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Revue de Presse | 04.12.2008

 

À LA UNE

L'OTAN veut dialoguer avec la Russie

L'OTAN veut dialoguer avec la Russie

 

Lors d'une rencontre des ministres des Affaires étrangères à Bruxelles, l'OTAN s'est déclarée prête à discuter des propositions russes pour une nouvelle architecture de la sécurité en Europe. La presse européenne débat du rapprochement avec la Russie et de ses possibles conséquences.

Extraits des publications suivantes:
Jyllands-Posten - Danemark, Lidové noviny - République tchèque, Delo - Slovénie

Jyllands-Posten - Danemark

Le quotidien Jyllands-Posten critique la décision de l'OTAN de se tourner de nouveau prudemment vers la Russie et de choisir dans un premier temps de mettre en veille une poursuite de l'extension vers l'Est. "Le fait que les Russes soient satisfaits est facile à comprendre. La décision de l'OTAN de prendre ses distances vis-à-vis des Etats de l'ex-Union soviétique est une victoire de la diplomatie russe de l'énergie et un choix à la portée symbolique. Le temps montrera si cette décision aura également été une importante erreur stratégique. Car elle ne démontre pas seulement la division de l'OTAN, elle envoie aussi un signal clair à la Russie en lui indiquant qu'elle ne se fera pas taper sur les doigts pour avoir envahi la Géorgie. Pour couronner le tout, nous confirmons également la conception de la Russie selon laquelle le pétrole brut et le gaz peuvent être utilisés comme des armes politiques efficaces." (03.12.2008)

Lidové noviny - République tchèque

Les ministres des Affaires étrangères de l'OTAN ont clairement exprimé leur soutien pour le bouclier antimissile américain qui prévoit l'installation d'un radar en République tchèque. Le quotidien conservateur Lidové noviny estime que ce sont de "mauvaises nouvelles pour les opposants à ce projet et à ceux qui avaient imaginé, qu'après la victoire de Barack Obama, on assisterait à un changement de cap dans la politique étrangère américaine. La nomination des partisans du radar, Hillary Clinton et Robert Gates (respectivement au département d'Etat et au ministère de la Défense) a montré qu'il n'y aura pas, tout du moins sur ce point, le changement dans la politique de Washington dont on a tant parlé. Les opposants au radar n'auront pas pour autant à baisser les bras. Ils peuvent notamment faire valoir que la défense antimissile n'est pas opérationnelle. Par ailleurs, les partisans du bouclier antimissile n'ont pas encore gagné. Le soutien au Parlement [de Prague] demeure incertain. Et enfin, ce projet pourrait être ralenti en raison de la crise économique mondiale qui progresse". (04.12.2008)

Delo - Slovénie

Le quotidien Delo écrit qu'il faudra encore patienter avant d'aboutir à un compromis qui fera l'unanimité : "A Bruxelles, la situation ressemble plutôt à une partie de pétanque euro-atlantique avec la Russie au cours de laquelle le tir des boules adverses (en raison du conflit en Géorgie en août) a été remplacé par un rapprochement tactique. Une partie de pétanque dans laquelle il reste encore suffisamment de place pour une 'boule' géorgienne et ukrainienne dans l'éventualité où Washington déciderait de pointer la boule [du président russe Dmitri] Medvedev. Et en tout cas, selon toute apparence, il semble qu'il y ait également encore de la place pour un tir européen plus autonome. Ce qui était également symptomatique pour la rencontre bruxelloise, c'était la bienveillance [du président français Nicolas] Sarkozy à l'égard de l'initiative de la Russie en ce qui concerne la formation d'une 'architecture de sécurité européenne' complètement nouvelle ainsi que la réponse des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne considérant que l'OTAN et l'OSCE [Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe] sont suffisants pour la sécurité européenne." (04.12.2008)

POLITIQUE

Helsingin Sanomat - Finlande

Quel est l'objectif de la rencontre de l'OSCE à Helsinki ?

