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À la une de jeudi, 2. novembre 2006


Naples connaît un regain de criminalité

Une série d'assassinats et de règlements de compte mafieux ensanglantent depuis une semaine la plus grande ville de l'Italie du Sud. Alors que l'Etat italien se mobilise pour tenter de contrer la criminalité, évoquant même un recours à l'armée, la presse met l'accent sur la misère de la population napolitaine, dont la mafia locale sait tirer profit.


24 heures - Suisse

"Trois homicides en une journée, sept en une semaine, vingt au cours des six premiers mois de l'année : ce sont des bulletins de guerre qui arrivent chaque jour de Naples", écrit Dominique Dunglas. "Submergée par les ordures qui ne sont plus ramassées, minée par une crise sociale infinie, aux mains de la criminalité organisée, la capitale parthénopéenne se meurt. (...) Les nouvelles générations d'apprentis parrains qui ont prospéré sur le trafic de cocaïne ne connaissent plus que l'ultra-violence pour s'emparer du pouvoir. Et le sang appelle le sang." Le journaliste cite le juge napolitain Paolo Mancuso : "La crise sociale, le chômage, la banalisation de la violence, l'absence de moyens de la justice : c'est sur tout cela qu'il faut agir. La violence a atteint un niveau jamais vu et détruit tous les rapports sociaux. Nous devons tout reconstruire sur des ruines." (02.11.2006)


La Repubblica - Italie

Le journaliste et écrivain Giorgio Bocca analyse l'emprise de la Camorra, la mafia locale, sur la ville. "Pour le moment la criminalité a gagné. Naples a touché le fond. Elle est arrivée à la limite au-delà de laquelle toute cohabitation est impossible. Naples a quelque chose que la plupart des villes italiennes ne connaissent pas : la plèbe, comme Alexandrie, comme Calcutta, comme Bombay où un nombre sans fin de personnes survivent plutôt que vivent. Où chaque jour des foules énormes se mettent en marche cherchant la survie sans bien savoir où la trouver. A Milan, à Turin, il y a des pauvres, mais à Naples c'est la plèbe qui est l'alliée naturelle de la délinquance (...). La Camorra a dans cette ville une fonction décisive : assurer la survie des marginaux. Les formes de complicité avec la Camorra qui s'est appropriée l'immense majorité des biens publics napolitains, sont innombrables, infinies et surtout inconscientes." (02.11.2006)


die tageszeitung - Allemagne

Michael Braun estime que l'envoi à Naples de militaires, une initiative déjà réalisée dans le passé, n'est pas une bonne idée. "La mafia s'est adaptée et a poursuivi ses activités (...). Une seule fois, au milieu des années 1990, il a semblé que l'Italie pouvait briser le pouvoir de la mafia. On a parlé alors de 'Printemps de Palerme' et de 'Renaissance de Naples'. Les parrains ont été emprisonnés par dizaines et la société civile s'est réveillée. Mais l'Etat a fini par lâcher prise. Après l'arrêt par la mafia sicilienne des assassinats spectaculaires de procureurs et de politiciens, la lutte anti-mafia a cessé d'être une priorité, y compris pour la gauche. Les procureurs généraux qui souhaitaient poursuivre les complices en col blanc de la mafia dans les sphères économiques et politiques se sont soudain sentis isolés. L'accord était le suivant : tant que la mafia et la camorra n'y allaient pas trop fort, elles n'avaient rien à craindre. Ce n'est pas de l'armée dont Naples a besoin, mais d'un message politique de Rome : l'Etat italien ne souhaite plus tolérer l'existence de la mafia". (02.11.2006)


» Ensemble de la revue de presse de jeudi, 2. novembre 2006

 

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