À la une de mardi, 14. novembre 2006
La Pologne entrave les négociations européennes avec la Russie
L'UE et la Russie s'apprêtent à négocier un nouvel accord de partenariat pour fin 2007. Lundi 13 novembre, la Pologne a créé la surprise en opposant son veto et en menaçant ses partenaires européens de torpiller les négociations. Quelles raisons poussent la Pologne à s'opposer aux autres pays européens ?
Berliner Zeitung - Allemagne
"Secrètement, tout le monde se réjouit de voir que la Pologne reste fidèle à sa réputation de chicaneuse", explique Frank Herold. "Le mois de novembre devait voir l'ouverture des négociations avec Moscou. Or, force est de constater que les conditions ne sont pas réunies. Mais personne n'ose le proclamer ouvertement face à une Russie susceptible qui a récemment repris du poil de la bête. Pas même les Polonais. Pour ces derniers, Moscou devrait simplement s'assurer que les règles du jeu n'ont pas changé avant de commencer une nouvelle partie. L'une de ces règles est la Charte sur l'énergie, qui doit garantir à la Russie des débouchés sûrs et à l'Europe de l'Ouest des tarifs stables - à des conditions justes et équilibrées dans les deux cas. La Russie, qui pense se trouver en position de force, ne veut plus de cette charte. A juste titre, les Polonais déclarent que les négociations ne peuvent pas avoir lieu dans de telles conditions. Il serait justifié que l'UE incite Moscou, et non Varsovie, à adopter une attitude plus conciliante". (14.11.2006)
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Neue Zürcher Zeitung - Suisse
"La Pologne fait preuve d'un manque de réalisme en empêchant l'ouverture des négociations sur un nouvel accord de partenariat et de coopération avec la Russie", rapporte Peter Winkler, correspondant du journal pour les affaires européennes. Selon lui, si la Pologne fait obstacle, "c'est d'abord parce que Moscou a décrété un embargo sur les produits agricoles polonais pour des raisons fallacieuses. Ensuite, Varsovie souhaite pousser le Kremlin à ratifier la Charte sur l'énergie, ce que le président Poutine a exclu explicitement lors de son intervention à Lahti [où a eu lieu le 20 octobre un sommet informel russo-européen]. Les vingt-quatre autres membres de l'UE souhaitent désormais faire comprendre à Varsovie qu'un nouvel accord ne serait pas seulement dans l'intérêt de la Russie, mais aussi de l'UE et notamment de la Pologne, puisque la question de la sécurité des approvisionnements énergétiques pourrait y être intégrée. Ce serait une option acceptable pour Moscou, en échange d'une offre de l'UE dans le domaine du libre-échange ou de la délivrance des visas". (14.11.2006)
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Rzeczpospolita - Pologne
Dans un entretien réalisé par Piotr Zychowicz, Pawel Zalewski, président de la commission des Affaires étrangères du Parlement polonais, explique les raisons du veto polonais. "Soit nous nous accommodons du rôle d'Etat européen en retrait, soit nous nous bâtissons une position forte. Nous devons montrer à nos partenaires européens que nous n'acceptons pas de nous laisser traiter en membre de seconde classe. Ce qui se passe aujourd'hui est une mise à l'épreuve importante de la solidarité européenne. Nous comptons sur nos partenaires traditionnels - l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni et les pays de notre zone - pour comprendre et prendre en considération les intérêts polonais, mais aussi pour montrer qu'ils s'opposent à la stratégie russe de division de l'UE en deux zones. Aujourd'hui, on a d'un côté l'Ouest, avec lequel la Russie entretient d'excellentes relations, et de l'autre l'Est, dont la Russie ignore les intérêts." (14.11.2006)
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Večer - Slovénie
Darja Kocbek juge probable que le veto polonais à l'accord de partenariat entre l'UE et la Russie serve également l'intérêt des pays européens. "Certains membres de premier plan, comme l'Allemagne, profitent de la pression exercée sur la Russie, même s'ils ne peuvent pas l'afficher. Avec la construction d'un oléoduc à travers la mer Baltique, l'Allemagne entreprend un projet dont la Pologne ne veut pas. D'un autre côté, l'Allemagne souhaite empêcher que les Russes ne rachètent des entreprises allemandes - comme l'a directement annoncé Vladimir Poutine à Angela Merkel. Cette raison donnait le droit à la Pologne de mettre son veto aux négociations. Si les grandes puissances ne l'avaient pas voulu, elles auraient convaincu la Pologne de soutenir les négociations." (14.11.2006)
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» Ensemble de la revue de presse de mardi, 14. novembre 2006