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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 09.08.2006

 

À LA UNE

La sûreté du nucléaire en question

Deux incidents ont eu lieu presque coup sur coup dans les centrales de Forsmark, en Suède, et de Temelin, en République tchèque. Ces deux évènements rappellent aux Européens la catastrophe de Tchernobyl et les risques que comporte la technologie nucléaire, une des principales sources d'énergie du continent.

Extraits des publications suivantes:
Le Figaro - France, Der Standard - Autriche, Frankfurter Rundschau - Allemagne

Le Figaro - France

"Les pays d'Europe occidentale craignaient surtout jusqu'alors la vétusté des réacteurs d'Europe de l'Est. Depuis la chute du rideau de fer, les centrales de l'ancien bloc de l'Est ont été modernisées et portées au niveau des normes de sécurité européennes, avec la maîtrise d'oeuvre d'entreprises occidentales. Dans les années 1990, l'Américain Westinghouse avait ainsi été chargé de rénover les réacteurs VVER 1000 à eau pressurisée de Temelin, d'origine soviétique, en leur adjoignant notamment une enceinte de confinement. Cela n'a pas empêché que la centrale nucléaire de Temelin, en Bohême du Sud, a connu une 'sérieuse défaillance'", explique Maurin Picard. Et après l'incident survenu fin juillet dans la centrale suédoise de Forsmark, "le débat sur la sûreté du nucléaire est relancé en Europe". (09.08.2006)

Der Standard - Autriche

Selon Alexandra Föderl-Schmid, ce n'est pas un hasard si deux incidents graves survenus dans des centrales nucléaires européennes ont été révélés en même temps. "Dans la centrale nucléaire de Forsmark, les mesures de sécurité n'ont pas été respectées. Un expert a même parlé du plus grave incident depuis Tchernobyl. Adieu, donc, l'argument selon lequel les réacteurs européens sont à l'abri des catastrophes. Quelques jours après, plusieurs milliers de litres d'eau irradiée se sont échappés de la centrale tchèque de Temelin, à quelques dizaines de kilomètres seulement de la frontière autrichienne. Le réacteur concerné avait été stoppé en raison d'une fuite sur une conduite d'huile. Ces deux incidents révélateurs vont ranimer le débat sur l'utilisation de l'énergie nucléaire en Europe. C'est bien ainsi, car tout semblait aller dans le sens d'un essor de l'atome sur le continent". (09.08.2006)

Frankfurter Rundschau - Allemagne

Vera Gaserow salue la décision du ministre allemand de l'Environnement d'ordonner un contrôle de la sécurité des centrales nucléaires allemandes après l'incident survenu en Suède. "Il est possible que le ministre ait l'intention d'instrumentaliser le risque d'incident dans le débat sur le retour à l'énergie nucléaire. Mais en affichant clairement sa position sur la sécurité nucléaire, il rappelle aux partisans de l'atome leurs points faibles. Le gouvernement a signé un moratoire sur le nucléaire avec les groupes énergétiques : vous acceptez une sortie progressive du nucléaire, nous garantissons le bon fonctionnement des centrales. La mise à jour nécessaire des installations nucléaires a été ajournée ou opérée avec des gants. Entre-temps, les exploitants de centrales nucléaires se détachent progressivement de l'accord sur le démantèlement progressif. Après l'incident suédois, qui aurait pu tourner à la catastrophe, la classe politique devrait leur faire comprendre qu'elle peut aussi changer de méthodes s'il le faut". (09.08.2006)

RÉFLEXIONS

The Guardian - Royaume-Uni

La platitude des spécialistes du Proche-Orient

Le chroniqueur Simon Jenkins est effaré par la platitude des commentaires sur le conflit au  Proche-Orient. "Si la première victime de la guerre est la vérité, la seconde en est l'opinion. Pendant que les soldats combattent, que les diplomates se démènent et que les civils meurent, les grandes plumes se livrent une piètre bataille sur le Proche-Orient. La formule est éculée. Cela commence invariablement par une liste des atrocités attribuées équitablement aux Israéliens et au Hezbollah, suivie d'une marque de sympathie nuancée pour chacun des deux camps. Ayant ainsi démontré son impartialité, l'auteur ajoute une cuillérée de banalités historiques selon lesquelles l'Occident est à blâmer, en prélude à une 'proposition' aussi facile qu'invraisemblable. Vient enfin un appel tonitruant à ce que chaque partie fasse preuve de qualités abstraites, si d'aventure 'la paix devait reprendre ses droits' - et la supériorité morale de l'Occident est ainsi démontrée". (09.08.2006)

