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08.01.2009

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À la une de jeudi, 26. avril 2007


Bronislaw Geremek défie le gouvernement polonais

L'eurodéputé polonais Bronislaw Geremek risque d'être déchu de son mandat européen, car il refuse de se soumettre à la loi de 'décommunisation'. Il estime que cette législation récemment adoptée par le gouvernement polonais menace les libertés individuelles. Il est soutenu dans sa démarche par les principaux dirigeants politiques du Parlement européen.


Corriere della Sera - Italie

"Si on me prive de mon siège européen, je rentrerai me battre en Pologne", explique Bronislaw Geremek dans un interview réalisée par Ivo Caizzi, envoyé spécial du quotidien à Bruxelles. "Aujourd'hui j'ai choisi la désobéissance civile, pas tant pour des motifs politiques que pour défendre des valeurs morales fondamentales et pour venir en aide à tous les Polonais humiliés par ce système inacceptable. Je me suis battu toute ma vie et je suis resté longtemps en prison pour défendre ces valeurs morales et les principes de la démocratie. Personne ne peut mettre en doute mon passé et je ne peux accepter en silence les humiliations imposées par le gouvernement aux citoyens qui ne peuvent s'y opposer. On va vers la fin de la liberté de la presse et de l'autonomie de l'instruction si un ministère de la Vérité peut décider qui est honnête et qui ne l'est pas, qui peut faire un certain travail et qui ne le peut pas (...). Je me rends compte que mon pays est devenu un cas à part en Europe". (26.04.2007)


Libération - France

Maja Zoltowska, correspondante du quotidien en Pologne, dénonce la loi dite de 'lustration',une "purification à la mode varsovienne", qui oblige plusieurs centaines de milliers de personnes à déclarer par écrit si elles ont collaboré ou non avec l'ex-police communiste. "La loi a suscité beaucoup de critiques en Pologne, mais Bronislaw Geremek, une figure emblématique de Solidarnosc, historien médiéviste réputé et ancien ministre des Affaires étrangères, aujourd'hui âgé de 75 ans, est le seul élu à lui avoir dit non. (...) Aux termes de la loi, le simple refus entraîne la perte de toute responsabilité publique. La classe politique polonaise a réagi, hier, avec aigreur au geste de Bronislaw Geremek. Le comportement de Geremek 'ne sert pas la Pologne', a lancé le Premier ministre Jaroslaw Kaczynski. La réaction des parlementaires européens est un nouveau camouflet pour un gouvernement qui a fait de la 'décommunisation' son cheval de bataille." (26.04.2007)


Le Soir - Belgique

"Aujourd'hui, comme député européen, [Geremek] lance son 'J'accuse' comme, toutes proportions gardées, l'avait fait Zola dans l'affaire Dreyfus. Car c'est au nom des mêmes valeurs de justice et de dignité humaine qu'il s'oppose à une loi sur la décommunisation, laquelle, absurde sur le plan juridique et humiliante sur le plan moral, a provoqué une sorte de guerre froide entre le régime des frères Kaczynski et une bonne partie de l'élite intellectuelle et universitaire de leur pays", écrit Pol Mathil. "La 'lustration' est censée (...) régler les comptes des jumeaux non seulement avec d'anciens agents [des services secrets communistes] mais aussi avec cette partie de l'ex-opposition qui, arrivée au pouvoir avec Walesa, leur avait barré la route du pouvoir, à la naissance de la démocratie en Pologne. Une tentative de priver Geremek de sa place au Parlement européen, au mépris du verdict des urnes et du bon sens, serait indigne d'un gouvernement démocratique. Et d'un grand pays." (26.04.2007)


Rzeczpospolita - Pologne

Rafał Ziemkiewicz ne peut pas tolérer que Bronislaw Geremek refuse qu'une deuxième enquête soit menée sur son passé. Pour le journaliste, il ne s'agit pas d'une simple reproduction de la procédure à laquelle il s'est déjà soumis en 2004. "La nouvelle loi sur la lustration [entrée en vigueur le 15 mars] définit plus concrètement les activités des anciens collaborateurs officieux. Selon l'ancienne loi, souscrire à une déclaration d'engagement, d'écrire des rapports de dénonciation et de recevoir une rémunération en contrepartie n'était pas formellement considéré comme une collaboration officieuse tant qu'un tribunal n'avait pas apporté la preuve que cela avait nui à quelqu'un. La loi actuelle décrit plus précisément les différentes formes de collaboration avec la SB [ex-police politique communiste]." (26.04.2007)


» Ensemble de la revue de presse de jeudi, 26. avril 2007

 

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