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À la une de vendredi, 12. janvier 2007


La Pologne se débat avec son passé

Jusqu'à aujourd'hui, la Pologne hésitait à faire la lumière sur son passé communiste. Toutefois, la récente démission de l'archevêque de Varsovie, Mgr Stanislaw Wielgus, a enflammé le débat sur les activités de l'ancienne police secrète. Les critiques redoutent une instrumentalisation politique de cet héritage encombrant.


Wprost Online - Pologne

Le gouvernement polonais veut voter une nouvelle loi visant à diminuer la retraite des anciens collaborateurs de la police secrète. A cet égard, Jaroslaw Kaczynski, président du parti conservateur de droite, le PiS [Droit et Justice], a publié une déclaration intitulée 'Mémoire et responsabilité'. Pour Jan Pinski, c'est "une idée remarquable de priver les anciens fonctionnaires de l'appareil répressif de leur privilèges. La mise en pratique des propositions du Premier ministre Kaczynski suppose toutefois de gagner au préalable une bataille judiciaire. (...) Il est plus que certain que les fonctionnaires dont les prestations de retraite auront été diminuées vont déposer plainte devant les tribunaux polonais et européens. En outre, au vu du système juridique en vigueur en Pologne, ils sont assurés que leurs revendications seront entendues. (...) La seule solution est de reconnaître la police secrète comme une organisation criminelle et de lui ôter ainsi ses privilèges." (12.01.2007)


Die Welt - Allemagne

Zdzislaw Krasnodebski s'oppose à l'idée selon laquelle la dénonciation des collaborateurs des services secrets polonais a été ordonnée "par des instances supérieures et sur ordre des frères Kaczynski". Pour le journaliste, cette dénonciation était d'une nécessité absolue pour la société. "Il s'agit en premier lieu d'un sentiment de justice, dont la violation nuit à la légitimité de l'Etat et fait le lit du cynisme. Après 1989, de nombreux activistes de Solidarnosc ont vécu dans la pauvreté et l'oubli, tandis que leurs bourreaux, eux, se portaient comme un charme. Ce n'est que récemment que de nombreux héros d'un jour ont reçu des distinctions des mains du président. Ensuite, il s'agit de la vérité. Nous voulons connaître le mode de fonctionnement de cet appareil de pouvoir et de violence dans la République populaire de Pologne, et ce qui a conduit à la révolution de 1989. Enfin, il s'agit de la transparence de la vie publique. Nous avons la preuve que de nombreuses personnes ont fait l'objet de pressions et de chantage après 1989. La peur et la dépendance influencent la politique et l'économie." (12.01.2007)


L'Hebdo - Suisse

Le chroniqueur Jacques Pilet estime que "les 'vieux' Européens ne mesurent pas la difficulté des pays ex-communistes à se dépêtrer du passé. L'exemple polonais est caricatural. L'archevêque désigné par le Vatican [Mgr Stanislaw Wielgus] pour succéder au puissant Mgr Glemp doit avouer, à quelques heures de sa consécration et sous la pression des médias, qu'il a été un agent actif de la police secrète. Les révélations sont accablantes : le prêtre espionnait ses pairs, s'excusait auprès de ses chefs lorsqu'il ne recueillait pas assez d'informations. (...) L'affaire jette évidemment une fâcheuse lumière sur l'image idéale d'une Eglise catholique mobilisée dans la lutte contre la dictature. (...) La démission du prélat est applaudie par la plupart des Polonais, mais elle irrite l'extrême droite ultracatholique pour qui le pape reste l'infaillible repère. Elle crée aussi la gêne au centre gauche - perceptible dans les colonnes du fameux journal 'Gazeta Wyborcza' - qui s'inquiète des dérapages de la chasse aux sorcières rouges." (11.01.2007)


Népszabadság - Hongrie

Après les révélations des médias sur ses contacts avec les services secrets polonais, le chanoine de la cathédrale du Wawel à Cracovie, Janusz Bielanski, a donné sa démission lundi 8 janvier. László Kasza invite les cardinaux hongrois à prendre exemple sur leurs collègues polonais. "Tous les présidents de la conférence des évêques de Hongrie - Czapik, Grősz, Ijjas, Lékai, Paskai, Seregély - et la plupart des évêques ont collaboré avec la sûreté intérieure. A la différence des Polonais, ils ne s'expriment pas publiquement sur ce sujet. (...) Ils ont refusé de démissionner, et le Vatican ne les a pas révoqués. (...) L'archevêque Wielgus s'est expliqué à propos de sa démission : 'je sais que j'ai causé énormément de tort à mon Eglise'. On n'entend jamais de tels aveux en Hongrie. En outre, contrairement à la 'Gazeta Polska', aucun journal conservateur hongrois ne révèlerait le passé de collaborateur des cardinaux." (12.01.2007)


» Ensemble de la revue de presse de vendredi, 12. janvier 2007

 

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