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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 13.02.2006

 

À LA UNE

Les OGM, casse-tête de l'Europe

L'Organisation mondiale du commerce (OMC) a relancé la semaine dernière le débat européen sur les organismes génétiquement modifiés (OGM), en condamnant l'UE et six de ses états membres (Allemagne, Autriche, Belgique, France, Italie, Luxembourg), pour avoir interdit l'importation de neuf produits. L'OMC estime qu'il n'existe pas de fondement scientifique pour ces interdictions.

Extraits des publications suivantes:
La Libre Belgique - Belgique, Le Nouvel Observateur - France, The Guardian - Royaume-Uni

La Libre Belgique - Belgique

Rodolphe de Borchgrave, consultant spécialisé dans les biotechnologies et l'industrie agro-alimentaire, regrette que l'Europe "préfère consacrer ses efforts et ses ressources à l'application de politiques technophobes". Il estime que le débat sur les risques générés par les cultures d'OGM ne repose pas sur des bases sérieuses. "L'application du principe de précaution ne suppose-t-elle pas que, si on suspend en son nom une action à effets économiques, on entreprenne activement de déterminer par des recherches scientifiques s'il existe un risque ou pas, quelle est sa nature et son intensité? Or, les recherches en champ sur les plantes transgéniques sont systématiquement détruites. Elles ne peuvent donc produire de résultats interprétables. (...) La recherche sur la nature véritable du risque est donc devenue quasi impossible en Europe".  (13.02.2006)

Le Nouvel Observateur - France

Pour Arnaud Gossement, avocat de l'association écologiste France Nature Environnement, la transposition des directives européennes de 2001 et 2003 dans le droit français fait la part belle aux producteurs d'OGM. "On comprend bien l'idée principale du gouvernement qui ne veut pas prendre de retard dans la culture OGM par rapport aux autres pays". Mais ce projet de loi "ne protège pas l'agriculteur, ni le consommateur, ni le citoyen en général. (...) Nous avons besoin d'études sur les OGM pour connaître leurs intérêts ou leurs dangers éventuels et savoir ainsi s'il faut envisager ou non une commercialisation. Et nous avons besoin de ces études pour ne pas brûler les étapes comme le gouvernement le fait aujourd'hui. (...) Si effectivement, il n'y avait aucun risque, pourquoi les producteurs d'OGM ne publieraient-ils pas les études qu'ils disent avoir faites ?". (13.02.2006)

The Guardian - Royaume-Uni

Le chroniqueur John Vidal perçoit un autre motif derrière le jusqu'au-boutisme de Washington envers l'Europe, où une résistance populaire générale aux OGM - "plus de 3500 conseils élus de 170 régions européennes se sont déclarés zones sans-OGM" - fait de la région une cause perdue pour l'industrie biotechnologique américaine. "Il est désormais clair que la vraie raison qui a amené les Etats-Unis à poursuivre l'Europe devant la Cour de l'OMC est de rendre plus facile pour ses entreprises l'accès à la Chine, l'Inde, l'Asie du sud-est, l'Amérique latine et l'Afrique, où vont la plupart des exportations américaines. C'est là-bas que se dirigent les millions de tonnes d'aide alimentaire américaine, et où les compagnies OGM désespèrent d'entrer, en s'emparant des fabricants de semences et en faisant du pied aux présidents et premiers ministres. (...) Comme l'industrie du tabac, l'industrie OGM se concentrent aujourd'hui presque exclusivement sur les pays en voie de développement." (13.02.2006)

