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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 17.01.2006

 

À LA UNE

La chancelière Merkel en visite en Russie

Quelques jours après sa visite aux Etats-Unis, la chancelière allemande Angela Merkel a rencontré le président russe Vladimir Poutine. La presse européenne, de l'Ouest comme de l'Est, salue son approche critique de la politique de Poutine qui est en rupture avec celle de son prédécesseur Gerhard Schröder.

Extraits des publications suivantes:
Sme - Slovaquie, Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne, Gazeta Wyborcza - Pologne, The Guardian - Royaume-Uni

Sme - Slovaquie

L'éditorialiste Miriam Zsilleo salue la chancelière allemande pour ses capacités en politique étrangère. "A Washington, elle a délibérément renouvelé la confiance germano-américaine sans taire ses critiques vis-à-vis de Guantanamo ni masquer les divergences entre les deux pays sur la politique menée en Irak. Ceci pourrait lui donner le rôle de médiatrice entre Bush et l'Europe. En Russie, elle a mis un terme définitif à la politique de soutien inconditionnel de Schröder, son prédécesseur (...). La première femme à occuper la chancellerie allemande commence à marquer des points dans un monde politique masculin. L'Europe Centrale, qui considère l'Allemagne comme son avocate, peut également être satisfaite. L'Allemagne a de nouveau un chef de gouvernement qui a du poids sur la scène internationale". (17.01.2006)

Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

"Mme Merkel a prouvé en quelques semaines qu'elle sait faire bonne figure à l'étranger et qu'elle sait comprendre des personnalités aussi différentes que Berlusconi, Blair et Chirac", écrit Berthold Kohler. "Elle s'est émancipée de 'la voie allemande' de Schröder sans renoncer à donner à l'Allemagne un rôle indépendant dans la politique mondiale. Sous la direction est-allemande, le pendule le politique étrangère berlinoise semble être revenu à une position médiane qui veut que les Etats-Unis ne constituent pas un sujet d'inquiétude plus important que la Russie." (17.01.2006)

Gazeta Wyborcza - Pologne

Bartosz Wielinski, correspondant à Berlin, assiste avec satisfaction à la fin de l'ère Poutine-Schröder et y voit une chance pour l'Europe. "Angela Merkel s'exprime différemment avec Poutine. Elle aborde souvent la Tchétchénie - un sujet tabou pour Poutine. Elle défend les ONG russes qui font office d'opposition. (...). C'est le signe pour toute l'Europe qu'on doit s'opposer ouvertement aux pratiques autoritaires, au non respect de l'Etat de droit et de la liberté d'opinion. L'union de l'Europe pourrait se faire sur ces valeurs. Nous devons les défendre et non les laisser se transformer en monnaie d'échange - contre le pétrole et le gaz russes, ou contre une entrée sur le marché chinois." (17.01.2006)

The Guardian - Royaume-Uni

Le quotidien fait l'éloge d'Angela Merkel, qui a su aborder des sujets controversés avec le président russe Vladimir Poutine lors de sa première visite à Moscou. "Son bref séjour aux allures de voyage d'affaires a contrasté de manière saisissante avec les réunions viriles, arrosées de quelques bières, que Mr Schröder, George Bush et Tony Blair ont eues avec Vladimir Poutine. Aucun d'entre eux n'a eu la franchise nécessaire sur des questions aussi importantes que les droits de l'Homme, la guerre en Tchétchénie, la liberté de la presse et l'affaire Ioukos. Il était donc assez impressionnant de voir la chancelière allemande chrétienne-démocrate évoquer un 'partenariat stratégique' et faire, dans le même temps, publiquement ce que le social-démocrate Schröder (lequel voyait en M. Poutine un 'parfait démocrate') n'a jamais fait en privé : rencontrer les ONG russes pour écouter leurs critiques contre les lois limitant leurs activités. Encourager la démocratie, la société civile et la stabilité est dans l'intérêt des voisins de la Russie." (17.01.2006)

