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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 07.09.2006

 

À LA UNE

L'adhésion à l'UE de la Bulgarie et de la Roumanie

La date d'adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie dépend des recommandations que la Commission européenne doit rendre publiques le 26 septembre. Le calendrier initial du 1er janvier 2007 devrait être respecté, mais il est possible que soient appliquées des clauses de sauvegarde qui excluraient ces pays de certaines politiques communautaires pendant une durée déterminée.

Extraits des publications suivantes:
Le Soir - Belgique, The Times - Royaume-Uni, Financial Times Deutschland - Allemagne

Le Soir - Belgique

"C'est devenu un rituel : deux fois par an, la Commission européenne évalue les progrès accomplis par les pays candidats à l'adhésion. Tout aussi rituellement, les semaines qui précèdent la remise de ces rapports sont l'occasion pour les dirigeants des pays concernés d'y aller d'un plaidoyer pro domo", explique Pascal Martin. Il fait allusion à la visite cette semaine à Bruxelles du Premier ministre bulgare Serguei Stanichev qui a défendu l'adhésion à l'UE de son pays dès le 1er janvier 2007. "Dans les faits, un report des adhésions bulgare et roumaine en 2008 semble hautement impossible, les réformes entreprises tardivement par ces deux pays ne pouvant de toute façon porter leurs fruits en une seule année. Le jeu de la Commission a consisté jusqu'ici à tenter d'obtenir le maximum des deux Etats, quitte à recourir au dernier moment à des clauses de sauvegarde qui laisseraient partiellement le nouvel adhérent dans l'antichambre de l'UE." (07.09.2006)

The Times - Royaume-Uni

"La Commission européenne s'apprête à dire à la Roumanie et à la Bulgarie qu'elles seront autorisées à intégrer l'Union au mois de janvier", relève Bronwen Maddox. "Elle communique beaucoup sur le sujet, sous-entendant qu'elle dispose d'une assez grande marge de manoeuvre, ce qui est faux. La Commission maintient qu'elle aura assez de sanctions dans sa manche au cas où ces deux Etats, une fois dans l'UE, échoueraient dans leurs reformes. Ce qui est également faux. Le prochain rapport de la Commission sur les progrès réalisés ou non par les deux pays candidats est attendu pour le 26 septembre. Après cela, le club des 25 décidera s'il accepte les deux nouveaux membres ou s'il reporte sa décision d'un an. (...) En dépit de ses doutes sur l'état de préparation des entrants, la Commission a trop de raisons d'aller de l'avant. Des pressions logistiques pèsent sur elle : le mécanisme encombrant des subventions agricoles est en train d'être mis en place, et il serait difficile de le défaire en quatre mois." (06.09.2006)

Financial Times Deutschland - Allemagne

Le journal se concentre sur le casse-tête que représente l'adhésion de la Bulgarie à l'UE. "L'UE n'a aucun échappatoire : par contrat, les Bulgares feront partie de l'Europe en 2008 au plus tard, qu'ils y soient préparés ou non. Ils ne le sont pas. Et c'est pourquoi l'UE devra faire avec : elle accueillera bien le pays en 2007, mais pour en faire un membre de deuxième catégorie. D'après un rapport présenté au printemps par le Commissaire à l'élargissement Olli Rehn, la Bulgarie est incapable de remplir la plupart des conditions imposées pour entrer dans le club des 25 (...). La menace [des clauses de sauvegarde] confère au moins à l'UE un reste de crédibilité. La Bulgarie sera exclue de la politique communautaire dans les domaines où elle transgresse de façon manifeste les standards européens. Par exemple, les jugements de la justice bulgare - dont l'indépendance n'est pas avérée - ne seront pas reconnus dans toute l'Europe. Les citoyens des autres pays européens remercieront la Commission". (05.09.2006)

