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08.01.2009

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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 12.09.2006

 

À LA UNE

Le forum euro-asiatique d'Helsinki

Les chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-cinq et de leurs treize partenaires asiatiques (les pays d'Asie du Sud-Est ainsi que la Chine, le Japon et la Corée du Sud) se sont réunis ces trois derniers jours dans la capitale finlandaise à l'occasion du sixième forum euro-asiatique (ASEM). L'Europe réalise-t-elle à quel point il est important de nouer des liens forts avec l'Asie ?

Extraits des publications suivantes:
Le Temps - Suisse, Süddeutsche Zeitung - Allemagne, Turun sanomat - Finlande

Le Temps - Suisse

"Après dix ans d'existence, le dialogue Asie-Europe n'a toujours pas trouvé sa vitesse de croisière", remarque Richard Werly dans son éditorial. "Qui réalise que le sommet de l'ASEM réunit tous les deux ans 38 pays représentant 43 % du commerce mondial et que demain, avec l'Inde, son poids sera plus accru encore ? (...) Ce forum euro-asiatique est au cœur du débat sur la sécurité énergétique. (...) Mais derrière les structures, les gouvernements peinent à reconnaître leurs intérêts. Quel pays asiatique peut être convaincu de l'utilité d'un dialogue multilatéral avec l'UE alors que, sur le terrain, chacun des pays membres se dispute les contrats et se précipite pour signer des accords de libre-échange bilatéraux ? (...) N'en déplaise aux communiqués prometteurs publiés ce lundi (11 septembre) en conclusion du sommet d'Helsinki, l'ASEM patine aussi parce que l'Europe ne tient pas compte dans son dialogue des mutations survenues en Asie." (12.09.2006)

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Alexander Hagelüken décrit la lenteur avec laquelle l'Europe découvre l'Asie. "Qu'il s'agisse de la protection du climat, des exportations ou des droits de l'Homme, le sommet de Finlande a montré que l'Europe et l'Asie étaient liées par de nombreuses questions existentielles. Les pays membres de l'UE ne peuvent donc plus se permettre de prendre leur temps dans la découverte de l'autre continent. (...) Mais un empressement à commercer pourrait inciter les Européens à faire des compromis sur des valeurs telles que la démocratie ou la liberté d'expression (...). Jusqu'où doit aller l'Europe pour développer le commerce avec l'Asie, en particulier avec la Chine ? A Helsinki, le gouvernement chinois a de nouveau demandé que soit mis un terme à l'embargo sur les armes et réclamé l'extension des débouchés à l'export pour ses entreprises. Aucune concession n'aurait été accordée. Dès lors qu'il est question des droits de l'Homme, Pékin fait la sourde oreille (...). Visiblement, la Chine cherche à tester le seuil de tolérance des Européens. Mais à ce jeu là, l'UE risque de perdre son âme. Les valeurs d'une dictature à parti unique ne sont pas des biens d'importation très désirables". (12.09.2006)

Turun sanomat - Finlande

Le journal finlandais salue la création d'un vrai dialogue entre l'Europe et l'Asie lors du sommet ASEM, et espère une avancée dans les domaines de l'environnement et de l'énergie. "Espérons que la Chine jouera le jeu, car sa forte croissance économique entraîne de gros besoins en énergie. Le pays dispose d'une source d'énergie facile d'accès et bon marché, le charbon. Mais l'impact de son utilisation sur l'environnement est colossal. La Chine doit miser sur les énergies renouvelables - un secteur qui compte également pour la Finlande et les autres pays de l'Union, et qui doit être mieux exploité". (12.09.2006)

RÉFLEXIONS

Przegląd - Pologne

Barbara Stanosz et l'idéologie du catholicisme polonais

Dans une interview avec Przemyslaw Szubartowicz, la philosophe polonaise Barbara Stanosz explique qu'à plusieurs égards, elle ne se sent "pas beaucoup mieux" en Pologne aujourd'hui qu'à l'époque du communisme. "Tout d'abord, c'est à cause de la situation économique. La pauvreté n'est peut-être pas aussi répandue qu'autrefois, mais elle est plus humiliante et plus profonde, car elle se transmet de génération en génération. Ensuite, on assiste au retour précoce d'une idéologie présentée comme 'la seule valable'. La religion catholique a pris la place d'une 'conception scientifique du monde', avec tous les inconvénients qui en découlent : le culte des autorités et des leaders idéologiques, les méthodes d'endoctrinement (...) et la discrimination des personnes qui rejettent cette idéologie. Aujourd'hui, ces derniers sont de moins en moins souvent victimes de la répression policière. Mais ils sont qualifiés d'inadaptés et mis au ban de la société, avec des conséquences semblables".  (11.09.2006)