Le Monde - France

Daniel Vernet et l'islamisme totalitaire

"La guerre actuelle au Proche-Orient est conçue comme un épisode de l'affrontement entre l'Occident démocratique et libéral d'une part, le fondamentalisme islamiste d'autre part, qui a choisi le terrorisme pour promouvoir sa conception totalitaire - au sens de la définition d'Hannah Arendt (1906-1975) - du monde", remarque le chroniqueur Daniel Vernet. "Le problème avec cette approche est moins la caractérisation de l'islamisme fondamentaliste comme forme de totalitarisme - qui ne peut pas être en effet rejetée d'un revers de main - que le raisonnement par analogie. (...) Les analogies peuvent être trompeuses. Si le fondamentalisme islamiste est une idéologie totalitaire, utilisant parfois le terrorisme, et s'il doit être combattu comme tel, il ne dispose pas des appareils d'Etat que les grands totalitarismes du XXe siècle mettaient au service de leurs ambitions. Les moyens de la guerre classique n'en viendront pas à bout. Se tromper de diagnostic débouche sur une erreur de prescription et de nouvelles catastrophes. Voir l'Irak". (09.08.2006)

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Gerhard Matzig et les gratte-ciel en Europe

Gerhard Matzig redoute que le scepticisme européen à l'égard des gratte-ciel n'anesthésie l'urbanisme. Selon les études des Nations-Unies, les deux tiers de la population mondiale vivront d'ici 2035 dans des villes de plus en plus peuplées, y compris sur le plan vertical. "L'Europe doit, elle aussi, réfléchir au concept de ville verticale. Et si possible de manière plus approfondie que les autres continents. D'abord, pour des raisons écologiques : le tarissement perceptible des sources d'énergie supprimera bientôt la mobilité qui nous semble aujourd'hui naturelle et, par la même occasion, la dichotomie traditionnelle entre centre-ville et banlieue. Il s'ensuivra une concentration urbaine. Et c'est là qu'interviennent nécessairement les gratte-ciel (...). Si elle ne veut pas se transformer en musée du monde asiatique et souhaite maintenir en vie son héritage culturel citadin, l'Europe doit se pencher sur l'avantage que représente la dimension verticale. Il n'est pas ici question des 'super gratte-ciel', aberrants sur le plan économique comme écologique, mais de voir le plan vertical comme un espace de vie potentiel". (09.08.2006)

POLITIQUE

El País - Espagne

Polémique autour d'une manifestation de Batasuna

Interdit de toute activité politique depuis 2003, le parti Batasuna, qui est le bras politique de l'organisation séparatiste basque ETA, a appelé à une manifestation le 13 août à Saint-Sébastien sous le slogan 'Pays basque, autodétermination'. La justice espagnole a autorisé ce rassemblement mais a demandé le retrait de toute référence à Batasuna dans les slogans ou les pancartes. Le quotidien juge que "cette situation est bancale. La stratégie employée par le parti Batasuna fait qu'il est impossible de revoir l'application de la loi prévoyant une période de transition avant toute légalisation. Il n'a pas manifesté son intention de se soumettre à la loi, et semble plutôt attendre que ce soit l'Etat de droit qui s'adapte à ses positions, celles-là même qui ont pourtant conduit à son interdiction et à sa dissolution judiciaire". (09.08.2006)

Diena - Lettonie

L'index mondial de la liberté économique

D'après un classement établi par plusieurs ONG et instituts internationaux sur la liberté économique et individuelle (le State of World Liberty Index), la Lettonie occupe la 20e place au classement mondial. Un résultat honorable, estime Peteris Strautins, même si c'est son éternelle concurrente, l'Estonie, qui en occupe la première place. "On pourrait essayer de se rassurer en disant que les Estoniens font tout pour paraître 'occidentaux' alors qu'ils sont en réalité habités par les mêmes angoisses que nous. Pourtant, la Lettonie est plus sujette à la corruption. Et la crainte augmente à l'égard des personnes qui sont perçues comme une menace, par exemple les représentants des minorités sexuelles, qui veulent avoir le droit de défiler pacifiquement dans le centre-ville. Cette hystérie n'est pas apparue spontanément, mais a été provoquée par des responsables politiques qui souhaitent détourner l'attention de la société de leurs magouilles". (09.08.2006)

