szmtag

06.09.2008

euro|topics illustration
euro|topics
 

Revue de Presse | 07.08.2008

 

À LA UNE

La France est-elle coupable ?

La France est-elle coupable ?

 

Le gouvernement du Rwanda porte de graves accusations contre la France : selon une étude menée par le ministère rwandais de la justice, des soldats français auraient participé activement au génocide de 1994. On estime que les affrontements qui avaient alors opposé les groupes de population tutsie et hutue ont fait 800 000 morts. L'armée française, mandatée par l'ONU, avait instauré une zone de protection au Rwanda.

Extraits des publications suivantes:
Financial Times - Royaume-Uni, Dagens Nyheter - Suède, die tageszeitung - Allemagne, Le Nouvel Observateur - France

Financial Times - Royaume-Uni

Le quotidien Financial Times réclame plus d'honnêteté de la part des politiques français en ce qui concerne le génocide au Rwanda : "L'insinuation selon laquelle les fonctionnaires français ont volontairement fermé les yeux sur les préparations du génocide risque de ne pas résister à un examen. Mais les accusations du Rwanda quant à l'implication de la France qui a favorisé les conditions de la mise en exécution du génocide en soutenant le régime d'un Etat satellite même après qu'il ait commis des crimes de guerre, ne sont pas sans fondement. Paris n'a pas encore reconnu ses erreurs ni présenté aucune forme d'excuses au Rwanda, ce qui est source d'une infinie tristesse pour les survivants du massacre. … Cela a été le pire moment dans les relations de la France avec les Etats satellites en Afrique francophone. Le président Nicolas Sarkozy l'a presque admis mais il doit aller plus loin. Un bon nombre de politiques importants en France ont vivement critiqué la Turquie car elle ne s'est toujours pas penchée sur la question de savoir si le massacre des Arméniens lors de l'effondrement de l'empire ottoman a été un génocide. Ils utilisent cet argument contre l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne. Ils doivent être honnêtes quant à leur propre attitude au Rwanda." (07.08.2008)

Dagens Nyheter - Suède

Le quotidien Dagens Nyheter demande une enquête complète sur le rôle de la France au Rwanda : "Beaucoup de choses restent encore à éclaircir dans le contexte de l'action française au Rwanda, à commencer par la question de savoir où se situe la frontière entre l'aveuglement colonial et la cruauté criminelle. Seule une enquête exhaustive permettra de répondre à cette question. Prenons pour exemple l'enquête sur l'action des Nations unies au Rwanda, qu'a menée en 1999 [l'ancien Premier ministre suédois] Ingvar Carlsson à la demande de Kofi Annan. … Il est peu probable que la France se plonge de son propre chef publiquement sur son passé colonial. Mais le monde, et en premier lieu l'ONU, devrait reconnaître que seule une enquête indépendante peu élucider ces points d'interrogation." (07.08.2008)

die tageszeitung - Allemagne

"La politique de non droit française n'a effectué aucun travail de mémoire sincère en Afrique", critique le quotidien de gauche die tageszeitung. "A Paris, le Rwanda reste un tabou. Tout au plus parle-t-on 'd'erreurs'. C'est comme si Radovan Karadžić considérait le massacre de Srebrenica comme ayant commis par mégarde. Aujourd'hui, les officiels à Paris préfèreraient faire comme si ce nouveau rapport d'étude n'existait pas et l'ignorent plutôt que de regarder les faits en face. Les gens au Rwanda, qu'ils soient victimes ou bourreaux, méritent mieux que cela. Ils veulent savoir pourquoi leur pays a été plongé dans l'apocalypse. Le rapport [rwandais] permet d'avancer en montrant le bon exemple. Ceux qui y sont nommés devraient maintenant assumer le passé avec sincérité." (07.08.2008)

Le Nouvel Observateur - France

Dans un entretien avec Le Nouvel Observateur, le reporter de guerre Jean Hatzfeld analyse la responsabilité de la France dans le génocide au Rwanda : "La France était présente à toutes les périodes du génocide, mais pas coupable pour autant. On peut être responsable mais pas coupable. … De son côté, la France n'avait rien à gagner dans cette destruction. Mais la politique française a souvent eu un effet dévastateur, notamment dans les Balkans. Il s'est agi, bien des fois, de rééquilibrer la francophonie et de privilégier le régime le plus stable, le plus légitime. Peu importe que la personne au pouvoir soit un dictateur. Ce que je trouve positif dans la publication de ce rapport, c'est le fait de mettre l'occident face à ses responsabilités. … Il est incroyable de voir qu'à La Haye, il n'y a aucune condamnation de militaire français. On a l'impression que la justice internationale n'est réservée qu'aux locaux." (06.08.2008)

