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08.01.2009

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À la une de lundi, 3. mars 2008


Medvedev, un président sous influence

Avec plus de 70 % des voix, Dmitri Medvedev a été élu dimanche 2 mars nouveau président de la Russie, sans surprise. La presse européenne s'interroge sur le partage des pouvoirs entre le prochain Premier ministre annoncé Vladimir Poutine et le nouveau président élu.


La Libre Belgique - Belgique

Philippe Paquet s'interroge dans son éditorial, "Que pouvait-on 'observer' dimanche [2 mars] à Moscou ? Rien, sinon le triste spectacle d'un grand pays (théoriquement) européen se livrant à une parodie de la démocratie. Parmi les réalisations dont on crédite les huit années de présidence Poutine, la moindre n'est pas d'avoir restauré jusqu'à un certain point l'honneur d'une nation passablement humiliée par l'effondrement de l'URSS et les déboires de l'ère Eltsine, quand la misère sociale et l'emprise mafieuse progressèrent de concert. Aujourd'hui, la Russie a retrouvé de sa puissance et de sa superbe. Mais, si elle inspire de nouveau la crainte, elle n'inspire toujours pas l'admiration." (03.03.2008)


La Repubblica - Italie

L'éditorialiste Sandro Viola revient sur la victoire de Medvedev aux élections russes. "Pour la première fois depuis la Révolution bolchevique, la Russie aura un dirigeant très différent. Medvedev n'est pas un révolutionnaire de profession, ni un homme du parti, ou issu de la bureaucratie. Il n'est pas non plus un ex-chef du KGB ou de l'armée. Par sa formation et sa connaissance du monde économique, on pourrait le prendre pour un responsable politique occidental. Mais il doit toute sa carrière à Poutine. Pourra-t-il agir avec indépendance? (...) Il est trop tôt pour le dire. Notons déjà qu'il n'a pas les manières de Poutine, ni sa morgue. Bien sur, on ne peut pas faire des hypothèses en se basant sur l'apparence de quelqu'un. Mais un apaisement de relations avec l'Occident est envisageable." (03.03.2008)


Népszabadság - Hongrie

Endre Aczel s'attend à ce que le rôle du gouvernement évolue au gré des jeux de pouvoir en Russie : "A la disparition de l'Union soviétique, le gouvernement est devenu un produit de la bureaucratie. Il n'était pas possible de s'enrichir et de gagner en influence par l'intermédiaire du gouvernement, mais uniquement en dehors de cette entité du pouvoir. (...) Désormais, avec Vladimir Poutine, ce n'est pas un bureaucrate qui est à la tête du gouvernement, mais l'incarnation même du pouvoir. Il va être intéressant d'observer comment les velléités d'indépendance de Dmitri Medvedev vont lui permettre de faire face à un obstacle auquel il n'a jamais été confronté : le gouvernement lui-même." (03.03.2008)


Open Democracy - Royaume-Uni

Nicolai N. Petro, professeur de relations internationales à l'université de Rhode Island, aux Etats-Unis, rappelle que la politique de Poutine au cours de la décennie 1990 visait à "rétablir une autorité centrale, forger un espace légal unifié, renforcer l'économie, (...) construire les bases d'une politique étrangère indépendante. Dans tous ces secteurs, Medvedev était non seulement d'accord avec Poutine, il a également joué un rôle clé dans la mise en œuvre de ces politiques. Maintenant que le pays a retrouvé sa stabilité, il estime qu'il est temps de délaisser la consolidation pour passer à la libéralisation. (...) Les mots d'ordre pour Medvedev ont toujours été 'flexibilité' et 'pragmatisme'. Ce qui fait peser de sérieux doutes sur l'image accolée à Medvedev de laquais exécutant les ordres de Poutine, mais aussi sur l'idée qu'il mettra en œuvre des politiques opposées à celles qu'il a implantées au cours des sept dernières années." (28.02.2008)


Postimees - Estonie

Après les élections présidentielles russes, le journal ne cache pas son incertitude quant à l'évolution de la politique étrangère du pays. "Pour l'Occident et l'Estonie, il est essentiel de connaître la répartition du pouvoir entre Dmitri Medvedev et Vladimir Poutine et, de ce fait, de suivre avec attention l'évolution des relations avec la Russie. Lorsque Boris Eltsine a succédé à Mikhaïl Gorbatchev, il n'y a pas eu beaucoup de changements, car les relations étaient plus ou moins stables. Toutefois, lorsque Vladimir Poutine est arrivé au pouvoir en 2000, les relations se sont considérablement rafraîchies. Le fait que Dmitri Medvedev soit plus libéral que Vladimir Poutine n'est pas vraiment significatif. Il est trop tôt pour parler d'un bouleversement des relations avec la Russie." (03.03.2008)


» Ensemble de la revue de presse de lundi, 3. mars 2008

 

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