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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 16.01.2006

 

À LA UNE

Recherche et innovation

Le 'Tableau de bord' européen de l'innovation mesure, entre autres, les dépenses publiques dans le domaine de la recherche-développement (R&D). La publication des classements annuels européens soulève des polémiques dans certains pays. Quelles priorités faut-il fixer ? Qui doit financer la recherche ?

Extraits des publications suivantes:
L'Express - France, Lëtzbuerger Journal - Luxembourg, La Voz de Galicia - Espagne, Süddeutsche Zeitung - Allemagne

L'Express - France

L'hebdomadaire commente l'étude européenne indiquant que la France est "un élève moyen" en matière d'innovation. "La France est globalement moins innovante que la moyenne de l'Europe des 15. Et fait à peine mieux que la moyenne des 25. Elle reste ainsi très loin des premiers de la classe : Suède, Finlande, Allemagne et Danemark" écrit Ingrid Vergara, qui analyse les raisons du retard français. "L'insuffisance des efforts des petites et moyennes entreprises françaises en matière d'innovation. Leurs investissements en R&D est en dessous de la moyenne européenne. Peu d'entre elles mettent en place des nouvelles méthodes d'organisation et globalement, elles se modernisent difficilement. Autre point faible : l'insuffisante coopération des systèmes de recherches public et privé". (16.01.2006)

Lëtzbuerger Journal - Luxembourg

"Le Luxembourg fait de la recherche, mais n'est pas assez volontaire", critique Claude Karger. "Comme le confirmait récemment le Tableau de bord européen de l'innovation, le Grand-Duché se situe seulement dans le gros du peloton dans ce domaine pourtant vital pour le maintien de la compétitivité de l'économie locale (...). Naturellement, il ne suffit pas d'injecter des subventions dans un certain nombre de projets pour pouvoir vendre ensuite l'investissement comme un progrès substantiel dans les discours du dimanche. Le pays et l'économie veulent des résultats". Pour y parvenir, Karger plaide en faveur d'une "simplification des processus décisionnels et d'un 'Public Private Partnership'. Le renforcement de la coopération entre les structures publiques et les entreprises est capital pour encourager la mobilité des chercheurs et des étudiants et, naturellement, favoriser une meilleure compréhension des jeunes diplômés pour les exigences commerciales de la recherche". (16.01.2006)

La Voz de Galicia - Espagne

Commentant la 16e position de l'Espagne dans l'UE en matière d'innovation, Juan Oliver, correspondant du quotidien à Bruxelles, explique que la Commission européenne "a prévenu l'Espagne que son économie a perdu du terrain en matière de recherche, de développement et d'innovation au cours de l'année dernière, et que cette situation menace gravement son rythme de croissance et la création d'emplois.(...) Selon l'analyse des responsables européens en matière d'innovation, l'Espagne est en train d'épuiser toutes les ressources qui découlent de la bonne santé de son économie et ne mise pas sur le développement technologique, une situation qui, à long terme, pourrait entraîner de graves problèmes". (16.01.2006)

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

La ministre de l'éducation, Annette Schavan, énonce dans une interview réalisée par Marco Finetti et Tanjev Schultz les priorités de la politique allemande en matière de recherche. Un des objectifs est "la prise en charge totale du financement par l'Etat, réclamée depuis longtemps par les universités. Soyons clairs : la recherche universitaire vaut la peine : c'est là que l'on trouve les meilleurs chercheurs - avec les étudiants. Par ailleurs, nous voulons renforcer la coopération entre la science et l'économie". La nanotechnologie, notamment, serait une priorités. "Avec elle, nous souhaitons obtenir le même succès que celui que nous avons connu avec la technologie laser. Il y a 20 ans, l'Allemagne était à la traîne en matière d'applications laser. Aujourd'hui, nous sommes les leaders du marché. Les centres dédiés à la recherche médicale de pointe seront notre deuxième priorité. L'industrie médicale doit pouvoir tirer un meilleur parti de la recherche fondamentale. Enfin, nous devons également concentrer nos efforts sur la recherche climatique et énergétique". (16.01.2006)

RÉFLEXIONS

Le Soir - Belgique

La crise de l'Union européenne

Le journaliste Maroun Labaki s'interroge sur la crise identitaire de l'Europe à la lumière des propositions émises samedi lors d'une réunion à Bruxelles de la gauche européenne. "Objectif: 'Faire de l'Europe économique un succès, bâtir l'Europe-providence, qui émancipe et qui protège, et faire émerger l'Europe démocratique'. Leurs propositions, quelquefois très précises, sont intéressantes, mais semblent dater d'avant les 'non' [aux référendums français et néerlandais à la Constitution européenne] et concerner un futur assez lointain. L'urgence est ailleurs". Et Maroun Labaki liste les questions encore en suspens. "Qui veut quoi? Y a-t-il des valeurs que nous voulons défendre ensemble? (...) Qui n'entend pas sacrifier davantage de souveraineté nationale sur l'autel de l'avenir? Jusqu'où aller vers l'est et vers le sud? Ce débat devra sans doute avoir lieu. Tôt ou tard". (16.01.2006)

