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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 08.05.2006

 

À LA UNE

Une coalition gouvernementale préoccupante en Pologne

Sept mois après les élections législatives, la Pologne dispose pour la première fois d'un gouvernement majoritaire grâce à la participation de deux partis radicaux. Le 5 mai, le parti conservateur Droit et Justice (PiS) a formé une coalition avec le parti populiste Autodéfense (Samoobrona) et la Ligue des familles polonaises (LPR). Leurs présidents, Andrzej Lepper et Roman Giertych, ont été nommés ministres. Les commentateurs tentent d'expliquer cette décision. Certains estiment que Bruxelles doit réagir.

Extraits des publications suivantes:
Le Monde - France, Mladá fronta DNES - République tchèque, Neue Zürcher Zeitung - Suisse, Die Presse - Autriche, Népszabadság - Hongrie, Rzeczpospolita - Pologne

Le Monde - France

"Les forces qui avaient disparu pendant les quarante années de tutelle soviétique refont surface, comme si le paysage politique polonais retrouvait ses formes d'avant-guerre", relève le quotidien dans son éditorial. "Les Polonais sont connus, depuis les négociations d'adhésion puis leur entrée dans l'Union européenne, pour avoir défendu avec âpreté leurs intérêts. Rien de plus normal. Autre chose est d'assister à l'arrivée au pouvoir de partis et de personnalités qui, fondamentalement, ne partagent ni les objectifs ni les valeurs de l'Europe. Une situation analogue s'est produite au début des années 2000 avec l'entrée des populistes de Jörg Haider dans le gouvernement conservateur de Vienne. A l'époque, l'Autriche avait fait l'objet de 'sanctions'. Aujourd'hui, l'Union européenne ne dit rien. Fatiguée, elle a perdu jusqu'à sa capacité d'indignation". (08.05.2006)

Mladá fronta DNES - République tchèque

"Plusieurs mois après les législatives, la Pologne dispose d'un gouvernement majoritaire, mais le nouveau cabinet ne fait pas la joie des Polonais", souligne Lubomir Heger. "Au contraire, les sondages montrent que la majorité d'entre eux regardent avec inquiétude ce 'pacte avec le diable'. Une situation similaire - lorsque le Parti populiste de Jörg Haider s'était allié au gouvernement autrichien - avait entraîné l'UE dans une crise profonde voilà plusieurs années. Comment est-il possible que les marchés financiers n'aient toujours pas réagi et que Bruxelles n'ait émis aucun avertissement officiel ?" (08.05.2006)

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Ulrich Schmidt livre une analyse de la situation polonaise. "Les premières réactions de Bruxelles montrent que l'UE ne veut pas retomber dans le 'piège autrichien', en sanctionnant prématurément un pays pour une décision regrettée par de nombreux européens, mais qui découle de procédures démocratiques traditionnelles. Il est fort probable que la Pologne, qui connaît actuellement un essor économique durable et fait figure de membre enthousiaste de l'UE, se montre bientôt étonnamment conciliante et raisonnable sur la scène internationale. Bien entendu, cela ne veut pas dire que Varsovie cessera de compliquer la tâche de Bruxelles. La Pologne complique les choses depuis son entrée dans l'UE. Et d'ailleurs, rien n'a fait autant de bien à l'Union que cet irrespect rafraîchissant et sensé". (08.05.2006)

Die Presse - Autriche

Dans une interview réalisée par Burkhard Bischof, le président du Parlement polonais Marek Jurek s'exprime sur l'éventualité d'un isolement de la Pologne en raison de l'entrée de partis eurosceptiques au gouvernement. "Pourquoi faudrait-il nous isoler ? Le gouvernement a simplement été remanié, cela ne change rien à sa politique étrangère. La Pologne continuera de jouer un rôle actif dans l'UE. Les partenaires de la coalition sont tous d'accord pour plaider en faveur de l'adhésion future de l'Ukraine à l'UE, soutenir le mouvement démocratique biélorusse et entretenir la coopération transatlantique ainsi que la solidarité avec ses partenaires européens". (08.05.2006)

