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08.09.2008

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À la une de vendredi, 8. juin 2007


Poutine joue la carte de l'apaisement

Le projet américain d'installer en Europe de l'Est plusieurs éléments d'un bouclier antimissile provoque une vive polémique depuis plusieurs mois entre Washington et Moscou. Jeudi 7 juin, le président russe Vladimir Poutine a fait, en marge du G8, une surprenante proposition à son homologue américain, celle d'utiliser pour ce projet une base militaire russe en Azerbaïdjan. S'agit-il d'une simple manoeuvre ou bien d'une proposition sérieuse ?


Neue Zürcher Zeitung - Suisse

"La tentative de Poutine est adroite", estime Eric Gujer. "Après des semaines de chantage à la guerre, pendant lesquelles Vladimir Poutine a évoqué une Russie menacée par le système américain et laissé planer la menace d'une nouvelle guerre froide, Moscou se déclare maintenant prête au dialogue. En Europe et en Allemagne notamment, de nombreuses voix vont juger cela comme un signe de concession et inviter Washington à se montrer complaisante envers Moscou. Pour les Etats-Unis, la proposition du président russe est vraisemblablement moins attractive. (...) La technique de défense envisagée est trop moderne pour qu'on puisse vouloir la partager avec la Russie. La version azerbaïdjanaise de Vladimir Poutine ne suppose pas seulement une exploitation en commun : celle-ci se déroulerait dans la zone d'influence russe. Moscou aurait ainsi une vaste mainmise sur le système." (08.06.2007)


Financial Times - Royaume-Uni

Le journaliste Neil Buckley note que "pendant qu'il essayait de diviser l'UE et les Etats-Unis sur le bouclier antimissile, M. Poutine les a peut-être involontairement rapprochés. Nicolas Sarkozy, le nouveau président français, et la chancelière allemande Angela Merkel, sont déterminés à adopter une ligne plus ferme à l'égard de M. Poutine que leurs prédécesseurs. Cela pourrait rendre le dirigeant russe favorable à un compromis pour sauver les apparences, faute de pouvoir empêcher le développement du système de défense antimissile. Déplacer la station radar prévue [en République tchèque] vers une base existante en Azerbaïdjan, comme M. Poutine l'a suggéré hier, pourrait être une porte de sortie. Une autre suggestion est d'installer les missiles intercepteurs au Royaume-Uni plutôt qu'en Pologne, une solution que les officiels américains ne jugent pas idéale mais qui est viable. Et ils affirment que la Russie a laissé penser qu'elle pourrait accepter. Mais ce que l'administration Bush est prête à concéder au sujet d'un système dans lequel elle est lourdement engagée n'est pas clair. Et elle pourrait choisir de mettre devant le fait accompli le prochain président américain." (08.06.2007)


La Vanguardia - Espagne

"Vladimir Poutine a réalisé un coup de théâtre lors du sommet du G8", explique le quotidien. "Le président russe avait secoué ces dernières semaines les chancelleries avec ses menaces rhétoriques de reprise de la guerre froide, en réaction au projet américain d'installer un bouclier antimissile en Pologne et en République tchèque. (...) Pour le président russe, il ne s'agit pas vraiment d'éliminer une menace contre son pays, ou bien de sauver l'influence de Moscou sur ses pays voisins, mais plutôt de parvenir à remettre la Russie sur un pied d'égalité vis-à-vis des Etats-Unis, de l'Europe ou de la Chine. Ce qui est en jeu, ce n'est pas seulement le bouclier antimissile, mais aussi l'indépendance du Kosovo ou la question du programme nucléaire iranien. Poutine veut que la Russie pèse sur les grandes décisions du monde et il défend ses positions avec astuce." (08.06.2007)


Lidové noviny - République tchèque

"Moscou a une fois de plus créé la surprise," écrit Petre Pesek à propos de la proposition faite par Vladimir Poutine à George Bush d'utiliser une base militaire en Azerbaïdjan. Cela remettrait en question le projet initial prévoyant des installations en République tchèque et en Pologne. "Même si la station radar ne voit pas le jour en République tchèque, ses partisans dans le pays se sauveront la face. Et les opposants pourront aussi se réjouir sans pour autant que les relations avec les Etats-Unis en pâtissent. Toutefois, nous nous trouvons actuellement dans une phase où toutes les suppositions sont permises. Car vu tout ce que Moscou a fait jusqu'à maintenant, il ne faut pas s'attendre à ce que les Américains accueillent les Russes à bras ouverts. Il n'est pas exclu que l'Azerbaïdjan ne vienne qu'en complément du projet de bouclier actuel. C'est pourquoi les opposants à la station radar devraient attendre un peu avant de se réjouir (...) La République tchèque n'a pas fini d'entendre parler du bouclier antimissile." (08.06.2007)


die tageszeitung - Allemagne

Pour Otfried Nassauer, qui travaille au Centre d'information de Berlin sur la sécurité transatlantique (BITS), les agissements de Vladimir Poutine sont d'ordre stratégique. "Les décisions centrales sur la sécurité européenne devront-elles être prises avec ou contre la Russie à l'avenir ? L'Occident va-t-il continuer à construire le Conseil Otan-Russie (COR) de manière à ce que les Russes et les membres de l'OTAN puissent prendre des décisions en commun ? Le président Poutine cherche cette controverse sans risque. Dans les livres d'histoire russe, il sera présenté comme le président qui a mis fin au déclin politique et économique de la Russie, qui a rendu sa noblesse au pays. Avec ce débat dont l'objectif est de trancher si l'Occident doit décider seul, ou avec la Russie, de la sécurité européenne, Vladimir Poutine peut réussir à atteindre des résultats similaires dans le domaine de la politique étrangère et de la sécurité. Il ne court aucun risque. La décision d'une nouvelle confrontation revient soit à l'Occident soit à son successeur." (08.06.2007)


» Ensemble de la revue de presse de vendredi, 8. juin 2007

 

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