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À la une de mardi, 21. février 2006


La condamnation du négationniste David Irving

L'historien britannique David Irving a été condamné lundi 20 février à Vienne à trois ans de prison ferme pour avoir nié l'existence de l'Holocauste dans une interview et lors de plusieurs conférences qu'il avait données en Autriche en 1989. Un mandat d'arrêt pesait depuis contre lui et il a été arrêté en novembre dernier sur le sol autrichien. Il a plaidé coupable devant le tribunal chargé de le juger, en affirmant qu'il reconnaissait désormais l'existence des chambres à gaz.


La Repubblica - Italie

L'éditorialiste Miriam Mafai voit dans la condamnation de David Irving un symbole. "La sentence du tribunal correctionnel de Vienne a clos définitivement la controverse sur l'Holocauste, sur l'extermination des juifs pendant la seconde guerre mondiale, au coeur de la très civilisée Europe. L'Holocauste est une vérité reconnue et ceux qui tentent de la nier sont coupables. (...) La majeure partie d'entre nous n'avait pas besoin de cela: nombreux sont ceux qui ont vu les baraquements et les fours crématoires d'Auschwitz, nombreux sont ceux qui ont été secoués par l'émotion à la lecture des témoignages (...). Cette sentence n'a pas seulement pour but de résoudre une controverse historique, mais de renforcer la volonté d'empêcher la renaissance de droites nazies en Europe, et de réaffirmer l'intangibilité de l'Etat d'Israël". (21.02.2006)


Sydsvenska Dagbladet - Suède

Le journal suédois salue la condamnation de David Irving à trois ans de prison : "Il était important de démasquer et de remettre en cause la 'science' de David Irving (...). Il est impossible de savoir aujourd'hui si le jugement autrichien aura un rôle préventif. Les erreurs de jugements et la déformation de l'Histoire sont de toutes les époques. Ce qui importe surtout, c'est que les fausses affirmations - qui consistent à dire, par exemple, que les chambres à gaz n'ont pas existé et que la solution finale n'a pas eu lieu - puissent être combattues et mises au jour dans un débat public et ouvert". (21.02.2006)


Der Standard - Autriche

Les gens qui souhaitent accorder la liberté d'expression aux néo-nazis "n'ont la plupart du temps jamais eu affaire à eux", affirme le chroniqueur Hans Rauscher. "L'argument fréquemment entendu, qui consiste à dire que l'on ne peut pas interdire les 'délits d'opinion', est un faux argument. Les négationnistes comme David Irving n'ont pas 'd'opinion'. Ils savent très précisément, ou disposent des moyens de savoir, que ces crimes inconcevables ont effectivement eu lieu. Mais ils veulent les nier, les minimiser, les rendre politiquement acceptables. C'est là le coeur de leur raisonnement. Les gens qui minimisent les méfaits du nazisme, et ce de manière continue, en multipliant les arguments, veulent le remettre au rang d'alternative politique. Il est question, ni plus, ni moins, de la renaissance du nazisme". (21.02.2006)


Neue Zürcher Zeitung - Suisse

"En interdisant la diffusion de certaines opinions, l'Etat se pose en défenseur de la morale. Le débat sur certains événements historique est passé du comptoir de bar à la salle d'audience", analyse Andres Wysling, qui doute que ce soit une bonne chose. "Il existe certaines raisons défendables de protéger la liberté d'expression dans le débat historique et d'éviter le bâillonnement juridique. Les gens comme David Irving montrent que certaines hérésies trouvent toujours des partisans. Ils obligent l'opinion publique à se poser sans cesse les questions les plus dérangeantes et - espérons-le - à tirer des leçons de l'Histoire". (21.02.2006)


The Independent - Royaume-Uni

Le quotidien progressif "hésite fortement" à classer le négationnisme dans les délits répréhensibles sur le plan pénal. Il nuance cependant ensuite son propos : "Nous comprenons pourquoi l'Autriche, tout comme l'Allemagne et une demi-douzaine  d'autres pays européens, ainsi qu'Israël, doivent avoir une telle loi dans leur code pénal. Elle représente un rappel perpétuel du passé, une déclaration d'intention intégrée avec le plus grand sérieux à l'arsenal législatif de l'Etat, selon laquelle rien de similaire à l'Holocauste ne pourra se produire à nouveau. Et l'on peut prétendre que l'Autriche, qui n'a pas eu à se débarrasser aussi profondément que l'Allemagne de son passé nazi, a encore besoin d'une telle loi". (21.02.2006)


El Mundo - Espagne

"Il ne fait aucun doute que l'affaire Irving serait passée inaperçue dans l'opinion publique internationale s'il n'y avait pas eu la polémique autour des caricatures du prophète Mahomet", estime le quotidien. "Les lois européennes contre l'antisémitisme sont devenues une exception empoisonnée à laquelle se sont accrochés différents intellectuels islamiques ces derniers jours pour dénoncer le discours deux poids deux mesures de l'Occident. Loin de se soumettre aux demandes de ceux qui souhaitent plus d'interdits pour lutter contre 'l'islamophobie', les gouvernements européens doivent éliminer une législation obsolète et réaffirmer l'engagement de l'Occident en faveur de la liberté d'expression". (21.02.2006)


» Ensemble de la revue de presse de mardi, 21. février 2006

 

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