À la une de jeudi, 10. janvier 2008
Les Portugais ne voteront pas sur le traité européen

Le Premier ministre portugais José Sócrates a annoncé le 9 janvier qu'il soumettrait le Traité de Lisbonne au Parlement pour ratification, renonçant ainsi à l'idée d'organiser un référendum sur le nouveau traité européen. La presse européenne analyse la portée de cette décision.
The Times - Royaume-Uni
Les commentateurs politiques David Charter et Philip Webster soulignent que "la décision du Portugal de ne pas organiser de référendum, mais de ratifier le traité par voie parlementaire, est un grand soulagement pour Downing Street et l'Elysée, qui s'inquiétaient d'une pression supplémentaire les poussant à tenir une consultation populaire. La révélation de coups de téléphone passés au plus haut niveau ne fait pourtant qu'accroître les soupçons pesant sur l'élite politique européenne qui aurait coordonné ses efforts dans le but d'éviter une répétition des référendums en France et aux Pays-Bas en 2005. Ils avaient alors fait couler la Constitution et avaient entrainé l'UE dans deux ans de crise. (...) Tout comme le Parti travailliste dans son dernier manifeste, M. Sócrates avait promis pendant sa campagne électorale un référendum sur la Constitution européenne. (...) Cette décision portugaise signifie que l'Irlande, qui a une longue tradition de votes populaires sur des questions importantes, reste le seul pays des 27 membres de l'UE où aura lieu un referendum." (10.01.2008)
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Público - Portugal
"La fierté nationale avec laquelle le pays a assuré la présidence portugaise de l'UE a provoqué l'absence de débat sur les conséquences du Traité de Lisbonne", estime Luís Menezes Leitão, avocat et professeur universitaire à la Faculté de Droit de l'université de Lisbonne (FDL). "La question suivante se pose aujourd'hui : peut-on justifier qu'un pas aussi important en matière d'intégration européenne soit réalisé sur la base de simples ratifications parlementaires, à l'écart des peuples européens ? S'il en est ainsi, la citation de Thucydide qui introduisait le projet initial de la Constitution européenne se révèle bien ironique ('Notre constitution (...) a reçu le nom de démocratie, parce que la démocratie est le pouvoir du plus grand nombre et non d'une minorité'). Dans l'Europe actuelle, le pouvoir est aux mains d'une minorité et l'on ne souhaite pas le donner à la majorité des citoyens." (09.01.2008)
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Süddeutsche Zeitung - Allemagne
Le Premier ministre portugais José Socrates n'a pas respecté sa promesse électorale de 2005, lorsqu'il avait annoncé la tenue d'un référendum sur la Constitution européenne. Le journal juge cependant que sa décision correcte. "Cette affaire sera depuis longtemps tombée dans l'oubli au moment des élections législatives de 2009. L'Europe n'est pas un thème prioritaire pour les Portugais. En revanche, cette nouvelle est beaucoup plus importante pour les partenaires européens. Le fait que Berlin, et surtout Londres et Paris, aient exhorté José Socrates à renoncer au référendum, s'inscrit dans la logique des événements qui ont débouché sur le traité de Lisbonne. (...) Un référendum au Portugal aurait mis sous pression les gouvernements qui tentent péniblement d'esquiver ces consultations populaires, comme à Paris ou La Haye. Il aurait été absurde que le pays qui a accouché du traité et lui a donné son nom organise un référendum et se complaise dans ce rôle." (10.01.2008)
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Neue Zürcher Zeitung - Suisse
Thomas Fischer, correspondant du quotidien à Lisbonne, regrette que la population ne soit pas consultée sur le traité modifié de l'UE. "Au Portugal, il n'y a jamais eu de référendum sur l'intégration dans l'UE. En renonçant à cette consultation populaire, le pays laisse passer une opportunité de profiter du soutien des Portugais pour cette option avant que les subventions de Bruxelles ne viennent à s'épuiser et que ne disparaisse ainsi l'un des arguments les plus populaires et les plus utiles 'en faveur de l'Europe'". (10.01.2008)
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» Ensemble de la revue de presse de jeudi, 10. janvier 2008