À la une de vendredi, 9. novembre 2007
L'opposition géorgienne obtient des élections anticipées

Après des manifestations massives et la proclamation de l'état d'urgence, le président géorgien Mikhaïl Saakachvili a, à la surprise générale, annoncé des élections présidentielles anticipées pour le 5 janvier 2008. Il explique accéder ainsi à la demande de l'opposition qui avait réclamé des élections législatives anticipées pour le mois d'avril. Que faut-il penser de cette initiative ?
Der Standard - Autriche
"Dommage qu'on puisse rarement choisir ses révolutionnaires", écrit Markus Bernath à propos du comportement du président géorgien. "En déclarant l'état d'urgence sans aucune raison valable, Saakachvili a tiré un trait sur la 'révolution de la Rose' de novembre 2003. Et ce n'est pas tout : 'Micha' comme les Géorgiens surnomment ironiquement leur jeune président, s'est avéré un bien piètre démocrate. (...) En organisant des élections présidentielles anticipées dans deux mois, il tente de réaffirmer son pouvoir. L'opposition avait formulée un autre demande : des élections législatives anticipées en avril afin de renforcer le pouvoir législatif. Saakachvili a repris cette idée à son compte. Voilà comment les autocrates se frayent un chemin." (09.11.2007)
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Postimees - Estonie
L'Estonie, qui défend avec ardeur les intérêts de la Géorgie, est déçue que le président Mikhaïl Saakachvili a déclaré l'état d'urgence. Mais le journal tente de rester optimisme. "Des manifestations non armées ne doivent jamais servir de prétexte à une restriction de la liberté d'opinion, voire à un état d'urgence. Et même si comme on le prétend du côté géorgien, la Russie est à l'origine des troubles, la Géorgie ne doit pas se laisser provoquer aussi facilement. Le Kremlin est le seul lieu où les affrontements du 7 novembre ont suscité l'enthousiasme, car la Géorgie a perdu de sa crédibilité en tant que candidate à l'OTAN." (09.11.2007)
» article intégral (lien externe, estonien)
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Financial Times - Royaume-Uni
"La décision de Mikhaïl Saakachvili d'appeler à des élections présidentielles anticipées en janvier vise à prendre l'opposition à son propre jeu. Celle-ci est en effet désorganisée et divisée, et ne présente aucun personnage d'envergure pour l'affronter. Mais le président a pourtant vu sa popularité personnelle baisser de 90 % à 40 % depuis la révolution de la Rose", note Quentin Peel. "D'un côté, il est accusé par les dirigeants de l'opposition d'avoir un comportement autocratique et de ne pas écouter les critiques. De l'autre, il a heurté les sensibilités de la génération plus âgée qui a grandi sous l'ère soviétique, en créant un fossé générationnel entre son équipe de jeunes technocrates et ceux d'âge moyen. L'autre cause de l'agitation croissante au sein de la population tient à l'échec de la transformation de la rapide croissance économique en de meilleurs salaires pour la plupart des gens et de nouveaux emplois. De plus, ceux qui ont survécu pendant des décennies en contournant le système soviétique, ont vu leurs moyens de subsistance disparaître." (08.11.2007)
» article intégral (lien externe, anglais)
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die tageszeitung - Allemagne
Klaus-Helge Donath se penche sur le rôle joué par l'opposition en Géorgie. "Le plus tragique, c'est que l'opposition a pris provisoirement le contrôle de la rue, mais qu'elle ne dispose d'aucune figure charismatique pour prendre la barre. Si Saakachvili échoue, l'opposition se déchirera. L'ancien ministre de la Défense Irakli Okrouachvili, qui est à l'origine du mouvement de protestation et se pose en successeur de l'actuel président, serait une catastrophe encore plus grande pour ce pays du Caucase. Non seulement c'est une tête brûlée, mais il tire à balles réelles." (09.11.2007)
» article intégral (lien externe, allemand)
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» Ensemble de la revue de presse de vendredi, 9. novembre 2007