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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 25.08.2006

 

À LA UNE

La crise politique tchèque rebondit

Depuis trois mois, la République tchèque tente de former un nouveau gouvernement. Le conservateur Mirek Topolanek (ODS), vainqueur des législatives début juin, a dû y renoncer jeudi 24 août. Le social-démocrate Jiri Paroubek, Premier ministre sortant, a fait échouer les négociations sur la formation d'un gouvernement minoritaire dirigé par Topolanek. Jiri Paroubek entend désormais former lui-même un cabinet avec le petit parti chrétien-démocrate, soutenu par les communistes.

Extraits des publications suivantes:
Die Presse - Autriche, Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne, Právo - République tchèque, Mladá fronta DNES - République tchèque

Die Presse - Autriche

Pour Wieland Schneider, l'ancien Premier ministre Jiri Paroubek est le "Machiavel de la Vltava". "Pauvres Tchèques. Le spectacle que leur offre aujourd'hui l'élite politique du pays ne saurait susciter en eux d'autres sentiments que la lassitude et la perplexité. Est-ce une farce grotesque qui leur est présentée sur la Vltava ou un drame effrayant sur les intrigues d'un homme qui se cramponne à toutes ses forces au pouvoir ? (...) Officiellement, le social-démocrate Paroubek a marchandé avec le conservateur Mirek Topolanek le prix d'un soutien des sociaux-démocrates à un gouvernement conservateur. Mais il est vite apparu que Paroubek voulait plus, à savoir fixer l'orientation politique du nouveau cabinet. Il est de plus en plus manifeste que le 'Machiavel de la Vltava' a cherché volontairement l'échec du dialogue - afin de retrouver sa place de Premier ministre. Or l'Europe de l'Est compte déjà bien assez de gouvernements bancals où sévissent des aventuriers de la politique, de la Pologne des frères Kaczynski à la Slovaquie, dont le gouvernement est soutenu par des extrémistes de droite. Aujourd'hui, la République tchèque menace à son tour de déraper". (25.08.2006)

Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

Pour Berthold Kohler, les développements récents de la politique pragoise sont un véritable "cauchemar". Le Premier ministre sortant Jiri Paroubek en poste jusqu'à présent "cherche à faire croire aux Tchèques que le Parti démocratique civique (ODS, conservateur) sera incapable de former un gouvernement sans son soutien. Sa solution au problème est claire : Jiri Paroubek n'hésitera pas à former un cabinet avec le soutien du Parti communiste. Pour obtenir la majorité, il ne lui manque plus qu'un parti transfuge, comme le Parti du Peuple, qui a été son allié par le passé. Les communistes, qui se voient proposer le rôle de chevaliers blancs qu'ils avaient eu après 1948, doivent penser qu'ils sont en train de rêver". (25.08.2006)

Právo - République tchèque

L'ancien dissident Petr Uhl ne trouve rien d'anormal à ce que le chef des chrétiens-démocrates, Miroslav Kalousek, souhaite entrer dans un gouvernement qui serait dépendant du soutien des communistes. "En prenant cette décision, il change la donne politique dans le bon sens. Désormais, le chef des verts, Martin Bursik, sera le dernier à représenter des positions anti-communistes. Or, ni les sociaux-démocrates, ni les chrétiens-démocrates n'ont besoin des verts pour former un gouvernement. Ils ont assez de voix (...). Les chrétiens-démocrates ont cessé de résister à la gauche et à sa politique sociale. Depuis hier, le pays s'ouvre à des perspectives plus démocratiques et moins anti-communistes". (25.08.2006)