Libération - France

La justice européenne

"Il n'existe pas de justice européenne, c'est-à-dire un ensemble organisé d'institutions, de procédures qui assurent aux citoyens de l'Union, dans toute l'Union, une garantie identique de leurs personnes, de leurs biens et de leurs droits", regrette l'ancien ministre français de la Justice Robert Badinter. "Comment susciter, entre les Etats membres, une confiance suffisante dans un système judiciaire européen, réunissant les diverses justices des Etats membres dans un espace commun de justice?". Le juriste appelle à une coopération judiciaire renforcée. "La reconnaissance mutuelle des décisions, l'harmonisation, voire l'unification des règles de procédure et des législations dans de nombreux domaines, ne devraient rencontrer d'obstacles particuliers. Ainsi naîtrait, au coeur de l'UE, un véritable espace judiciaire commun et, mieux encore, un modèle de justice européenne". (16.01.2006)

The Independent - Royaume-Uni

L'identité britannique

La chroniqueuse Yasmin Alibhai-Brown réagit à l'appel de Gordon Brown, ministre britannique des Finances, qui souhaite encourager le patriotisme par une journée annuelle dédiée à la célébration de l'identité britannique, sur le modèle de l'Independance Day aux Etats-Unis le 4 juillet. "En Europe, ils admirent les dirigeants britanniques qui ont battu le nazisme et le communisme, mais les Européens d'aujourd'hui nous voient également comme d'horribles alcooliques, perfides et arrogants. Au Moyen-Orient, nous sommes désormais perçus comme les esclaves des Américains, malhonnêtes, parce que nous violons les Conventions internationales. (...) Aucune nation ne devrait se définir sans prêter attention à la façon dont les autres la voient. Et nous ne devons pas reproduire les mêmes erreurs dans la quête d'une identité pour le 21ème siècle. Notre identité inclut, de facto, des gens des quatre coins du monde, des victimes de tous les grands désastres, guerres ou révolutions". (16.01.2006)

POLITIQUE

De Morgen - Belgique

Les prisons secrètes de la CIA

"Dick Marty, le sénateur suisse qui enquête sur les prisons secrètes de la CIA, déclare qu'il n'y a plus de doute sur l'existence de ces centres de détention. Mais il bute sur la passivité des gouvernements européens", relève le quotidien progressiste. "Dans cette affaire, il y a, selon lui, ceux qui font le sale boulot et ceux qui ferment les yeux sur le sale boulot (...) Il est impossible de transporter des suspects terroristes d'un endroit vers autre sans que d'autres bureaux de renseignements ne soient au courant. La passivité avec laquelle nous avons autorisé ces affaires en Europe est bouleversante. (...) Les gouvernements de l'Europe entière sont restés consciemment muets. C'est maintenant aux Européens de décider s'ils continuent à tolérer les activités illégales de la CIA sur leur territoire". (16.01.2006)

Kristeligt Dagblad - Danemark

Procès contre David Irving

Le mois prochain s'ouvrira en Autriche le procès du révisionniste britannique David Irving, qui encourt une peine de dix ans de prison pour avoir nié l'existence de l'holocauste. Le responsable des pages culturelles du journal, Michael Bach Henriksen, estime qu'il serait juste de l'acquitter au nom de la liberté d'expression. "Les similitudes avec un autre procès qui se déroule actuellement, celui d'Orhan Pamuk en Turquie, sont évidentes. Comme Irving, Pamuk encourt la prison pour des propos jugés interdits par l'Etat - dans son cas, concernant les Arméniens. Officiellement, les Turcs ne se sont rendus coupables d'aucun génocide pendant la première guerre mondiale - dans lequel jusqu'à un million d'Arméniens auraient perdu la vie. Pamuk a mis en doute cette version officielle de l'histoire, estimant qu'il s'agit d'un génocide. Comme Pamuk, Irving a le droit de braver l'historiographie officielle. Peu importe que ses allégations soient erronées et infondées, il a le droit de les exprimer. En jetant les révisionnistes en prison, on fait d'eux des martyrs aux yeux des groupes extrémistes." (16.01.2006)

Gazeta Wyborcza - Pologne

Crise gouvernementale

Alors que l'organisation de nouvelles élections semble plus probable que jamais en Pologne, après l'échec du vote du budget au Sejm, la chambre basse du Parlement, Marek Beylin met en garde contre l'entrée du chef de file radical du mouvement paysan, Andrzej Lepper, et de son parti, Samoobrona (Auto-défense), dans une coalition gouvernementale. "Nous devrions prendre exemple sur la France, où le président Chirac marginalise depuis des années le parti d'extrême-droite de Jean-Marie Le Pen en lui refusant toute coopération. Seuls des aveugles qui se seraient perdus sur le chemin du pouvoir sont capables de proposer de partager le pouvoir avec un ennemi déclaré de la démocratie. Si Samoobrona entre dans la coalition gouvernementale, cela ne fera qu'aggraver le chaos et constituera une menace permanente pour les droits démocratiques". (16.01.2006)

