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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 26.06.2006

 

À LA UNE

La volte-face d'Arcelor

Les dirigeants du groupe sidérurgique européen ont accepté dimanche 25 juin la proposition de rachat de l'Indien Mittal Steel, numéro un mondial du secteur de l'acier, cinq mois après avoir repoussé une première proposition. L'annonce de cette fusion intervient alors qu'Arcelor était encore en négociation avec le russe Severstal, finalement éconduit.

Extraits des publications suivantes:
Tageblatt - Luxembourg, Le Soir - Belgique, Le Figaro - France, Hufvudstadsbladet - Finlande

Tageblatt - Luxembourg

"Le géant européen de l'acier Arcelor, qui va fusionner avec son rival Mittal Steel, s'est pris à son propre piège en faisant monter les enchères grâce à sa proposition de mariage avec le russe Severstal, censée contrer l'OPA hostile de Mittal", écrit le quotidien luxembourgeois. "Les dirigeants d'Arcelor ont joué 'un jeu double' depuis la mi-juin. Pour tenter de se réconcilier avec ses actionnaires, Arcelor a poussé pour établir un contrat de mariage plus présentable avec Severstal et a simultanément amorcé le 13 juin des négociations secrètes à très haut niveau avec son rival Mittal Steel. (...) Une offre d'achat améliorée faite par Mittal à plus de 40 euros, constitue un quasi doublement du prix de l'action Arcelor par rapport à la veille de l'annonce de l'OPA hostile le 27 janvier. Une résistance somme toute payante pour les actionnaires." (26.06.2006)

Le Soir - Belgique

Pour Béatrice Delvaux, rédactrice en chef du journal, les dirigeants d'Arcelor ont exposé "leur ridicule sur la place publique (...) Ce qui choque ? Le passage d'Arcelor-la-belle sous la tutelle de Mittal-le-vorace ? Non, car la surenchère devait s'arrêter et l'issue indienne à ce mauvais thriller était in fine devenue la plus raisonnable. Ce qui choque, c'est cet habillage d'erreurs accumulées. Cette impunité qui donne les allures d'un mariage entre amis où tous les coups ont été permis. La campagne de Russie des dirigeants d'Arcelor devrait être leur bérézina. Si l'on veut qu'une quelconque crédibilité soit accordée à la conclusion de ce vaudeville sidérurgique, il est impératif que le tandem Kinsch-Dollé [respectivement président du conseil d'administration et président de la direction générale d'Arcelor] rende son tablier. (...) L'avenir d'Arcelor ne peut porter leur marque désormais. C'est ce qu'on risque, à jouer à la roulette russe." (26.06.2006)

Le Figaro - France

Nicolas Barré, directeur adjoint de la rédaction, tire "les leçons d'une bataille". "La valeur symbolique de cette fusion est évidente pour des Européens qui ont fondé les premières bases de leur projet d'union autour de l'acier après la guerre. Bien qu'il soit européen par ses statuts, le groupe Mittal s'est développé en moins de deux décennies sur les marchés émergents. Qu'il soit en mesure aujourd'hui de s'offrir un tel fleuron de la Vieille Europe constitue la première leçon, spectaculaire, de cette bataille boursière de cinq mois : les mutations économiques s'accélèrent, les positions acquises n'existent pas, le centre de gravité industriel de la planète se déplace. Faut-il s'en alarmer ? Le projet de mariage Arcelor-Mittal pourrait bien démontrer le contraire. Le futur colosse de l'acier contrôlera 10 % d'un marché mondial en forte croissance." (26.06.2006)

Hufvudstadsbladet - Finlande

Björn Sundell s'intéresse au retour des capitaux du tiers-monde en Europe, après des décennies d'injections financières dans les pays en développement. "La pauvreté des pays du tiers-monde est épouvantable. Mais elle masque le fait que des personnes immensément riches habitent des pays tels que l'Inde, le Nigeria ou le Brésil. C'est en Amérique latine, au Proche-Orient et en Afrique que le nombre de millionnaires croît le plus vite, non en Europe ou aux Etats-Unis. Cela s'explique par la hausse du prix des matières premières qui constituent le fondement des nouvelles fortunes. Aujourd'hui, les millionnaires bâtissent de nouveaux empires dans les pays pauvres." (26.06.2006)