Mladá fronta DNES - République tchèque

Le commentateur Karl Steigerwald reproche vivement aux chrétiens-démocrates de se satisfaire d'être tolérés par les communistes. "Le gouvernement qui s'annonce n'est pas le résultat du vote des Tchèques, mais de magouilles fomentées dans les secrétariats des partis. Qui aurait voté pour une coalition composée des communistes et des sociaux-démocrates ? Ou pour une coalition réunissant les chrétiens-démocrates et les communistes ? Le chef des chrétiens-démocrates, Miroslav Kalousek, a reconnu hier qu'une alliance avec Jiri Paroubek (soutenue par les communistes) était une décision importante pour son parti. C'est bien plus que cela, il s'agit d'une trahison de l'électorat." (25.08.2006)

RÉFLEXIONS

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Sonja Margolina et la troisième voie de la Russie

L'essayiste d'origine russe Sonja Margolina constate que les intellectuels russes se détournent des valeurs occidentales et cherchent désormais leurs modèles ailleurs. "La société post-soviétique ne tend pas vers l'amour du prochain, mais vers le bonheur, que la démocratie frelatée des années 1990 n'a jamais été en mesure de lui offrir, à l'inverse, semble-t-il, de l'autoritarisme teinté de pétrole. Les acteurs mondiaux qui, à l'instar de la Chine, n'imposent pas d'exigences normatives aux autres Etats amis enregistrent des succès qui donnent le vertige, exercent une attraction magique sur les perdants du nouvel ordre mondial. Le miracle chinois nous montre qu'il n'y a pas nécessairement de corrélation entre le succès et les valeurs 'occidentales' : le manque de liberté et la corruption des institutions ne décrédibilisent en rien la promesse de bonheur. A côté des dérapages américains et de l'abstinence européenne, l'émergence d'un succès différent et d'une force non-occidentale conduit à un affaiblissement du pouvoir d'attraction de l'Occident (...). Le succès de la Chine légitime la troisième voie choisie par les Russes : loin de l'Occident". (25.08.2006)

Libération - France

Zaki Laïdi pour une modernisation de la gauche française

"La gauche [française] ne pourra sérieusement affronter le monde de demain qu'en se modernisant, c'est-à-dire en faisant ce que tous les autres partis de la gauche européenne ont fait : penser le monde du XXIe siècle avec les outils du même siècle", avertit Zaki Laïdi, chercheur au Centre d'études et de recherches internationales (Ceri) à Paris. "La gauche doit cesser de diaboliser comme elle le fait la mondialisation et cela pour une raison encore très simple. En agissant ainsi, elle renforce chez ses militants et ses électeurs le pessimisme social et le déficit de perspectives dont ils se plaignent à juste titre. (...) Le véritable enjeu n'est pas de diaboliser la mondialisation ou, à l'inverse, de minimiser ses dangers. Il est de valoriser systématiquement les opportunités qu'elle crée pour tous. Etre de gauche, c'est ouvrir le jeu ; c'est développer un optimisme social." (25.08.2006)

POLITIQUE

Le Soir - Belgique

Le repli nationaliste flamand

Luckas Vander Taelen, journaliste et régisseur belge, revient sur les propos polémiques du ministre-président de la Flandre, Yves Leterme, qui a déclaré dans une récente interview que les Wallons et les Flamands ne partagent plus grand-chose en commun. "N'y-a-t-il donc personne en Flandre qui comprenne que les francophones se posent des questions lorsque le ministre-président flamand n'arrive pas plus loin que la bière et le football quand on lui demande ce qui nous lie encore dans ce pays ? Cela ne dénote vraiment pas le moindre intérêt pour la culture de notre pays. Mais cette double identité, dont Leterme est, avec un père wallon et une mère flamande, assez ironiquement l'un des produits, ne l'intéresse plus. (...) Leterme tirera des profits électoraux de ses propos musclés mais je crains qu'avec ce genre d'éructations, la Flandre tende de plus en plus à devenir une région repliée sur elle-même." (25.08.2006)

