szmtag

08.01.2009

euro|topics illustration
euro|topics
 

Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 07.02.2006

 

À LA UNE

Caricatures - le point de vue des musulmans d'Occident

Les protestations violentes contre la publication des caricatures de Mahomet se multiplient et menacent désormais la vie de ressortissants européens dans le monde arabe. Entre-temps, des intellectuels musulmans occidentaux ont pris la parole dans des journaux européens. Pour eux, cette querelle est l'occasion de moderniser l'islam.

Extraits des publications suivantes:
Jyllands-Posten - Danemark, Der Standard - Autriche, Die Welt - Allemagne, The Guardian - Royaume-Uni, Le Monde - France

Jyllands-Posten - Danemark

Ce choc des civilisations était inévitable, affirme l'écrivaine et politicienne néerlandaise Ayaan Hirsi Ali dans une interview réalisée par Orla Blog. Et même si cela peut sembler cynique après les attaques lancées contre des ambassades occidentales, ce conflit est une chance, selon l'écrivaine : "Les caricatures peuvent faire avancer l'islam européen de quelques siècles en quelques années. Toute cette agitation n'est que trop nécessaire. Si les dessins n'avaient pas été publiés, il n'y aurait pas eu de débat sur le prophète. Il ne faut pas oublier que l'islam n'a jamais mené les réformes et les ajustements auxquels le christianisme et le judaïsme ont procédé au cours des siècles. L'islam stagne, car ses lois reposent sur une société patriarcale. Tous les musulmans danois et européens se trouvent aujourd'hui contraints de repenser leur attitude vis-à-vis de tabous musulmans incompatibles avec une société démocratique moderne." (07.02.2006)

Der Standard - Autriche

"Les Arabes et les musulmans sont responsables au premier chef de cette diffamation de la religion et de l'image du prophète, car eux-mêmes ne la respectent pas, de même qu'ils ne respectent pas son message céleste et immortel. Nous devrions tous adresser nos excuses à Mahomet pour avoir déformé son image", écrit l'écrivain arabe Baha al-Moussaoui, avant de poser la question : "Pourquoi ne représentons-nous pas Mahomet comme un homme croyant, droit et tolérant, au lieu de le réduire à une image de Ben Laden, à une épée, à la mort, aux talibans, à la décapitation et au suicide ? Comment pouvons-nous tolérer le meurtre de non-croyants quand Mahomet les a honorés ? Comment pouvons-nous opprimer nos femmes quand Mahomet les a vénérées ? Comment pouvons-nous verser le sang quand Mahomet l'a interdit ?!" (07.02.2006)

Die Welt - Allemagne

La Canadienne Irshad Manji, invitée par l'université de Yale, demande pourquoi il serait défendu de se moquer des musulmans. "Nous autres, musulmans, ne sommes pas suffisamment intègres pour exiger le respect de nos croyances. Avons-nous jamais manifesté pour permettre aux chrétiens et aux juifs de venir à la Mecque ? Nous tolérons leur présence pour affaires, mais rien de plus. Tant que Rome accueillera les non-chrétiens les bras ouverts, comme Jérusalem accueille les non-juifs, nous autres musulmans aurons d'autres chats à fouetter que de nous occuper de simples caricatures." (07.02.2006)

The Guardian - Royaume-Uni

L'auteur Tabish Khair, musulman modéré de son propre aveu, affirme qu'il s'est tu au cours de cette controverse, "parce qu'il n'y a pas de place pour [lui] au Danemark ou dans beaucoup de pays musulmans. (...) Entre le gouvernement danois et les figures politiques islamistes, entre le Jyllands-Posten et la foule à Beyrouth. (...) La musulmane modérée a encore été muselée. Elle a été obligée de prendre parti pour ceci ou cela; recluse à la maison, laissant à d'autres le soin de mener une croisade pour une cause qui lui est chère - la liberté - et un héritage culturel essentiel pour elle : l'islam. A la TV, elle voit des foules de barbus déchaînés et des blancs bien rasés faire la morale. Dans le choc des civilisations scrupuleusement confectionné, elle est entre les deux. (...) Elle ne peut pas crier. Pensez-y, peut-elle vraiment s'exprimer actuellement ?" (07.02.2006)

Le Monde - France

Abdennour Bidar, professeur de philosophie à Nice, décrit dans une tribune la "mutation démocratique de l'islam" en Europe par "la présence musulmane réelle". "Celle-ci se caractérise par ce que j'ai appelé un 'self islam', c'est-à-dire une culture de l'autonomie et du choix personnel, donc une culture de la diversité et de l'identité différenciée : un islam des individus et non de la communauté ! (...) Le 'self islam', en effet, est l'expression d'une culture qui a radicalement muté hors de sa forme autoritaire d'origine et qui est devenue démocratique à travers le processus d'appropriation individuelle, par chaque conscience musulmane européenne, de la question de son identité. Prenons donc enfin acte de ce changement et ajustons notre compréhension de l'islam européen en travaillant à déconstruire le fantasme de la 'communauté'." (07.02.2006)

