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30.08.2008

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À la une de jeudi, 24. juillet 2008


La sévérité de la Commission européenne

La Commission européenne a publié hier les rapports d'évaluation des progrès réalisés pour les plus jeunes membres de l'UE, la Roumanie et la Bulgarie. Le résultat est une véritable douche froide : la corruption dans les deux pays demeure aussi élevée un an et demi après leur adhésion et le système judiciaire accuse de graves lacunes. La Commission a donc suspendu le paiement des subventions européennes à la Bulgarie à hauteur de 500 millions d'euros tandis que la Roumanie a été fermement mise en garde. Cette sévérité est-elle la marche à suivre ?


Der Standard - Autriche

Pour le quotidien autrichien Der Standard, de nombreuses erreurs ont été commises lors de l'adhésion à l'UE de la Bulgarie et de la Roumanie : "Le blocage consécutif de 500 millions d'euros d'aides financières ressemble à un freinage d'urgence - mais le freinage n'a été actionné qu'après l'accident. En effet le crash a déjà eu lieu au moment de l'adhésion, et l'erreur de conduite décisive a été de donner à la Bulgarie et la Roumanie une date d'adhésion fixe, alors que les négociations étaient encore en cours. C'est comme donner à un élève moyen l'assurance d'obtenir son bac à une date donnée avant même qu'il ait fait ses preuves : les dispositions de Sofia et de Bucarest à apprendre et à se réformer se sont brusquement relâchées. Les dégâts sont importants, et pas seulement pour les deux pays. En effet, les millions qui alimentent les organisations mafieuses constituent un ingrédient bienvenu pour ceux qui mijotent leur petite soupe populiste empoisonnée. Bien sûr, la Commission a tout de suite mis un terme à ces abus, et il apparaît clairement que l'adhésion à l'UE s'est faite trop tôt. Mais il convient toutefois de considérer le bilan économique de l'Autriche et de l'UE avec ces deux pays comme positif, car l'adhésion a établi des conditions-cadres importantes." (24.07.2008)


Evenimentul Zilei - Roumanie

Selon le quotidien Evenimentul Zilei, le rappel à l'ordre de la Roumanie n'aura aucun effet. Le rapport de justice de la Commission européenne "montre l'exemple même de l'hypocrisie des bureaucrates tremblotants de Bruxelles qui, en raison de la pression politique, ont renié leur propre rapport. La mise en garde exigeant le report de l'entrée de la Roumanie dans l'espace Schengen et dans la zone euro a subitement disparu du rapport, probablement à la demande des lobbyistes de Bucarest. Les commissaires européens ont montré aux politiciens roumains qu'ils étaient capables d'aboyer mais qu'ils n'avaient pas le courage de mordre. Une phrase affectée qui s'est glissée dans un paragraphe illisible du rapport, nous explique qu'un jour, à l'instar des Bulgares, nous n'aurons plus aucun contrôle quant à l'accès total aux fonds structurels. Et alors ? La clientèle qui a accès aux fonds avec la bénédiction politique n'a jamais réussi, ne serait-ce qu'une seule fois, à distribuer l'ensemble des sommes versées par les bons samaritains européens. Le problème reste cependant que nous ne pouvons pas, absolument pas voler plus que ce qu'ils nous offrent. ... Au lieu d'utiliser le bâton, le bon président Barroso a donné un morceau de sucre aux politiciens roumains corrompus en leur demandant d'être raisonnables." (24.07.2008)


Klassa - Bulgarie

Le ministre des Affaires étrangères et vice-Premier ministre bulgare, Ivailo Kalfin, a expliqué hier que les subventions gelées de l'UE ne constitueraient plus de toute façon les appuis déterminants de l'économie bulgare. Le quotidien Klassa critique cette déclaration : "Le gel [des paiements] en raison des manquements de la justice et de la corruption dans les plus hautes sphères du pouvoir ne serait donc pas aussi grave qu'un gel des investissements. Une telle déclaration est complètement irresponsable car une réduction des subventions constitue un signe pour les investisseurs que le climat en Bulgarie n'est pas approprié pour des apports financiers. Il est également irresponsable de déclarer que les onze milliards d'euros ne sont pas si importants pour le développement des petites et moyennes entreprises. Elles ne peuvent justement pas garantir leur réussite par des accords avec des politiques. Enfin, cette déclaration est également irresponsable pour une autre raison : la Bulgarie devient le payeur net à 100 pour cent de l'UE, qui apporte sa contribution sans rien recevoir en contrepartie." (24.07.2008)


Sme - Slovaquie

Suite aux expériences récentes avec la Roumanie et la Bulgarie, le quotidien libéral Sme appelle à plus de prudence pour les prochains élargissements de l'Union européenne : "Les ethnologues roumains estiment qu'il existe plus de 30 synonymes dans leur langue pour le terme 'corruption'. Cette créativité linguistique en dit long et ne laisse augurer rien de bon. ... Un sondage réalisé auprès des Roumains vient compléter le tableau : 80 pour cent des personnes interrogées auraient déjà eu affaire à la corruption. ... C'est la même chose en Bulgarie. Il serait injuste d'affirmer que les anciens pays membres de l'UE ne connaissent la corruption. Mais ce qui est honteux, c'est qu'en Bulgarie les ministres sont également impliqués et que les personnes incriminées se taisent. ... L'UE devrait tirer les leçons des expériences roumaines et bulgares pour les prochains élargissements, et ne pas laisser décider uniquement les économistes, mais aussi les ethnologues." (24.07.2008)


Kauppalehti - Finlande

Le quotidien Kauppalehti voit aussi dans les mesures de l'UE à l'encontre de la Bulgarie et de la Roumanie un avertissement pour le reste de l'Union : "L'avertissement est le suivant : ... ça ne peut plus continuer ainsi ! ... La corruption dans les nouveaux Etats membres - et naturellement dans les anciens - est un sérieux problème pour lequel la Commission européenne a investi des dizaines de millions au cours des dernières années en vue d'une solution. ... Les sanctions ... contre la Bulgarie sont [aussi] ... une injonction au gouvernement finlandais de veiller ... à instaurer une culture politique transparente après le scandale du financement des élections ... au printemps dernier." (24.07.2008)


» Ensemble de la revue de presse de jeudi, 24. juillet 2008

 

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