À la une de mercredi, 12. avril 2006
Les leçons des élections italiennes
La coalition de Romani Prodi s'est imposée sur le fil face à celle de Silvio Berlusconi lors des élections législatives, et ne possède qu'une très faible majorité au Sénat avec 158 sièges contre 156. Plusieurs journaux relèvent des similitudes entre ce scénario électoral et les situations politiques que vivent d'autres pays européens.
Corriere della Sera - Italie
Pour l'analyste politique Ernesto Galli della Loggia, l'Italie doit retrouver son unité. "La requête de la Maison des Libertés [coalition de droite] de procéder à la vérification de quarante mille bulletins de vote et la proposition faite à l'Olivier [coalition de gauche] de créer un gouvernement de coalition confirment le degré de fièvre politique du pays. Et cette fièvre révèle une maladie qui a un double nom : division et manque de légitimité (...). Le sens des responsabilités devient une obligation absolue pour tous. Pour le centre-droit, qui doit réussir à contenir sa contestation dans les strictes limites de la Constitution, mais surtout pour le centre-gauche. Romano Prodi n'a cessé de répéter pendant la campagne qu'il voulait réunir l'Italie, l'heure est arrivée. S'il s'y attelle, même les Italiens qui lui ont refusé leur voix ne pourront pas espérer autre chose que sa réussite". (12.04.2006)
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Le Temps - Suisse
L'éditorialiste Serge Enderlin analyse la faible marge qui sépare les coalitions de Romano Prodi et Silvio Berlusconi. "25.000 voix d'écart, match nul, en vérité, au tableau d'affichage de la préférence démocratique. Réédition, surtout, d'une tendance lourde. Les équipes, dans l'Occident des élections libres, ne parviennent plus à se départager. (...) On ne remporte plus une élection grâce à un projet mobilisateur, mais à cause de la lassitude provoquée par l'équipe sortante. C'est la démocratie-zapping, le choix sans choix, le refus du changement en reconnaissant sa nécessité. Tétanisés par l'enjeu des réformes du pacte social, perçues comme indispensables mais repoussées dès lors qu'elles sont articulées par les dirigeants élus, les peuples ne savent plus utiliser leur bulletin de vote pour imaginer l'avenir". (12.04.2006)
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Berlingske Tidende - Danemark
Il aurait fallu une victoire plus franche de l'alliance de centre-gauche de Romano Prodi pour qu'elle puisse mener à bien les grandes réformes dont le pays a un besoin urgent, estime le journal : "A la Commission européenne, Romano Prodi n'était pas un président fort. Et ses chances de devenir un dirigeant fort de l'Italie sont faibles (...). Les communistes, qui avaient provoqué la dernière fois la chute de Prodi [en 1997, le gouvernement dirigé par Prodi avait démissionné après le refus des communistes de voter le budget], vont faire monter les enchères. Le climat politique de l'Italie est vicié et les problèmes du pays sont plus graves que lors du dernier mandat gouvernemental de Prodi. Ainsi l'Italie, l'un des maillons faibles de la chaîne européenne, hérite d'un dirigeant faible. C'est une mauvaise nouvelle pour le pays, comme c'en est une pour l'Europe, qui dépend de l'essor économique de ses principaux pays membres". (12.04.2006)
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Le Soir - Belgique
Dans une interview menée par Dominique Berns, le politologue français Guy Hermet souligne que la défaite de Silvio Berlusconi ne signifie pas pour autant l'échec du populisme. "Avec la déréliction de l'ancien système de partis [qui opposait la Démocratie chrétienne au Parti communiste], le populisme s'est presque transformé en régime politique. (...) Si, cette fois, Berlusconi et ses alliés ont perdu, il faut se souvenir qu'ils ont gagné à deux reprises. Ils reviendront. L'Italie, d'une certaine manière, donne le ton parce que Berlusconi a donné un ton complètement nouveau au populisme. (...) Berlusconi a rendu la politique amusante. N'est-ce pas ce que semblaient désirer les populations ? Que cela soit moins 'barbant' ? Mais ce qui est aussi plus important, c'est que ce populisme, en Italie et dans le reste de l'Europe, oblige les professionnels de la politique à se mettre au diapason". (12.04.2006)
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Diena - Lettonie
"L'Italie n'est pas le seul pays européen dont la politique est paralysée. La France est dans le même cas, et les parallèles sont nombreux entre les deux pays", constate Peteris Strautins. "En France, ce sont les manifestants qui ont empêché l'application des réformes. En Italie, c'est la faiblesse des institutions démocratiques. Les problèmes français sont cependant moins 'brûlants' et dangereux pour l'économie européenne que la crise italienne. La cause profonde du conflit français est l'incapacité des personnes peu qualifiées à accéder au marché du travail, alors que l'Italie subit une baisse générale de sa compétitivité. De plus, alors que le problème de la France reste interne, la crise italienne a de plus en plus de répercussions à l'étranger". (12.04.2006)
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The Guardian - Royaume-Uni
L'élection italienne très serrée est symptomatique du climat actuel d'impasse politique, écrit le chroniqueur Jonathan Freedland. "En Allemagne, en France et en Italie, la classe politique s'est laissée convaincre (par le monde des affaires) qu'il était urgent de trouver un remède pour soigner une économie malade. (...) Le problème est que les citoyens de ce trio européen refusent le traitement. Ils refusent soit par les urnes, comme en Allemagne où l'avance initiale d'Angela Merkel s'est soldée par une victoire étriquée sur Gerhard Schröder, soit en descendant dans la rue, comme ils viennent de le faire en France en obligeant Dominique de Villepin à abandonner son plan permettant de licencier plus facilement les employés âgés de moins de 26 ans, de manière à rendre cette main-d'oeuvre plus attractive (...). Mais ces électeurs ne soutiennent pas non plus une alternative claire de la gauche, en partie à cause de l'incapacité des progressistes du monde entier à en proposer une". (12.04.2006)
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» Ensemble de la revue de presse de mercredi, 12. avril 2006