ABC - Espagne

Polémique autour du retrait d'une statue de Franco

Une statue du dictateur espagnol Franco a été retirée le 24 août de l'école militaire de Saragosse. Pour le quotidien de droite, le gouvernement cherche à masquer les véritables problèmes que connaît l'Espagne. "Il n'est pas permis dans les démocraties de détourner l'attention publique des questions qui comptent vraiment en créant des problèmes artificiels ne concernant que les petits intérêts de certains partis. Cependant, cette stratégie commence à devenir une habitude, et devient, du coup, chaque fois moins efficace. La démocratie implique que les dirigeants consacrent leur temps à résoudre les problèmes, non à les créer. (...) Pour les nouvelles générations, les protagonistes de la période républicaine et du franquisme n'ont de l'importance que dans les livres d'histoire. Et le fait de rouvrir de vieilles blessures nuit gravement à la cohabitation basée sur la Constitution et implique une grave irresponsabilité de la part d'un gouvernement démocratique". (25.08.2006)

The Guardian - Royaume-Uni

La France augmente sa participation militaire au Liban

Le quotidien salue l'annonce du président français Jacques Chirac faite le 24 août. Paris portera sa participation à la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) de 400 à 2 000 soldats. "L'engagement de Chirac devrait en pousser d'autres à faire de même alors que les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne (UE) se rencontreront aujourd'hui à Bruxelles en présence de Kofi Annan. Paris assure avec insistance n'avoir jamais promis d'envoyer 15 000 hommes, et la France ne revient donc pas sur ses engagements. La France a toujours voulu, depuis Charles de Gaulle, jouer un rôle déterminant en Europe, jusqu'à assimiler régulièrement les intérêts du pays à ceux du continent. (...) Mais il y a là une occasion en or pour l'UE, prompte à vanter ses ambitions de peser sur la scène internationale, de réaliser ce désir et de faire quelque chose de significatif dans sa turbulente arrière-cours du Proche-Orient." (25.08.2006)

Le Monde - France

Thomas Ferenczi et les faiblesses de la diplomatie européenne

"Même lorsqu'ils parviennent à adopter une position commune, les Européens ont ensuite beaucoup de mal à la faire valoir sur la scène internationale", constate le chroniqueur Thomas Ferenczi. Il s'appuie sur les conclusions d'une étude réalisée pour le Centre pour la réforme européenne qui pointent différentes faiblesses de la diplomatie européenne, comme le manque de cohérence ou l'excès de bureaucratie. "L'analyse de ces diverses carences indique la voie à suivre : encourager la réflexion stratégique, favoriser la continuité par la suppression de la présidence tournante, la nomination d'un ministre des Affaires étrangères, la création d'un service diplomatique, comme le propose le traité constitutionnel, établir par tous les moyens possibles un climat de confiance entre tous les acteurs de la politique étrangère. Cela ne suffira pas à assurer le succès de la diplomatie européenne mais cela peut y aider". (25.08.2006)

CULTURE

Berlingske Tidende - Danemark

Le festival 'Images du Moyen-Orient' sous le feu des critiques

Après la polémique sur les caricatures de Mahomet, le festival culturel 'Images du Moyen-Orient' ('Images of the Middle East') organisé dans différentes villes danoises était censé redorer l'image du Danemark auprès du monde arabe. Mais après la publication d'une anthologie de textes du Moyen-Orient dont sont exclus les auteurs israéliens, les organisateurs se retrouvent aujourd'hui pris dans un tourbillon médiatique. D'après les informations du journal de Copenhague, c'est l'Arabie Saoudite qui a versé le gros des fonds nécessaires à la publication de l'ouvrage. "Le plus grotesque est le titre de l'anthologie : 'Le pont'. Ils auraient mieux fait de l'intituler 'Le trou'. Ce 'trou' dans lequel on retrouve les lecteurs et la direction du festival qui sème la pagaille sans avoir la moindre idée de la façon dont on donne un sens au mot 'dialogue'. Désormais, la vacuité du dialogue de ce festival doit être connue jusqu'à la Mecque. Nos politiques devraient se demander s'il est judicieux de continuer à financer un festival culturel aussi amateur et dépourvu de principes." (25.08.2006)

