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21.11.2008

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À la une de jeudi, 15. novembre 2007


Sarkozy doit-il craindre les grèves ?

Les salariés des transports publics français ont débuté une grève massive le 14 novembre. Ils protestent contre la volonté du gouvernement de réformer leur régime spécial de retraite. La presse européenne considère que cette crise est une occasion de mettre en place un nouveau dialogue social en France.


Tribune de Genève - Suisse

"La France est en train de faire sa 'révolution culturelle' en matière de relations sociales", estime Jean-Noël Cuénod. "Avec Nicolas Sarkozy, l'Etat-patron vise d'abord l'opinion. Il faut bien la préparer médiatiquement pour engager les réformes de fond. Dans le même temps, on discute avec les syndicats, fermement certes, mais de façon continue. Surtout ne pas rompre le fil. Dès lors, les relations sociales ne ressemblent plus à ce rituel traditionnel des refus mutuels. Bernard Thibault [secrétaire général de la CGT] l'a bien compris. Comme Sarkozy, il utilise les sondages pour prendre appui sur l'opinion. Et il change de cap en conséquence. Sur son chemin, Thibault doit encore affronter la vieille garde communiste qui dispose d'un certain pouvoir de nuisance au sein de la CGT. Toutefois, l'option réformiste possède de grandes chances de l'emporter dans la mesure où la révolution n'est plus de saison." (15.11.2007)


The Irish Times - Irlande

Le quotidien se concentre sur le président français Nicolas Sarkozy et ses chances, à plus ou moins long terme, de résoudre la crise actuelle. "La plupart des électeurs sont déçus des développements récents [depuis l'élection de Sarkozy], en dépit des réductions d'impôts cet été. Mais ils savent qu'il est trop tôt pour émettre un véritable jugement. Le faible taux de croissance et le déficit public croissant ne présagent rien de bon pour son programme, tout comme l'agitation récente autour des fonds d'investissement privés et du marché de l'énergie. Il promet de répondre à ces différents problèmes à un niveau européen, pendant sa présidence de l'UE l'année prochaine. Le président Sarkozy a le talent politique pour tracer sa voie pendant cette confrontation et survivre ainsi à la menace qu'elle pose à son mandat du changement. A plus long terme, il devrait être jugé sur sa capacité à réaliser sa promesse d'un meilleur dynamisme économique et à créer davantage d'emplois." (15.11.2007)


Le Nouvel Observateur - France

"Le gouvernement Sarkozy est en train de payer au prix fort six mois de facilité et d'illusionnisme. (...) Peu après son avènement, une pluie d'or s'abattit sur les classes moyennes et les classes supérieures. Pour les classes populaires, la seule chose qui se profilait à l'horizon, c'était la promesse de sacrifices. Le contraste était décidément trop fort, la politique de classe trop arrogante", estime le chroniqueur Jacques Julliard. "Le gouvernement Sarkozy, selon toute probabilité, va perdre la grande épreuve de force qui s'est engagée. J'entends dire qu'il ne cédera pas sur les régimes spéciaux de retraite, car ce serait renoncer à tout espoir de réforme ultérieure. C'est vrai, mais il a déjà cédé. Il a cédé aux internes en médecine, aux marins pêcheurs, aux agents de conduite de la SNCF. Oh ! il ne cédera pas formellement sur les quarante années de cotisation [pour la retraite]. Mais il négociera des compensations qui réduiront à néant les effets financiers de la réforme." (15.11.2007)


Diário de Notícias - Portugal

"Nicolas Sarkozy a promis de changer l'attitude du gouvernement envers les cheminots de la SNCF et des travailleurs de la RATP, qui abusent de leur pouvoir", se réjouit le quotidien conservateur. "Depuis des dizaines d'années, le pouvoir est impuissant face à ces travailleurs 'capables de faire sauter tous les gouvernements', comme l'avait un jour expliqué le socialiste Michel Rocard, Premier ministre de François Mitterrand. Qu'il soit nécessaire de leur supprimer leurs privilèges, cela a déjà été dit à de nombreuses reprises. (...) Sarkozy veut en finir avec les régimes spéciaux [de retraite]. Il ne propose rien de nouveau. Ce qui pourrait être une nouveauté, c'est qu'un gouvernant français soit assez ferme pour mettre au pas ces privilégiés. Si Nicolas Sarkozy franchit avec succès cette épreuve, on pourra dire qu'une France nouvelle est née." (15.11.2007)


» Ensemble de la revue de presse de jeudi, 15. novembre 2007

 

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