RÉFLEXIONS

Der Spiegel - Allemagne

Ayaan Hirsi Ali et la politique d'asile en Europe

La politicienne néerlandaise Ayaan Hirsi Ali, originaire de Somalie, plaide dans une interview en faveur d'une révision de la politique d'asile en Europe. "La législation date de la Guerre froide, époque à laquelle seules pouvaient prétendre au statut de réfugiés les personnes poursuivies pour des critères politiques, religieux ou sexuels. Aujourd'hui, l'Europe est entourée de pays dont les populations sont pauvres et sans avenir. Il nous faut l'accepter : ces gens-là sont prêts à tout pour trouver le bonheur". Ayaan Hirsi Ali, qui avait elle-même fourni de fausses informations aux autorités néerlandaises dans sa demande d'asile, estime qu'il est "immoral" de demander les raisons d'une fuite. "Lorsque quelqu'un risque la mort sur un bateau entre l'Afrique et les Canaries, c'est manifestement qu'il est désespéré." (26.06.2006)

L'Hebdo - Suisse

Bruno Latour et le discours politique

Le sociologue français Bruno Latour a été reçu docteur honoris causa à l'Université de Lausanne. Dans un entretien avec Michel Audétat, il constate une modification de la relation entre sciences et démocratie. "Il va falloir changer complètement les modes de pensée scientifique et politique. Car on n'a pas vraiment le choix. A l'avenir, on va voir se multiplier les questions comme celles que posent les OGM ou la grippe aviaire, qui sont de véritables imbroglios de faits et de valeurs. (...) Le problème actuel, en Europe, c'est qu'on confond la vie politique avec l'émission d'opinions politiques. Mais ça n'a rigoureusement rien à voir. On peut exprimer des opinions politiques sans jamais préciser le mécanisme expérimental qui permettrait de changer la vie, et elles n'ont alors aucun intérêt. Il s'agit donc de se demander comment construire les nouvelles scènes où l'on change la vie." (26.06.2006)

Gazeta Wyborcza - Pologne

Izabella Cywinska et la situation politique polonaise

La metteur en scène Izabella Cywinska, qui avait été nommée ministre de la Culture juste après le tournant de 1989, compare la situation politique de la Pologne depuis l'arrivée au pouvoir de la droite en mai dernier avec la proclamation de la loi martiale en 1981, au moyen de laquelle le régime communiste combattait le mouvement Solidarnosc. Dans un entretien mené par Roman Pawlowski pour le supplément hebdomadaire féminin du quotidien, 'Wysokie Obcasy', Izabella Cywinska explique qu'"il n'y avait pas eu d'époque aussi politisée depuis la loi martiale. Les plaisanteries sont censurées, certaines pièces de théâtre sont menacées et l'autocensure n'est pas loin. Dans une telle situation, tout devient politique, même lorsque le metteur en scène ne l'a pas voulu (...). Il est étonnant qu'en l'espace de quelques mois, on ait retrouvé l'atmosphère d'il y a 25 ans." (26.06.2006)

POLITIQUE

The Economist - Royaume-Uni

Le mythe de l'Europe musulmane

L'hebdomadaire estime disproportionnée la crainte d'une 'Eurabie', une Europe dominée par les musulmans fondamentalistes. "Faut-il vraiment avoir peur de l'Eurabie ? Ce concept inclut une kyrielle de mythes et quelques réalités. La plupart des mythes portent sur la puissance de l'islam en Europe. L'Union européenne abrite quelque 20 millions de musulmans, soit 4 % de la population. Ce chiffre s'approcherait des 17 % si la Turquie entrait dans l'UE, mais, malheureusement, les Européens le souhaitent beaucoup moins que les Américains. Même en prenant en compte le faible taux de natalité des chrétiens et des agnostiques, les musulmans ne représenteront que 10 % de la population européenne en 2025. De plus, les musulmans d'Europe ne constituent pas un groupe homogène. Les musulmans d'Asie du Sud qui vivent au Royaume-Uni ont plus de choses en commun avec les Britanniques qu'avec les immigrés maghrébins de France ou les Turcs d'Allemagne." (26.06.2006)

Rzeczpospolita - Pologne

Lutter contre les stéréotypes antipolonais

Depuis Jérusalem, Josef Matusz annonce le lancement d'un projet de recherche unissant l'Institut polonais de la mémoire nationale (IPN) et l'Institut israélien Yad Vashem. Les scientifiques des deux fondations vont examiner le destin des Polonais qui ont été poursuivis ou assassinés pour avoir secouru des Juifs pendant la seconde guerre mondiale. Josef Matusz s'est intéressé à la rumeur selon laquelle les Polonais sont partiellement responsables du génocide juif. Il cite Israel Gutman, directeur de recherches à l'institut Yad Vashem et survivant d'Auschwitz. "Nous le savons et vous le savez : on propage beaucoup de stéréotypes sur les Polonais et les Juifs, souvent pour dire que les Polonais ont une part de responsabilité dans l'Holocauste. La seule façon de combattre cette rumeur est de montrer la vérité." (23.06.2006)

