À la une de lundi, 19. novembre 2007
Le Kosovo change de gouvernement

Le Parti démocratique du Kosovo (PDK) sortirait vainqueur des élections législatives qui ont eu lieu le 17 novembre. Cette formation dirigée par l'ancien rebelle Hashim Thaçi est créditée de 34 % des suffrages. La province serbe, habitée majoritairement par des Albanais, a enregistré un faible taux de participation - 45 % - la minorité serbe ayant boycotté les élections. Quels sont les défis qui attendent le nouveau gouvernement ?
Der Standard - Autriche
"Le faible taux de participation aux élections législatives témoigne de la déception et du désespoir de tous ceux qui rêvent depuis plus de huit ans d'une vie meilleure dans un Kosovo souverain affranchi de la Serbie," écrit Andrej Ivanij. "Hashim Thaçi, l'homme qui, tapi dans les bois, avait organisé l'insurrection armée contre Belgrade et avait réalisé en un mois ce que le pacifiste Ibrahim Rugova n'avait pas réussi à faire en une décennie, doit mettre fin à cette situation, et séparer de facto le Kosovo de la Serbie. (...) Aucun gouvernement ne pourra venir à bout de la dépression économique au Kosovo dans un avenir proche. La seule option qui reste à Hashim Thaçi, c'est de satisfaire ses compatriotes en proclamant rapidement une indépendance attendue depuis longtemps. Voilà ce qu'il doit faire et ce qu'il fera s'il ne veut pas que la morosité des Kosovars se retourne contre lui." (19.11.2007)
» article intégral (lien externe, allemand)
Pour en savoir plus sur les thèmes de la revue de presse » Relations Internationales, » Politique Intérieure, » Europe du Sud-Est, » Serbie
Tous les textes disponibles de » Andrej Ivanji
Frankfurter Rundschau - Allemagne
Selon Norbert Mappes-Niedik, "ce n'est pas à un avènement de l'extrémisme que l'on assiste au Kosovo mais à l'émergence d'une nouvelle génération lasse des déclarations ampoulées et vides de sens des anciennes élites du pouvoir communiste. Il serait toutefois prématuré d'interpréter les résultats de ces élections comme le triomphe de la démocratie, comme le font les diplomates occidentaux. Le Kosovo n'est certainement pas une démocratie. Le pouvoir n'émane pas du peuple mais des diplomates internationaux (...) L'étouffante suprématie des bureaucrates ne laisse aucune place à la responsabilité, aux idées, aux bouleversements, aux crises productives, aux initiatives en matière de politique extérieure, ni à une véritable réconciliation. La 'communauté internationale' qui tient la barre, constituée de fonctionnaires de différentes nationalités, n'est pas aussi altruiste qu'il n'y paraît. Elle défend surtout ses propres intérêts, en l'occurrence la reconduction de ses contrats et de ses projets." (19.11.2007)
» article intégral (lien externe, allemand)
Pour en savoir plus sur les thèmes de la revue de presse » Relations Internationales, » Politique Intérieure, » Europe du Sud-Est, » Serbie
Tous les textes disponibles de » Norbert Mappes-Niediek
Hospodářské noviny - République tchèque
Martin Ehl craint que les Balkans ne soient bientôt en proie à de nouvelles effusions de sang. "Les Kosovars vont sans aucun doute proclamer l'indépendance dès que possible. Quant à savoir quelles en seront les conséquences... (...) L'année prochaine, l'ONU va confier l'administration du Kosovo à Bruxelles, que la province soit indépendante ou pas. Les Européens craignent surtout que le Kosovo n'entraîne une avalanche de problèmes et qu'un nouveau conflit embrase les Balkans (...) Une nouvelle guerre est toutefois improbable, les parties prenantes étant exténuées. Quels sont donc les scénarios envisageables ? Des attaques de guérilla, des manifestations de violence spontanées de la part des Albanais du Kosovo, frustrés et sans emploi ? Un séparation de la Serbie et de la Bosnie, une nouvelle division de Sarajevo ? L'UE a raison de se montrer nerveuse. Néanmoins, après les expériences de ces vingt dernières années, elle ne peut refuser leur indépendance aux Kosovars." (19.11.2007)
» article intégral (lien externe, tchèque)
Pour en savoir plus sur les thèmes de la revue de presse » Relations Internationales, » Politique Intérieure, » Europe du Sud-Est, » Serbie
Tous les textes disponibles de » Martin Ehl
Diário de Notícias - Portugal
Le quotidien s'inquiète du précédent que créerait l'indépendance du Kosovo pour les autres régions de l'Europe aux velléités indépendantistes. "Le résultat des élections au Kosovo n'a pas été une surprise. (...) Mais plus que par ce résultat, le futur du Kosovo sera déterminé par la décision sur son statut (…) L'intervention de la communauté internationale a entraîné le départ de nombreux Serbes, les rendant encore plus minoritaires - et rendant d'autant plus inévitable l'indépendance. Celle-ci aura comme point de départ une violation juridique, étant donné que l'appartenance du Kosovo à la Serbie n'était pas contestée par la communauté internationale. En la matière, les faits auront la primauté sur le droit. Dans une Europe en train de se diviser – de la Belgique à la Grande-Bretagne (Ecosse), en passant par les problèmes avec les Galiciens, les Basques et les Catalans en Espagne -, le Kosovo indépendant sera un précédent dangereux." (19.11.2007)
» article intégral (lien externe, portugais)
Pour en savoir plus sur les thèmes de la revue de presse » Défense / Crises / Guerres, » Europe du Sud-Est, » Serbie
» Ensemble de la revue de presse de lundi, 19. novembre 2007