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08.01.2009

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À la une de mercredi, 13. août 2008


Quel avenir pour le Caucase ?

La guerre au Caucase est terminée : Moscou a décrété la fin de tous les combats et le président géorgien, Michail Saakaschvili, a approuvé un plan de paix de l'UE après des négociations avec le président du Conseil de l'Union européen, Nicolas Sarkozy. Comment l'Europe doit-elle désormais procéder ?


Sydsvenska Dagbladet - Suède

"Comment le monde occidental doit-il réagir ?", demandent le diplomate américain, Richard Holbrooke, et le dirigeant du bureau de Bruxelles du German Marshall Fund of the United States, Ronald D. Asmus, dans le quotidien Sydsvenska Dagbladet après le conflit au Caucase. "Tout d'abord nous pouvons soutenir la Géorgie, défendre l'intégrité territoriale dans ses frontières actuelles et reconstruire Tbilissi. Dans un deuxième temps, l'Occident devrait considérer que la Russie n'est pas un défenseur neutre de la paix le long de ses frontières. Cela fait longtemps que Moscou utilise son mandat international pour mener une politique néo-impérialiste. Plutôt que de garantir ce mandat à la Russie, l'Occident devrait mettre un point d'honneur à ce que des troupes de l'ONU fassent respecter le cessez-le-feu. Troisièmement, l'Occident devrait travailler activement contre l'influence que la Russie exerce sur ses voisins - en particulier sur l'Ukraine, qui sera très vraisemblablement la prochaine cible des efforts de Moscou pour étendre son influence. Les Etats-Unis et l'UE doivent être plus clairs sur ce point, de sorte que l'Ukraine et la Géorgie ne soient pas qualifiées de zones grises quelconques." (13.08.2008)


The Guardian - Royaume-Uni

L'ancien président soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, défend dans le quotidien The Guardian, l'intervention russe : "La Russie devait réagir. L'accuser d'agression contre la 'petite Géorgie sans défense' n'est pas seulement hypocrite mais montre un certain manque d'humanité. … Les Etats-Unis ont commis une énorme erreur en déclarant que le Caucase - une région située à des lieues du continent américain - était une sphère d'intérêt national'. Evidemment, la paix dans le Caucase est dans l'intérêt de chacun. Mais reconnaître que la Russie est bien enracinée là-bas de par sa géographie commune et son histoire de longue date relève tout simplement du bon sens commun. La Russie ne cherche pas à élargir son territoire mais elle a des intérêts légitimes dans cette région. L'objectif de la communauté internationale pourrait être, à long terme, d'établir un système de sécurité et de coopération sous-régional qui rendrait impossible toute provocation et toute possibilité de crises comme celle-ci. Instaurer ce type de système serait un véritable défi et ne serait réalisable qu'avec la coopération des pays de cette région eux-mêmes. Les nations à l'extérieur de cette région pourraient éventuellement apporter également leur contribution mais à la seule condition qu'elles conservent une position loyale et objective." (13.08.2008)


De Standaard - Belgique

Le quotidien De Standaard critique les réactions européennes par rapport au conflit dans le Caucase : "La justification de l'intervention russe que nous entendons désormais de la part de bien des Européens, avec à leur tête le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, doit tout simplement être condamnée. L'Europe subit le chantage de Moscou qui ne se prive pas de brandir la menace de [l'approvisionnement] en énergie. Si l'Europe a une quelconque influence, elle doit aussi défendre ces valeurs. Elle a l'obligation morale d'accompagner les pays limitrophes sur le difficile chemin du développement, de la liberté et de la démocratie. … Quiconque accepte l'attitude de Poutine doit reconnaître que l'enjeu se situe bien au-delà du statut d'un petit nid de contrebandiers. A quel point l'Europe est-elle encore crédible, si elle tolère que des petits pays jouxtant ses frontières soient de nouveau annexés par la force au grand empire russe ?" (13.08.2008)


La Repubblica - Italie

Le président du conseil de l'UE, Nicolas Sarkozy, a proposé l'envoi d'une troupe européenne de maintien de la paix au Caucase. Le quotidien La Repubblica s'inquiète d'une possible mission européenne de l'UE : "En raison de l'irritation russe provoquée par la demande de Tbilissi d'adhérer à l'OTAN, il faut exclure l'envoi de troupes de maintien de la paix tel que le président Nicolas Sarkozy envisage de le faire sous la bannière de l'Alliance nord-atlantique. ... Les pays occidentaux qui entretiennent avec la Russie les meilleures relations, l'Allemagne, la France et l'Italie", enverront probablement "des troupes. … On peut comprendre que la Russie ne veuille ni d'une participation des Etats-Unis, ni de celle des pays de l'ancien Pacte de Varsovie ou des anciennes républiques soviétiques. L'Estonie - l'un des premiers pays à avoir proposé son aide - verra ainsi son espoir déçu. … Comme au Liban, la mission se fera en accord avec les Etats adversaires. Elle n'obtiendra pas la paix en faisant usage de la force, mais elle la contrôlera et la garantira." (13.08.2008)


Les Echos - France

Les Echos analyse le rôle décisif que pourrait jouer l'Union européenne dans le conflit du Caucase - malgré les positions divergentes de ses Etats membres : "La navette du président Sarkozy entre Moscou et Tbilissi est un exercice à haut risque. La faiblesse du président Bush, en triste fin de mandat, place l'Union européenne en première ligne pour permettre à la diplomatie de l'emporter sur les armes en Géorgie. … Les Vingt-Sept disposent de réels atouts pour se faire entendre des maîtres du Kremlin. Sur le front économique tout au moins. … Et ce n'est pas demain que Moscou pourra se passer des investisseurs internationaux, parmi lesquels les Européens tiennent le haut du pavé. … Enfin, la Russie entend bien mettre un terme à des années de tergiversations et entrer à l'Organisation mondiale du commerce. … Reste à savoir si les Européens sauront utiliser ces atouts, ce qui implique de parler d'une seule voix. Et là rien n'est moins sûr." (13.08.2008)


Gazeta Wyborcza - Pologne

Le quotidien libéral de gauche Gazeta Wyborcza critique le fait que le président du Conseil de l'UE, Nicolas Sarkozy, se soit montré trop indulgent à l'égard de son homologue russe Dmitri Medvedev à Moscou. Sarkozy n'a pas parlé au nom des Polonais : "La vieille Europe n'écoute pas les Polonais, les Lituaniens et les Ukrainiens. La vieille Europe ne veut pas perdre les faveurs de la Russie et considère que l'inviolabilité des frontières géorgiennes n'est pas suffisamment importante pour prendre le risque d'envenimer les relations avec la Russie. … Nous pouvons déclarer sans fin qu'il ne s'agit pas de russophobie mais d'une expérience de longue date. Et si après la Géorgie, la Moldavie et quelques autres petits Etats sont concernés et que l'Europe est intimidée [par la Russie], nous pourrons dire avec satisfaction que nous l'avions mise en garde. Nous pourrons alors considérer que nous avons adopté la bonne attitude. Seulement, la sécurité de la Pologne est garantie par des alliances réelles établies sur des intérêts communs et non pas par des arguments moraux." (13.08.2008)


» Ensemble de la revue de presse de mercredi, 13. août 2008

 

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