RÉFLEXIONS

Der Tagesspiegel - Allemagne

Ayaan Hirsi Ali, le discours occidental et les musulmanes

Ayaan Hirsi Ali, ex-députée néerlandaise d'origine somalienne, pense que "la manière la plus efficace pour les gouvernements européens d'aborder la question des minorités musulmanes est de renforcer le rôle des femmes musulmanes dans leurs territoires. Et le meilleur moyen d'y parvenir est l'éducation (...). Les responsables politiques européens n'ont pas encore décelé le potentiel que représente la libération de la femme musulmane. Ils gâchent ainsi leur meilleure chance de réussir l'intégration des musulmans en l'espace d'une génération. Sur un plan moral, les gouvernements ont le devoir d'éradiquer la violence à l'égard des femmes. C'est la seule façon de faire comprendre aux extrémistes que les Européens prennent au sérieux leurs Constitutions. Aujourd'hui, la plupart des oppresseurs trouvent le discours occidental sur l'égalité homme-femme lâche et hypocrite, parce que les gouvernements occidentaux tolèrent la maltraitance de millions de femmes musulmanes lorsqu'on leur dit qu'elle est justifiée par la religion". (07.09.2006)

Le Nouvel Observateur - France

Umberto Eco et les limites d'Internet

"Bien qu'Internet ait changé nos vies, ce progrès technologique pourrait nous conduire à une régression culturelle", avance l'écrivain italien Umberto Eco, qui s'est entretenu avec François Armanet de son dernier essai consacré à la régression de l'Histoire. "Borges nous avait raconté dans 'Fictions' l'histoire de 'Funes ou la mémoire', cet homme qui se souvenait de tout, de chaque feuille qu'il avait vue sur chaque arbre, de chaque mot qu'il avait entendu au cours de sa vie et qui, à cause de sa mémoire totale, était un parfait idiot. La fonction de la mémoire n'est pas seulement de conserver, mais aussi de filtrer. (...) Or, pour un navigateur naïf, Internet c'est Funes. Internet lui dit tout sans lui dire si telle ou telle information est fiable. (...) Si on n'éduque pas les internautes à la navigation, on finira par avoir six milliards d'encyclopédies, une par habitant de la planète !" (07.09.2006)

POLITIQUE

El País - Espagne

La fin de règne de Tony Blair

Alors que le Premier ministre britannique Tony Blair doit préciser ce jeudi 7 septembre le calendrier de son départ, le quotidien revient sur le parcours de cet homme. "Il est le Premier ministre travailliste qui est resté le plus longtemps en poste au Royaume-Uni [9 ans]. Il a eu la sagesse, avant sa troisième victoire électorale, d'annoncer qu'il ne se présenterait plus ensuite. Mais il ne sait pas désormais comment partir et il entraîne avec lui dans un abîme le Parti travailliste. Après avoir été l'un des dirigeants les plus innovateurs de la gauche, il a perdu de sa popularité en raison de son alignement inconditionnel sur les Américains pendant la guerre en Irak. (...) Hier, plusieurs de ses collaborateurs, dont un secrétaire d'Etat, ont présenté leurs démissions. Cela a tout l'air d'une fin de règne". (07.09.2006)

The Guardian - Royaume-Uni

L'avenir du Parti travailliste en question

"Qui aurait pu honnêtement prévoir, en 1994 ou même en 2005, que les années de gloire du Nouveau Parti travailliste se termineraient de cette façon, en un affrontement direct et irrémédiable entre deux hommes [Tony Blair et son ministre de l'Economie Gordon Brown] dont le talent et une complicité sans précédent ont apporté à la gauche britannique le plus grand succès de son histoire", commente le quotidien. "Les démissions en série au sein du gouvernement suite à une conspiration parlementaire ont fait l'effet d'une douche froide, et le Parti travailliste tout entier se focalise sur la question de sa direction. Du coup, les appels à une 'transition stable et ordonnée' semblent dater de l'époque révolue de l'innocence. Cependant, dans ces circonstances difficiles, il est dans l'intérêt du Parti travailliste que la transition se fasse d'une façon aussi lisse que possible. Une guerre civile pourrait détruire le gouvernement, aussi sûrement qu'elle en a détruit d'autres dans le passé. Si, à un moment donné, les militants, les sympathisants et députés travaillistes devaient exiger le retour du bon sens et le respect des hautes sphères de leur parti, c'est bien maintenant." (07.09.2006)