The Guardian - Royaume-Uni

Steve Rose et l'architecture antiterroriste

"A quoi va ressembler la nouvelle tour de la Liberté ?", se demande Steve Rose, le spécialiste en architecture du journal, qui analyse le projet de l'Américain David Childs. "Un avant-goût a été proposé de l'autre côté de la rue, dans le bâtiment 7 du World Trade Center (WTC) qui a ouvert voilà quelques mois. Cet élégant bâtiment de 52 étages, qui a également été dessiné par Childs, remplace une troisième tour, plus petite, qui s'est aussi effondrée le 11 septembre. Sans être une sorte de prototype pour la tour de la Liberté, le bâtiment 7 du WTC pourrait donner naissance à une nouvelle génération de bâtiments élevés. Il contient une multitude d'innovations en matière de construction qui devraient faire école, et s'avère également être l'un des édifices les mieux protégés du monde contre le terrorisme. Notre paysage s'est transformé après le 11 septembre, et il contient désormais des barrières, des machines à rayons X, des écrans, tout un arsenal antiterroriste. Il est difficile de présenter de manière positive les tentatives visant à intégrer tout cela dans les plans des bâtiments. ... Mais il faut au moins souligner que des efforts ont été faits pour qu'à Ground Zero, la nouvelle architecture contre le terrorisme s'accompagne de véritables améliorations au coeur de l'environnement urbain". (11.09.2006)

La Repubblica - Italie

Adriano Sofri et le centenaire de la non-violence

Il y a 100 ans, le 11 septembre 1906, l'Indien Gandhi parlait pour la première fois à Johannesburg de la non-violence. A quoi sert encore ce concept ? Adriano Sofri, ancien dirigeant du mouvement d'extrême gauche italien 'Lotta Continua', libéré de prison fin 2005 pour raisons de santé et collaborateur régulier de la presse italienne, revient sur cette histoire. Il demande à la lumière des évènements qui ont marqué la fin du XXe siècle et le début du XXIe - la chute du mur de Berlin, Tien Amnen, l'Intifada, la guerre en Tchétchénie - si le concept de non-violence a encore un sens. "La non-violence date de la sagesse hindoue, grecque et des évangiles. Même dans son expression la plus laïque elle a un contenu religieux (...). La non violence mise sur la capacité de chaque être humain à écouter et à désarmer. Mais il ne faut pas parier à l'aveuglette. Pas au point de se convaincre que le mal n'existe pas et que l'on n'a pas d'ennemi". (12.09.2006)

POLITIQUE

Delo - Slovénie

Ajournement dans les nouveaux pays de la mise en oeuvre de Schengen

Il était prévu que les nouveaux pays membres de l'UE [entrés en mai 2004] et la Suisse mettent en oeuvre l'accord Schengen en octobre 2007. Mais la suppression des contrôles aux frontières intérieures a été repoussée au moins jusqu'en 2009. Des problèmes d'ordre technique et opérationnel sont à l'origine de cet ajournement, a expliqué lundi 11 septembre un porte-parole du commissaire européen à la Justice et aux Affaires intérieures, Franco Frattini. Bozo Masanovic affiche sa déception. "Cet ajournement touche les dix nouveaux Etats membres de l'UE, alors qu'ils ont multiplié leurs efforts pour la surveillance des nouvelles frontières de l'Union après leur adhésion. Aujourd'hui, ils se sentent lésés et s'indignent. Le projet d'intégration européenne se trouve retardé par une défaillance du système informatique (...). Les nouveaux pays membres voient dans cet ajournement dû à un problème technique le reflet de la méfiance des vétérans de l'Europe à leur égard". (12.09.2006)

Diena - Lettonie

Les Roumains et Bulgares iront-ils travailler en Lettonie ?