RÉFLEXIONS

Die Welt - Allemagne

Ferguson et la Grande guerre du Golfe

Dans un essai, l'historien britannique Niall Ferguson se projette en 2011 et se penche sur les origines de la Grande guerre du Golfe de 2007 entre l'Iran et Israël : "Comme dans les années 1930, l'Ouest s'est bercé d'illusions. On croyait qu'un Ahmadinejad politiquement faible se contenterait de bruits de bottes. Peut-être ses rivaux politiques voulaient-ils l'abandonner au clergé. À l'époque, on pensait en Occident que la dernière chose à montrer était de la fermeté, car cela n'aurait fait que renforcer Ahmadinejad et attiser l'ire du peuple. Washington et Londres croisaient donc les doigts en espérant l'apparition d'un deus ex machina, comme par exemple un changement de régime". (17.01.2006)

La Repubblica - Italie

Une encyclique du Pape Benoît XVI sur l'amour

Marco Politi, éditorialiste et spécialiste du Vatican, a lu l'encyclique du pape Benoît XVI qui sera rendue publique le 25 janvier. "Dix mois après son élection, le pape va publier le document qui marquera vraiment le début de son pontificat. Selon certaines indiscrétions, contrairement aux encycliques de ses prédécesseurs qui s'apparentaient plus à des programmes, il apparaît évident que Ratzinger veut, à travers une réflexion théologique, lancer un message aux fidèles du monde entier. (...) Le pape s'inquiète du besoin d'amour de l'homme contemporain, d'un amour fondé sur la foi, contrairement à l'Eros qui est pour Benoît XVI la définition de l'amour passion, sans Dieu, lequel se réduit au sexe et transforme l'homme en marchandise". (17.01.2006)

POLITIQUE

The Independent - Royaume-Uni

La carte nationale d'identité

"Il est temps pour Tony Blair de reconnaître que le vent a tourné de façon décisive contre son projet d'établir une carte nationale d'identité", note le quotidien après que la Chambre des Lords a demandé au gouvernement de s'expliquer sur les coûts de son plan visant à enregistrer et amasser des données biométriques sur les citoyens. "Depuis le 7 juillet [date des attentats de Londres], la carte a été présentée comme une énième mesure antiterroriste. Mais cette justification est plus trompeuse que jamais. Il n'y a aucune raison de croire que les kamikazes du 7 juillet auraient été gênés par l'existence des cartes d'identité. Il s'agissait d'extrémistes de chez nous, et non des djihadistes venus de l'étranger. Comment prouver que les services de sécurité les auraient interceptés s'ils avaient eu à leur disposition un moyen d'identification personnelle ?  (...) Et n'oublions pas le lamentable bilan du gouvernement sur les questions relevant des technologies de pointe." (17.01.2006)

Le Jeudi - Luxembourg

La protection des données personnelles

"Sans tomber dans une paranoïa excessive à la George Orwell, la multiplication des moyens de contrôle des individus soulève légitimement des inquiétudes et des interrogations", remarque Jacques Hillion, éditorialiste de l'hebdomadaire. "Sous couvert de progrès technologiques et de demande sécuritaire, la pression se fait de plus en plus forte sur les individus (...) Les caractéristiques intrinsèques et personnelles de l'individu sont maintenant de plus en plus souvent nécessaires pour ouvrir les portes et les frontières. L'Europe fait ainsi supprimer la mention de la religion sur les pièces d'identité grecques mais accepte les passeports biométriques imposés par les Etats-Unis. La religion relèverait ainsi de la sphère privée et les empruntes digitales du public bien que les deux définissent un individu, même si l'un est inaliénable et l'autre peut changer au cours d'une vie." (17.01.2006)

