À la une de mercredi, 19. septembre 2007
Kouchner surprend l'Europe

Dimanche 16 septembre, Bernard Kouchner a affirmé à la télévision française qu'il fallait se préparer "au pire", même à la "guerre" contre l'Iran, si Téhéran ne cesse pas ses activités d'enrichissement de l'uranium. Même si le ministre des Affaires étrangères français a ensuite nuancé ses propos, sa déclaration a provoqué de vives réactions en Europe.
L'Express - France
La rupture n'est pas dans la dureté du ton adopté par Bernard Kouchner, estime Christian Makarian, mais dans le nouveau soutien français à des sanctions bancaires, commerciales, industrielles contre l'Iran hors du cadre de l'ONU . "Ces 'sanctions additionnelles' ... devraient idéalement, selon Paris, être adoptées par l'Union européenne dans son ensemble, soit par 27 gouvernements. Pour l'heure, seuls les Britanniques, traditionnellement favorables à cette option, et les Néerlandais, au côté des Français, défendent clairement cette initiative. L'Allemagne la soutient, mais demeure discrète en raison de dissensions internes et de ses intérêts économiques en Iran. L'Italie et l'Espagne sont réservées ; l'Autriche est contre. L'Elysée attend beaucoup de ce débat, qui commence dans un grand désordre. Il contient en toile de fond un nouvel appui à Washington, qui applaudit des deux mains." (18.09.2007)
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Politiken - Danemark
Selon le quotidien danois, "l'attention du monde entier s'est arrêtée sur la rhétorique belliqueuse des français et n'a donc pas remarqué que Bernard Kouchner (...) appelle en réalité à introduire des sanctions plus sévères contre l'Iran. (...) La France souhaite un durcissement des positions vis-à-vis de l'Iran, mais dans le cadre de l'ONU. Si la résistance de la Chine et de la Russie rend cette tâche impossible, la France propose que l'UE inflige ses propres sanctions. Cela limiterait les possibilités pour les Etats-Unis d'aggraver le conflit, et contraindrait l'Iran à accepter les négociations. Tout le reste est inacceptable. Voilà exactement le message que le gouvernement français a tenté de faire passer." (19.09.2007)
» article intégral (lien externe, danois)
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Diena - Lettonie
Pour Aivars Ozolins, les déclarations de Bernard Kouchner sur l'Iran ne constituent en rien un appel à la guerre, mais illustrent la nouvelle orientation de la politique étrangère française. "On peut se féliciter que Nicolas Sarkozy refuse de suivre la même orientation que son prédécesseur Jacques Chirac, selon lequel la France devait se poser en grande puissance internationale et faire contrepoids aux Etats-Unis. La guerre en Irak a sérieusement limité l'influence internationale des Etats-Unis. La volonté de la France de s'impliquer dans une collaboration transatlantique arrive donc à point nommé. Il est important que la France incite l'UE à prendre des sanctions contre l'Iran, indépendamment des décisions du Conseil de sécurité de l'ONU. Seul un Occident uni peut pousser le régime de Téhéran à questionner son comportement hasardeux." (19.09.2007)
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Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne
Michaela Wiegel apporte des éclaircissements sur la stratégie médiatique adoptée par Bernard Kouchner. "Pour la plupart des ministres français, sortir de l'ombre de l'omniprésent Nicolas Sarkozy est devenu une question de survie politique. C'est également vrai dans une certaine mesure pour Bernard Kouchner, qui maîtrise à la perfection la mise en scène médiatique. C'est pourquoi il n'a pas hésité à s'exprimer assez vigoureusement. (...) Le fait de ne pouvoir conformer ses activités à la ligne suivie par un parti ou un gouvernement ne l'a jamais dérangé. Malgré les réticences de François Mitterrand, il a plaidé en faveur d'une intervention européenne dans les Balkans. Il a choqué les esprits en déplorant le soutien du dictateur Saddam Hussein par les alliés occidentaux à la fin de la première guerre du Golfe (...) Ce sont précisément les entrées en scène peu diplomatiques et indépendantes de Bernard Kouchner qui ont poussé Nicolas Sarkozy à lui confier le poste de chef de la diplomatie française." (19.09.2007)
» article intégral (lien externe, allemand)
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» Ensemble de la revue de presse de mercredi, 19. septembre 2007