POLITIQUE

El País - Espagne

La Chine devant la justice espagnole

A la veille de l'ouverture des Jeux olympiques de Pékin, la Cour de Justice nationale à Madrid s'est saisie d'une plainte déposée par des organisations non gouvernementales tibétaines à l'encontre de la Chine accusée de crime contre l'humanité. Les mis en examen sont des politiques de haut rang, dont deux ministres en exercice ainsi que deux généraux des armées. Le quotidien El País écrit à ce sujet : "Il est logique que cette nouvelle déclenche dans un premier temps de l'incrédulité. La justice espagnole va-t-elle entendre des ministres et des généraux chinois, les juger et finalement les condamner ? Certainement pas. Mais il n'était pas non moins incroyable de penser que l'ex-dictateur [chilien] [Augusto] Pinochet serait un jour détenu à Londres en réponse à une demande d'extradition présentée par le juge [espagnol] Garzón : et cela est arrivé, le 16 octobre 1998. … Certes, le moment ne saurait être plus inopportun, mais le gouvernement espagnol n'a pas d'autre choix … que d'avaler la pilule, de faire comme si de rien n'était et de respecter l'indépendance de la justice." (07.08.2008)

Le Monde - France

Un problème européen

Dans son éditorial, Le Monde critique la pression exercée par Brice Hortefeux, le ministre de l'Immigration, sur les associations françaises de défense des immigrés : "A l'évidence, le ministre de l'immigration, Brice Hortefeux, ne veut pas laisser le terrain libre aux associations de défense des sans-papiers [immigrés illégaux]. … Mardi 5 août, M. Hortefeux a demandé au préfet [du département] de Seine-et-Marne l'interdiction d'une manifestation prévue samedi devant le centre du Mesnil-Amelot. … De façon plus générale, le ministre a appelé les forces de l'ordre à la vigilance face aux 'agissements des groupuscules'. … Certes, sous couvert de défense des sans-papiers, certains de ces groupes sont souvent animés par des militants d'extrême gauche qui s'emploient à mener un combat politique contre le gouvernement. Mais cette réalité est partielle et ne rend pas compte de toute l'action et des mobiles généreux des défenseurs des sans-papiers. … En procédant de cette façon, l'exécutif n'apaise en rien le climat. Il s'expose en revanche davantage aux critiques, sans régler pour autant le casse-tête politique et humanitaire que représente, pour l'ensemble des pays européens, le sort des sans-papiers." (06.08.2008)

Le Soir - Belgique

Jusqu'à la fin de l'humanité

Alors que se tient actuellement la conférence mondiale sur le sida à Mexico, Le Soir regrette que la plupart des Etats du monde délaissent les campagnes d'information : "C'est une menace complexe qui continue à planer de nos jours sur le monde entier. Plus que jamais, vingt-cinq ans après l'apparition du virus, le sida nécessite une lutte impitoyable. … En dix ans, les malades ont gagné près de treize années d'espérance de vie. … Or, sans doute peu ou prou aveuglés par les bonnes nouvelles en provenance des labos de recherche, les pouvoirs publics ont relâché la pression de l'information et de la prévention. … En axant l'essentiel des ressources sur les médicaments, on a sans doute oublié qu'il était essentiel de voir en face les causes de la maladie, de faire une vaste prévention, adaptée aux groupes à risque, de redire que malheureusement, et sans doute jusqu'à la fin de l'humanité, on ne peut avoir l'amour en tête sans faire quelques gestes simples pour échapper à la mort." (06.08.2008)

RÉFLEXIONS

The Guardian - Royaume-Uni

La Belgique met l'Europe en danger

Ian Buruma, professeur en droits de l'homme à l'université Bard de New York, est préoccupé par la crise belge qui pourrait selon lui menacer l'unité européenne : "Ce qui se passe en Belgique est inhabituel mais en aucun cas exceptionnel. Les Tchèques et les Slovaques se sont déjà séparés, comme les différentes nations de Yougoslavie. A l'instar de nombreux Catalans, de nombreux Basques aimeraient se détacher de l'Espagne, … et les Ecossais quitteraient volontiers le Royaume-Uni. … Quelques uns de ces peuples s'en sortiraient très bien tout seuls. Mais l'histoire montre que l'effet cumulatif d'Etats morcelés est rarement positif. … Les Etats nations ont été créés au 18ème et au 19ème siècle pour imposer des intérêts communs qui étaient au-dessus des différences culturelles, ethniques, linguistiques ou religieuses. … Le problème aujourd'hui, c'est que les problèmes ne sont plus du tout les mêmes. L'Union européenne, qui soutient activement les intérêts régionaux, a affaibli l'autorité des gouvernements nationaux. Pourquoi donc s'en remettre à Londres alors que Bruxelles a bien plus à offrir ? … Le sort de la Belgique devrait intéresser tous les Européens, en particulier ceux qui sont bien disposés envers l'Union. Ce qui se passe aujourd'hui en Belgique pourrait se passer à un niveau continental. … Nous savons comment les choses se déroulaient quand le sol et le sang déterminaient la politique européenne. Sans le vouloir, l'UE semble aujourd'hui favoriser les forces qui auraient dû être contenues grâce à l'unité européenne après la seconde guerre mondiale." (07.08.2008)