Magyar Hírlap - Hongrie

L'Europe de l'Est et les Etats-Unis

Adrian Severin, ancien ministre roumain des Affaires étrangères, propose la formation au sein de l'UE d'une fédération des pays atlantistes d'Europe de l'Est. "L'expérience a montré que les Etats-Unis étaient doués pour la guerre, mais étaient incapables d'échafauder seuls des stratégies de paix". Pour lui, l'Europe et la Russie ne sont pas les rivales des Etats-Unis. "Au contraire, elles peuvent devenir des partenaires et s'imposer face à de nouveaux acteurs comme la Chine, dans un contexte de concurrence mondiale de plus en plus exacerbée. A trop se focaliser sur l'idée d'un monde unipolaire gouverné par les Etats-Unis et sur le soutien calculé de différents tyrans locaux, les Etats-Unis risquent de perdre le contrôle et de s'embourber dans des conflits inutiles ou des opérations de sauvetage coûteuses". (06.09.2006)

Rzeczpospolita - Pologne

La Pologne et le bouclier antimissiles américain

Le général polonais Stanislaw Koziej, ancien vice-ministre de la Défense, examine les avantages et les inconvénients de la création par les Etats-Unis d'un bouclier antimissiles, dont une base serait installée en Pologne. Selon lui, le projet risque de créer des problèmes avec la Russie, mais également avec les partenaires européens de la Pologne au sein de l'UE et de l'OTAN. "La position des autres pays européens sur ce dossier est cruciale. Or, ils sont plutôt réticents. Cela veut dire que nous risquons de voir se compliquer nos relations avec nos alliés et nos partenaires de l'OTAN et de l'UE. L'existence d'une base américaine en Pologne ne doit pas être une alternative à l'OTAN ou à l'UE". (07.09.2006)

Hospodářské noviny - République tchèque

La ghettoïsation des Roms tchèques

D'après une étude du ministère tchèque du Travail et des Affaires sociales, un tiers des Roms de République tchèque vivent dans des ghettos isolés. "Ce chiffre étonne même les experts", constate Vojtech Blazek, "qui évaluaient jusque-là le nombre de ghettos à une douzaine. En réalité, il en existe un dans chaque grande ville, ou presque (...). Les Roms, dont 90% sont sans emploi, ne parviennent pas à s'en sortir seuls et renoncent à se battre pour une vie meilleure. Ils vivent des aides sociales. 'Le problème, c'est que la deuxième génération de Roms tchèques aura grandi avec cette dépendance', s'inquiète le sociologue Ivan Gabal. 'La fermeture de ces ghettos prendra trente ou quarante ans'. Entre 2008 et 2013, l'Union européenne mettra deux milliards de couronnes sur la table [plus de 70 millions d'euros]. Mais on ignore encore quelle forme donner à ces aides". (07.09.2006)

To Vima - Grèce

Le gouvernement grec contre la confession à l'école

"La circulaire du ministère de l'Education et des Cultes demandant l'abandon de la confession dans les écoles publiques a fait l'effet d'une bombe", souligne le quotidien. "Cette annonce a en effet provoqué la colère de l'Eglise de Grèce, en cette rentrée des classe mouvementée, qui refuse l'application d'une telle circulaire et demande au gouvernement de revoir sa copie. L'Eglise, non séparée de l'Etat, compte user de son pouvoir de persuasion, mais le ministère n'a pas l'intention de céder. La Ministre [Marietta Giannakou] n'a-t-elle pas, pour une fois, raison de vouloir mettre de l'ordre dans les écoles ? Si l'on suit la logique de l'Eglise, la récente vague d'immigration aurait pour conséquence la mise à disposition pour les élèves d'un imam, d'un prêtre catholique, d'un pasteur ou d'un lama ! La confession est un acte sacré et personnel qui n'a plus sa place à l'école". (07.09.2006)

