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08.01.2009

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À la une de mardi, 8. mai 2007


Les projets européens de Nicolas Sarkozy

Le futur président français Nicolas Sarkozy s'est engagé dès le soir de son élection, dimanche 6 mai, à faire du dossier européen l'une de ses priorités. La presse se demande si son arrivée au pouvoir va changer la politique européenne de la France.


Cinco Días - Espagne

L'universitaire espagnol Sebastián Royo estime que les idées de Nicolas Sarkozy incarnent une rupture aussi bien sur le plan interne qu'européen. "Il s'est engagé à enterrer la Constitution européenne refusée par les électeurs [en avril 2005] et à négocier un mini-traité qui sera ratifié par le Parlement français. Sa cohérence idéologique et programmatique avec d'autres dirigeants européens favorables au libéralisme économique (particulièrement Angela Merkel, José Manuel Barroso et Tony Blair/Gordon Brown) permettra la formation d'une relation stratégique et la création d'un axe de réformes et de modernisation au sein de l'UE concentré sur les résultats, au lieu de poursuivre le processus d'intégration européenne. Cependant, sa défense gaullienne des intérêts français, ainsi que ses critiques envers la Banque centrale européenne et sa défense des champions nationaux, l'amèneront à entrer en conflit avec Bruxelles et d'autres pays membres." (08.05.2007)


Der Standard - Autriche

Le chercheur français Dominique Moïsi, professeur visiteur au Collège d'Europe à Natolin, commente la victoire de Nicolas Sarkozy. "Si cette élection n'est certes pas de mauvais augure pour l'Europe, ce n'est pas parce que les Français ont un nouveau président que les problèmes de l'UE vont être résolus. L'idée de Nicolas Sarkozy de rédiger un traité simplifié pour remplacer le projet de Constitution rejeté par les Français et les Néerlandais en 2005 est plus réaliste que le projet de Ségolène Royal d'organiser un nouveau référendum. Il ya quelques années, Nicolas Sarkozy a évoqué la possibilité de confier la direction de l'Europe à un club des six. Toutefois, la Pologne s'est exclue elle-même du cercle des pays politiquement pertinents et l'Espagne n'a pas caché son soutien à Ségolène Royal. Au Royaume-Uni, Gordon Brown, eurosceptique notoire, est sur le point d'enterrer Tony Blair. L'alliance franco-allemande va donc jouer un rôle important, à défaut d'une autre solution." (08.05.2007)


Le Monde - France

"Les propos de M. Sarkozy sur la préférence communautaire, sur les délocalisations et contre la BCE peuvent laisser craindre un repli hexagonal", s'inquiète Arnaud Leparmentier, chef de service Europe et France du quotidien. "Quant à la création d'une Europe forteresse, elle est anachronique dans un monde qui voit émerger la Chine et l'Inde. (...) L'Europe peut sortir d'une certaine naïveté mondialiste, en cherchant à défendre d'abord ses intérêts légitimes. Des pistes méritent d'être explorées : taxation des importations des pays qui ne respectent pas le protocole de Kyoto ; instauration, comme en Allemagne, d'une TVA sociale qui fait contribuer les importations au financement de la protection sociale ; gestion plus volontariste de l'euro face au dollar. Mais pour cela, M. Sarkozy devra convaincre ses partenaires qu'il n'est pas animé par des intentions nationalistes." (08.05.2007)


The Independent - Royaume-Uni

Mary Dejevsky considère que Sarkozy ne répondra pas aux espoirs de Westminster qui souhaiterait le voir adopter "une vision plus 'britannique' de l'UE, celle d'un groupe d'Etats au sein duquel la souveraineté nationale a le dernier mot. (...) Il soutient une version 'allégée' du Traité constitutionnel (sur laquelle les Britanniques, contrairement aux Allemands, sont ambivalents) et il s'oppose à l'adhésion de la Turquie. En vérité, à part en ce qui concerne la lutte contre le changement climatique et, sans doute, la défense, il est difficile de penser que l'arrivée de Sarkozy à l'Elysée puisse changer quelque chose au fait que le Royaume-Uni semble isolé dans l'UE. (...) Sarkozy a souligné qu'il voulait une France plus ouverte sur le monde. Mais il a associé cela à une promesse de restrictions supplémentaires à l'immigration et à la reconnaissance du fait que les travailleurs français (et européens) craignent la concurrence injuste. S'ils ont des doutes au sujet de l'UE, a-t-il dit, c'est parce qu'il la voit comme le 'cheval de Troie' de la mondialisation. Ce n'est pas la façon dont le gouvernement britannique considère l'UE ou la mondialisation. Il critique la première pour sa rigidité et salue la seconde qu'il considère comme l'avenir." (08.05.2007)


» Ensemble de la revue de presse de mardi, 8. mai 2007

 

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