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08.01.2009

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À la une de mercredi, 25. octobre 2006


La liberté de circulation des travailleurs en Europe

La Grande-Bretagne et l'Irlande se trouvaient jusqu'à présent à l'avant-garde de l'UE en matière d'ouverture de leur marché du travail. Ils avaient été les premiers en 2004 à ouvrir leurs portes aux immigrés des nouveaux pays membres. Aujourd'hui, ils se veulent plus restrictifs envers la Roumanie et la Bulgarie, qui entreront dans l'UE en 2007. A l'inverse, la Pologne, qui a profité de la liberté de circulation des travailleurs, souhaite devenir à son tour une terre d'accueil.


The Independent - Royaume-Uni

"Les peurs colportées par la presse populiste nous a conduit à cela", déplore le quotidien. "Depuis des années, elle annonce que nous sommes 'inondés' d'immigrants en provenance d'Europe de l'Est et le gouvernement affaibli a fini par se plier à ses volontés. Il est important de rappeler que si nous attirons autant d'immigrants, c'est parce que notre économie se développe. Et il est regrettable que le gouvernement ne semble pas le comprendre. (...) Mr Reid [ministre britannique de l'Intérieur] envisage de contenir le nombre de travailleurs non qualifiés. C'est de la discrimination. La majorité des travailleurs immigrés accomplissent des tâches que les Britanniques de souche refusent de faire. (...) Sans ces travailleurs non qualifiés, l'économie connaîtrait de sérieuses difficultés. (...) Le résultat le plus probable est que ceux qui viendront malgré tout finiront par travailler au noir. Ils risquent d'être exploités et de ne pas payer d'impôts. L'hystérie déclenchée par le gouvernement sur l'immigration affaiblit notre économie et constitue une insulte inutile à l'égard de nos nouveaux voisins européens". (25.10.2006)


Irish Examiner - Irlande

"A tout point de vue, la décision du gouvernement de ne pas ouvrir complètement le marché du travail irlandais aux immigrés bulgares et roumains après leur entrée dans l'UE va à l'encontre de l'esprit européen", juge le quotidien. "Il faut cependant reconnaître que la République n'avait pas le choix après l'annonce de restrictions par la Grande-Bretagne. Comme l'Irlande est le seul autre pays anglophone de l'UE, elle risquait de provoquer un flux migratoire en ouvrant ses portes. (...) Il ne fait pas de doute que l'économie a progressé avec l'arrivée de travailleurs étrangers [après l'adhésion de dix nouveaux pays à l'UE en 2004] qui représentent désormais 10 % de la population active du pays. Après avoir choisi de baisser la herse, le gouvernement doit maintenant respecter sa promesse de répondre aux besoins d'intégration des travailleurs immigrés et de leurs proches. L'Irlande, qui compte 250 000 travailleurs étrangers, a un devoir impérieux de traiter leurs demandes en matière de couverture sociale et d'éducation." (25.10.2006)


Gazeta Wyborcza - Pologne

Le gouvernement polonais a annoncé qu'il allait ouvrir son marché du travail au 1er janvier 2007. Witold Gadomski salue cette décision. "Nous allons désormais faire profiter les pays plus pauvres que nous des bienfaits de l'Europe. L'arrivée de travailleurs étrangers est une bonne nouvelle pour notre économie. Des milliers de Polonais, dont beaucoup sont qualifiés, travaillent aujourd'hui en Angleterre ou en Irlande et enrichissent ces deux pays. Dans quelques mois, l'économie polonaise s'enrichira à son tour grâce à la main d'oeuvre étrangère. Bien sûr, il sera difficile d'éviter complètement les tensions et les conflits. A Londres, tout le monde ne voit d'ailleurs pas l'afflux de Polonais d'un très bon oeil. Cependant, je suis persuadé que nous nous ferons vite à cette nouvelle situation, que nous saurons voir ses avantages et que nous serons capables d'accueillir comme il se doit les nouveaux arrivants". (25.10.2006)


Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Klaus Brill constate que les barrières à la liberté de circulation des travailleurs au sein des frontières européennes ont un impact assez faible. "Toutefois, le tableau n'est pas homogène, y compris pour les pays d'accueil. Ainsi, les Tchèques émigrent peu. (...) En revanche, 170 000 Slovaques ont déjà quitté leur pays, dont 36 000 pour la Grande-Bretagne et 15 000 pour l'Irlande - mais la majorité, 75 000, pour la République tchèque. Et près de deux millions de Roumains travaillent d'ores et déjà, avant même l'entrée de leur pays dans l'UE, dans un des 25 pays membres. D'après les chiffres du gouvernement de Bucarest, 1,3 million d'entre eux seraient employés légalement (...). Ces données montrent bien que les mouvements migratoires européens constituent un processus historique inexorable, accéléré par l'existence d'un fossé entre l'Est et l'Ouest (...). Aujourd'hui, des immigrés venus de Biélorussie, d'Ukraine, et même du Viêtnam et de Chine - dont beaucoup sont diplômés - vivent en République tchèque ou en Slovaquie (souvent illégalement). Ils fuient la misère, attirés par des pays où l'on mange à sa faim et où les salaires sont supérieurs. Face à leur détermination, les barrières sont d'une efficacité limitée". (25.10.2006)


» Ensemble de la revue de presse de mercredi, 25. octobre 2006

 

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