La Lettonie souffrant d'une pénurie de main-d'oeuvre dans de nombreux secteurs, le pays s'interroge sur les avantages et les inconvénients de l'immigration. Aivars Ozolins plaide en faveur d'une ouverture du marché du travail letton aux Bulgares et aux Roumains, qui entreront prochainement dans l'Union européenne. Mais ceux-ci veulent-ils seulement venir en Lettonie ? "Le salaire n'est qu'un des facteurs qui poussent les travailleurs à partir. La langue joue également un rôle important, ainsi que la proximité géographique et culturelle. De nombreux Bulgares ont d'ores et déjà élu domicile en Italie, en Espagne et en Grèce, et il est peu probable que ce courant se détourne vers le Nord après l'entrée du pays dans l'UE. Dans tous les cas, l'immigration légale est préférable à l'immigration clandestine, qui résulte des restrictions. La Lettonie n'a pas à redouter l'afflux massif de mécaniciens et d'ouvriers bulgares. Au contraire : nous ne pouvons même pas espérer que l'arrivée de travailleurs européens soulage la pénurie de main-d'oeuvre dont nous souffrons de plus en plus". (12.09.2006)

Rzeczpospolita - Pologne

La Pologne, meilleur allié d'Israël au sein de l'UE

Le président polonais Lech Kaczynski est actuellement en visite en Israël. A cette occasion, Yossi Melman, chroniqueur au quotidien israélien 'Haaretz', se réjouit de la bonne entente qui règne entre l'Etat hébreu et la Pologne. "Il ne fait aucun doute que Lech Kaczynski nourrit des sentiments amicaux à l'égard d'Israël et des juifs. Il est certain qu'il poursuivra la politique actuelle de la Pologne, qui est l'un des meilleurs alliés, si ce n'est le meilleur, d'Israël au sein de l'UE. Nous n'avons aucun conflit d'intérêt avec vous, comme avec la France ou l'Espagne. La seule ombre dans nos relations concerne l'entrée de la 'Ligue des familles polonaises' dans la coalition gouvernementale polonaise. L'événement a été remarqué ici. Il n'est pas question d'accuser Roman Giertych, le ministre de l'Education, d'antisémitisme, car ce serait faux. Mais il se trouve dans son entourage des personnes aux vues radicales". (12.09.2006)

El País - Espagne

L'Espagne se résout à revoir sa politique d'immigration

"La politique de l'Espagne en matière d'immigration, jugée comme l'une des plus libérales du continent européen, a commencé à amorcer un revirement en raison de l'arrivée aux Canaries de plus de 5 000 immigrés sub-sahariens depuis un mois et demi", explique le quotidien en notant que les deux principaux partis du pays s'accordent désormais sur le fait qu'il ne faut pas décider de nouvelle régularisation massive de clandestins. "Les politiques migratoires appliquées en Espagne ont été très fluctuantes, puisque les deux grands partis du pays ont changé plusieurs fois d'avis, et ce même lorsqu'ils étaient au pouvoir. Il y a eu huit vagues de régularisations, cinq réalisées par le Parti populaire [PP, droite] et trois par le Parti socialiste espagnol [PSOE], cette formation ayant effectué la plus importante en nombre. (...) Le nouveau discours politique du gouvernement en matière d'immigration sera jugé en fonction des effets qu'il aura à court terme sur l'arrivée massive d'immigrants." (12.09.2006)

Libération - France

Madrid veut s'inspirer de la France en matière d'immigration

"Accusé d'avoir suscité une flambée de candidatures à l'émigration clandestine à cause des importantes régularisations de sans-papiers qu'il a décidées, le gouvernement espagnol pourrait amorcer un tournant vers un durcissement de sa politique", commente l'éditorialiste Gérard Dupuy, qui établit un parallèle avec la politique appliquée par l'actuel gouvernement français en matière d'immigration. "Les rapatriements forcés viennent à l'ordre du jour, et le même irréalisme se donne cours de l'autre côté des Pyrénées que de celui-ci. Un responsable socialiste [José Blanco, numéro 2 du Parti socialiste espagnol] assure que la grande majorité des 800 000 sans-papiers qui vivraient en Espagne ont vocation à être expulsés. C'est impossible, et il est irresponsable de laisser croire le contraire." (12.09.2006)

