À la une de jeudi, 20. avril 2006
Quel statut pour les réfugiés ?
Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a souligné mercredi 19 avril dans son rapport annuel que le nombre de réfugiés a atteint en 2004 son plus bas niveau depuis 25 ans (9,2 millions). Mais l'organisme dénonce l'égoïsme des pays riches qui adoptent des législations de plus en plus restrictives, remettant ainsi en question le statut de réfugié.
The Guardian - Royaume-Uni
"Sous la pression du peuple et des tabloïds, les gouvernements peuvent être tentés de se borner à mettre en avant la répression et la sécurité, pour justifier de laisser les étrangers à la porte", note le quotidien progressiste, qui réagit au rapport du HCR. "L'Europe, que beaucoup considèrent comme un pôle d'attraction prospère, démocratique et multiculturel, devrait cesser de diaboliser les immigrants et les réfugiés et de les considérer comme un problème. Elle devrait plutôt y voir une solution à sa natalité en chute libre, à la crise des retraites et au vieillissement de la population. L'UE ne devrait pas tenter de réformer la Convention de 1951 [relative au statut des réfugiés], comme le suggérait Tony Blair. Elle ne devrait pas non plus imiter les réformes populistes comme celles de l'Australie, qui sous-traite les demandes d'asile et dénature le principe même de protection. L'agence des Nations unies pour les réfugiés a fait ce que l'ONU sait le mieux faire : réfléchir au niveau mondial, sur ce dossier, pour trouver une solution plus juste pour des gens ordinaires obligés de mener des vies extraordinaires". (20.04.2006)
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Le Temps - Suisse
"Que faire lorsque le droit international est de moins en moins en phase avec la réalité ?" se demande Richard Werly à la lecture du rapport. "Le contenu peut se résumer en deux chiffres: 9,2 millions de personnes dans le monde sont aujourd'hui considérés comme réfugiés, c'est-à-dire protégés par la convention de 1951. Alors que pour les 25 millions de déplacés internes, le vide juridique est patent. (...) L'argument central du rapport du HCR est qu'une révision des modes de protection s'impose. Et que les pays riches doivent cesser leur paranoïa : regrettant 'l'intolérance grandissante' des pays d'accueil vis-à-vis de ces demandeurs d'asile 'décrits comme des migrants illégaux, des terroristes potentiels ou, au mieux, comme des fraudeurs', le rapport critique avec sévérité 'ce phénomène alimenté par des politiques faisant appel aux sentiments xénophobes' des électeurs". (20.04.2006)
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Berliner Zeitung - Allemagne
Frank Herold s'est intéressé aux "faiblesses des statistiques". Les chiffres du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), selon lesquels le nombre de réfugiés n'a jamais été aussi bas depuis 25 ans, "cachent malheureusement quelque chose : le HCR ne recense que les apatrides 'officiels'. Ainsi, les Africains qui traversent la Méditerranée sur des coques de noix pour gagner la riche Europe n'entrent pas, la plupart du temps, dans la définition du réfugié de l'ONU. De même, si un régime tyrannique persécute ses compatriotes, mais ne les chasse pas au-delà de ses frontières, le Haut commissariat des Nations unies n'aura aucun moyen d'action. Pourtant, le nombre de personnes concernées par ces deux cas de figure croît constamment. En réalité, la définition actuelle du réfugié s'applique exclusivement aux conséquences d'une guerre entre deux Etats. A l'image d'une grande partie du droit international public, elle est devenue obsolète". (19.04.2006)
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