Cicero - Allemagne

La culture au secours de l'Europe

L'ambassadeur italien en Allemagne, Antonio Puri Purini, écrit dans le magazine mensuel Cicero que l'Europe peut trouver une issue à la crise politique grâce à son héritage culturel. "L'Europe ne pourra être un succès que si les Européens reconnaissent l'existence d'intérêts communs. La culture est une force vive de ce sentiment communautaire. … Si nous nous déplaçons à l'intérieur de l'Union européenne, nous vivons et jouissons de la diversité à travers laquelle s'exprime un espace culturel unique. La conséquence de cet espace est que l'Europe est perçue au-delà de nos frontières comme une unité. C'est pourquoi il ne me semble pas trop osé de penser que l'identité nationale et l'identité européenne puissent se renforcer mutuellement par le biais de la culture et que l'Europe idéale et l'Europe réelle se fondent en un seul ensemble. … Si l'Europe n'est pas fière de son héritage culturel, elle va se dissoudre dans un espace économique ; elle ne sera pas en mesure de consolider son propre profil politique par l'intégration. Des règles et des valeurs communes, sous réserve qu'elles soient soutenues par des institutions plus efficaces … doivent constituer l'identité de l'Europe du 21e siècle." (30.07.2008)

ÉCONOMIE

Der Standard - Autriche

Pas de groupe pétrolier d'Europe centrale

Le rachat du groupe pétrolier hongrois MOL par l'entreprise énergétique autrichienne OMV a échoué suite aux réserves émises par la Commission européenne en matière de respect du droit de la concurrence. Le quotidien Der Standard salue cette décision : "De nouveau, un patron d'un groupe issu du secteur public a fait de l'esbroufe et n'a pas fait le bon calcul. Non, il ne s'agit pas de MOL elle-même ni du gouvernement hongrois (qui ont combattu OMV avec force paroles nationalistes et lois protectionnistes contraires à l'esprit de l'économie de marché). Celui qui a tiré un trait sur la facture de la restructuration d'un groupe pétrolier quasi monopolistique d'Europe centrale, était la Commission européenne de Bruxelles, et ce dans l'intérêt du consommateur que des prix plus élevés auraient sinon menacés. Les négociants d'hydrocarbures de Vienne n'ont pensé qu'à eux et à leurs profits pas à ceux qui achètent l'essence." (07.08.2008)

Dnevnik - Bulgarie

Une aide tardive

Les manifestations des agriculteurs et éleveurs bulgares qui réclament des subventions de l'Etat et des crédits avantageux suite au gel d'aides agricoles de l'UE ont dégénéré hier et se sont soldées par des représailles de la police et des arrestations. Suite à ces événements, le gouvernement a promis une aide de 30 millions d'euros. Le quotidien Dnevnik critique cette décision : "Ce schéma de devoir défendre ses propres intérêts s'est révélé humiliant pour les producteurs de lait et pour la société elle-même car c'est de toute évidence ce que cache l'engagement du gouvernement. Car si les subventions que le gouvernement accorde aujourd'hui aux agriculteurs et aux éleveurs ne sont pas approuvées par Bruxelles et aboutissent à des sanctions, les autorités publiques n'auraient pas dû mentir aux paysans en janvier [il y a également eu à cette époque des manifestations et les mêmes promesses d'aides avaient été faites]. En outre, on aurait pu décider d'aider ce secteur aussi au risque de sanctions, mais sans aggravation de la situation ni recours à la violence." (07.08.2008)