Sme - Slovaquie

Prague et Bratislava à la recherche d'un gouvernement

"La formation du nouveau gouvernement slovaque ressemble encore à une loterie. Parallèlement, Prague a signé un traité de coalition trois semaines après les élections", écrit le journal en référence à l'accord de coopération trouvé par les trois partis de la droite tchèque. "Mais l'avance prise par la République tchèque ne veut signifie pas que le pays soit mieux loti. Car le traité sur la formation d'un gouvernement commun composé des conservateurs, des chrétiens-démocrates et des Verts souffre d'un handicap majeur - les partis en question n'ont pas de majorité au Parlement. La répartition des sièges n'y a rien changé (...). Prague dispose donc d'un traité de coalition, mais toujours pas de gouvernement". (26.06.2006)

Cyprus Mail - Chypre

Une affaire de blanchiment d'argent à Chypre

"L'affaire du transfert à Chypre et de la disparition de quantités astronomiques d'argent liquide serbe dans les années 90 a refait surface il y a quelques semaines après la visite dans l'île de l'ancien ministre de la justice serbe Vladan Batic", relate Lucas Charalambous. Le blanchiment avéré de milliards de dollars s'est déroulé alors que la Yougoslavie était sous embargo des Nations Unies. Batic "a fourni des preuves irréfutables de ce délit sans précédent commis à Chypre contre le peuple serbe, avec les Chypriotes comme principaux responsables. Cela a entraîné une tragédie humaine à grande échelle, qui a ruiné la vie de près de 350 000 personnes qui ont été informés un matin par leur gouvernement que leur épargne s'était envolée. (...) Mais pour combien de temps encore les Serbes, qui ont perdu un total de sept milliards d'euros, vont-ils tolérer notre refus d'agir face à ce délit ?" (26.06.2006)

Delo - Slovénie

La Slovénie célèbre 15 ans d'indépendance

Dimanche 25 juin, la Slovénie a fêté ses 15 années d'indépendance. Pour Marko Pecauer, le sentiment dominant lors des festivités a été la nostalgie. "Les rêves qui étaient permis alors, le sentiment qui unissait les Slovènes, n'avaient jamais été aussi forts et ne l'ont plus jamais été (...). Le Premier ministre slovène a expliqué que l'une des grandes leçons de l'indépendance slovène était qu'il fallait apprendre à surmonter ses peurs. Il ne faut pas se contenter de ce que l'on a. Nous pouvons faire mieux (...). Peut-être aimerions-nous retrouver les sentiments que nous avions alors, même si nous savons qu'ils font désormais partie de l'Histoire". (26.06.2006)

SPORT

The Daily Telegraph - Royaume-Uni

Les hooligans britanniques font encore parler d'eux

Le chroniqueur Jim White se sent honteux après les deux incidents de samedi 24 juin à Stuttgart. Des supporters anglais ont jeté des bouteilles et des chaises en plastique sur des Allemands qui célébraient leur victoire 2-0 face à la Suède. Plusieurs centaines d'entre eux ont été arrêtés. Les hooligans "semblent avoir à coeur de rejeter avec mépris toute idée de communion et de fête. Pour cette bande d'individus à la mine renfrognée, aux crânes rasés et aux joues pendantes, la simple vue d'autochtones fêtant leur victoire, agitant des drapeaux et entonnant des chansons est une provocation de trop. (...) Les événements de samedi nous rappellent que le mal est encore là. Les interdictions de matchs et les places réservées aux entreprises ont certes réduit l'influence de cette bruyante minorité. Mais ils sont toujours là, imperméables à l'esprit du jeu, ruminants et intolérants. (...) L'Angleterre disputera les quarts de finale samedi prochain à Gelsenkirchen. Les habitants du coin feraient bien de s'y préparer." (26.06.2006)

