Proche-Orient, ni dans le 'nouveau départ' dans les relations russo-américaines ou le désarmement de la Corée du Nord." (08.02.2010)

Corriere della Sera - Italie

Supprimer les armes atomiques d'ici 2030

La campagne Global Zero a demandé la semaine dernière à Paris l'élimination de toutes les armes atomiques d'ici 2030. Dans le quotidien conservateur et libéral Corriere della Sera, l'historien Timothy Garton Ash estime que des objectifs aussi peu réalistes pourraient détourner des tâches concrètes : "Le désarmement nucléaire effectif nécessitera des contrôles stricts que la majeure partie des grandes puissances de ce monde, soucieuses de leur souveraineté, sont extrêmement réticentes à autoriser. … L'Iran n'est pas le seul pays à évoluer à contre-courant. Le problème, c'est ce qui se passera en 2010. Pour le moment … le monde emprunte la direction opposée. Nous approchons le pic de la prolifération. Si les Etats nucléaires traditionnels ne décident pas cette année (à l'occasion du sommet du contrôle du traité de non-prolifération en mai) d'une initiative visant à réduire le nombre et la diffusion des armes nucléaires, il pourrait bientôt être déjà trop tard. Et, soit dit en passant, avec les décisions difficiles sur les dépenses publiques auxquelles nous devons tous faire face aujourd'hui, on pourrait ainsi économiser aussi un peu d'argent." (08.02.2010)

Financial Times - Royaume-Uni

L'achat de données sur les fraudeurs est légitime

Le gouvernement allemand est prêt à acheter un CD contenant des données illégalement acquises de fraudeurs fiscaux allemands présumés en Suisse. Le journal économique Financial Times ne voit pas d'inconvénient à cet achat et attire l'attention sur l'efficacité de cette méthode : "Les tribunaux allemands rejettent l'accusation suisse de recel. Dans le cas contraire, Berlin ne pourrait pas ouvertement proposer de l'argent pour les données. Il est difficile de s'en irriter. Il est certainement légitime d'offrir des récompenses aux informateurs prêts à témoigner. Et il est de l'intérêt public que les fraudeurs soient identifiés et contraints à payer leur dû. … La fraude fiscale est largement répandue aux Etats-Unis et en Europe. Elle pourrait être réduite par des poursuites plus strictes. La méthode de Merkel constitue en cela un mécanisme particulièrement efficace. Les Allemands ont amassé jusqu'à présent environ 200 millions d'euros de clients de la LGT [banque du Liechtenstein] pour la somme de 4,6 millions d'euros, dépense que la revente des données à d'autres Etats a permis de rembourser. Les Suisses ont raison de s'inquiéter." (08.02.2010)

Le Monde - France

L'extrême-gauche accepte le voile

En France, le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), présente une candidate voilée sur les listes des élections régionales en mars. Cela contredit la ligne du parti, estime le quotidien Le Monde : "Le paradoxe ne vient pas du fait qu'une jeune femme de 22 ans ne voit aucune contradiction entre la décision de se voiler pour Dieu et celle de militer dans un parti d'inspiration trotskiste luttant contre le sexisme. Le [parti d'extrême droite du] Front national a bien des militants noirs ou d'origine arabe. La nature humaine est ainsi faite : des affinités contradictoires peuvent aisément cohabiter au sein d'un même individu. Sans doute faut-il s'en réjouir. Mais que penser de la cohérence des convictions politiques d'Olivier Besancenot [le chef du NPA] ? Antisexiste et ferme face à l'intégrisme chrétien anti-IVG, mais ému par la réaction religieuse lorsqu'elle porte un voile." (05.02.2010)

