À la une de jeudi, 23. novembre 2006
Le veto polonais pèse sur le sommet russo-européen
Lors d'un sommet qui s'ouvrira vendredi 24 novembre à Helsinki, l'UE souhaite lancer des négociations avec la Russie sur un nouvel accord énergétique. La Pologne a annoncé qu'elle allait opposer son veto tant que la Russie n'aura pas ratifié la Charte internationale de l'énergie et que Moscou persistera à bloquer les importations de viande polonaise. De son côté, le président russe Vladimir Poutine assure qu'il ne ratifiera pas la Charte si l'UE ne lui ouvre pas ses marchés.
El País - Espagne
Ricardo Martinez de Rituerto estime que la Pologne "est devenue un partenaire encombrant pour une UE qui n'a de force que si elle est capable de parler d'une seule voix. (...) La Pologne est le plus grand des dix pays du dernier élargissement, autant que les neuf autres réunis [en terme de population]. Elle a semblé pouvoir constituer un pont entre l'UE et ses nouveaux voisins au moment de son entrée dans l'espace communautaire en 2004. (...) Varsovie s'est d'ailleurs montrée à la hauteur lors de la Révolution orange en Ukraine [fin 2004]. Mais il ne s'agissait que d'un mirage. L'arrivée des Kaczynski au pouvoir voilà un an a rendu inefficace son action hors des frontières, et l'épuration au sein du ministère des Affaires étrangères a démantelé un service diplomatique qui se sent désormais incapable de gérer les relations avec Bruxelles". (23.11.2006)
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Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne
L'éditorialiste Michael Ludwig estime qu'il serait une erreur de voir la Pologne comme un simple trouble-fête dans les négociations russo-européennes. Le journaliste juge que Varsovie a le droit de se défendre contre la politique d'intimidation de Moscou dans le domaine énergétique. "Le gouvernement polonais souhaite participer davantage à la conception de la politique de l'UE vis-à-vis de la Russie et rien ne peut s'y opposer. Par ailleurs, l'expérience qu'ont la Pologne et les autres pays d'Europe de l'Est du géant russe - qui leur a appris la crainte au fil des années - demeure utile. D'un autre côté, la Pologne a laissé passer l'occasion, lors du changement de régime, d'exploiter complètement les possibilités de coopération. Il y a deux raisons à cela. D'abord, l'éviction du ministère polonais des Affaires étrangères de tous les spécialistes politiquement indésirables. Ensuite, le refus des conservateurs nationalistes d'entretenir des relations trop proches avec l'Allemagne ou l'Europe de l'Ouest. Toutefois, ce n'est pas une raison pour refuser de soutenir la Pologne, dont le gouvernement est en pleine phase d'apprentissage. Au contraire, la solidarité avec la Pologne permettrait de renforcer la cohésion de l'UE". (23.11.2006)
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Lietuvos Rytas - Lituanie
Les inspecteurs de l'UE devraient confirmer ce jeudi 23 novembre que les produits alimentaires polonais sont en règle et que les exportations vers la Russie doivent reprendre. Toutefois, Jacekas Komaras ne croit pas que la Russie enverra ses propres inspecteurs avant le sommet d'Helsinki pour régler à l'amiable son différend avec la Pologne. "Les déclarations des responsables politiques russes n'ont eu jusqu'à présent qu'un seul but : montrer aux pays occidentaux que la Pologne n'était pas des leurs. Mais aujourd'hui, la Russie est dans une situation délicate. Jusqu'à présent, Moscou pouvait dicter ses conditions à l'UE, car la Russie avait les bureaucrates et les hommes politiques européens dans sa poche. Tous se pliaient à ses diktats sans broncher. Seuls les frères Kaczynski, qui n'étaient pas sujets à la peur et nourrissaient encore moins de sympathie pour la Russie que les autres, ont su mettre fin à ce jeu nuisible. Ils se moquent de savoir qu'on les traite de personnages niais et étranges. (23.11.2006)
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Polityka - Pologne
La Pologne a décidé de maintenir son veto dans le conflit sur les négociations pour la signature d'un nouvel accord de partenariat russo-européen. Elle ne consentira à donner son feu vert que si Moscou renonce à son boycott des importations de viande polonaise - qui dure depuis un an. Pour Adam Grzeszak, l'attitude de la Pologne est ambiguë. "Elle a choisi le moment idéal pour mettre son veto, et elle gagnera certainement le bras de fer. Mais, à terme, une telle attaque isolée lui sera plus préjudiciable qu'autre chose". (22.11.2006)
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Sydsvenska Dagbladet - Suède
En Suède, la méfiance à l'égard de la Russie s'est intensifiée au cours des dernières semaines. Le projet de gazoduc germano-russe, qui doit traverser la mer Baltique, inquiète particulièrement Stockholm. C'est peut-être en partie pour cette raison que le président russe Vladimir Poutine a signé un article publié dans la presse locale et d'autres journaux européens. Il y souligne les avantages de la coopération, qu'il ne faut pas, selon lui, laisser se transformer en échange perpétuel de doléances. Dans son éditorial, le journal se demande ce que Poutine a voulu dire. "Devons-nous ignorer la guerre en Tchétchénie ? L'UE doit-elle fermer les yeux devant l'état des lois en Russie ? Dans un récent rapport, Amnesty International affirme que la police russe recourt régulièrement à la violence et à la torture par électrochocs. Autrement dit, la Russie s'engage de plus en plus loin sur la voie de l'autoritarisme et les craintes de l'UE sont justifiées. Un partenariat ? Volontiers, mais pas selon les modalités russes". (23.11.2006)
» article intégral (lien externe, suédois)
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