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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 20.12.2005

 

À LA UNE

La présence militaire occidentale en Irak

Après l'élection d'un parlement irakien le 15 décembre, Américains et Européens s'interrogent sur le maintien de leurs troupes en Irak.

Extraits des publications suivantes:
The Independent - Royaume-Uni, Berlingske Tidende - Danemark, Atgimimas - Lituanie

The Independent - Royaume-Uni

L'ancien président américain Bill Clinton affirme à la journaliste Diane Salvatore dans une interview que seuls deux facteurs "peuvent empêcher l'Irak de devenir un Vietnam" : s'assurer de la représentation réelle de la minorité sunnite, et entraîner efficacement les troupes irakiennes pour qu'elles se défendent contre l'insurrection. "Cela étant dit, la situation pourrait mal touner. Depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, la seule puissance étrangère majeure à avoir contré une insurrection est la Grande-Bretagne, qui a écrasé la guérilla en Malaisie, mais les Britanniques sont restés 15 ans. Vous pouvez donc dire que pour des raisons historiques, nos chances de succès (en Irak) sont minces. Notre réussite dépendra de la réunion de ces deux facteurs, avant que les Américains ne se lassent de voir mourir leurs jeunes là-bas." (20.12.2005)

Berlingske Tidende - Danemark

Les deux principaux partis danois de l'opposition demandent au nouveau gouvernement de réfléchir à un plan rapide de retrait des troupes danoises stationnées en Irak. Selon le social-démocrate Jeppe Kofod et le libéral Morten Helveg Petersen, les soldats danois ne peuvent rien faire de plus pour la stabilisation du pays, et seules les autorités irakiennes sont en mesure de garantir la sécurité de leurs concitoyens. "Les militaires danois doivent quitter l'Irak, mais cela ne veut pas dire que le Danemark doit revoir à la baisse l'ensemble de ses engagements internationaux. Malheureusement, l'Afrique et l'Afghanistan ont besoin de l'aide danoise (...) Si nous rapatriions nos forces retenues en Irak, nous pourrions les envoyer ailleurs sauver des vies. En outre, un tel engagement correspondrait mieux à la politique étrangère traditionnelle du Danemark". (20.12.2005)

Atgimimas - Lituanie

Aleksandras Matonis commente l'initiative d'Arturas Paulauskas, président du Parlement lituanien, et de son collègue Petras Grazulis visant à mettre un terme à l'engagement national en Irak. "La participation des soldats lituaniens aux opérations en Irak reposait jusqu'à présent sur un seul argument : 'Que faire d'autre ?' (...) Mais l'Espagne, le Portugal, l'Italie, l'Ukraine et même la Pologne, tous des alliés fidèles des Etats-Unis, se sont retirés d'Irak, ou ont tout au moins réduit leurs effectifs sur place en raison du mécontentement populaire, ou à l'issue de réflexions politiques et économiques approfondies". La Lituanie doit, elle aussi, lancer à son tour un débat national et adopter une position commune sur l'avenir de son engagement en Irak, estime le commentateur. (20.12.2005)

RÉFLEXIONS

Libération - France

Au-delà du multiculturel

"Si la notion de multiculturalisme a toujours impliqué une forme d'engagement, elle déchaîne aujourd'hui les passions", constate l'écrivain Salman Rushdie. "La polémique autour du multiculturalisme est devenue pour moi source de débat intérieur, de conflit personnel. (…) Dans nos villes bondées et polyglottes, nous sommes tous des métis culturels. (...) Cependant, le multiculturalisme est trop souvent synonyme de relativisme culturel, une position nettement moins défendable, et qui sert trop souvent à justifier des attitudes réactionnaires et oppressives, à l'égard des femmes notamment. L'idée que se faisait la Grande-Bretagne de cultures coexistant de manière pacifique sous l'égide d'une pax britannica vaguement définie a été sérieusement entamée par les attentats du 7 juillet et par la découverte du ghetto culturel dont ils ont jailli". (20.12.2005)