Delo - Slovénie

Une nouvelle culture des festivals en Slovénie

Les festivals forment le coeur de la vie culturelle estivale, écrit Jela Krecic. Au cours des dernières années ont été créés les festivals de Trnfest, Sanje, Mladi Levi, ou encore les Journées de la poésie et du vin. Si de tels événements reposent principalement sur le bénévolat, il est urgent d'améliorer le soutien financier de l'Etat. "La culture est rentable depuis longtemps et enregistre une croissance constante sur le marché (...). Les villes et les communes européennes organisent des festivals pour que les gens découvrent leur région et - si le festival est un succès - reviennent l'année suivante. Ils apportent leurs idées novatrices et bien entendu leur porte-monnaie (...). Or, ni l'économie, ni le tourisme slovènes n'ont encore perçu ces effets positifs de la culture". (25.08.2006)

La Libre Belgique - Belgique

Un nouveau festival multiculturel

Jan Goossens, directeur du Théâtre Royal Flamand (KVS), prépare, en collaboration avec le Théâtre national un nouveau festival (Toernee General) qui mettra au programme des pièces de théâtre issues des communautés francophone et flamande. Interviewé par Marie Beaudet et Guy Duplat, il insiste sur l'importance que joue la culture dans une société multiculturelle. "J'ai la conviction que c'est de moins en moins la politique qui va changer le monde. L'art et l'artiste ne vont peut-être pas non plus changer le monde, mais ils peuvent au moins montrer le chemin, alors que le politique ne le fait plus guère et cherche juste le statu quo. Je me fous un peu de la Belgique, mais ce qui m'intéresse, par contre, c'est un modèle où toutes les communautés peuvent dialoguer et coopérer, à l'instar de l'Europe en devenir ou comme dans le KunstenFESTIVALdesArts [un festival d'art contemporain bruxellois]." (25.08.2006)

The Daily Telegraph - Royaume-Uni

L'apprentissage des langues étrangères délaissé en Grande-Bretagne

Le quotidien revient sur les chiffres publiés par l'Union nationale des enseignants (NUT) britanniques sur la diminution du nombre de collégiens qui apprennent une langue étrangère. Ce syndicat a qualifié la situation de "désastre total". "L'expression utilisée par NUT attire l'attention, mais il serait plus efficace de parler d'un appauvrissement attristant de notre culture. Il y a des raisons pratiques pour vouloir apprendre une langue étrangère, soit pour le travail ou pour l'agrément en voyage. Mais l'argumentaire bêtement utilitariste rate la valeur profonde de découvrir un mode différent d'expression et de pensée. Apprendre une langue ouvre l'esprit et aide, par effet de miroir, l'étudiant à mieux comprendre sa propre langue. L'anglais est une langue très souple avec un vocabulaire étendu tiré du latin et des langues germaniques. Malheureusement, son universalité laisse croire à ceux dont c'est la langue maternelle que ce n'est pas la peine d'en apprendre une autre." (25.08.2006)

COULEURS LOCALES

Polityka - Pologne

La réputation de la Pologne en Europe

Wally Olins, spécialiste britannique en développement de marques, travaille pour le compte du gouvernement polonais sur la marque 'Pologne'. Marek Ostrowski s'est entretenu avec lui de l'image du pays à l'étranger. "A mon sens, la réputation de la Pologne est à la fois bonne et mauvaise. Les jeunes Polonais qui se rendent en masse en Europe de l'Ouest, en particulier en Irlande et en Grande-Bretagne, donnent une excellente image de la Pologne. Je le constate d'expérience : les Polonais sont enthousiastes, gentils et durs à la tâche. Lorsqu'un Européen de l'Ouest rencontre pour la première fois un jeune Polonais, il est impressionné. En revanche, l'élite gouvernementale polonaise est mal considérée. Cette mauvaise réputation date du dernier changement de gouvernement. Mais elle se limite à la politique et ne concerne pas l'image culturelle ou économique du pays". (23.08.2006)

 

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