Dans le quotidien Helsingin Sanomat, Olli Kivinen, écrivain et chroniqueur indépendant, salue la réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) prévue les 4 et 5 décembre à Helsinki qu'il considère comme étant un grand moment de la présidence finlandaise de l'OSCE. "Les récents événements ont montré que l'OSCE élargie à 56 pays est toujours une plate-forme importante même si ceux qui la critiquent - y compris l'auteur de cet article - l'ont considérée il y a quelques années comme une bureaucratie inutile et superflue. ... Selon Stubb [ministre finlandais des Affaires étrangères qui préside le sommet], l'objectif de cette rencontre est d'établir une déclaration politique commune. Quant à savoir si cet objectif sera atteint, cela reste incertain. Dans le meilleur des cas, les pays participants ont tellement peur en raison de la crise économique, qu'ils sont prêts à calmer les esprits dans la relation [problématique] entre la Russie et les pays occidentaux." (04.12.2008)

La Stampa - Italie

Il ne faut pas interdire les mosquées

Après l'arrestation à Milan de deux Marocains qui auraient utilisé un centre culturel pour fomenter des attentats, la Ligue du Nord [Lega Nord] et le ministre de l'Intérieur Roberto Maroni ont demandé l'arrêt provisoire des travaux de construction de mosquées. Le journal progressiste italien La Stampa redoute que la construction de mosquées ne soit bloquée pour une durée indéterminée. "Le fait que la Ligue choisisse la voie parlementaire est déjà une avancée quand on pense qu'il y a peu, le ministre [Roberto] Calderoli [de la Lega Nord] menaçait d'amener des porcs sur les pelouses des lieux de culte musulmans, et ainsi de les profaner. … Proposer un moratoire sur les mosquées avant de trouver un nouvel accord, comme le propose la Ligue du Nord, revient en pratique à bloquer leur construction pour une durée indéterminée. Dans un pays où vivent désormais des millions de musulmans, cela risque d'avoir l'effet inverse. Cela donne en effet l'impression aux intéressés que l'on limite la liberté de religion et que l'on réprime les positions les plus radicales, avec le risque de les faire exploser plutôt que de les garder sous contrôle." (04.12.2008)

Phileleftheros - Chypre

Le Kosovo devant la Cour internationale de justice

La Serbie veut que la Cour de justice internationale de La Haye vérifie si la déclaration d'indépendance du Kosovo est conforme au droit international. La juriste Stavri Kalopsidiotu, membre du bureau du parti communiste social-démocrate de Chypre (AKEL) au Parlement européen, réfléchit aux conséquences que l'action de la Serbie pourrait avoir: "C'est peut-être une surprise pour tous ceux qui ont parlé hâtivement d'une défaite de l''ancien droit', et de l'affaiblissement du principe de souveraineté et d'intégrité politique et territoriale des pays. … C'est l'espoir pour tous les faibles et petits pays de cette planète que le résultat d'un processus qui vient de commencer ne donne pas le feu vert à la création de nouvelles frontières sur l'atlas mondial. … Théoriquement, la décision de l'assemblée générale de l'ONU [d'approuver la résolution déposée par la Serbie pour l'élucidation du cas à La Haye] freine pour le moment les demandes correspondantes comme celle du Kosovo." (03.12.2008)

Sega - Bulgarie

ETA n'est pas encore vaincue

Après l'arrestation en France du chef militaire de l'organisation séparatiste basque ETA, Mikel Garikoïtz Aspiazu Rubina, les politiques espagnols et français ont déjà annoncé une victoire historique sur l'ETA. Il est trop tôt pour jubiler, estime le quotidien Sega. "Si l'ETA a pu prouver quelque chose au cours de ces 40 dernières années, c'est sa capacité à rétablir les structures détruites. Et ce n'est qu'une question de temps avant qu'elle ne frappe de nouveau. En effet, les partisans d'une solution modérée à la question basque ont perdu le contrôle sur les unités de combat de l'ETA. L'aile militaire et l'aile politique de l'ETA se livrent depuis longtemps à une lutte de pouvoir. L'ancienne garde a laissé sa place à de nouvelles figures belliqueuses. ... [Et] l'aile politique du groupe, le parti [basque] interdit Batasuna, ne peut pas contribuer à faire accepter un processus de paix." (04.12.2008)

RÉFLEXIONS

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Avi Primor demande de l'argent pour lutter contre le terrorisme