Népszabadság - Hongrie

Gabor Miklos est choqué de voir le chef du parti Autodéfense, Andrzej Lepper, accéder au poste de vice-premier ministre. "Lepper a été d'extrême-droite, d'extrême-gauche, puis catholique conservateur. Aujourd'hui, il est avant tout un ennemi du libéralisme". En dépit de tous ses revirements, la cible du politicien démagogue reste la population peu instruite de la province polonaise. "La plupart du temps, ils ne comprennent pas la langue des politiques. Pour eux, la ponctualité du versement de leurs aides sociales ou de leurs retraites est plus importante que des valeurs abstraites (...). Si l'Europe n'est qu'une abstraction vide à leurs yeux, ils comprennent en revanche sans effort les discours nationalistes. Et ils ont besoin de têtes de Turc : voilà longtemps que les juifs ont quitté les villages polonais, mais il y a les libéraux de la ville aujourd'hui. Et pour remplacer les communistes, il y a Bruxelles". (06.05.2006)

Rzeczpospolita - Pologne

Pour le journal, il ne faut pas mépriser les électeurs du parti Autodéfense d'Andrzej Lepper et de la Ligue des familles polonaises (LPR), comme l'ont fait les partisans du Parti démocratique libéral lors d'une manifestation, vendredi 5 mai. Ils ont raillé les origines paysannes de Lepper en mettant, par exemple, de la paille dans leurs chaussures. "S'il ne faut pas accorder de crédit aux activités et aux opinions d'Andrzej Lepper (Autodéfense) et de Roman Giertych (Ligue des familles polonaises), on n'a pas le droit, pour autant, de mépriser leurs partisans. Ce sont des gens qui ont été déçus par le passé et qui se sont détournés  du 'Pacte démocratique' et du 'Pacte de la liberté'. Aujourd'hui, ils ont perdu le sens de l'humour. Il ne faut pas railler ces gens-là, d'abord parce que c'est mesquin et mal élevé, (...) et surtout parce que cela cause du tort à la Pologne. Tout ça ne fait que grossir les rangs des populistes". (08.05.2006)

RÉFLEXIONS

The Guardian - Royaume-Uni

Garton Ash : les petits d'Europe doivent penser en grand

L'avenir de l'Europe dépendra de plus en plus de la capacité des petits Etats, tels que la Slovénie, la Finlande et le Portugal à "penser en grand", estime l'écrivain et historien Timothy Garton Ash. "On peut trouver bien des mérites au fait d'être petit. En général, les petits Etats ne déclarent pas la guerre. Ils n'ont pas l'arrogance des plus grands. En plus de la modestie et du respect de la vie privée, ils jouissent d'une société très solidaire. La nation est comme l'extension de la famille. Dans le contexte favorable de l'Europe contemporaine, ils peuvent apporter beaucoup à leurs citoyens. (...) Quels que soient les arrangements institutionnels auxquels on parviendra quand le Traité constitutionnel de Valéry Giscard d'Estaing sera mort est enterré, l'une des conditions du succès de ces compromis sera la combinaison des forces des grands et des petits Etats, au lieu de l'accumulation de leurs faiblesses". (08.05.2006)

La Vanguardia - Espagne

Luis Racionero et l'idée de nation

L'essayiste espagnol Luis Racionero signe un texte dans lequel il tente de définir le mot 'nation' et analyse l'évolution de ce concept au fil des âges. "Au cours de chaque époque sont apparues des formules de regroupement territorial, en fonction de la technologie et de l'équilibre des pouvoirs des différentes périodes historiques. Ainsi, au Moyen-âge, il n'existait pas d'états en Espagne, en France ou en Allemagne, mais des comtés, des duchés ou de petits royaumes. En Italie, on parlait de villes-états. (...) Chaque format était le meilleur de son époque, et de meilleurs se sont ensuite imposés en raison de leur efficacité, car ils permettaient aux sociétés d'obtenir ce qu'elles voulaient. Or, le comté ou la nation n'ont pas disparu dans le temps, ils sont restés dans l'histoire, les coutumes et les traditions. Mais il ne sont désormais plus utiles et il faut les intégrer dans une nouvelle dimension." (08.05.2006)

POLITIQUE

De Morgen - Belgique

Le besoin d'un débat sur la régularisation des clandestins

Les sans-papiers de Belgique multiplient les actions contre le projet de loi du ministre flamand Patrick Dewael, qui vise à réformer la procédure d'asile sans prévoir de régularisations. "Un demandeur d'asile s'est récemment cousu la bouche pour protester contre son expulsion. (...) Le ministre de l'Intérieur Dewael a-t-il besoin d'un signal encore plus douloureux pour réaliser qu'un débat s'impose sur la régularisation des sans papiers ?", demande l'éditorial du quotidien progressiste. "La Flandre aborde aujourd'hui le sujet des étrangers d'une autre manière qu'il y a dix ans (...) Seuls les autruches font comme si rien n'avait changé entre 1996 et 2006. Lisez les journaux, écoutez la radio et regardez la télé. Les employeurs flamands demandent - exigent – plus de travailleurs étrangers. Les gens ordinaires tendent la main aux demandeurs d'asile". (08.05.2006)