La Vanguardia - Espagne

La diplomatie espagnole et le Proche-Orient

Le quotidien s'intéresse aux relations diplomatiques entre l'Espagne et Israël, le vingtième anniversaire de leur établissement coïncidant avec la visite qu'effectue actuellement au Proche-Orient Miguel Angel Moratinos, chef de la diplomatie espagnole. "Moratinos n'est pas que le ministre des Affaires étrangères espagnol du moment, c'est un homme qui a été pendant plusieurs mois ambassadeur d'Espagne à Tel-Aviv et qui a ensuite été l'envoyé spécial de l'UE pour le processus de paix. De fait, certains lui reprochent une sorte d'obsession avec la question palestinienne, comme si la politique étrangère espagnole se limitait à un conflit qui, évidement, n'est pas le seul foyer de menace pour la paix et la stabilité internationale. Mais il est tout de même l'un des plus importants et, historiquement, l'un des plus insolubles". (17.01.2006)

La Tribune - France

Les jeunes et le marché du travail

"Et si on donnait la parole à ceux qui sont concernés, les jeunes?», propose l'éditorialiste Pascal Aubert, au moment ou le gouvernement annonce un contrat de travail spécifique, et plus précaire, pour les jeunes de moins de 26 ans. "Les jeunes Français regardent-ils le monde du travail avec les mêmes yeux que les responsables syndicaux ou les salariés en contrat à durée indéterminée inquiets à l'idée que demain pourrait ne pas ressembler à hier? Rien n'est moins certain. Il y a belle lurette que les jeunes, diplômés ou non, ont compris que le monde change et, avec lui, la notion même d'emploi. (…) Sans illusions, les jeunes ne sont pas pour autant désabusés ou amers. Simplement, Ils abordent aujourd'hui l'univers du travail dans un esprit très différent de celui qui animait leurs aînés. (…) La précarité, les salariés stables la redoutent sans la connaître ; les jeunes la connaissent sans la redouter". (17.01.2006)

Delo - Slovénie

L'envoi de soldats en Irak

En décidant d'envoyer quatre soldats en Irak, le gouvernement slovène a soulevé un débat virulent. "Il s'agit d'une décision insolite à un moment insolite. Même les Anglais, dont le coeur bat pour les Américains, ont annoncé le retrait de leurs troupes", s'étonne Janko Lorenci. "Il n'est pas exclu que les Américains se retirent très rapidement, pendant l'actuel mandat de Bush, et ce indépendamment du contexte irakien. L'Irak pourrait bien se transformer en Vietnam bis. Le Premier ministre slovène [Janez Jansa] et le ministre des Affaires étrangères [Dimitri Rupel], reconnaîtront-ils avoir pris une mauvaise décision qui va à l'encontre des intérêts de l'État irakien ?" (17.01.2006)

The Irish Times - Irlande

La politique agricole européenne

Alors qu'il entame un mandat de quatre ans à la tête de l'Association des fermiers irlandais, Pádraig Walshe signe un point de vue dans lequel il insiste "sur le rôle vital d'une politique agricole européenne s'appuyant sur des fonds communs après 2013. (...) L'année dernière, la Politique agricole commune a essuyé une vague de critiques émanant de Tony Blair, Gordon Brown et de leur agent à Bruxelles, Peter Mandelson. Leurs compagnons de route - Oxfam, Trócaire (l'agence internationale de développement de l'Eglise catholique irlandaise) et, malheureusement, certains évêques catholiques - ont prêché la même désinformation. Nous savons que cette critique est injuste, simpliste et intéressée, mais tant que les dirigeants agricoles européens ne développeront pas leur contre argumentation devant les gouvernements européens, la Commission de l'UE et l'opinion publique, nous nous trouverons en position de faiblesse". (17.01.2006)

MÉDIAS

Sydsvenska Dagbladet - Suède

Les caricatures du prophète Mahomet

Un journal chrétien norvégien, Magazinet, a repris les caricatures tant décriées du prophète Mahomet, que le journal danois Jyllands-Postens avait publiées. Pour l'essayiste Tor Billgren, il s'agit d'une provocation, puisque le débat de ces derniers mois n'abordait pas seulement la question de la liberté d'expression, mais également celle du respect des autres religions et cultures : "La Fraction Armée Rouge utilisait la même tactique en Allemagne dans les années 1970. Ses actions terroristes visaient à envenimer les tensions avec la police et les autorités, afin de montrer 'le vrai visage du fascisme' et d'entraîner la révolte de la classe prolétaire. De la même manière, les chrétiens fondamentalistes cherchent à montrer 'le vrai visage de l'islam' afin d'aiguiser la résistance de la population vis-à-vis de celui-ci". (17.01.2006)