De Morgen - Belgique

Les dérives extrêmes de la droite polonaise

"Dans la Pologne d'aujourd'hui, le catholicisme n'est plus une religion mais une idéologie", s'inquiètent les chercheurs universitaires Tomek Kitlinski et Stéphane Symons dans le quotidien progressiste. "Le nouveau gouvernement polonais est nationaliste jusqu'à l'extrême. Ses règles de conduite sont : la Pologne aux Polonais, les femmes au foyer, les 'holebi' [homo, lesbiennes et bisexuels] en enfer. L'avortement a été interdit et, surtout, il y a de plus en plus de femmes touchées par le chômage et la pauvreté. L'homosexuel est insulté dans la rue, au sein du Parlement, par le gouvernement et dans les médias. Cette homophobie va de pair avec l'antisémitisme et la haine des Roms et les Tziganes, ainsi que celle des réfugiés". (09.08.2006)

Gazeta Wyborcza - Pologne

La gauche polonaise doit défendre les valeurs européennes

Michal Syska, vice-président du parti Social-démocratie de Pologne (SDPL) représenté au Parlement européen, critique les orientations nationalistes de la politique du parti conservateur Droit et Justice (PiS) actuellement au pouvoir. "Pour les responsables du PiS, le projet d'Europe fédérale est artificiel. Ils lui opposent le concept d'Etat-nation, qu'ils ne présentent non pas comme une structure créée par l'homme, mais comme une entité autonome naturelle. L'identité nationale, son principal fondement, est homogène (les liens ethnico-religieux permettent la cohésion de la communauté), exclusive (l'espace public est réservé à la majorité nationale et religieuse...) et combative". La gauche polonaise ne doit "pas laisser le camp du gouvernement claquer la porte au nez de l'Europe". En effet, "pour une partie du pays, l'intégration à l'UE signifie également (et peut-être surtout) l'importation en Pologne des valeurs de tolérance, d'ouverture et d'acceptation de la diversité". (09.08.2006)

Právo - République tchèque

Le casse-tête du bouclier anti-missile américain

Jiri Dienstbier, ancien dissident et premier ministre des Affaires étrangères tchécoslovaque après la chute de l'URSS, se déclare opposé à la création d'un bouclier anti-missiles américain sur le sol tchèque. "Nous devrions nous garder d'entamer une nouvelle course aux armements dans un monde déjà fragilisé", estime-t-il en expliquant que la présence d'une base américaine en République tchèque risquerait d'inquiéter la Russie. "Nous attendons-nous vraiment à une attaque des islamistes fondamentalistes, décidés à mener une 'guerre des civilisations' contre les 'Satans' occidentaux ? Tout est possible, mais un tel scénario ne se produira probablement pas avant plusieurs décennies. On a du mal à comprendre pourquoi les Tchèques devraient prendre part à ce bouclier anti-missiles, et non les autres, sans tenir compte de nos alliés de l'OTAN et de l'UE. La République tchèque n'a pas d'obligation militaire envers les Etats-Unis, mais envers l'OTAN. Notre statut de membre ne nous permet pas de signer un contrat bilatéral aussi lourd de conséquences avec un autre membre, aussi puissant soit-il". (09.08.2006)

ÉCONOMIE

Diario Sur - Espagne

L'UE et la libre concurrence

Le quotidien s'appuie sur le blocage par l'Italie de la fusion des sociétés autoroutières espagnole Abertis et italienne Autostrade pour analyser le rôle régulateur de l'UE en matière de concurrence. "Bien que cette fonction figure dans les fondements du Traité de Rome, on était peu habitué à voir l'UE agir dans ce secteur. Bruxelles avait toujours été considérée comme une gigantesque machine de redistribution de fonds au sein de laquelle on acceptait, et on encourageait même, le corporatisme national impliquant l'exclusion des entreprises étrangères. Du coup, le fait que les autorités européennes s'opposent aux manoeuvres de Montilla [le ministre espagnol de l'Industrie s'est opposé à une OPA allemande sur un groupe ibère] et Di Pietro [ministre italien des infrastructures] constituent une bonne nouvelle pour les citoyens de l'Union". (09.08.2006)