MÉDIAS

Sydsvenska Dagbladet - Suède

Le prix de la liberté d'expression

Vendredi 23 juin, le caméraman suédois Martin Adler a été abattu en pleine rue dans la capitale somalienne de Mogadiscio. Le journal suppose que cet assassinat a pour objectif de faire partir les journalistes afin de réduire la couverture médiatique du conflit. Martin Adler est le 26e journaliste assassiné dans le monde depuis le début de l'année. "Le combat pour la liberté d'expression continue. Ceux qui veulent transmettre l'information risquent encore leur vie et leur liberté dans de nombreux pays. Et dans certaines parties de l'Afrique et au Moyen-Orient, la situation empire. C'est pourquoi le gouvernement suédois ne doit pas ménager sa peine. Il faut que les dirigeants somaliens trouvent les responsables de la mort de Martin Adler. Non pas que la vie des journalistes suédois vaille plus cher que d'autres vies, mais la liberté d'expression n'a pas de prix". (26.06.2006)

ABC - Espagne

Quelle réponse légale apporter au téléchargement ?

Le Parlement espagnol vient d'adopter une nouvelle loi sur la propriété intellectuelle, qui réglemente les téléchargements de fichiers sur Internet par le biais d'une licence légale. Le quotidien conservateur juge que la nouvelle loi ne résoudra pas le problème. "Malgré le consensus politique, de nombreuses parties concernées expriment un fort mécontentement face à une loi qui ne prend pas en compte tous les aspects d'une question si complexe. La loi va entraîner une hausse des prix de certains produits, ce qui ne bénéficie en rien au développement de la société d'information. Il est probable qu'elle génère davantage de conflits (...) et n'est en rien une garantie d'une baisse des recours devant les tribunaux. Il aurait fallu que la législation soit établie avec l'accord de tous les secteurs, sans avantager ceux qui ont la plus grande capacité à faire pression sur le ministère de la Culture." (26.06.2006)

CULTURE

Die Welt - Allemagne

Kathrin Passig remporte le concours Bachmann

Le concours littéraire Ingeborg Bachmann a pris fin ce week end à Klagenfurt, en Autriche, couronnant l'essayiste du quotidien allemand 'tageszeitung', bloggeuse et auteur Kathrin Passig. Elmar Krekeler approuve cette décision. "Un thriller mortellement drôle. Une parabole littéraire, une parabole de la vie. Une vision du monde. Une découverte. Le monde dans lequel nous vivons est ainsi. Désespérement drôle". Le journaliste a néanmoins été déçu par le reste de la manifestation. "Les textes sont d'une froide sérénité. Les auteurs ne veulent pas se compromettre. Pourtant, il doit bien y avoir quelque chose à sauver chez les personnages ou, espérons-le, chez les auteurs. On a envie de les supplier, s'il vous plaît, ne nous laissez pas dormir, remuez-nous, captivez-nous, surprenez-nous. Mais aucun ne s'exécute." (26.06.2006)

Libération - France

Montpellier célèbre la danse méditerranéenne

La 26éme édition du festival Montpellier Danse, consacrée aux artistes méditerranéens, s'est ouverte samedi 24 juin. Son président Jean-Paul Montanari insiste dans un entretien avec Marie-Christine Vernay sur la portée politique de la manifestation. "Ce festival est un soutien à l'émergence d'une danse 'nouvelle', liée à l'évolution sociale, économique. (...) Ce dont j'ai pris conscience, plus que jamais, dès les débuts de ce festival, c'est l'extrême importance de la circulation des oeuvres et des artistes. Cette notion est essentielle pour la construction européenne. L'obtention des visas devrait être une priorité. (...) Par rapport à l'édition 92, déjà consacrée à la Méditerranée, je ne vois pas les choses s'arranger. Tout glisse : la gauche vers la droite, la droite vers l'extrême droite." (26.06.2006)

Élet és Irodalom - Hongrie

Le nationalisme et l'art des minorités

Le célèbre Musée Ersnt de Budapest expose l'art des minorités ethniques de Hongrie et des minorités hongroises de l'étranger. L'exposition est "l'exemple même de la pensée discriminante hongroise", s'emporte Vilmos Agoston. Les Roms qui vivent en Hongrie depuis 600 ans y sont présentés comme une ethnie apatride. Le journaliste demande aux responsables politiques de reconnaître que "la Hongrie est la patrie et la terre des ancêtres des Roms (...). Apparemment, ce ne sont pas les oeuvres d'art qui forment le coeur de l'exposition, mais l'origine ethnique des artistes (...). Bien qu'elle soit baptisée 'Espace commun', l'exposition ne s'intéresse ni à l'art des peuples voisins, ni à celui des minorités de Hongrie." (23.06.2006)

 

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