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08.01.2009

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À la une de vendredi, 11. avril 2008


Berlusconi va-t-il reprendre le pouvoir ?

Le chef de l'opposition italienne, Silvio Berlusconi, espère remporter les élections législatives organisées les 13 et 14 avril et revenir ainsi à la tête du gouvernement. Face à lui se dresse Walter Veltroni, ancien maire de Rome et leader du Parti démocrate. La presse européenne se demande si le candidat de centre-gauche parviendra à empêcher le retour au premier plan du Cavaliere.


Le Temps - Suisse

L'éditorialiste Stéphane Bussard tente de comprendre pourquoi l'Italie s'apprête à élire pour la troisième fois Silvio Berlusconi à la tête du gouvernement. "Parce que le pays n'a jamais été autant disloqué entre un Nord prospère et un Mezzogiorno à la dérive. La division profite à Berlusconi, qui titille l'esprit entrepreneurial du Nord et le nationalisme identitaire du Sud. Parce que la seule évocation du vocable 'gauche' effraie des Italiens inquiets de leur pouvoir d'achat et de hausses d'impôt. Parce que Berlusconi représente encore l'illusion du succès, syndrome d'un pays qui se ment à lui-même. La probable victoire du Cavaliere, c'est aussi la défaite de Veltroni. L'ex-maire de Rome a pourtant créé un pôle réformiste de centre gauche, le Parti démocrate, pour rompre avec l'impossible gauche plurielle. La stratégie était juste. Mais il n'a pas eu le courage d'assumer jusqu'au bout la rupture centriste." (11.04.2008)


Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

En Italie, cela fait longtemps que les différences entre droite et gauche s'estompent pour être remplacées par un conflit d'intérêts entre l'ancienne et la nouvelle génération, relève Dirk Schümer. "Désormais, le pays paie le prix de la mentalité paternaliste de sa classe politique et le blocage des solutions pratiques : en matière de natalité, l'Italie est la lanterne rouge de l'Europe. (...) Comme l'ancienne génération se mobilise plus que les jeunes pour les élections, les partis politiques prolongent l'agonie du pays. (...) Ce week-end, le nombre d'abstentionnistes en colère ou désespérés et le nom de la formation politique arrivant en tête au beau milieu de cette confusion importent peu. Le sociologue [Alessandro] Rosina avance déjà un chiffre clé : 53 ans, l'âge moyen des nouveaux députés. La marginalisation des jeunes, qui aboutit de facto à un suicide social, va donc très probablement se poursuivre." (11.04.2008)


La Tribune - France

L'éventuelle formation d'une grande coalition en Italie laisse sceptique le correspondant du quotidien en Italie Frank Paul Weber. "Les Italiens se bercent (...) de douces illusions sur leur propre capacité à faire vivre cette union droite-gauche. La grande coalition à l'allemande est en fait plus la règle que l'exception outre-Rhin : les chanceliers, de Kohl à Schröder, ont souvent dû composer avec un Bundesrat - équivalent du Sénat italien - contrôlé par leurs opposants. Les réformes sont souvent le fruit de longues négociations entre droite et gauche dans la commission mixte parlementaire des deux chambres. (...) Cette grande coalition de tous les jours inscrite dans les institutions et une certaine pratique du compromis est en revanche complètement absente du paysage politique italien. En ce sens, le scénario d'un 'Veltrusconi' pour diriger la troisième économie de la zone euro (...) inquiète plus qu'il ne rassure." (10.04.2008)


La Repubblica - Italie

Le réalisateur italien Nanni Moretti donne les raisons de son vote pour le Parti démocrate et estime qu'il ne faut pas s'abstenir dans ces législatives. "Je n'aime pas le concept de 'vote utile'. Personnellement, je n'ai aucun doute sur mon vote. Le Parti démocrate est la seule nouveauté dans la vie politique italienne, il peut être l'ultime occasion de ne pas offrir l'Italie aux extrémistes Berlusconi et Bossi [le leader de la Ligue du Nord]. Malheureusement, chez les électeurs de gauche comme de droite, la tentation est grande de s'abstenir. Les indécis le sont certainement par désillusion, fatigue ou habitude. La déception à l'égard du gouvernement de centre-gauche est concevable mais elle ne doit pas faire oublier le véritable abysse politique, culturel et éthique qui existe entre le centre-gauche et la droite italienne (...)." (11.04.2008)


Die Presse - Autriche

Wieland Schneider estime que connaître le vainqueur des élections législatives importe peu. Aucun des deux principaux candidats, Silvio Berlusconi et Walter Veltroni, ne semble avoir de solution pour sortir le pays de sa crise sociale. "La croissance économique est très faible et l'inflation a atteint son plus haut niveau depuis plus de 10 ans. Les aliments et les autres produits de consommation courante ont vu leur prix augmenter et le budget de nombreuses familles en souffre. (...) Les puissants syndicats bloquent les réformes, l'appareil étatique est pléthorique et coûteux, mais, en définitive, se révèle inefficace et la culture du népotisme est omniprésente : tous ces éléments accablent encore plus un pays déjà mis à mal. Et il ne faut pas attendre une solution de la classe politique car elle fait partie de ce système. (...) L'Italie n'en a pas encore fini avec la récession." (11.04.2008)


» Ensemble de la revue de presse de vendredi, 11. avril 2008

 

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