À la une de lundi, 27. mars 2006
Le revers électoral de la "révolution orange"
Le président ukrainien Viktor Iouchtchenko a été très largement battu lors des élections législatives du dimanche 26 mars. Selon des résultats partiels, son parti n'arriverait qu'en troisième position derrière la formation d'Ioula Timochenko, son ancienne alliée, et celle de Viktor Ianoukovitch, le candidat prorusse qui avait tenté de lui ravir le pouvoir voilà quinze mois.
24 heures - Suisse
"Un an après la révolution programmée, financée et encouragée par l'UE et l'Alliance atlantique, les Ukrainiens retournent leurs tee-shirts à l'expéditeur. Mieux, ou pire, ça dépend du point de vue, ils réitèrent leur confiance au parti prorusse, celui-là même qu'on disait rétrograde et furieusement antidémocratique", écrit Nicolas Verdan. "Maso, ce peuple d'affranchis de la dictature post-soviétique? Non, juste réaliste, mûr pour cette démocratie qu'on leur a présentée sur un plateau d'argent en novembre 2004. N'en déplaise aux parrains de Bruxelles et de Washington, les Ukrainiens ont eu trop vite l'occasion de vérifier l'amertume de la potion orange. (...) Il faut dire que les parrains du progrès à l'Est se contrefichent désormais du sort des Ukrainiens. (...) L'UE et l'Alliance atlantique ont eu largement assez d'une année pour assurer leurs entrées en Ukraine". (27.03.2006)
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Le Figaro - France
"Les législatives d'hier en Ukraine montrent que la 'Révolution orange' n'a pas été menée en vain", relève le quotidien dans son éditorial. "La campagne s'est déroulée sans le moindre accroc, la Russie ne s'en est pas mêlée, du moins pas aussi ouvertement qu'en 2004. (...) Le parti prorusse [de Viktor Ianoukovitch] a lui-même évolué, abandonnant sa brutalité passée et son discours intransigeant pour recruter des conseillers américains et prôner une voie moyenne. (...) Il se trouve que l'Ukraine, comme la Biélorussie, ne peut échapper à sa géographie. Ces pays à la frontière de deux mondes doivent pouvoir développer leurs liens avec l'Union européenne sans constituer une menace pour les intérêts russes. Résister aux pressions de Moscou sans se faire trop d'illusions sur les bonnes intentions occidentales. L'exercice est délicat." (27.03.2006)
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Rzeczpospolita - Pologne
"Une semaine seulement sépare l'élection présidentielle de Biélorussie des élections législatives d'Ukraine. Et on a l'impression d'être en présence de deux mondes différents", commente Slawomir Popowski. "En Biélorussie, où le dictateur Loukachenko rêve d'un paradis soviétique anachronique, les élections se sont terminées en prison pour les partisans de l'opposition, qui protestaient contre des fraudes électorales (...). Espérons que l'Ukraine - même si elle doit ajuster sa stratégie - reste fidèle à son précédent choix, celui de l'Europe. Car lui seul garantit au pays une souveraineté complète et une position de force dans le dialogue avec l'ensemble des partenaires. En particulier avec la Russie. Ces élections sont également cruciales car, pour la première fois, elles sont véritablement libres et démocratiques, ce qui signifie que l'Ukraine est beaucoup plus proche de l'Europe aujourd'hui qu'il y a un ou deux ans. Et cela constitue un grand pas en avant pour les Ukrainiens". (27.03.2006)
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Dagbladet Information - Danemark
Les Ukrainiens sont las de la politique, constate Per Dalgard, spécialiste de l'Europe de l'Est : "La population en a tout simplement assez de la révolution, de la politique et des autorités. D'un côté, les controverses et le rejet de la politique ont freiné le développement économique du pays. De l'autre, les gens sont déçus de voir que la lutte contre la corruption est réalisée par intermittence. Les accusations de corruption, qui n'épargnent pas les hauts représentants de l'Etat, fleurissent à nouveau. Les riches oligarques contrôlent la plupart des 40 partis politiques en lice lors de ces élections". (27.03.2006)
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La Repubblica - Italie
L'ex-président de la République tchèque, Vaclav Havel, se penche dans un point de vue diffusé par l'association 'Project Syndicate' sur le résultat des élections législatives perdues par le président Iouchtchenko, héros de la "révolution orange" de fin 2004. "Toutes les révolutions se terminent en passant de l'euphorie à la désillusion. Dans une atmosphère révolutionnaire, faite de solidarité et d'abnégation, on a tendance à penser qu'une fois obtenue la victoire complète, le paradis sur terre sera à portée de main. Mais, étant donné que le paradis ne sera bien sûr jamais atteint, la désillusion est inévitable. Cela ressemble aujourd'hui à la situation en Ukraine où les citoyens ont voté pour renouveler le Parlement, un peu plus d'un an après le succès de la 'révolution orange'. Les raisons de cette désillusion sont d'ordre psychologique". (27.03.2006)
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» Ensemble de la revue de presse de lundi, 27. mars 2006