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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 25.07.2006

 

À LA UNE

Le nouvel ordre économique mondial attendra

Les négociations du cycle de Doha, entamées en 2001 entre les pays membres de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), se sont soldées par un échec lundi 24 juillet à Genève. Les pays riches s'accusent mutuellement d'être responsables de cette déroute, dont les pays en développement seront les premières victimes.

Extraits des publications suivantes:
Financial Times - Royaume-Uni, Die Presse - Autriche, La Vanguardia - Espagne, La Repubblica - Italie

Financial Times - Royaume-Uni

Le quotidien économique estime que le désaccord sur les subventions agricoles n'est pas seul à l'origine de l'échec des pourparlers de Doha. "Le vrai problème est que la minorité bénéficiant des mesures protectionnistes a eu un poids politique plus important que la majorité qui aurait tout à gagner à la libéralisation, et qui parfois ne le réalise pas. S'il y a un avenir pour le libre-échange, il faut que cela change. (...) L'argument en faveur de la libéralisation du commerce est simple : on ne se saborde pas soi-même. La libéralisation a échoué parce que ses défenseurs n'ont pas su expliquer cela. Ils se sont plutôt appuyés sur la fiction mercantiliste sur laquelle l'OMC est basée : que les négociations commerciales sont supposées compenser les pertes que causent les produits d'importation à bas prix par une augmentation des opportunités d'exportation. (...) Les défenseurs du libre-échange ont maintenant du temps pour trouver une nouvelle stratégie de promotion. Peut-être devraient-ils essayer de dire la vérité." (25.07.2006)

Die Presse - Autriche

Martin Kugler attribue l'échec du cycle de Doha à l'obstination des Européens et des Américains. "De toute évidence, les négociations de l'OMC ont échoué. Et avec elles l'OMC toute entière. Voilà dix ans, l'organisation succédait au GATT et enregistrait un premier succès en supprimant les barrières commerciales : les droits de douanes étaient revus à la baisse, les autres obstacles au commerce réduits et les règlements douaniers simplifiés. L'intégration progressive du monde à laquelle nous assistons serait impensable sans l'OMC. Aujourd'hui, pourtant, l'organisation menace de se transformer en simple gestionnaire du statu quo, en instance chargée de régler les litiges. Elle n'aura désormais plus la possibilité d'influer sur la marche de l'économie mondiale : les Etats-Unis eux-mêmes, comme d'ailleurs un nombre croissant de pays européens, ont annoncé qu'ils entendaient multiplier les accords commerciaux bilatéraux. De cette manière, les pays en développement seront soumis à la supériorité des 'grands'". (25.07.2006)

La Vanguardia - Espagne

Gonzalo Fanjul Suarez, coordinateur de l'ONG espagnole Intermon Oxfam, dénonce le "marketing moderne" des pays riches à l'OMC. "Il y a cinq ans, ils promettaient d'équilibrer les règles du commerce international et de mettre les intérêts des pays pauvres au centre du processus. (...) Mais à présent les pays pauvres courent sérieusement le risque de sortir des négociations en plus mauvaise posture qu'ils n'y sont entrés. Les puissants lobbies agricoles d'Europe et des Etats-Unis ont réussi à empêcher les réformes que les pays en développement réclament depuis des années. Et pourtant les pays riches exigent que les pays pauvres lèvent les barrières sur leurs marchés intérieurs d'industrie et de services. (...) Le gouvernement espagnol a particulièrement fait preuve de lâcheté, se réfugiant derrière la France, qui veut assurer ses privilèges agricoles. L'Espagne s'est révélée incapable de demander une position plus solidaire avec les pays pauvres." (25.07.2006)

La Repubblica - Italie

L'éditorialiste Andrea Bonanni estime que les pays les plus pauvres sont victimes de l'échec des négociations, mais aussi l'Europe. "Les négociations à l'OMC ont donc échoué, on ne sait pas si et quand elles pourront reprendre. Déjà moribond en politique avec la crise croissante qui touche les Nations unies, le multilatéralisme risque de prendre un coup mortel en économie. Et pour l'Europe, comme d'habitude géante aux pieds d'argile, s'ouvre une nouvelle phase de crises, graves de conséquences (...). Toutefois la fin du multilatéralisme ne veut heureusement pas dire la fin du marché mondial, ni celui de la montée de la libéralisation du commerce." (25.07.2006)