L'ex-ambassadeur israélien en Allemagne, Avi Primor, s'exprime dans le quotidien Süddeutsche Zeitung sur les stratégies de lutte contre le terrorisme. "Il ne fait aucun doute qu'il est impossible de convaincre des fanatiques et qu'il faut les combattre pour pouvoir se protéger. On n'a pas traité les racines du problème. Pourquoi les organisations terroristes reçoivent-elle toujours régulièrement des renforts volontaires venant aussi bien du monde islamique que des pays occidentaux, où tant de terroristes grandissent et/ou vivent dans un environnement occidental normal? Le mot-clé nécessaire à la compréhension de ce problème est la dignité. Pour la majorité des individus dans les pays islamiques, la misère dans laquelle ils vivent et à laquelle ils ne voient aucune issue, est la cause de ce sentiment d'humiliation. Tant que l'on n'aidera pas la population de ces pays, tant que l'on ne leur donnera aucun espoir, il y aura toujours des terroristes qui sortiront de ces pays. … Aujourd'hui, un pour cent du Produit national brut cumulé des Etats-Unis, des Etats européens, des pays riches comme le Canada, le Japon, mais aussi des pays arabes riches en pétrole et pro-américains, représenterait deux milliards de dollar par an. Avec une telle somme, gérée par une institution internationale raisonnable, on peut parvenir à un changement dans les pays islamiques. Ce n'est qu'à partir de ce moment là que la majorité des musulmans tourneront le dos aux fanatiques, et que la lutte contre le terrorisme fondamentaliste aura une chance." (04.12.2008)

Hírszerző - Hongrie

Ádám Kiss résume les erreurs commises par la politique hongroise depuis les années 1989/90

Dans le magazine en ligne Hírszerző, Ádám Kiss réfléchit aux négligences commises par la politique hongroise depuis les années 1989/90. "La plus grosse erreur des vingt dernières années, c'est que dans ce pays rien n'a vraiment été mûrement réfléchi ni mis en place de manière cohérente. ... L'économie nationale, par exemple, ne dénote pas une orientation claire et des objectifs concrets. Nous avons aussi voulu devenir le centre intellectuel du bassin des Carpates. Nous devons toutefois nous poser la question suivante : n'y a-t-il jamais eu de plans de grande envergure ayant pour objectif d'établir un modèle social prometteur et clair en soi, depuis l'école primaire jusqu'à la recherche et le développement ? Comment se porte le tourisme ? Qu'en est-il du développement régional et du développement urbain ? Où en est-on des rêves de Jeux olympiques à Budapest, de l'armée, du périphérique autoroutier autour de la capitale ? ... La Hongrie n'a pas réussi à se donner une ligne directrice claire depuis le tournant de 1989. Quelle relation avons-nous avec le passé, nos voisins, les minorités hongroises résidant dans les pays voisins, l'Europe ? ... Depuis le tournant, on a pour habitude de faire les choses plus ou moins à moitié en Hongrie. Lorsqu'il y a eu des réformes, celles-ci n'avaient qu'un caractère ad-hoc dans la majorité des cas. L'Etat a tout simplement vendu la majeure partie des cas problématiques [les entreprises publiques]. Ce ne serait pas condamnable en soi. Toutefois, à l'exception des acheteurs, cette pratique n'a été bénéfique pour personne." (04.12.2008)

ÉCONOMIE

Corriere del Ticino - Suisse

Le contrôle européen des comptes trop onéreux

Dans le quotidien Corriere del Ticino, le vice-président du Londoner European Policy Forum, Tito Tettamanti, défend, en s'appuyant sur une étude, la politique financière suisse qui taxe à hauteur de 15 pour cent les intérêts générés par les dépôts effectués dans les banques suisses et interdit la consultation des rendements des capitaux. "Le contrôle international des comptes ne fonctionne pas, comme le montre une étude du European Policy Forum de novembre. L'introduction de ce contrôle pour près de 1243 banques européennes et suisses entraînerait des coûts de 753 millions d'euros, sans compter les 693 millions d'euros annuels que coûterait sa réalisation. Un renforcement, tel que l'UE le demande, doublerait les coûts. Le système visant à taxer les intérêts générés directement à la source, fonctionne par contre parfaitement et n'entraîne que des coûts limités. … On peut donc se demander pourquoi les bureaucraties veulent fourrer leur nez, de façon inefficace et onéreuse, dans les affaires fiscales des particuliers ? J'ai bien mon idée à ce sujet, mais je laisse au lecteur le soin de trouver la réponse claire comme de l'eau de roche à cette question." (04.12.2008)

Ouest France - France

Il faut sauver le dimanche !