Diario Sur - Espagne

Le problème persistant de l'immigration clandestine

La quotidien dresse un bilan une année après la vague de régularisation de quelque 600.000 étrangers sans-papiers en Espagne, un anniversaire qui coïncide avec l'arrivée ce week-end sur les côtes espagnoles d'embarcations transportant plusieurs centaines de clandestins. "Il faut être juste et reconnaître que le gouvernement a eu le courage de normaliser l'immigration au niveau économique, ce qui a constitué un apport énorme pour les caisses publiques. Mais en ce qui concerne les autres aspects de l'immigration, on est encore très loin d'obtenir des résultats acceptables. Les problèmes que nous connaissions se sont même considérablement aggravés. L'efficacité des mesures de contingence reste très faible, et le manque d'aide matérielle et diplomatique d'une UE sans politique commune en matière d'immigration est criant (...)". (08.05.2006)

The Independent - Royaume-Uni

Tony Blair et les eaux dangereuses de la politique étrangère

Le quotidien progressiste prévoit bien des difficultés pour Tony Blair, et pour son cabinet remanié après la piètre performance du Parti travailliste lors des élections locales de la semaine dernière. "M. Blair est encore persuadé qu'il peut déterminer son héritage politique par des réformes à domicile. En vérité, sa place dans l'Histoire est en train de jouer loin d'ici, dans le sable du Moyen-Orient. Là où la situation échappe à toute forme de contrôle. (...) La situation internationale continue de s'aggraver. A mesure que l'Iran se rapproche de la constitution d'un arsenal nucléaire, et que l'Irak s'enfonce dans les abysses, les risques d'échec grandissent. La question importante est maintenant de savoir si M. Blair et son nouveau gouvernement auront l'autorité morale ou la compétence nécessaire pour sortir la Grande-Bretagne des eaux dangereuses de la diplomatie et des questions militaires. Les premiers signes sont tout sauf réconfortants." (08.05.2006)

L'Express - France

Tassos Papadopoulos prône la réunification de Chypre

Le président chypriote Tassos Papadopoulos explique dans un entretien avec Christian Makarian pourquoi les Chypriotes grecs ont rejeté le plan de paix de l'ONU en avril 2004. "Je sais que beaucoup se sont émus de notre rejet du plan Annan. Mais, de notre point de vue, ce texte n'était pas un plan de paix issu d'un accord négocié, fruit d'une position commune et concertée. Il ressemblait plutôt à la décision d'un arbitre. (...) Pour moi, il ne peut pas y avoir d'accord qui n'envisage pas concrètement la réunification du territoire, de la société, de l'économie et, au final, celle des institutions au sein d'un seul et même Etat. Rien de tout cela n'existait dans le plan Annan. C'est pourquoi le peuple chypriote grec l'a rejeté : nous refusons catégoriquement un Etat qui comporterait deux zones distinctes et deux types de structures communales, alors que 82% environ de la population est grecque." (08.05.2006)

MÉDIAS

Die Welt - Allemagne

Mathias Döpfner et l'avenir du journalisme

Dans un texte consacré à l'avenir du journalisme, Mathias Döpfner, président du directoire de l'éditeur allemand Axel Springer, réagit avec opiniâtreté à un discours de Rupert Murdoch. Le patron du groupe de médias News Corp pense que les lecteurs ne supportent plus les "critères autoritaires" des médias traditionnels et se tournent, par conséquent, vers de nouveaux supports. "Nous ne disparaîtrons pas car les changements sont moins nombreux que nous le pensons", répond Mathias Döpfner, qui résume la différence entre les journaux papiers et Internet en ces termes : "Sur Internet, l'utilisateur dirige le journaliste. Dans un journal, c'est le lecteur qui est dirigé. Internet a inversé le rapport de hiérarchie. Il est, sans le savoir, antiautoritaire et démocratique. Le journal, au contraire, est autoritaire et en a conscience". (08.05.2006)