RÉFLEXIONS

Magyar Lettre Internationale - Hongrie

Slavenka Drakulic et l'identité multiple

Nous construisons nous-mêmes notre identité, observe dans un entretien l'écrivaine et journaliste croate Slavenka Drakulic : "Les habitants des régions frontalières ou les gens qui ont vécu longtemps à l'étranger, comme les Turcs d'Allemagne ou les Yougoslaves de Suède, possèdent plusieurs identités : une identité locale, une régionale, une nationale et une européenne. Depuis la création de l'UE, une nouvelle situation est apparue, dans laquelle il est possible de cumuler plusieurs identités. Il existe seulement deux situations dans lesquelles l'homme est contraint de ne choisir qu'une identité : la guerre et le sport. (...) Les identités multiples aident à surmonter la peur de la perte d'identité et de la perte de la langue. Une peur qui conduit à se raccrocher à une identité et à exclure les autres". (01.01.2006)

Gazeta Wyborcza - Pologne

Le libéralisme

Le libéralisme est discrédité en Pologne, déplore l'historien et philosophe américano-polonais Andrzej Walicki. "Le concept restreint de libéralisme - en tant que doctrine économique - a été entretenu par les admirateurs polonais de Margareth Thatcher. C'est pourquoi il est aujourd'hui une cible facile pour ceux qui souhaitent en faire un synonyme de mépris des plus faibles et de darwinisme social. En Pologne, la jeune pousse d'un libéralisme engagé dans la voie de la tolérance et de la neutralité idéologique de l'Etat a été arrachée brutalement, au nom d'une tradition collectiviste et républicaine. C'est précisément dans cette direction que va le discours de nos dirigeants actuels". (13.02.2006)

Der Spiegel - Allemagne

Botho Strauss et le conflit avec l'islam

Les railleries et la satire ne nous feront pas avancer, remarque l'auteur allemand Botho Strauss dans un texte consacré au conflit qui oppose les sociétés occidentales à l'islam. Il voit également dans ce conflit une "opportunité d'inspiration et d'influence indirecte, qui provient de la proximité immédiate d'une puissance sacrée étrangère et adverse. (...) Ce conflit est insoluble, mais il met fin à la période de la 'nouvelle confusion'. En ressentant l'antagonisme insurmontable entre le séculier et le sacré, l'Occident constate la crise du règne du n'importe quoi, du syncrétisme et de l'indifférence. Peut-être devons-nous même dire que ces derniers appartiennent désormais au passé". (13.02.2006)

POLITIQUE

Gazeta Wyborcza - Pologne

La politique extérieure de l'UE

Dans un article intitulé "N'ayons pas peur d'une politique étrangère commune", Antoni Podolski, du Centre de Varsovie sur les relations internationales, interpelle les eurosceptiques polonais. Ces derniers plaident en faveur de l'indépendance de la Pologne en matière de politique étrangère, de peur que les grands pays européens, et en particulier l'Allemagne, ne dictent des orientations politiques contraires aux intérêts de la Pologne. "Le minimalisme avec lequel ces gens-là voient la position de la Pologne dans l'Union est étonnant. (...) Si la Pologne est assez forte pour mener seule une politique étrangère et de sécurité à la fois efficace et souveraine, en particulier à l'Est (...) - ce qui rendrait superflue tout appui de la part de l'Union européenne - elle entrerait alors dans le cercle des 'grandes puissances européennes'. Non pas seulement grâce à sa taille et à sa population, mais surtout grâce à son potentiel politique. Par conséquent, elle ne devrait pas avoir peur d'une politique étrangère commune car elle ferait partie elle-même des 'décideurs'". (13.02.2006)

The Independent - Royaume-Uni

Les Britanniques accusées de mauvais traitements en Irak

Le quotidien progressiste se montre horrifié par une vidéo privée dans laquelle on voit des soldats britanniques frapper sauvagement quatre adolescents irakiens. Les images présentées, qui auraient été filmées par un caporal de l'armée dans le sud de l'Irak en 2004, ont été diffusées dimanche par le tabloïd hedbomadaire News of the World. "Ce qu'on nous présente ici ne sont pas de vulgaires voyous qui se déchaînent dans les rues anglaises, mais des représentants de la Reine et de leur pays. De tels hommes sont censés être des professionnels fortement entraînés, opérant dans une structure militaire à la une disicipline stricte. Ces images vont maintenant servir d'outil de propagande aux insurgés nationalistes en Irak et aux fanatiques islamistes du monde entier. Elles seront citées comme une preuve du mépris de l'Occident à l'égard de la société musulmane". (13.02.2006)