CULTURE

Le Soir - Belgique

DreamWorks relance la guerre franco-britannique

"Notre petit doigt nous dit que la dernière production des studios DreamWorks animera pas mal de conversations sur l'Eurostar Paris-Londres", anticipe Nicolas Crousse. "C'est que dans 'Souris-City', qui sera sur nos écrans à la fin de l'année, la guerre entre les rats britons et les grenouilles camembert fait rage. Et que c'est d'abord une guerre de clichés. D'un côté, le clan des rats, emmené par Roddy, bobo royaliste installé à Kensington, et Rita, rouquine underground déambulant en jean moulant aux couleurs du drapeau britannique. (...) De l'autre côté, le clan des batraciens. (...) On l'a deviné : ce bras de fer culturel, qui oppose de vrais ringards (suivez mon regard) à d'authentiques branchés, basculera à l'avantage des Anglais. (...) Le Français, en somme, est aujourd'hui au monde anglo-saxon ce que le Belge était à la France des années 70 : un bouc émissaire de rêve. La roue tourne." (09.08.2006)

24 heures - Suisse

Le pouvoir politique et la défense des arts

Interviewé en marge du festival de Locarno, Moritz Leuenberger, président de la Confédération suisse, livre son opinion sur le rôle culturel des autorités. "L'art est une puissance qui anime notre société et qui dans ce pays doit pouvoir se développer en respectant le principe de la séparation des pouvoirs, ceci en toute indépendance. Le cinéma, comme tout autre art, doit pouvoir se développer. Le rôle du politicien, c'est de rendre ce développement possible. Je ne parle pas là de subventions, qui ne sont pas de mon ressort, mais du fait que l'art a toujours joué un rôle essentiel dans l'histoire de l'homme. Que cela soit les architectes ou les peintres à la Renaissance ou par les écrivains lors du siècle des Lumières. Aujourd'hui, le cinéma fait partie de ce pouvoir artistique. La politique a le devoir de laisser à ce pouvoir la liberté de s'émanciper. Et sans le soutien financier, c'est impossible". (09.08.2006)

COULEURS LOCALES

Népszabadság - Hongrie

La place de Moscou à Budapest et le souvenir de 1956

L'Association des jeunes chrétiens-démocrates (IKSZ) de Hongrie souhaite changer le nom de la place de Moscou, l'un des plus grands carrefours routiers de Budapest, pour la rebaptiser 'Place de la Révolution de 1956'. Selon elle, aucun haut lieu de la capitale hongroise ne doit rappeler l'occupation soviétique. Pour Judit N. Kosa, l'initiative est absurde : Moscou est une ville européenne et, selon la journaliste, son nom ne véhicule aucun message politique. Elle reproche aux jeunes chrétiens-démocrates de s'atteler à de faux problèmes alors que Budapest doit faire face à de nombreux défis bien réels. "Bien entendu, il faut commémorer dignement l'année 1956, même si nous n'avons toujours pas de vision claire des événements, à l'ombre des monuments du souvenir. Il serait injuste envers l'esprit de 1956 de débaptiser la place de Moscou. Le jour où nous parviendrons à analyser de manière objective les événements de l'époque sera à marquer d'une pierre blanche". (09.08.2006)

Times of Malta - Malte

La Valette un peu pâlotte

Le quotidien déplore la décrépitude de la capitale maltaise. "Les gens se demandent toujours pourquoi, et comment, La Valette peut être aussi vivante de jour, et éteinte de nuit. Pour une ville du sud de la Méditerranée, où il est habituel que toute la population vive dehors, notre ville marque sa différence depuis des décennies, contrairement à Palerme ou Rome qui ne dorment jamais vraiment en raison de leur transformation nocturne. Cela est partiellement dû au déménagement des lieux de fête à Sliema [située à 5 kilomètres de La Valette]. Mais notre capitale ne s'est jamais vraiment remise des blessures psychologiques et physiques de la Deuxième Guerre mondiale et du relatif manque d'intérêt des dirigeants qui ne lui ont pas permis de retrouver sa splendeur. Et il est ironique de constater que les manifestations du festival d'été Malte 2006 se déroulent dans le bâtiment le plus controversé de la ville [Old Opera house], hérité de l'inertie d'après-guerre." (09.08.2006)

 

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