CULTURE

L'Unità - Italie

Le patrimoine culturel en danger

Le ministre italien des Finances, Giulio Tremonti, a présenté mardi dernier le programme budgétaire qui prévoit aussi des coupes budgétaires dans la culture d'ici 2011. En même temps, une privatisation croissante des biens culturels a lieu en Italie. Le quotidien de gauche L'Unità s'inquiète désormais du sort du patrimoine culturel italien. "L'Italie décroche et s'éloigne toujours plus des pays industrialisés, dans lesquels la culture représente un investissement social et non un montant à réduire. Le ministère devient [ainsi] le parfait appareil de l'absurdité, qui se mord la queue en payant ses employés. … Le tourisme culturel est touché en plein cœur. Une mesure géniale pour relancer l'économie affaiblie d'un pays où le tourisme culturel constitue l'une des ressources principales. … Les économies réalisées dans la réduction des commandos de protection policière donnent libre cours aux voleurs d'objets culturels, les pilleurs de fouilles archéologiques notamment. … La fin de la culture comme valeur fondamentale pour tous." (07.08.2008)

Evenimentul Zilei - Roumanie

Critique de l'instrumentalisation

Depuis la critique de l'auteure germano-roumaine Herta Müller à l'égard de l'institut culturel roumain (ICR) de Berlin qui avait invité à une cérémonie deux anciens indics de la police secrète communiste Securitate, la qualité de l'ICR va maintenant être examinée par une commission d'enquête parlementaire. Dans le quotidien Evenimentul Zilei, Müller s'oppose à l'instrumentalisation de sa critique par le président de la Commission de culture au sénat, Adrian Paunescu, qui était lui-même 'poète de la Cour' sous le régime du dictateur communiste Nicolae Ceauşescu. "Pour moi, Paunescu est la quintessence de la faillite morale, la personnification de la prostitution culturelle dans la dictature. Je pense qu'après la chute du communisme, la seule attitude correcte à adopter pour lui aurait été de se taire pendant 50 ans. Il est difficile de trouver parmi les artistes quelqu'un qui soit autant coupable que Paunescu du désastre moral de l'époque de Ceauşescu. … Ma protestation ne concernait pas l'ICR en tant qu'institution ni la performance du directeur de l'ICR. Je n'ai jamais exigé cela. … Si ma protestation est aujourd'hui instrumentalisée par Paunescu et les autres, alors mon message est dévié." (07.08.2008)

MÉDIAS

Sme - Slovaquie

Censure à la radio slovaque

Le Conseil slovaque de l'audiovisuel a recommandé à la radio de s'en tenir à un strict équilibre d'opinions dans ses émissions : le gouvernement ne devrait être critiqué que lorsqu'un de ses représentants a la possibilité de répondre immédiatement. Après l'introduction d'une loi controversée sur la presse, les journalistes slovaques craignent maintenant pour la liberté de la presse. Pour le quotidien libéral Sme, la mesure prise par le Conseil de l'audiovisuel est "à la limite de la censure. … Il s'agit d'un précédent qui rend impossible de diffuser tout débat politique à la radio et la télévision. On ne peut pas faire plus pour la pluralité que d'inviter des représentants d'avis différents. L'idée selon laquelle l'objectivité suppose de disposer de tous les avis possibles au même instant dans la même pièce, est aberrante. Si l'on veut une stricte indépendance, il faut également arrêter de retransmettre les conversations régulières avec le chef du gouvernement qui sont de simples monologues sans opinion alternative." (07.08.2008)

 

Marquer cette page d'un signet sur   del.icio.us    Digg!    YiGG.de    Webnews!    FURL    LinkARENA    Mister Wong    oneview   

D'autre contenu

DOSSIER

L'avenir des chantiers navals

L'avenir des chantiers navals

Les bateaux naviguent dans le monde entier. Depuis toujours. Mais aujourd'hui, seuls trois pour cent des commandes mondiales reviennent encore aux constructeurs navals européens. Et ceux-ci sont la plupart du temps localisés dans des régions structurellement faibles. Comment restent-ils concurrentiels, de la Pologne à l'Espagne ? » suite

RENCONTRE MÉDIATIQUE INTERNATIONALE

Tigre économique ou parent pauvre ? Quel est le poids de la Roumanie ?

Tigre économique ou parent pauvre ? Quel est le poids de la Roumanie ?

Le Réseau pour l'Information sur l'Europe de l'Est (n-ost) organise une rencontre médiatique internationale du 1er au 5 octobre 2008 à Bucarest qui réunit des experts de toute l'Europe. Inscriptions possibles ici :

» www.n-ost/bukarest

RSS

Abonnez-vous à euro|topics

Abonnez-vous à euro|topics

Vous pouvez vous abonner à eurotopics grâce au fil RSS ou bien afficher ce fil RSS sur la page d'accueil de votre site personnel. » suite

THÈME

S'ABONNER

Pour recevoir gratuitement euro|topics ou vous désabonner à la lettre d'information, inscrivez votre adresse e-mail:

EDITIONS ARCHIVÉES

lu ma me je ve sa di
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30