Sme - Slovaquie

Entre l'Union européenne et la Russie

La Slovaquie est en train de passer à côté des événements qui se déroulent à l'est de ses frontières, selon Milan Nic, qui rappelle que la plupart des responsables politiques et des médias slovaques ont, "en suivant la tradition", pris parti pour la Russie dans le conflit gazier qui a opposé Kiev à Moscou. "Nous ne sommes pas encore pas habitués à vivre contre une frontière européenne, ni à nous sentir concernés par ce qui se passe de l'autre côté. L'espace situé entre l'Europe élargie et la Russie est occupé par l'Ukraine, la Biélorussie et la Moldavie, une zone tampon importante pour notre sécurité". (16.01.2006)

MÉDIAS

Élet és Irodalom - Hongrie

La liberté de la presse en Europe de l'Est

Miklos Haraszti, représentant de l'OSCE pour la liberté des médias, analyse dans une interview réalisée par Rádai Eszter la situation de la presse indépendante dans les anciens pays du bloc soviétique : "Dans ces nouvelles démocraties, la pluralité d'opinions n'est possible que dans la presse écrite et sur Internet... Et encore, la presse écrite est soumise à la pression des autorités. Les codes pénaux de ces pays offrent de prétendus outils 'juridiques' aux autorités pour sanctionner les prises de positions et les enquêtes des journalistes, qui se voient accusés de calomnies, d'infraction à l'honneur du pays ou de trahison. Les organisations non gouvernementales de l'opposition ont le droit de critiquer cette pratique, et nous pouvons les soutenir". (13.01.2006)

CULTURE

Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

La suppression du gala d'ouverture de la Coupe du monde

Une cérémonie similaire à celle des Jeux Olympiques devait ouvrir la Coupe du monde de football 2006 dans le stade olympique de Berlin. Vendredi, la Fédération internationale de football, la Fifa, annoncait sa suppression, estimant que la pelouse en souffrirait trop. L'artiste autrichien André Heller, qui avait été chargé de la cérémonie, affiche sa surprise dans une interview réalisée par Wolfgang Sandner. "Bien sûr, tout le monde savait, et ce depuis la première seconde, que l'on avait besoin d'une pelouse en parfait état pour la Coupe du monde. Au départ, la Fifa pensait comme moi que c'était envisageable. Mais jeudi, elle m'informe que son coeur de métier n'est pas l'art, mais le football. Et que s'il y a un risque, aussi minime soit-il, que la mythique équipe du Brésil ne puisse pas entrer sur un terrain de classe mondiale, elle ne peut pas donner la priorité au spectacle". (16.01.2006)

Corriere della Sera - Italie

Publication en France d'un livre sur l'affaire Battisti

Le journaliste Massimo Nova revient sur l'affaire Battisti à propos d'un livre publié en France par Guillaume Perrault, "Génération Battisti". Cesare Battisti, auteur présumé d'un attentat en Italie pendant les "années de plomb", avait trouvé refuge à Paris où il a longtemps été protégé par une loi et soutenu par les intellectuels de gauche, devenant un auteur de romans policiers. Menacé d'extradition en 2004, il est depuis en fuite. "La polémique réouverte par Perrault ne porte pas sur les manipulations orchestrées par certains intellectuels, mais sur la bonne foi de beaucoup d'entre eux et leur adhésion à une affaire judiciaire devenue un cas de conscience (…). A la lecture des déclarations de solidarité, 'Battisti-Dreyfus' semble être la victime de trois virages autoritaires : l'Italie 'chilienne' des années 70, l'Italie de Berlusconi et la France de Chirac et Sarkozy, qui renie celle de Sartre et Mitterrand". (16.01.2006)

Le Temps - Suisse

Le financement du cinéma

Ivo Kummer, directeur des Journées de Soleure (le festival du cinéma suisse dont la 41e édition débute aujourd'hui), critique la volonté des autorités suisses de concentrer leurs aides financières sur les projets dits populaires et de qualité. "Je trouve qu'il est très difficile de marier ces deux mots. La richesse du cinéma suisse, c'est plutôt la diversité des genres, des thèmes. Comme un petit biotope: une plante minuscule peut y pousser et s'avérer remarquable. J'ai peur, si on décide de ne produire que cinq fictions populaires et de qualité par an, que cette petite plante n'aura plus d'espace pour apparaître. Il faut des locomotives, à condition que les autres wagons puissent rester accrochés derrière". (16.01.2006)

COULEURS LOCALES

Svenska Dagbladet - Suède

Le bouchon, symbole du progrès

Le débat sur le péage urbain de Stockholm se poursuit. Thomas Idergard qualifie la "taxe sur les embouteillages" d'absurde : "Les bouchons apparaissent lorsque beaucoup de gens veulent des choses, ont des projets, se rencontrent, exercent une activité. Les bouchons dans les grandes villes sont le signe du mouvement, et le mouvement est le signe de l'évolution et du progrès : les gens travaillent, des rêves sont réalisés. Pourquoi devrions-nous, nous qui avons décidé de vivre dans et avec les bouchons, être punis pour cela ?" (16.01.2006)

 

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