Le journal régional français Ouest France plaide pour que le dimanche reste par principe un jour de repos : "D'abord, il faut sauver le dimanche parce que ce n'est pas un jour comme les autres. Qu'on le veuille ou non, c'est le dimanche que se tiennent, prioritairement, les fêtes familiales, culturelles, religieuses, ainsi que les événements sportifs puisque, précisément, ce jour-là est majoritairement celui où l'on ne travaille pas. Notre société a besoin d'un temps de respiration sociale, un temps où l'on apprécie que notre planète soit autre chose qu'un vaste supermarché. Il faut sauver le dimanche, parce que nous devons mettre un frein à l'action des théoriciens qui veulent continuer à nous faire croire que 'les arbres grimpent jusqu'au ciel'. ... La vraie question, en effet, n'est pas de savoir si l'on souhaite faire ses courses le dimanche. Elle est celle de savoir si, soi-même, on est prêt à travailler le dimanche !" (04.12.2008)

CULTURE

La Vanguardia - Espagne

Une nouvelle ère pour l'université européenne

Le quotidien La Vanguardia estime que le processus de Bologne a créé un nouveau modèle de formation universitaire : "Le processus de Bologne marque la fin solennelle d'une ère et le début d'une autre pour l'université européenne. Ce changement a commencé il y a quelque temps déjà. Si nous devions donner une date, aussi hasardeux que cela puisse être, nous pourrions peut-être choisir l'année 1968. Depuis le depuis du 19e siècle, l'université était le lieu de formation supérieure par excellence ou du moins essayait de l'être. A compter d'aujourd'hui, ce ne sera plus le cas, ou en tout cas plus complètement : l'université devient un mélange entre un enseignement spécialisé post-baccalauréat et une école supérieure spécialisée avec un petit restant d'université classique. Je ne dis pas que cette perspective soit bonne ou mauvaise. Elle offre certainement une réponse à certains des problèmes sociaux et économiques actuels. Mais ce faisant elle soulève d'autres problèmes et a en tout cas des conséquences culturelles et sociales." (04.12.2008)

Gândul - Roumanie

Les universités roumaines doivent se moderniser

Suite à une rencontre de journalistes à Paris sur la politique des hautes écoles, le quotidien Gandul note que si la Roumanie a réussi à mettre en place de nouvelles structures dans les universités avec des cursus comme le Bachelor et le Master, elle n'a pas résolu ses problèmes : "Il est inutile d'entreprendre des changements de structures si l'on ne modifie rien au cœur de l'université. Voilà la mauvaise nouvelle : nous avons repris dans les nouvelles structures les défauts qui nous caractérisent depuis 18 ans de liberté. Des cours et des matières désuets, des méthodes d'enseignement dignes du Moyen-âge avec le tableau noir et les craies, des laboratoires datant du communisme et ce qui est encore pire, une relation entre étudiants et professeurs toujours basée sur le modèle autoritaire du professeur omniscient et de l'étudiant servile. De plus, la corruption et la décadence [règnent] - des professeurs qui vendent les bonnes notes contre des rapports sexuels buccaux et des étudiants, qui, si tant est qu'ils parviennent jusqu'à l'université, attendent les résultats des examens comme des cadeaux sortis de la hotte du père-noël." (04.12.2008)

COULEURS LOCALES

Correio da Manhã - Portugal

Un Premier ministre portugais élégant

Le quotidien espagnol El Mundo a désigné le Premier ministre du Portugal, José Sócrates, comme l'un des hommes les plus élégants de la planète. Le quotidien Correio da Manhã écrit : "On parle toujours de l'amabilité portugaise. Mais en réalité, seuls les touristes l'évoquent car ils se sentent bien traités. Nous qui nous connaissons mieux que quiconque, savons bien qu'il ne s'agit que d'une combine pour les séduire. Entre nous, nous sommes totalement impolis. Mais nous faisons tout pour impressionner les étrangers et obtenir des compliments. Nous avons désormais une raison d'être fiers. … José Sócrates se place en sixième position derrière des hommes extrêmement élégants comme Karl Lagerfeld, Barack Obama et Brad Pitt, mais avant Jude Law et le Prince Charles. Cela ne mérite pas des applaudissements mais de la reconnaissance." (04.12.2008)

 

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