POLITIQUE

Sme - Slovaquie

Non-lieu pour l'ancien nazi Ladislav Niznansky

C'était l'un des derniers procès d'un criminel de guerre nazi en Allemagne. Ladislav Niznansky, accusé d'une centaine de meurtres, a été acquitté par la cour d'assises de Munich. Les juges ont estimé qu'aucune preuve ne permettait de démontrer la complicité du Slovaque dans l'assassinat de 164 civils. En Slovaquie, ce non-lieu a suscité de virulentes réactions, notamment parmi les derniers survivants des massacres. Dans un commentaire, Vladimir Müller doute de la pertinence du jugement, mais se réjouit que ce procès ait eu lieu à l'initiative de la Slovaquie. "Indépendamment de son issue, ce procès a fait passer un message important : le massacre de civils est un crime de guerre. Pour l'examen de tels crimes, le facteur temps est primordial. C'est également un mémento pour la poursuite de criminels de l'ex-Yougoslavie, du Rwanda, d'Irak ou d'Argentine". (20.12.2005)

Magyar Hírlap - Hongrie

La première organisation européenne des Roms

Avec près de 10 millions d'individus, la communauté rom est l'une des plus importantes minorités d'Europe. L'organisme de représentation des intérêts roms créé l'année dernière, l'ERTF (European Roma and Travellers Forum), vient de tenir sa première conférence, résumée par la sociologue hongroise Angela Kocze : "À l'échelon européen, on observe une étrange schizophrénie dans la politique rom (...) D'après les critères de Copenhague, les pays candidats à l'entrée dans l'Union européenne sont censés respecter les droits des minorités, mais cette même exigence n'a pas été imposée aux anciens pays membres (...) L'Union européenne a crée une 'Journée des Roms', mais le meurtre de masse des Roms européens pendant la Seconde guerre mondiale n'a toujours pas de place appropriée dans l'historiographie européenne (...) Il n'existe même pas au sein des pays membres de l'Union de consensus sur la notion de minorité nationale. Ils ne savent pas, par exemple, si les immigrés partageant une même spécificité culturelle - les Arabes, les Turcs, les Kurdes ou les Roms - en font partie". (20.12.2005)

Rzeczpospolita - Pologne

Bilan du mandat d'Aleksander Kwasniewski

Jeudi 22 décembre marquera la fin des dix années au pouvoir du président polonais Aleksander Kwasniewski. Pour Zdzislaw Krasnodebski, il symbolise la Pologne d'aujourd'hui. "Kwasniewski incarne la Pologne d'après la Table ronde de 1989, les succès, les ambitions et les espoirs du pays, mais aussi ses faiblesses, ses problèmes irrésolus et les pages sombres de son histoire. La troisième république polonaise n'aurait pas pu avoir de meilleur président". Pour Krasnodebski, la conversion de l'ancien apparatchik en véritable homme d'État reflète la transformation de la Pologne et les ambitions occidentales de ses élites. Il souligne néanmoins les multiples scandales qui ont éclaté depuis 1995 et dans lesquels le président était impliqué à des degrés divers. "En raison de son engagement politique et de ses accointances passées, pour le moins douteuses, il n'a pas entamé de véritable réforme du système et de l'État. Il laisse cette besogne à ses successeurs". (20.12.2005)

NRC Handelsblad - Pays-Bas

Des imams proches des jeunes

"'Pour combattre le radicalisme chez les jeunes musulmans, les imams doivent davantage s'impliquer à la mosquée', ont conclu l'Union des mosquées marocaines d'Amsterdam et la Fédération néerlandaise des organisations islamiques". Les deux associations musulmanes viennent de tenir une conférence de presse commune, à Amsterdam. "Pour réaliser cet attachement à la mosquée, les jeunes doivent avoir un lien de confiance avec les dirigeants spirituels", poursuit le quotidien hollandais. Selon l'un des organisateurs, "les imams doivent plus aller vers les jeunes. (...) Il est important que les imams aient une connaissance de la langue et de la société néerlandaises. Peu de jeunes musulmans comprennent la langue arabe." (20.12.2005)

