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À la une de mercredi, 11. octobre 2006


Google mise sur le web collaboratif

Le moteur de recherche américain Google a déboursé environ 1,32 milliard d'euros pour s'offrir YouTube, un site de partage de vidéo fondé en février 2005. Ce rachat traduit l'intérêt des grands groupes pour les sites collaboratifs (web 2.0), dont l'audience croît de manière exponentielle.


The Guardian - Royaume-Uni

"Qu'achète Google ?" se demande le journaliste John Harris. "La plus grande collection au monde de clips vidéos amateur débiles, ou bien quelque chose qui pourrait changer la face du web, le contrôle du réseau et sa régulation, voire même de la politique ? (...) Le souci est que YouTube va devenir un site marchand supplémentaire. Il était hier parsemé de vidéos anti-Google et de messages protestataires rédigés à la hâte. 'Google a tendance à faire payer', notait un internaute. 'Google s'est soumis au gouvernement chinois pour censurer les sites les plus critiques', enrageait un autre. 'Voilà ce que valent la liberté d'expression et le respect de la vie privée. Au revoir YouTube. C'était sympa quand cela existait.' Celui qui se rend sur le site Google Video peut y lire un message qui ne présage rien de bon : 'Je voulais voir une interview, mais je n'ai pu visionner que trois minutes... Il fallait payer un dollar pour la télécharger. C'est ridicule! La vidéo doit être libre!'" (11.10.2006)


Le Temps - Suisse

Pour Anouch Seydtaghia, responsable des pages multimédia du quotidien, "Google prend le risque de voir s'évanouir sa nouvelle proie. YouTube n'est pas un business, c'est une communauté. Le site ne gagne pas d'argent, il en dépense pour permettre à des millions d'internautes de partager du contenu ... qu'ils créent très souvent eux-mêmes. Il suffira d'une mauvaise décision de Google - attendu avec méfiance sur le front de la publicité - pour que la fronde se lève et que YouTube soit déserté. Un nouveau site se reformera très vite ailleurs. (...) Les appétits des groupes de médias (News Corp qui s'offre MySpace.com) et des régies publicitaires (Google) sont aiguisés, mais ils ont tout intérêt à manier leurs proies avec extrême prudence. (...) Si Google maltraite les utilisateurs de YouTube, ils auront vite fait de partir. Où? Heavy.com, Bolt.com, Revver.com, Metacafe.com ou Vpod.tv sont déjà à l'affût." (11.10.2006)


Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

"Les effets de réseau, qui ont fait par le passé le succès d'eBay, jouent également depuis longtemps pour YouTube : l'inscription de chaque nouveau membre augmente l'intérêt de l'adhésion pour tous les autres", écrit Holger Schmidt dans son éditorial. "Même Google n'est pas parvenu à lutter contre cet effet de réseau. Le service de vidéo en ligne qu'il a mis en place n'a pas été capable de rivaliser avec YouTube. Google a donc corrigé le tir en investissant 1,65 milliards de dollars (en actions) dans la communauté virtuelle, qui ne génère encore aucun bénéfice. Cela pourrait faire penser à une deuxième bulle Internet, et pourtant ce n'est pas le cas, comme l'atteste le dynamisme de cette communauté. Il faut dire que les chances de tirer profit d'un site populaire comme YouTube sont largement supérieures en 2006 à ce qu'elles auraient été en 2000 (...). Aujourd'hui, les internautes se rencontrent et se regroupent spontanément, ce qui évite de dépenser des fortunes en campagnes publicitaires sur le web. Internet devient ainsi un environnement publicitaire idéal permettant de toucher des groupes cibles difficilement accessibles pas les mass médias traditionnels." (11.10.2006)


Libération - France

"Il y a une course à la captation d'audience", relève le sociologue des médias Jean-Louis Missika, auteur de 'La Fin de la télévision', dans un entretien avec Christophe Alix. "En rachetant YouTube, Google devient de très loin le leader de la consultation de vidéo en ligne. Mais il existe également une vraie complémentarité entre les deux parties que n'aurait pu apporter un acteur de la télévision. Face au caractère pléthorique et même asphyxiant du contenu déposé chaque jour sur YouTube, seul un moteur de recherche est capable de trier et de mettre réellement en valeur le flot d'offres. Et ce, d'autant plus qu'il est bien plus compliqué d'indexer de la vidéo que du texte. Ce rachat confirme la position centrale acquise par les moteurs de recherche dans les médias de demain, car ils sont les seuls aptes à organiser et restituer de manière pertinente les contenus aux consommateurs." (11.10.2006)


» Ensemble de la revue de presse de mercredi, 11. octobre 2006

 

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