RÉFLEXIONS

Corriere della Sera - Italie

La faillite de la démocratie

Le quotidien milanais se réjouit du retour de l'écrivain Sebastiano Vassalli sur le devant de la scène littéraire transalpine avec "La mort de Marx et autres histoires". La thèse du romancier, spécialisé dans l'utilisation d'une trame historique pour parler du monde contemporain, est que "nous vivons à une époque où les valeurs de la Révolution française sont définitivement naufragées. Nous vivons la faillite de la modernité et de la démocratie. (...) Ce que nous appelons aujourd'hui la démocratie est la négation de l'homme en tant qu'individu et sujet pensant. C'est l'apothéose de l'homme électoral : de 'l'homme-masse' et du prêt à penser. C'est le gouvernement du nombre." (07.02.2006)

POLITIQUE

Le Temps - Suisse

La Suisse hésite à légiférer sur l'euthanasie

Après avoir annoncé la préparation d'une loi sur l'euthanasie, le Conseil fédéral suisse pourrait faire marche arrière, suite au rapport d'un groupe de travail ministériel qui préconise de ne pas légiférer. Sylvie Arsever se demande dans un éditorial "jusqu'à quand cette abstention politique restera payante. Les émois provoqués par le 'tourisme du suicide' ont montré qu'un divorce pouvait apparaître entre les actions des plus engagés et la sensibilité générale. En outre, l'adaptation des pratiques à la réalité bute aujourd'hui sur des limites qu'il ne sera pas possible de lever sans un véritable débat démocratique. (...) La position du DFJP [groupe de travail] est raisonnable. Mais, il n'est pas sûr qu'elle soit la plus opportune. Et ce n'est certainement pas la plus courageuse." (07.02.2006)

Le Figaro - France

La rigidité du marché du travail français

La France vit mardi 7 février une journée de contestation contre la nouvelle mesure du Premier ministre Dominique de Villepin pour doper l'emploi des jeunes, le contrat de première embauche (CPE). Ce contrat, étalé sur deux ans, est destiné aux moins de 26 ans et permet aux employeurs de licencier un salarié sans justification. L'éditorialiste Philippe Reclus soutient que ce CPE cassera la rigidité du marché du travail français, "parce qu'il est à même de symboliser une véritable rupture dans la façon dont on aborde la question en France. Pour l'avenir. Parce qu'il permettra de dire si l'opinion est prête à s'engager sur la voie d'un changement radical, celui qui consiste non pas à jeter, d'un coup, l'ensemble du modèle social français, mais à parvenir, par touches successives, à lever méthodiquement les verrous qui barrent l'accès au marché du travail." (07.02.2006)

Népszabadság - Hongrie

Les Roms dans les écoles hongroises

Voilà quelques jours, Viktor Orban, chef de l'opposition, a déclaré dans un discours qu'il comprenait les parents qui ne souhaitent pas envoyer leurs enfants dans les mêmes écoles que les Roms. Laszlo Kallai, défenseur des droits des Roms, exprime son indignation dans une lettre ouverte à Viktor Orban : "Si les enfants de familles pauvres ou de familles roms vont dans des classes séparées, ils recevront un enseignement de moindre qualité. Les écoles pratiquant la ségrégation ont en effet un niveau plus faible, que les enfants soient séparés à cause de leur couleur de peau ou de la situation sociale de leurs parents. La plupart du temps, ces enfants n'ont aucune chance d'acquérir des connaissances exploitables et deviendront de futurs assistés, dépendants de l'allocation chômage et des aides sociales." (07.02.2006)

MÉDIAS

The Observer - Royaume-Uni

La presse écossaise licencie en masse

De récents licenciements et la préférence croissante des patrons de presse pour l'actualité régionale reflètent "le déclin du journalisme en Ecosse", écrit Ruaridh Nicoll dans l'hebdomadaire dominical. "Des licenciements au 'Scotsman'. D'autres au 'Herald'. Un dégraissage massif à 'Scottish Television'. (...) Le journalisme a longtemps été un secteur d'exportation en Ecosse. (...) Les Ecossais gèrent des publications qui vont du tabloïd de supermarché au quotidien australien 'The Melbourne Age', en passant par le trimestriel littéraire 'Granta' et le super branché 'Black Book' new-yorkais. Il y a peu de rédactions londoniennes sans des anciens de la presse écossaise à chaque échelon. (...) Le manque d'ambition de la presse écossaise causera du tort à la décentralisation, et entraînera aussi le tarissement des talents." (07.02.2006)