La Repubblica - Italie

Antonio Fazio a finalement démissionné

Suite à la démission du gouverneur de la Banque d'Italie après des mois de scandales financiers, Eugenio Scalfari, le fondateur du quotidien romain, s'inquiète du fonctionnement des institutions italiennes, et de la collusion du monde des affaires avec la politique. "Antonio Fazio a démissionné, mais si je suis tenté de dire 'finalement', ça n'est pas avec allégresse mais avec un sentiment de profonde tristesse. (…) Le gouvernement a donné au cours de ces mois le spectacle de son inquiétante incapacité à prendre des décisions, divisé entre les amis et les ennemis du gouverneur et un président du Conseil constamment en fuite (…). Le gouvernement fait les lois, les institutions veillent à leur respect. Quand elles sont violées, les magistrats interviennent. C'est ainsi que fonctionnent les régimes démocratiques et c'est ce que nous voulons pour notre pays". (20.12.2005)

Der Spiegel - Allemagne

Les activités des services secrets

Depuis que Wolfgang Schäuble, ministre allemand de l'Intérieur, a déclaré que les enquêteurs allemands devaient, eux aussi, pouvoir utiliser les informations soutirées aux terroristes présumés sous la torture, les activités des services secrets font l'objet d'un débat en Allemagne. Doivent-ils par exemple entendre eux-mêmes les prisonniers de Guantanamo ? Le responsable des Droits de l'Homme pour le gouvernement fédéral, Tom Koenigs, s'exprime sur le sujet : "Devant les défis que pose le terrorisme international, je ne pense pas qu'il faille suspendre notre collaboration avec les services secrets étrangers. En même temps, il est du devoir de la politique allemande, y compris par égard pour nos alliés, d'exiger le respect des Droits de l'Homme". (20.12.2005)

CULTURE

Gazeta Wyborcza - Pologne

Poésie en Pologne

"Pour la première fois depuis des années, une vive querelle ébranle le monde de la poésie polonaise contemporaine". C'est en ces termes dramatiques que Piotr Sliwinski débute son analyse d'un débat littéraire que l'on doit à deux nouvelles parutions sur le marché polonais du livre. Le conflit en question met dos à dos les "conceptualistes", qui estiment que la poésie lyrique est prioritaire sur la description de la réalité, et les "réalistes", qui estiment au contraire qu'une telle description est un devoir. "Cette querelle, qui oppose d'un côté ceux qui voient la langue comme un ogre glouton dévorant les hommes et le monde, et ceux qui, de l'autre, se servent de la langue pour donner une voix au monde, n'a peut-être pas lieu d'être," conclut Sliwinski. Car en fin de compte, cela revient au même - que l'on se serve de pirouettes stylistiques pour décrire la réalité ou que l'on écrive en pensant ne rien faire de plus qu'écrire un poème. (20.12.2005)

Die Weltwoche - Suisse

A la recherche de Dieu

"Pour résumer, Dieu réside dans notre lobe temporal". C'est par ces mots que Felix Hasler débute son reportage sur les tentatives de spécialistes du cerveau d'expliquer par la neurologie les visions religieuses et les expériences mystiques. "Depuis longtemps déjà, le neurologue canadien Michael Persinger étudie les effets de champs magnétiques faibles, mais complexes, sur le cerveau, et donc sur le monde intérieur de l'homme. Pour analyser le siège de la pensée avec précision, des bobines d'induction sont placées directement sur les tempes des cobayes (...) Lorsque ces derniers sont exposés assez longtemps aux pulsations électromagnétiques dans une pièce isolée phoniquement, les yeux fermés, il se passe une chose étonnante chez plus de 80% des sujets : ils sentent une présence, de façon très intense, comme si quelque chose ou quelqu'un de puissant se trouvait avec eux dans la pièce". (20.12.2005)