RÉFLEXIONS

Mladá fronta Dnes - République tchèque

Lukáš Lhoťan sur la chasse européenne aux musulmans

L'interdiction des minarets, l'interdiction de la burqa, l'interdiction des musulmans ? Lukáš Lhoťan, membre de la communauté musulmane de Brno, décrit ce qui l'inquiète dans une tribune parue dans le quotidien progressiste Mladá Fronta Dnes: "A l'école, nous avons appris qu'une démocratie se distingue par le fait que l'Etat traite tous ses citoyens de la même façon, indépendamment de leur couleur de peau, de leurs convictions politiques ou religieuses. Pourtant, quand j'observe l'évolution de l'opinion majoritaire dans la politique européenne, j'en ai la chair de poule. Celle-ci parle de menace musulmane et de la nécessité de prendre des mesures restrictives à son encontre. Un jour, on s'en prend aux vêtements, puis aux mosquées et aux minarets, prochainement cela pourrait être le tour des barbes. Il se peut qu'un jour on en vienne à proposer de demander aux musulmans de porter un signe distinctif. Dès lors, il ne restera qu'un pas à franchir jusqu'aux camps de concentration et aux crimes de masse. … Lorsque j'observe l'islamophobie et la discrimination croissantes en Europe, cela ne m'étonne pas que de nombreux musulmans cherchent leur salut dans les simples paroles et dogmes des extrémistes." (05.02.2010)

Helsingin Sanomat - Finlande

Petreri Tuohinen sur la théorie chinoise de l'harmonie

Petteri Tuohinen, correspondant à Pékin, critique dans le quotidien Helsingin Sanomat l'incompréhension de la Chine vis-à-vis de la critique, et dénonce la tolérance occidentale inappropriée à l'égard de ce pays : "La Chine tente d'enseigner au monde entier ce que les Chinois ont bien assimilé : le parti communiste du pays et ses dirigeants ne doivent pas être remis en question. Malheureusement, les pays occidentaux acceptent cette doctrine beaucoup trop souvent. On ne veut pas par exemple pas mettre en péril des relations commerciales en rappelant que les droits de l'homme doivent être respectés. La Chine mène une politique erronée. D'autres pays ont naturellement le droit de critiquer ce qui en Chine leur semble critiquable. Il est par exemple difficilement imaginable de ne pas pouvoir critiquer les États-Unis pour leur politique étrangère guerrière. La Chine semble toutefois préférer un monde où les pays sont au-delà des critiques en raison de leur importance internationale. Une telle situation correspondrait au terme 'harmonie' en chinois." (08.02.2010)

ÉCONOMIE

Elsevier - Pays-Bas

Il ne faut pas ménager les pays déficitaires

Les montagnes de dettes amassées par le Portugal, l'Irlande, l'Italie, la Grèce et l'Espagne, pays désignés par l'acronyme PIIGS, sapent la confiance dans l'euro. Les propos virulents ne suffisent pas, estime Carla Joosten dans son blog pour le magazine d'information progressiste de droite Elsevier : "Les déficits des PIIGS ne sont pas seulement une conséquence de la crise, mais aussi le résultat d'une mauvaise gestion budgétaire. Ils ont mené grand train pendant trop longtemps, dilapidé les profits engrangés dans des taux d'intérêt faibles et n'ont engagé aucune réforme. Le résultat, c'est qu'ils menacent désormais de mettre toute l'Europe en difficulté. Ces pays méritent qu'on les traite avec sévérité. … Si nous survivons à ce choc, les chefs de gouvernement devraient veiller une fois pour toutes à disposer de la mentalité qui sied à l'Union monétaire : s'en tenir à un budget national correct afin d'éviter de nuire aux budgets des autres pays. On n'a pas besoin d'union politique pour cela, mais de l'application effective de règles budgétaires strictes. De véritables sanctions, et pas seulement des petits sermons de Bruxelles, comme c'est le cas aujourd'hui." (08.02.2010)