CULTURE

Lidové noviny - République tchèque

Une exposition annulée par peur des protestations islamiques

Le sculpteur tchèque David Cerny est victime des conséquences de la polémique autour des caricatures de Mahomet, rapporte Pavel Masa. "Le bourgmestre de la ville belge de Middelkerk a interdit l'exposition de l'oeuvre intitulée "Le requin", de David Cerny, par crainte d'éventuelles réactions de la part du monde musulman. L'oeuvre en question montre l'ancien dictateur irakien Saddam Hussein sous la forme d'un requin nageant dans un aquarium." Le journaliste ne comprend pas la décision de l'élu. "Par cette interdiction, il montre qu'une partie de l'Occident est prêt à renoncer à beaucoup de choses face à la violence islamiste." (07.02.2006)

Beszélő - Hongrie

Les 25 ans d'une revue clandestine

La première et la plus significative des revues littéraires clandestines, Beszelö, fête cette année ses 25 ans d'existence. Pour le rédacteur Zoltan Adam, ces 25 années ont vu la libéralisation et la démocratisation de la Hongrie : "Fondée en 1981, la revue littéraire s'est présentée comme une alternative, aussi bien sur le plan de la politique que de la vie quotidienne, aux opinions édulcorées d'une société sous contrôle. Ses auteurs étaient ouvertement critiques à l'égard du régime, ses rédacteurs signaient de leurs vrais noms, en donnant même leurs adresses et leurs numéros de téléphone afin de pouvoir se qualifier d'hommes libres. Aujourd'hui, de telles initiatives héroïques ne sont heureusement plus nécessaires : la société semble encore irresponsable à maints égards, mais se poser en homme libre n'est plus assimilé à une critique du système." (01.01.2006)

El País - Espagne

La fonction-clé du livre dans la société

Sergio Pitol, écrivain mexicain et lauréat 2005 du prestigieux prix littéraire espagnol Cervantes, confie dans un entretien que son dernier livre "El Mago de Viena" (Le Mage de Vienne) est celui dont il est le plus fier, même s'il n'atteint que "des reflets, des approximations, des balbutiements dans la quête de sens et dans la recherche de cette zone étroite qui se trouve entre l'ombre et la lumière". Il évoque aussi "la fonction du livre dans la société". De son point de vue, "le livre permet qu'une société soit plus cultivée, plus laïque, plus ouverte." L'auteur se montre optimiste sur l'avenir de la littérature et n'a pas "peur qu'elle devienne obsolète, Internet ne représente pas une menace pour le livre." (07.02.2006)

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

La crise du cinéma

En ouverture d'une série d'articles consacrés au cinéma en Allemagne, le producteur Günter Rohrbach écrit : "Le recul de la fréquentation concerne la tranche d'âge des 12-25 ans. De tous les spectateurs, ce sont eux les plus exigeants. Avec eux, il faut que l'écran explose, que l'action s'enchaîne à un rythme effréné, que le film déploie un maximum d'effets spéciaux. Or, seuls les Américains maîtrisent ce type de cinéma qui engloutit des millions, et c'est pourquoi le cinéma est bien souvent synonyme de Hollywood pour les jeunes." Le producteur estime qu'il faudrait se retourner vers les adultes : "Et pour commencer, il faut s'occuper des salles. Au cours des dernières décennies, les propriétaires de salles se sont concentrés sur les attentes du jeune public. Or, la plupart des adultes ne se sentent pas à l'aise dans une ambiance Coca Cola et pop-corn. Pour les réconquérir, il faut leur dérouler le tapis rouge." (07.02.2006)

COULEURS LOCALES

Tribune de Genève - Suisse

L'effervescence artistique berlinoise séduit les Genevois

"Depuis environ deux ans, à chaque fois qu'un Genevois disparaît de la circulation on se demande s'il ne s'est pas transplanté dans la capitale allemande. Si le disparu a moins de 50 ans et qu'il est plus ou moins proche d'un milieu artistique quelconque, il y a de fortes chances de le retrouver là-bas", remarque Nic Ulmi à propos de l'attrait exercé par la capitale allemande sur les créatifs suisses. Pour la DJ et musicienne Water Lilly interviewée par le quotidien, Berlin, "c'est la ville-aimant, comme Londres il y a quelques années. Ce qui attire, c'est le vivier, l'effervescence, notamment dans les musiques électroniques." La scène classique ne serait pas en reste non plus selon Hermann, le dessinateur du quotidien, partageant lui-même sa vie entre Genève et Berlin: "Il y a trois fois plus de spectacles qu'à Paris, pour une population moindre." (07.02.2006)

 

Marquer cette page d'un signet sur   del.icio.us    Digg!    YiGG.de    Webnews!    FURL    LinkARENA    Mister Wong    oneview   

D'autre contenu

THÈME

S'ABONNER

Pour recevoir gratuitement euro|topics ou vous désabonner à la lettre d'information, inscrivez votre adresse e-mail:

CETTE SEMAINE À LA UNE

EDITIONS ARCHIVÉES

lu ma me je ve sa di
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31