RÉFLEXIONS

The Independent - Royaume-Uni

Hawking défend la recherche sur les cellules souches

Dans une déclaration au quotidien, le célèbre scientifique Stephen Hawking, qui souffre d'une maladie dégénérative des neurones moteurs, a défendu la recherche sur les cellules souches. Ses commentaires ont précédé la décision de l'UE, lundi 24 juillet, de continuer à financer ce type de recherche sous certaines conditions. "L'Europe ne doit pas suivre l'attitude réactionnaire du président Bush, qui a récemment opposé son veto à une loi du Congrès, largement soutenue par la population américaine, qui aurait permis de financer avec des fonds fédéraux la recherche sur les  cellules souches. Ce type de recherche est la clé pour trouver des traitements aux maladies dégénératives, comme Parkinson ou celle dont moi-même et beaucoup d'autres souffrent. (...) Le fait que les cellules soient prélevées à partir d'embryons n'est pas une objection suffisante puisque les embryons sont de toute façon voués à mourir. Cet acte est moralement équivalent à utiliser le coeur d'une victime d'accident de la route pour une greffe." (25.07.2006)

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Andrzej Stasiuk et la mélancolie polonaise

"Mon pays est gouverné par des jumeaux. Mon pays devient chaque jour plus ambigu et plus mélancolique", commente l'écrivain Andrzej Stasiuk à propos des frères Lech et Jaroslaw Kaczynski. "Parfois, ils font penser à deux vieux nourrissons usés par la vie. Mais leur présence au pouvoir masque une vérité plus profonde, le sens caché de la démocratie. Mon pays a élu là ses meilleurs représentants, car mon pays est fatigué, exténué, il fait penser à un enfant éreinté. Cette fatigue, habituellement typique du quatrième âge, nous frappe aujourd'hui en pleine jeunesse, au berceau. Avant même d'apprendre à marcher, nous sommes épuisés. Enfermés dans une chambre d'enfant, nous sentons la maison de retraite. Nous ne trouverons pas de meilleurs acteurs pour ce drame national que nos jumeaux fatigués au physique rondouillard. Il est bien possible que, d'instinct, le choix du peuple se soit porté sur la chair de sa chair". (25.07.2006)

POLITIQUE

Corriere della Sera - Italie

Objectifs modestes pour le Sommet de Rome

Une conférence internationale sur le Liban se tiendra à Rome demain 26 juillet. Elle réunira les ministres des Affaires étrangères des puissances occidentales et des pays arabes ainsi que le Premier ministre libanais Fouad Siniora. Franco Venturini, éditorialiste spécialiste des affaires internationales, rappelle qu'"en indiquant les objectifs de la conférence, Massimo D'Alema [ministre des Affaires étrangères italien] est resté prudent : soulager la crise humanitaire, vérifier les conditions d'une trêve, imposer l'envoi d'une force multinationale de paix. La diplomatie italienne fait son métier. Mais il existe un autre agenda pour ce sommet, plus courageux et plus risqué et par conséquent moins mis en avant, avec à l'ordre du jour les deux questions complexes que sont la Syrie et Israël." (25.07.2006)

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Le Kosovo se cherche une identité

Martin Woker, correspondant du journal dans les Balkans, signe un reportage instructif sur la province du Kosovo, qui fait toujours officiellement partie de la Serbie et dont le statut futur fait actuellement l'objet de négociations, toujours sans résultats. "Le Kosovo a un besoin urgent de signes de ralliement nationaux. A commencer par un simple drapeau. Il n'est pas impossible que la province se voit accorder une forme d'indépendance d'ici la fin de l'année. A l'époque de l'Etat pluriethnique yougoslave, le Kosovo n'a jamais possédé le statut officiel de république (bien qu'il l'ait été dans les faits) et n'a donc jamais eu besoin d'emblème. Il est difficile de s'imaginer qu'un Kosovo indépendant puisse reprendre le drapeau albanais, et ce pour deux raisons. D'abord, cela donnerait raison à ceux qui affirment que l'indépendance du Kosovo ne sera qu'une étape vers la création d'une grande Albanie. Ensuite, cela permettrait aux Albanais de revendiquer le nouveau pays en s'appuyant sur des motifs ethniques". (25.07.2006)

