À la une de mardi, 10. avril 2007
La dernière ligne droite de la campagne présidentielle française
La date du 9 avril a marqué le début officiel de la campagne électorale pour l'élection présidentielle française. L'occasion pour la presse européenne de faire un point sur ce scrutin à deux semaines du premier tour.
The Independent - Royaume-Uni
"Alors que la campagne présidentielle française semble avoir commencé depuis des mois, elle ne débute officiellement que cette semaine", commente le journal. "Le rythme est maintenant devenu frénétique, les candidats parcourant tout le pays. Les affiches, les émissions sur les élections, les grands meetings entrent maintenant tous en jeu. (...) Les deux principaux candidats [Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal] présentent un duel classique entre la droite et la gauche, dont la France a une grande expérience. Mais les deux ont des défauts. (...) L'insatisfaction vis-à-vis de ces deux candidats ouvre un peu plus la porte pour François Bayrou [centre] et Jean-Marie Le Pen [extrême droite]. (...) Cette élection est la plus disputée en France depuis une génération. Elle est aussi, certainement, la plus cruciale, avec des implications non seulement pour la France, mais pour les relations bilatérales, l'avenir de l'Europe et l'alliance transatlantique. Nous espérons une compétition qui soit à la hauteur des attentes." (10.04.2007)
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Le Temps - Suisse
Le journaliste Sylvain Besson estime que "plus la campagne présidentielle française approche de sa conclusion, plus elle paraît instable, brouillée, imprévisible. Les sondages, qui fixent la proportion d'indécis à plus de 40 %, confirment les impressions glanées auprès des électeurs : six mois de matraquage médiatique, d'émissions en prime time et de 'précampagne' intensive n'ont pas encore permis à l'opinion de fixer son choix. (...) Désormais, les candidats sont à armes égales ou presque : jusqu'au 22 avril, le temps de parole dans les médias audiovisuels sera identique pour tous, et la diffusion des affiches et des petits films officiels gommera l'avantage dont disposaient les 'grands' candidats. En 1995, puis en 2002, les précédentes élections présidentielles ont débouché sur d'énormes surprises. Pourra-t-il en être autrement cette fois-ci ?" (10.04.2007)
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Les Echos - France
"Dans leur souci de plaire à un électorat de plus en plus 'zappeur', de moins en moins structuré, les compétiteurs donnent parfois l'impression de ressembler à des canards sans tête : ils courent à droite et à gauche, lancent des mots, agitent des drapeaux avant de repartir à fond de train vers d'autres horizons. Voilà qui n'est pas très rassurant", considère l'éditorialiste Françoise Fressoz. "Mais derrière le désordre apparent, des signaux positifs apparaissent. D'abord, les problèmes qui minent la société française sont nommés : crise de l'identité nationale, crise des banlieues, panne de l'ascenseur social. On peut bien ironiser sur cette catharsis généralisée, mieux vaut qu'elle se produise durant la campagne que dans les urnes. Une fois le diagnostic posé, il est toujours plus facile de passer au remède." (10.04.2007)
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Süddeutsche Zeitung - Allemagne
Johannes Willms rapporte qu'aucun des douze candidats à la présidence de la République française ne peut avoir la certitude d'être "l'élu" des Français. "Les courbes des sondages, mais également les thèmes sans cesse changeants de la campagne, sont révélateurs de l'issue incertaine du premier tour. Le débat sur l'identité nationale, qui s'est ravivé début mars, est depuis longtemps sur le tapis, tout comme la discussion sur la sécurité intérieure, qui a été ravivée par les récentes émeutes de la gare du Nord. L'absence de thème central caractérise cette campagne. Elle est d'une part responsable du fait que de nombreuses personnes ne savent pas encore à qui elles vont donner leur voix. D'autre part, elle incite les candidats à faire toujours plus de promesses, et ce même si les électeurs savent parfaitement qu'elles ne seront pas tenues." (10.04.2007)
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Der Standard - Autriche
Dans un entretien réalisé par Bert Rebhandl, le philosophe français André Glucksmann, qui s'est rangé aux côtés du candidat conservateur Nicolas Sarkozy, explique le succès du centriste François Bayrou par une "idéalisation de la France rurale à gauche comme à droite." "Le troisième homme, le candidat François Bayrou, se présente comme un 'tracteur', comme une personne issue de la 'France profonde'. Il ne cesse de clamer que ses racines plongent profondément dans la terre. Pourtant, Proust nous a appris que la vie au village est également synonyme de cruauté, de rumeurs, de contrôle. Bayrou incarne une certaine nostalgie. Le festival le plus important de France n'est pas le Festival de Cannes, c'est le Salon de l'agriculture. Depuis toujours, les historiens sont à la France ce que les philosophes sont à l'Allemagne. Depuis Michelet nous vivons dans un passé imaginaire. François Bayrou ne fait pas exception." (10.04.2007)
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» Ensemble de la revue de presse de mardi, 10. avril 2007