CULTURE

Der Standard - Autriche

Les arrêts de bus estoniens à l'honneur

Ute Woltron commente avec enthousiasme l'exposition insolite "Stop ! L'attente du bus" présentée au centre d'architecture de Vienne et composée de photographies d'abribus estoniens. L'architecte Markus Steinmair, auteur des photographies, "a passé trois mois en Estonie, parcourant les routes de campagnes, traversant les forêts du nord, discutant avec des personnes qui attendaient le bus, pour tenter d'expliquer le nombre et la diversité des abribus (...). Ce sont des merveilles de système D que l'on doit aux communes et aux riverains". Markus Steinmair raconte une histoire liée à l'une de ces photos : "c'est un petit abri situé à l'entrée d'un village, constitué de deux portes et de quelques planches. C'est un homme qui l'a bricolé pour ses vieux parents afin qu'ils soient protégés des intempéries en attendant le bus". (08.05.2006)

die tageszeitung - Allemagne

Un manuel d'histoire franco-allemand jugé trop lisse

Dorothea Hahn se montre déçue par le premier manuel d'histoire franco-allemand qui sera bientôt introduit dans les deux pays. "Ce manuel d'histoire franco-allemand ne s'intéresse qu'aux grands personnages, aux grands événements et aux grandes institutions (...). Tout ce qui dépasse de ce cadre est coupé. Même les longues dictatures militaires espagnole, portugaise et grecque sont victimes de cette 'réduction pédagogique'. Cela rappelle l'historiographie téléologique de la RDA. A l'époque, elle se servait même des guerres paysannes du XVIe siècle pour justifier l'existence de l'Etat socialiste sur le sol allemand. Cette fois, tous les chemins mènent à l'UE. Il ne nous reste plus qu'à fonder nos espoirs sur les enseignants de France et d'Allemagne. C'est d'eux, et du matériel pédagogique complémentaire qu'ils donneront à leurs futurs bacheliers, que dépendra l'avenir de l'ouvrage : ou il restera une brochure publicitaire pour l'UE, ou il servira de point de départ à des discussions". (08.05.2006)

Élet és Irodalom - Hongrie

Györ accueille le festival 'Mediawave'

Le critique de cinéma Lorant Stöhr fait l'éloge du festival international de cinéma et de musique 'Mediawave' organisé dans la ville de Györ, dans l'Ouest de la Hongrie, et qui se concentre sur des genres, des thèmes et des styles qui sortent des sentiers battus : "Dans le programme, très épais, le festivalier découvre de vraies raretés, comme des films biélorusses indépendants, des documentaires de Sibérie et de Chine du Sud, ainsi que les meilleurs courts métrages espagnoles et latino-américains du festival de Huesca. 'Mediawave' réunit des artistes de pays dont on parle rarement dans notre culture cinématographique et s'intéresse à des genres marginalisés : le documentaire, le court métrage, le film dansé, le film musical ou le film expérimental". (05.05.2006)

Le Temps - Suisse

Une exposition raconte l'histoire de la Suisse au XXe siècle

"Il y a la robe indigo d'Elisabeth Kopp [la première femme à accéder au Conseil fédéral] lors de sa prestation de serment au Palais fédéral en 1984 et la photo de trois jeunes Kosovars albanais appuyés contre le capot d'une BMW. Soit deux façons de montrer la Suisse des trois dernières générations. La robe comme la photographie appartiennent aux objets acquis et stockés par le Musée national de Zurich", écrit Anne Fournier qui propose une visite de l'exposition 'Preview, Parcours à travers la Suisse au XXe siècle'. "Quelle trace garder de l'histoire culturelle d'un pays, de ses mouvements d'humeur ? Selon quels critères ? (...) Il y a un pays à travers un siècle mais plusieurs perspectives pour le regarder." (08.05.2006)

COULEURS LOCALES

Lietuvos Rytas - Lituanie

La Lituanie reste inconnue

Virginijus Savukynas s'est demandé ce que les Européens savaient de la Lituanie, deux ans après l'entrée du pays dans l'Union européenne. "Lorsque je demande à des étrangers ce qu'ils peuvent me dire sur la Lituanie, ils me répondent la plupart du temps que la Lituanie borde la Baltique. Mais ils confondent régulièrement les capitales de la Lituanie, de la Lettonie et de l'Estonie. D'autres devinent que la Lituanie est un pays d'Europe centrale mais seraient incapables de le situer précisément. Beaucoup la situent même dans les Balkans (...). Voilà dix ans que l'on parle de l'image de marque de la Lituanie. Soit, mais laquelle ?" (08.05.2006)

 

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