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À la une de mercredi, 7. mai 2008


Passation de pouvoir à Moscou

Le nouveau président russe Dmitri Medvedev prête serment aujourd'hui. Son prédécesseur Vladimir Poutine occupera désormais le poste de Premier ministre. La presse européenne s'interroge sur les conséquences de cette passation de pouvoir au Kremlin.


ABC - Espagne

Selon le correspondant du quotidien ABC à Moscou, l'un des plus grands défis pour le nouveau président russe est la corruption dans son pays : "Paradoxalement, Poutine est toujours très apprécié alors que c'est sous son mandat que la corruption a atteint son ampleur actuelle. ... Medvedev dispose d'un contre-poids que Poutine n'avait pas, mais on saura bientôt s'il se laissera manipuler comme une marionnette. Il ne faut pas oublier que d'après la constitution russe, c'est le président qui gouverne. En Russie comme à l'étranger, on craint que cette situation bicéphale ne se termine en affrontement, comme en 1993 entre Boris Yeltsine et le Soviet supérieur." (07.05.2008)


Postimees - Estonie

D'après le journal estonien, les choses sont plus simples pour Dimitri Medvedev aujourd'hui qu'elles ne l'étaient pour Poutine il y a huit ans, la Russie n'étant pas, comme en l'an 2000, plongée dans le chaos. Il doit toutefois trouver sa propre ligne politique afin de s'attaquer aux problèmes urgents, estime le quotidien : "Pour le moment, la Russie a peu à craindre dans le domaine économique en raison des prix élevés du gaz et du pétrole. Les contrecoups pourraient survenir plus tard lorsque les faiblesses structurelles remonteront à la surface. Cela porterait certainement atteinte à la popularité de Medvedev. Aux problèmes internes de la Russie s'ajoutent les problèmes de politique étrangère. A l'Ouest, les réactions sont jusqu'à présent plutôt positives car Medvedev est perçu comme relativement libéral. Mais la même question se pose : quelle sera la marge de manœuvre dont Medvedev disposera pour mener une politique plus libérale ?" (07.05.2008)


Lidove noviny - République tchèque

"Il n'est pas exclu que la conception poutinienne d'un mécanisme absolument unitaire se réalise. Pour cela, Medvedev doit d'abord se faire à l'idée que le véritable pouvoir restera dans les mains de Poutine et qu'il occupera pour sa part un rôle simplement représentatif. Cela ne sera pas si facile. Si le nouveau président n'était que l'exécutant aveugle de la volonté de Poutine, il perdrait de son autorité. Cela dénigrerait en outre le sens de la fonction présidentielle. Mais cela ne peut pas non plus convenir à Poutine qui veut sans aucun doute pouvoir revenir au Kremlin à tout moment." (07.05.2008)


Trouw - Pays-Bas

A l'occasion de la prestation de serment du nouveau président, la Russie envisage de faire défiler les blindés et les missiles atomiques sur la place rouge pour la première fois depuis 1990. Cela pourrait être considéré comme le signe du retour de la Russie en tant que super‑puissance sur la scène internationale, écrit Marcel de Haas, le spécialiste de la Russie à l'Institut des relations internationales de Clingendael (Pays-Bas). Malgré la dégradation des relations entre la Russie et l'Ouest, "la collaboration économique, politique et militaire avec l'Ouest se poursuit simplement et il n'est nullement question – comme certains l'affirment – d'une nouvelle guerre froide… Pour éviter que la Russie ne continue à s'isoler et ne se désolidarise de l'Ouest, Moscou doit être assailli de propositions en vue d'une intensification de la collaboration politique et militaire. … En aucun cas, l'Ouest ne doit laisser la Russie se positionner à l'Est. Cela encourage une politique rigide. … Le Kremlin sait que le désaccord – y compris sous Medvedev – est le talon d'Achille de la politique de l'Ouest vis-à-vis de la Russie. Une politique plus cohérente et plus unanime vis-à-vis de Moscou … est le défi devant lequel se trouve l'Occident." (07.05.2008)


Rzeczpospolita - Pologne

Jerzy Haszczyński commente : "Ce serait bien que les propos tenus au sujet de Medvedev il y a six mois puissent se réaliser. … A savoir : qu'il mène une politique extérieure plus modérée. Qu'il ne menace pas de déclencher une guerre - ni guerre froide ni guerre nucléaire. Qu'il ne traite pas les pays voisins uniquement comme des zones d'influence libérées à court terme, qu'il n'exerce aucune politique énergétique agressive. … Il est certain que Medvedev défendra les intérêts de la Russie. … Mais cela ne signifie pas pour autant qu'il doit traiter l'Ouest et ses organisations (en particulier l'OTAN) comme des ennemis, car l'Ouest ne représente aucune menace pour la Russie, il est plus proche de la Russie que les autres civilisations qui l'entourent." (07.05.2008)


» Ensemble de la revue de presse de mercredi, 7. mai 2008

 

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