La Libre Belgique - Belgique

Versailles reprend des couleurs

"Une splendeur. Il n'y a pas d'autre mot pour qualifier cette galerie des Glaces, joyau du château de Versailles", avance Bernard Delattre, correspondant du quotidien à Paris. "Dix-huit mois après son lancement, en effet, le chantier de restauration de la célébrissime galerie est arrivé à mi-parcours. (…) Toutes les facettes de la galerie, édifiée entre 1678 et 1684, ont été passées au peigne fin et esthète des restaurateurs. Le décor architectural somptueux de Jules Hardouin-Mansart a été complètement restauré. (…) Une soixantaine de restaurateurs ont été mobilisés rien que pour l'immense décor peint de Charles Le Brun : 'une oeuvre d'art total', l'ensemble pictural le plus grand de France - miracle d'allégories, de perspectives, de dorures, de stucs et de trompe-l'oeil qui, sur 1000m2, glorifie les hauts faits des dix-sept premières années de règne de Louis XIV". (20.12.2005)

Corriere della Sera - Italie

Des tableaux de nus interdits présentés pour la première fois à Florence

La Galerie des Offices de Florence accueille une exposition de 36 cadres précieux dédiés au nu masculin et féminin, gratuitement présentés au public pour la première fois, et ce jusqu'à la fin janvier. Selon la journaliste Wanda Lattes, "l'occasion est unique (…) L'exposition 'Dans les jardins de l'Eden et dans les forêts de l'Olympe' présente des oeuvres inconnues du grand public, conservées avec 2500 autres pièces, au dépôt du musée". Ces oeuvres avaient été remisées "parce qu'un grand duc bigot et stupide du 17ème siècle avait mené une fronde et interdit ces peintures de nus". La journaliste s'amuse de cette pudibonderie, alors que Florence, "a pour symbole le nu le plus célèbre du monde, le David de Michel Ange". (20.12.2005)

COULEURS LOCALES

The Times - Royaume-Uni

Le portrait d'Elizabeth Windsor

Le quotidien prend la défense du présentateur de télévision et peintre australien Rolf Harris, dont le portrait officiel de la reine Elizabeth II, révélé lundi, est l'objet de critiques. "L'establishment artistique devrait sans aucun doute pousser un grognement collectif, à l'idée que cet énergique Australien, qui a initié à l'art toute une génération d'enfants britanniques à l'aide de dessins animés, s'accorde des libertés sur un sujet aussi important que les 80 ans de la reine. (...) Mais ergoter sur le talent, la représentation des doigts de Sa Majesté ou le style impressioniste défendu par Harris est hors de propos. La toile est une réussite par son honnêteté. Harris estime que son portrait 'ressemble à votre tante préférée': rien de surprenant, car il a davantage recherché l'humanité et la personnalité que l'air altier ou la pompe protocolaire." (20.12.2005)

To Vima - Grèce

Que reste-t-il de Noël ?

"Les Grecs n'ont pas respecté les recommandations de l'archevèque d'Athènes, concernant l'envoi des cartes de voeux pour Noël, à commencer par les hommes politiques", dénonce le quotidien. "Le message de Mgr Christodoulos était pourtant clair : les cartes de voeux 2005, en version papier ou électronique, doivent impérativement représenter une crèche. Sont interdits, en conséquence, les visages d'enfants, les élans ou les images du père Noël, non reconnues par l'orthodoxie. (...) Mais personne n'a respecté ces instructions", ironise le journal. "L'archevêque d'Athènes a dénoncé une atteinte au christianisme, et a de nouveau rappelé à l'ordre les Grecs, qui ont oublié le sens de Noël". (20.12.2005)

 

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