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08.01.2009

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À la une de jeudi, 10. mai 2007


La Russie fait étalage de sa puissance

Fêté en Russie comme le 'jour de la victoire' sur les nazis, le 9 mai donne traditionnellement lieu à un grand défilé militaire. Le président russe Vladimir Poutine a profité de cette commémoration pour rappeler le passé glorieux de la Russie et faire une démonstration de la puissance de son pays. A quelques jours de la tenue d'un sommet UE-Russie, les journaux européens critiquent la manière dont la Russie utilise le passé à des fins politiques.


Le Monde - France

"A quelques jours du sommet semestriel entre l'Union européenne et la Russie, qui se tiendra les 17 et 18 mai à Samara (bord de la Volga), les tensions n'ont jamais été aussi vives, depuis la chute du mur de Berlin. La liste des sujets conflictuels s'allonge et le ton des déclarations venant de Moscou est de moins en moins amène", constate le quotidien. "Il ne s'agit pas de simples escarmouches, mais de la conséquence de l'entrée dans l'Union européenne, en 2004, des pays d'Europe centrale et orientale, en particulier des Etats baltes. Quoi qu'ils en disent, les Russes ne l'ont jamais vraiment acceptée. Quant à ces pays, ils apportent dans l'Union une expérience des relations avec Moscou marquée par plus d'un demi-siècle de domination. Cette sensibilité, que n'ont pas les Européens de l'Ouest, les rend plus méfiants - ou moins naïfs - à l'égard des intentions de la Russie." (10.05.2007)


NRC Handelsblad - Pays-Bas

"A l'inverse de ses prédécesseurs, le président Poutine est un dirigeant autoritaire", affirme le quotidien néerlandais. "Il exerce une lourde pression politique sur ses ex-compatriotes. A travers des campagnes orchestrées, des menaces et des manifestations, les Russes se sont directement mêlés de l'affaire du 'Soldat de bronze' à Tallinn. (...) L'Union européenne ne devrait pas se laisser intimider. La Commission européenne a fait un pas dans la bonne direction en engageant une démarche contre la Russie après les manifestations intimidantes organisées devant l'ambassade estonienne à Moscou. Le Premier ministre estonien a montré l'exemple en déposant une gerbe devant le monument déplacé. Une démarche qui contraste avec celle de Poutine qui, à l'approche de la commémoration de la Libération [les Russes fêtent le 9 mai la victoire sur le fascisme], a indirectement critiqué le déplacement du monument." (09.05.2007)


Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Les monuments commémoratifs de la Deuxième guerre mondiale "ont été conçus comme des symboles du pouvoir soviétique", affirme l'écrivain germano-roumain Richard Wagner pour expliquer la violence du conflit russo-estonien autour de la statue du 'Soldat de bronze'. "Un empire dans lequel le débat public n'existe pas ne peut s'exprimer que par l'intermédiaire d'une symbolique puissante. Cela est également apparu après la fin de l'occupation soviétique de l'Europe de l'Est. La Russie n'est jamais revenue sur son rôle peu glorieux de dominatrice des peuples d'Europe de l'Est après la Deuxième guerre mondiale. L'absence de démocratisation de la Russie, son affirmation en tant que conglomérat doté d'une forte auto-estime, la dilapidation des ressources et le contrôle de la société conduisent également à un comportement agressif vis-à-vis des nouveaux pays libres." (10.05.2007)


Polityka Online - Pologne

Slavomir Popovski reproche au président Poutine d'instrumentaliser l'Histoire au profit d'une guerre idéologique. "Chaque nation a le droit d'établir sa propre hiérarchie des événements historiques qui sont importants pour elle, qui marquent son identité et la cimentent (...). Pour la Russie, c'est incontestablement le 9 mai, jour de l'Armistice de ce qui est nommé à dessein la 'grande guerre patriotique'. Une guerre remportée au prix de la vie de plusieurs millions de soldats soviétiques. Il faut le respecter, rendre hommage à ceux qui sont tombés - même si nous n'accordons pas la même valeur aux conséquences politiques de cette guerre. Toutefois, si les politiciens, quelle que soit leur couleur, commencent à jouer avec l'Histoire et à l'utiliser pour mettre en oeuvre des projets politiques ou idéologiques, un problème se pose. Nous sommes les témoins d'un tel événement. La guerre actuelle autour du souvenir, des symboles et des monuments est, dans le fond, une guerre idéologique. Il s'agit d'une image concrète de l'Etat, de l'Europe et du monde. Pour garder cela à l'esprit, il suffit d'observer le défilé militaire organisé avec faste sur la place Rouge et l'entrée en scène de Vladimir Poutine à cette occasion." (10.05.2007)


Atgimimas - Lituanie

Erikas Boltowski et Ricardas Cekutis se demandent pourquoi le différend autour de la Statue de bronze de Tallinn suscite autant d'agitation. Après tout, des monuments soviétiques ont déjà été retirés de nombreux endroits. "La réaction de Moscou vise peut-être à détourner l'attention d'un tout autre sujet bien plus important, comme par exemple le gazoduc germano-russe, qui selon les derniers plans, doit traverser les eaux territoriales estoniennes. Des soldats de la marine russe doivent veiller à la sécurité du gazoduc. Ils règneront ainsi de nouveau en maîtres sur la mer Baltique. L'histoire de 1939/1940 se répéterait-elle ? Les Suédois et les Finlandais ont déjà fait savoir qu'ils ne voulaient voir aucun soldat dans leurs eaux territoriales. Nous devrions faire de même." (10.05.2007)


» Ensemble de la revue de presse de jeudi, 10. mai 2007

 

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