Le Temps - Suisse

Le repli nationaliste danois

L'éditorialiste François Modoux estime que "ce n'est pas un hasard si l'affaire des caricatures de Mahomet a démarré au Danemark. Car nulle part ailleurs en Europe le débat sur les étrangers n'a été aussi virulent ni les lois sur l'immigration aussi brutalement durcies. Même de farouches partisans danois de la liberté d'expression éprouvent un malaise. Ils pensent, au fond, que les dessins danois n'ont pas été publiés en vue d'un véritable débat, mais qu'ils relèvent plutôt d'un climat général de stigmatisation et de propagande xénophobe et populiste à l'encontre d'une minorité ethnique au Danemark. (...) Les Danois se sentent débordés par l'immigration, bousculés par la mondialisation et leur intégration dans l'Europe. (...) Le repli nationaliste et une banalisation de la xénophobie et de l'islamophobie sont les réponses apportées par les Danois à leur propre insécurité". (13.02.2006)

Lidové noviny - République tchèque

La confrontation, instrument politique

L'analyste économique Pavel Kohout ne voit qu'une "issue possible à l'escalade du conflit entre l'Occident et les extrémistes islamiques" : des sanctions et, dans le cas de l'Iran, un boycott de la communauté internationale. "Déjà à l'époque des tensions entre les États-Unis et l'Union soviétique, la confrontation était la seule politique efficace. Le désir permanent de négociations est une faiblesse bien connue de l'Occident, dont le seul effet est d'augmenter l'agressivité de la partie adverse". (13.02.2006)

El País - Espagne

Berlusconi se compare à Jésus-Christ

Alors que la campagne pour les élections législatives vient de débuter en Italie, Enric González, correspondant du quotidien, commente l'entrée en matière fracassante de Silvio Berlusconi. "Il a déjà interprété tous les personnages d'un asile de fou: vendredi, il s'est comparé à Napoléon, samedi à Churchill et à Jésus Christ. 'Je suis le Jésus-Christ de la politique, la victime innocente qui se sacrifie pour tous', a-t-il déclaré devant 5.000 fidèles lors d'un meeting à Ancône". Un discours dans lequel le chef du gouvernement a assuré qu'il sauverait son pays de l'emprise communiste. "Jamais un dirigeant conservateur n'avait ainsi agité le spectre du marxisme (...)", écrit Enric González. "Seules les franges les plus radicales de l'Union, la coalition de centre-gauche, se définissent communistes mais Berlusconi espère ainsi effrayer l'électorat conservateur abstentionniste déçu par ses cinq années au pouvoir". (13.02.2006)

MÉDIAS

Kulturní týdeník A2 - République tchèque

La situation des médias tchèques

"Quinze ans après la chute de l'empire soviétique, la République tchèque mériterait une meilleure presse", observe Miroslav Smid, de l'Université Charles de Prague, dans une analyse acerbe du paysage médiatique tchèque. La pression économique des grands annonceurs joue sur les contenus. "La responsabilité des éditeurs s'arrête au résultat commercial. Ils investissent dans les imprimeries et la technologie, souhaitant que les milliards dépensés produisent des résultats. Un journaliste qui souhaite traiter un problème à fond n'a aucune chance d'y parvenir. Il doit remplir les pages avec un minimum de dépenses". (13.02.2006)