Libération - France

Nicolas Sarkozy régularise au compte-gouttes

Dans une interview réalisée par Catherine Coroller, le sociologue et démographe François Héran commente la décision du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy de satisfaire 30 % des 20 000 demandes de régularisations de sans papiers. "6 000 personnes pour 60 millions d'habitants, c'est 1/10 000, c'est-à-dire 0,01 %, et 20 000, c'est 0,03 %. Pour un statisticien, c'est voisin de zéro. (...) Mais le gouvernement craint un appel d'air incontrôlable. C'est difficile à prouver, tout comme il est difficile de prouver la métaphore inverse, celle de la fermeture des frontières qui piège les migrants en les dissuadant de repartir. Il existe peu de recherches sur le sujet : les données manquent et trop de paramètres bougent en même temps. On invoque la poussée migratoire après la régularisation de 1997, mais elle reste très inférieure à celle observée en Europe." (25.07.2006)

La Libre Belgique - Belgique

Des patrouilles européennes contre l'immigration clandestine

Face à l'afflux de clandestins, plusieurs pays ont appelé à la solidarité européenne, lors de la réunion des ministres de l'Intérieur de l'UE, lundi 24 juillet à Bruxelles. "On récupère les corps sans vie comme des poissons morts dans des rivières polluées. Pouvons-nous observer sans rien faire toutes ces personnes mourir au seuil de l'Europe ?" a dénoncé Tonio Borg, ministre maltais de l'Intérieur, dont le quotidien belge rapporte les propos. "Malte est le deuxième pays du monde en nombre de réfugiés par habitant. Des patrouilles vont être mises en place au large des Canaries et de Malte. Ces patrouilles échoueront peut-être, mais il faut essayer. Si nous laissons les pays se débrouiller seuls, la situation se retournera un jour ou l'autre contre nous. Or, beaucoup de pays se montrent insensibles à ce problème", a-t-il regretté. (25.07.2006)

Pravda - Slovaquie

Les socialistes européens se détournent de Robert Fico

Le président du Parti socialiste européen, Poul Nyrup Rasmussen, entend exclure le parti slovaque du Premier ministre Robert Fico (le Smer) de son groupe parlementaire. A l'origine du projet, l'alliance du Smer avec les partis nationalistes et extrémistes pour la formation d'une coalition. "Les sociaux-démocrates ne peuvent tolérer la haine raciale ou ethnique, en l'occurrence à l'encontre des minorités hongroise et rom de Slovaquie. La décision de suspendre ou non nos contacts avec le Smer sera prise lors de notre prochaine réunion en octobre", explique Rasmussen. Le journal pronostique "un affaiblissement de la position de la Slovaquie dans l'Union européenne et la mise en quarantaine du Premier ministre Fico lors des rencontres qui précèdent les réunions du Conseil des ministres de l'UE". (25.07.2006)

Rzeczpospolita - Pologne

L'armée américaine prend position en Pologne

Les Etats-Unis envisagent d'installer un bouclier anti-missiles en République tchèque, mais également en Pologne. Jedrzej Bielecki est favorable au projet. "Le gouvernement polonais se trouve aujourd'hui face à un problème majeur de politique étrangère. Certes, répondre favorablement aux Américains reviendrait à accepter la présence sur notre sol d'une armée sur laquelle la Pologne n'aurait aucune influence, et ce pour la première fois depuis le retrait des troupes soviétiques. Mais il serait au moins aussi risqué d'opposer un refus aux Américains. Pour la première fois, nous avons la possibilité de renforcer la sécurité du pays. Face aux tendances autoritaires de la Russie et à la crise politique européenne, ce dossier devrait être une priorité pour le gouvernement polonais". (25.07.2006)