ÉCONOMIE

Le Figaro - France

Le marché européen de l'énergie est une priorité

Le gouvernement français veut privatiser l'entreprise Gaz de France afin de lui permettre de fusionner avec le groupe Suez. Le débat suscité par ce projet offre, selon l'économiste et politologue français Pierre Noël, "l'occasion de souligner l'importance de relancer le projet de marché unique de l'énergie. (...) L'impact de la fusion sur les conditions de notre approvisionnement énergétique (...) dépendra de l'organisation et de la régulation des marchés dans lesquels opérera le futur groupe, donc de la capacité des États membres à relancer ce grand projet économique qu'est la construction de marchés énergétiques européens. L'Europe a besoin d'acteurs industriels de taille mondiale, mais l'émergence de ces derniers ne peut pas être une alternative à la construction de marchés énergétiques continentaux : s'ils veulent agir pour la sécurité énergétique et la compétitivité économique de l'Europe, les États membres, dont la France, doivent se consacrer de manière prioritaire à ce projet". (07.09.2006)

CULTURE

Le Temps - Suisse

Le mot 'colonisation' sème la discorde en France

La journaliste Sylvie Tanette s'intéresse à la polémique provoquée en France par la dernière édition du dictionnaire 'Le Robert', dans laquelle le mot 'colonisation' est défini comme une 'mise en valeur, exploitation de pays devenues colonies'. Le Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) a demandé le retrait de cet ouvrage des librairies. "Un groupe de citoyens s'attaquant à un dictionnaire, voilà qui est probablement inédit dans l'histoire de la lexicologie française. Mais l'affaire témoigne de l'émergence de la question noire en France. Ce que cherche à faire le CRAN, c'est à ouvrir les yeux des Français, secouer les habitudes d'un pays qui longtemps n'a pas voulu s'interroger sur son colonialisme (...)." (07.09.2006)

Heti Világgazdaság - Hongrie

Disparition du poète György Faludy

Le poète György Faludy, qui vient de disparaître à l'âge de 96 ans, était un enfant terrible de la littérature hongroise et une figure de proue de la résistance politique, écrit Gabor Muranyi. Il a survécu à un camp de travail communiste et s'est exilé pendant plusieurs décennies à Paris, New York, Londres et Toronto. En 1988, il est retourné à Budapest. Ses traductions originales des ballades François Villon ont été lues comme une critique du régime communiste et ont connu un grand succès. "György Faludy a écrit qu'il a traduit Villon 'parce qu'il pouvait dire sous ce nom des choses qui n'auraient pas été tolérées sous son véritable patronyme". (06.09.2006)

COULEURS LOCALES

Lietuvos Rytas - Lituanie

Le bonheur simple de la Lituanie

Pour Vitalija Jankauskaite, chaque pays a ses malheurs. Aux Etats-Unis, ce sont les troubles raciaux et la violence, en Russie la résistance à la démocratie occidentale. "Les grands pays ont de grands problèmes. Ceux de la Lituanie semblent modestes en comparaison : notre malheur est de perdre au basketball et de n'avoir pas le droit d'introduire l'euro en raison d'une inflation trop élevée, ce qui a écorné l'image du pays. Cependant, nous avons de quoi nous consoler : si nous n'avons pas l'euro, nous avons les plus jolies filles et la meilleure bière. Nous faisons partie de l'UE et l'OTAN se charge de la sécurité de notre espace aérien". (06.09.2006)

CHOUX DE BRUXELLES

Gazet van Antwerpen - Belgique

Les dépenses de Bruxelles en traduction

Le parlementaire européen Alexander Stubb a présenté cette semaine un rapport sur les "dépenses d'interprétation du Parlement européen". Pour Paul Geudens, ce document "montre une fois de plus les sommes importantes qui sont gaspillées dans l'Union européenne. En 2003, l'Europe a dépensé un milliard d'euros en traduction. (...) En soi, ce n'est pas une surprise pour une institution qui compte 20 langues officielles. La diversité culturelle coûte de l'argent. L'anglais, comme langue de travail européenne rendrait le fonctionnement plus efficace et entraînerait des économies, mais le veut-on ? Manifestement pas. En fait, les gaspillages épinglés par le rapport ne sont pas tant générés par le plurilinguisme de l'UE que par la nonchalance des mandataires et des fonctionnaires. Plus de 25 millions d'euros ont été dépensés pour rien [en 2003], à cause de réservations finalement inutiles qui font que des traducteurs bien payés se retrouvent pendant des heures, voire des jours, à se tourner les pouces." (06.09.2006)

 

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