Magyar Hírlap - Hongrie

Scandale de la Stasi

Paul Lendvai, un journaliste de télévision spécialiste de l'Europe de l'Est qui vit depuis 1957 à Vienne, a accusé publiquement plusieurs anciens correspondants de médias hongrois basés dans la capitale autrichienne de l'avoir espionné pour la Stasi hongroise. Le journal écrit à ce propos : "Nous ne souhaitons pas que tout ancien collaborateur informel de la Stasi soit immédiatement viré mais que les rédactions soient plus prudentes à l'avenir. Nous continuerons à lire avec plaisir les analyses des intéressés en matière de politique étrangère - après tout l'Etat leur a payé de longs séjours à l'étranger - mais ils ne doivent pas prendre parti sur le terrain de la politique intérieure, ni jouer les arbitres sur les questions morales".  (17.01.2006)

CULTURE

Libération - France

La photographie coloniale

Frédérique Fanchette a interviewé Charles-Henri Favrod, ancien directeur du musée de l'Elysée à Lausanne et auteur  du 'Temps des colonies', une anthologie de l'imagerie de la colonisation. Selon lui, "la colonisation a correspondu dans le temps avec la découverte de la photographie. (...) Dans les années 1850-1860, des clichés de pays lointains, comme l'Inde ou la Chine, ont commencé à circuler. Puis la photographie s'est généralisée pour devenir le moyen de célébrer la vertu coloniale. A la fin du siècle, ce triomphe de l'image a abouti à la carte postale exotique, qui a connu une grande vogue, bien avant l'Exposition coloniale de 1931". Interrogé sur le contenu polémique de la loi du 23 février 2005 qui consacre le rôle 'positif' de la colonisation", Charles-Henri Favrod juge ce texte "anachronique et électoraliste". (17.01.2006)

El Mundo - Espagne

Le génie de l'architecte Calatrava

Steve Rose fait l'éloge du travail de l'architecte espagnol Santiago Calatrava. "Avec le nouvel opéra de Valence, il convient peut-être de parler 'd'effet Gaudí'. Ce nouveau bâtiment séduisant, dessiné par l'un des architectes les plus célèbre dans le monde, pourrait faire pour la troisième ville espagnole ce que le Guggenheim de Frank Gehry a fait pour Bilbao. (...) Et de la même manière que l'oeuvre curviligne de Gaudí est synonyme de Barcelone, celle de Calatrava pourrait devenir un atout pour Valence. (...) Il n'est pas exagéré d'affirmer que Calatrava est un génie. Mais s'agit-il d'un génie architectonique? Les seules réserves que l'on peut formuler sur son talent concernent son mode de pensée, semblable à celui d'un mathématicien. On dit souvent que son travail passe par la forme architecturale ingénieuse avant l'adaptation aux usagers. Et il n'est pas surprenant que ses plus belles réalisations soient des ponts". (17.01.2006)

COULEURS LOCALES

Politiken - Danemark

L'Etat libre de Christiania

Il y a plus de 35 ans, des hippies danois ont occupé une vieille caserne de l'armée située dans le centre de Copenhague et ont fondé l'Etat libre autonome de Christiania. Depuis lors, les autorités n'ont cessé de chercher à normaliser le site, mais se sont heurtées à la résistance de la population qui en est venue, au fil du temps, à considérer Chritiania comme l'expression de la diversité culturelle et de la tolérance danoise. Les autorités ont récemment demandé la démolition de 53 maisons dans le but de reconstruire le mur d'enceinte qui entourait la ville au XVIIème siècle. "Supprimer un lieu touristique qui contribue à la diversité culturelle et attire les curieux du monde entier serait de la folie pure. Le Danemark a besoin de plus de lieux attirants, et non moins, de ces sites particuliers et ces espaces de liberté culturelle qui donnent son caractère à notre pays". (17.01.2006)

 

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