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08.01.2009

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À la une de mercredi, 19. novembre 2008


Garzón renonce

Le juge d'instruction Baltasar Garzón a renoncé à poursuivre son instruction. Il suspend ses enquêtes sur les crimes commis pendant la guerre civile et la dictature franquiste et transmet ce dossier aux tribunaux des provinces. Ce faisant, Garzón devance une décision de l'Audience nationale, la principale instance pénale espagnole, qui devait statuer sur sa compétence. La presse européenne s'interroge sur ce revirement.


La Vanguardia - Espagne

En décidant que l'instruction des crimes franquistes n'est pas de son ressort mais de celui des tribunaux des provinces, Garzón abandonne l'ouverture des fosses communes aux régions autonomes. La responsabilité est ainsi de nouveau et à juste titre assumée par la politique, écrit le quotidien La Vanguardia. "Dans sa décision, Garzón déclare également caduque la responsabilité pénale de Franco et de 44 autres dirigeants de haut rang de son régime morts, ce qui est évident pour tout un chacun et montre clairement combien les tergiversations du juge actif étaient insensées. Une décision qui soustrait bien heureusement la nécessité de faire ce travail de mémoire sur le passé de façon collective et consensuelle du ressort de la justice et la replace sur le plan politique. Ce travail doit viser à accorder aux victimes et à leurs proches la reconnaissance qui leur a si longtemps été refusée. A toutes les victimes, sans distinction." (19.11.2008)


die tageszeitung - Allemagne

Le quotidien de gauche die tageszeitung s'étonne de l'attitude du parquet espagnol qui n'a pas soutenu l'instruction de Garzón "quand on sait que le nombre des victimes atteint des dizaines de milliers. Il s'est bien agi d'une vague d'épuration systématique contre ceux qui sont restés loyaux à la démocratie confisquée par Franco. Même les organisations internationales des droits de l'homme accusent l'Espagne de ne pas vouloir effectuer son travail de mémoire. Le fait que ce soit justement un gouvernement s'étant fixé pour objectif de faire vivre la mémoire historique qui se rende responsable de cette omission, n'étonne pas seulement les survivants. C'est un scandale. Mais il semble que [le Premier ministre espagnol] Zapatero est surtout attaché à adopter des lois dont l'efficacité n'est que médiatique. Si cela est avéré, il fera la même chose que tous ses prédécesseurs. Balayer la poussière de l'histoire sous le tapis." (19.11.2008)


Corriere della Sera - Italie

Le quotidien Corriere della Sera soupçonne une manœuvre stratégique derrière ce retrait. "Certains interprètent la décision de Garzón comme un abandon, d'autres comme une contrecoup intelligent. … Le juge se retire avant que la Sala Penal, la Cour pénale de la Audiencia Nacional ne le désaissise de la procédure à la demande du parquet. Garzón devance ainsi ses adversaires et passe le relais aux 20 tribunaux locaux, déjouant les plans visant à clore définitivement l'enquête. Le juge transmet tout simplement le dossier aux services d'enquête des 20 provinces dans lesquelles les fosses communes ont été trouvées, ainsi qu'à la Cour pénale et au ministère de la Justice, auxquels il envoie les dossiers, en leur indiquant qu'il a déjà établi une commission spéciale d'experts chargée d'étudier la procédure technique relative à l'ouverture des fosses communes." (19.11.2008)


» Ensemble de la revue de presse de mercredi, 19. novembre 2008

 

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