CULTURE

Die Welt - Allemagne

"Hamburg Lectures" à la Berlinale

Hanns-Georg Rodek a été très impressionné par le film "Hamburg Lectures" de Romuald Karmakar, présenté ce week-end au Festival du cinéma de Berlin. Romuald Karmakar y montre l'acteur Manfred Zapatka lisant un sermon de l'islamiste hambourgeois Mohammed Fazaz, qui purge actuellement une peine de 30 ans de prison au Maroc. "Le film 'Hamburg Lectures' de Romuald Karmakar remplit, à la mode ancienne, l'une des toutes premières missions du cinéma, à savoir la diffusion d'informations introuvables ailleurs. Le cinéma avait perdu cette fonction depuis la fin des bulletins d'informations hebdomadaires dans les cinémas, dans les années 1970. Karmakar les ressuscite, car la transcription du discours de l'imam n'est disponible qu'à la direction générale de la police judiciaire, et dans une traduction très imprécise. En faisant lire le texte par un comédien, le cinéaste enlève une partie des émotions que déclenche ce texte. Ainsi, nous sommes plus attentifs à l'enchaînement des arguments et à la logique interne du document. Nous sommes en présence d'un édifice intellectuel, et non d'une somme de citations provocantes. L'intolérance qui en ressort n'en est pas moins inacceptable, mais le grand mystère de ce fanatisme flamboyant nous est soudain plus accessible". (13.02.2006)

La Vanguardia - Espagne

Bigas Luna fait l'éloge de la banlieue

Le réalisateur Bigas Luna explique dans une interview réalisée par Lluís Bonet Mojica pourquoi il a choisi de faire d'une jeune fille de banlieue l'héroïne de "Je suis la Juani", son prochain film. "Je veux montrer la Juani comme une nouvelle icône ibérique. C'est une fille de banlieue, une fille libérée et moderne, qui n'est pas victime du macho ibère. (...) Le monde des adolescents de la banlieue a deux visages: celui de la drogue. Mais aussi celui d'une population qui, à 80%, est extrêmement travailleuse. Et ils sont victimes de la consommation, comme nous le sommes tous. Ils ne peuvent pas s'acheter une maison mais peuvent avoir une voiture. Et leur voiture fait office de maison, c'est un symbole important. Ils vivent à l'intérieur, y baisent, y écoutent de la musique...". (13.02.2006)

Le Figaro - France

Un projet de musée euroméditerranéen

L'architecte Rudy Ricciotti évoque le projet de construction du bâtiment devant accueillir le Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (Mucem), près du Vieux-port de Marseille. "Il est très difficile de construire quand la mer nous regarde. Elle nous culpabilise. Ce bâtiment, je l'ai conçu avec beaucoup d'anxiété, parce que le paysage environnant est un paysage de passion, un désert des Tartares de pierre et de poussière, baigné dans une lumière aveuglante, plein de silence et de solitude". Selon le journal, "l'édifice imaginé par Rudy Ricciotti se présente comme un carré vitré de 52 mètres de côté. (...) Le matériau extérieur joue avec l'idée du moucharabieh, de la roche corallienne, de la dentelle, dans des dégradés de gris évoquant la minéralité". (13.02.2006)

COULEURS LOCALES

Tachydromos - Grèce

La séparation entre l'Eglise et l'Etat

"Le débat peut sembler anecdotique, mais le retrait de la croix sur le drapeau national incarne en fait un sujet sensible qui est débattu depuis de nombreuses années en Grèce: celui de la séparation de l'Eglise et de l'Etat", souligne Natasa Bastea. "L'Eglise de Grèce s'est enfin prononcée sur la question et semble prête à entamer un dialogue sur la séparation entre les deux institutions. Cela impliquerait, de facto, le retrait des icônes dans les écoles, mais aussi la possibilité pour les Grecs non baptisés d'être inhumés selon les mêmes règles que les orthodoxes. La croix sur le drapeau était pourtant plus un symbole que véritablement l'expression de l'identité religieuse grecque. Mais c'est ainsi. Espérons que le débat soit moins virulent que lors du retrait, en 1999, de la mention de la religion sur les cartes d'identité." (13.02.2006)

 

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