Cita Diena - Lettonie

La politique de rigueur porte ses fruits en Lettonie

Au plus fort de la crise économique, la Lettonie était au bord de la faillite publique ; désormais, les finances publiques lettones se remettent progressivement. Le journal en ligne Cita Diena se montre soulagé : "A l'étranger, nous faisons même désormais figure d'exemple à suivre en période de crise pour consolider son propre budget : la semaine dernière, nous avons eu la confirmation que notre situation se stabilisait et qu'un excédent budgétaire pourrait même être réalisé en janvier. … Pour cela, la Lettonie a pris des mesures qui auraient été difficilement applicables dans de nombreux pays d'Europe occidentale. Une telle stabilité et un optimisme prudent constituent la condition absolue à une reprise de l'économie, car il n'y a rien de plus dommageable pour une économie nationale que l'imprévisibilité. Mais, comme c'est souvent le cas en Lettonie, la principale menace vient une fois de plus de la politique : elle n'est pas vraiment parvenue jusque-là à obtenir un large consensus sur cette tendance à la stabilisation." (08.02.2010)

CULTURE

Postimees - Estonie

La littérature estonienne résiste à l'offensive électronique

En Estonie, les livres électroniques ne constituent ni une bénédiction, ni la fin du monde ou un tournant spirituel, estime le quotidien Postimees : "Les traductions à partir de l'estonien sont publiées essentiellement par des universités ou par de petites maisons d'édition : cela apporte honneur et gloire mais ne rapporte quasiment rien. Les livres électroniques ne changent pas grand-chose à cette situation. Les opportunités de diffusion n'augmentent que sur le plan théorique, car la barrière de la langue, elle, ne disparaît pas. Au contraire, Internet va plutôt continuer de renforcer le rôle de l'anglais. A part quelques Estoniens en exil, l'éventualité que quelqu'un lise un livre estonien sur la bibliothèque de Google par exemple, est extrêmement faible. Les véritables amateurs de littérature estonienne préfèrent s'adresser personnellement à nous et viennent ici pour goûter aussi à la forme parlée de cette langue rare. … Le marché des auteurs estoniens est et reste l'Estonie, et cela ne fait pas de grande différence que les œuvres soient vendues sous forme électronique ou au format papier." (08.02.2010)

SOCIÉTÉ

Expansión - Espagne

Une retraite plus élevée pour les parents de familles nombreuses

En Espagne, le nombre de retraités ne cesse de croître et le nombre d'enfants de diminuer. Tandis que les politiques débattent de l'augmentation de l'âge de départ à la retraite, le journal économique Expansión propose de faire varier le montant des retraites en fonction du nombre d'enfants : "Nous concluons cet article avec une proposition visant à stimuler la natalité et à améliorer l'équité intergénérationnelle en matière de retraites : celles-ci devraient inclure un facteur considérable de correction à la hausse et à la baisse en fonction du nombre d'enfants de la personne retraitée. … Ce serait juste par rapport à ce que chacun a apporté et dépensé pour élever les Espagnols qui produiront la richesse de demain, et dont une partie reviendra aux retraités. Et cela récompenserait un taux de natalité élevée, sans coûter un euro au contribuable." (08.02.2010)

MÉDIAS

Berliner Zeitung - Allemagne

Critique de l'iToaster

A l'occasion de l'introduction sur le marché de l'ordinateur d'Apple iPad, Mely Kiyak écrit dans le journal progressiste de gauche Berliner Zeitung une lettre ironique au patron d'Apple, Steve Jobs : " Cher Steve Jobs ! J'ai regardé la vidéo de votre conférence de presse et constaté que vous présentiez dans vos vieux habits cet appareil doté de fonctions tactiles. … Mes collègues journalistes, tous exclusivement des hommes, sont tombés en extase devant lui. … Pourtant, l'appareil que vous venez cette fois d'inventer ne fait rien que les appareils existants savent déjà faire aussi. … Quelques cinglés croient que la beauté et l'élégance du design de certains appareils électroniques déteignent sur leur utilisateur. Regarder ces hommes tripoter ces appareils minuscules avec leurs gros doigts boudinés et rater sans cesse la bonne touche, est loin de faire envie. … Désormais, il y a même des éditeurs qui s'enthousiasment pour cet appareil et espèrent qu'il sauvera leur affaire. Les entreprises de médias croient que cet appareil va révolutionner la façon de lire le journal et transformer des citoyens en abonnés. I-llusion ! Que je sache, le toaster n'est une bonne chose que si la pain grillé l'est également !" (06.02.2010)

 

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