ÉCONOMIE

To Vima - Grèce

La banque grecque Emporiki très convoitée

"Aujourd'hui est un grand jour", annonce le journaliste Giorgos Papaionnou. "C'est le jour de clôture officielle du dépôt des offres de rachat de la seconde banque nationale grecque, la Emporiki. Un coup de théâtre n'est pas à exclure. Après de nombreuses péripéties, il ne reste plus que le [français] Crédit Agricole en lice. Mais trois banques privées grecques, Alpha, Eurobank et Pireos, pourraient s'être unies pour déposer un dossier commun aujourd'hui. Pourtant, le rachat de la Emporiki par le Crédit agricole constituerait une véritable avancée, car il n'y a pas de banque grecque assez puissante pour s'intégrer au marché international. Il reste un autre obstacle, le ministre grec de l'Economie Giorgos Alogoskoufis. Il considère que l'offre des Français n'est pas assez élevée. Mais le ministre oublie que la Grèce a actuellement bien besoin de liquidités." (25.07.2006)

MÉDIAS

Élet és Irodalom - Hongrie

Le droit de critiquer les décisions de justice

Le président de la Cour suprême de Hongrie, Zoltan Lomnici, souhaite que les critiques à l'encontre des décisions de justice soient interdites dans les journaux quotidiens et hebdomadaires, pour n'être autorisées que dans les revues spécialisées. Zoltan Kovacs, rédacteur en chef de l'hebdomadaire Elet es Irodalom, défend le droit de la presse d'aborder tous les sujets. "Après le tournant de 1989, de nombreux espoirs ont été déçus, mais, en dépit de quelques effets secondaires, la publicité des décisions de justice est d'une valeur inestimable. Elle joue un rôle positif sur des structures qui ont été verrouillées pendant cinquante ans. Elle empêche notamment que les administrations ne s'isolent et se soustraient au contrôle de la société (...). Zoltan Lomnici estime que ce contrôle ne fonctionne pas et qu'il doit donc être limité. A ses yeux, il serait plus confortable de n'autoriser les débats sur ses décisions de justice que dans les revues spécialisées, celles-ci disposant d'un lectorat plus restreint. Il est en effet fatigant d'être confronté aux critiques de la presse." (21.07.2006)

CULTURE

Die Welt - Allemagne

Ouverture du festival de Bayreuth

Demain, 26 juillet, débutera le festival Richard Wagner de Bayreuth. Cette année, le dramaturge allemand Tankred Dorst met en scène l'ensemble de la Tétralogie, que dirigera Christian Thielemann. La joie de Manuel Brug est modérée. "Le festival de Bayreuth ne joue plus aujourd'hui un rôle souverain, il ne fait que suivre. La nomination par un directeur de 86 ans d'un novice de la mise en scène de 80 ans - pour une oeuvre fleuve de 16 heures - ressemble fort à une mauvaise plaisanterie (...). L'art ne semble plus être l'objectif premier, comme le voulait Richard Wagner. Le 'soap opera' du clan Wagner se fait chaque année plus trivial. Et comme la loi du silence a vécu, les indiscrétions parviennent toujours plus nombreuses aux oreilles d'un public friand d'histoires croustillantes sur les coulisses du festival. Il se dit ainsi que Wolfgang Wagner erre dans la salle de concert, l'air perdu, et qu'il ne cesse de prendre de haut ses novices de metteurs en scène. Quant à la vénérable Madame Gudrun, on pourrait croire à voir sa tête que son chien est mort". (25.07.2006)

Le Temps - Suisse

Les couleurs enseignées par Johannes Itten

Philippe Mathonnet s'est rendu au Museum Liner d'Appenzell, qui consacre une exposition au peintre suisse Johannes Itten, "le plus excentrique des professeurs du Bauhaus". Le journaliste explique pourquoi l'enseignement d'Itten, empreint de zoroastrisme, marqua son époque. "Son principal apport aura été d'analyser, de théoriser comment les couleurs réagissent les unes en fonction des autres. En dressant le vocabulaire et la grammaire des couleurs, Johannes Itten a permis aux artistes modernes et designers de parler un langage pleinement artistique. C'est lui qui a mis en évidence les interactions, les contrastes, la manière des couleurs de se repousser - à utiliser pour des compositions plus vivantes. Qui a montré que les couleurs chaudes semblent avancer et les couleurs froides reculer ; ainsi que d'autres effets. Un réel gourou, donc". (25.07.2006)

 

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