Politiken - Danemark

Le premier scrutin du Monténégro indépendant

Le journal commente les premières élections législatives du Monténégro indépendant, remportées le 10 septembre par la coalition gouvernementale dirigée par Milo Djukanovic. "Djukanovic est accusé de corruption depuis de nombreuses années, mais la majorité n'est toujours pas prête à le faire tomber. La désillusion de ce pays pauvre à l'égard de son élite politique est grande. La majeure partie de la population semble toutefois croire que Djukanovic est le plus à même de garantir l'entrée du Monténégro dans l'Union européenne (...). Le Monténégro ne peut plus accuser la Serbie de tous les maux dont il souffre. Djukanovic était autrefois un allié proche de Slobodan Milosevic, mais il a su rompre à temps avec Belgrade. Aujourd'hui, il doit montrer qu'il est également capable de rompre avec l'héritage de corruption du passé et d'une élite politique et économique qui domine le pays depuis plus de vingt ans. Il n'est pas facile pour Djukanovic de se détacher d'un régime dont il a été lui-même l'architecte". (12.09.2006)

Phileleftheros - Chypre

La dissolution du gouvernement chypriote turc

Ferdi Sabit Soyer, Premier ministre de la République turque de Chypre du Nord (non reconnue) a annoncé, lundi 11 septembre, la dissolution de son gouvernement et présenté sa démission et au président Mehmet Ali Talat. "Avec cette demission organisée, le républicain Soyer [du CTP, Parti républicain turc] met un terme à sa coalition avec le Parti démocrate dirigé par Serntar Denktash, le fils de l'ancien leader chypriote turc [Rauf Denktash], dont l'extrémisme et la mauvaise volonté ont fait échoué les négociations sur la réunification de l'île. (...) On ne peut donc pas véritablement parler de scandale politique, mais plutôt de la volonté de Soyer et Talat de se débarasser des personnes allant à l'encontre de l'européanisation de la partie turque", note Pampos Kaskanis. Ferdi Sabit Soyer dervait former une nouvelle coalition dans les prochains jours. (12.09.2006)

ÉCONOMIE

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

La Russie entre chez EADS

La banque d'Etat russe VTB vient d'acheter 5% du groupe aéronautique européen EADS. Peter A. Fischer, correspondant du journal en Russie, commente. "L'achat entre dans le cadre des efforts du Kremlin pour ouvrir de nouveaux débouchés à l'industrie aéronautique russe (...). A quelques exceptions près, le secteur aéronautique russe souffre d'un financement insuffisant, de l'absence de stratégie internationale et de son incapacité à vendre ses compétences. Mais tous ces problèmes appartiendront bientôt au passé, selon la volonté du Kremlin. Enrichi par l'argent du pétrole, l'Etat russe souhaite investir plusieurs milliards dans le sauvetage de l'industrie aéronautique russe afin d'en faire une industrie clé, compétitive sur le marché mondial". Toutefois, la Russie aura beau poursuivre des buts stratégiques en rachetant des parts d'EADS, le succès dépendra uniquement de la volonté des membres actuels du consortium, que sont l'Allemagne, la France et l'Espagne, commente le journaliste. "Même si elle acquiert 10% d'EADS, la Russie ne pourra pas occuper de fonction exécutive sans l'assentiment de chacun d'eux". (12.09.2006)

CULTURE

New Statesman - Royaume-Uni

Histoires de la langue anglaise

"L'idée même de rédiger une histoire de la langue anglaise est problématique et suppose des choix épineux. Deux nouveaux ouvrages historiques évoquent les thèmes classiques de façon convaincante, et offrent tous deux une nouvelle approche", note Henry Hitchings, auteur du 'Dictionnaire du Dr Johnson : l'extraordinaire histoire du livre qui a défini le monde'. "L'anglais se compose d'une multitude de variétés. Cela inclut l'anglais irlandais, (...) aussi bien que l'anglais maori, l'anglais d'Afrique de l'Ouest que l'on parle au Ghana et en Sierra Leone, et des fusions comme le 'singling' (parlé à Singapour). Si l'histoire de l'anglais s'est autrefois focalisée sur sa forme 'standard', un récit exemplaire se doit aujourd'hui de prendre en compte ses dialectes et ses variantes. Par ailleurs, là où il était acceptable de parler du 'triomphe de l'anglais', il est désormais d'usage d'identifier l'extraordinaire propagation de la langue comme une marque de l'impérialisme impitoyable de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis. En même temps, une version plus subtile de l'histoire pourrait très bien accorder une place à l'histoire des langues parlées en Angleterre, mais c'est une autre histoire." (12.09.2006)

Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

Mélange des genres au festival de littérature de Berlin

Andreas Kilb fait l'éloge du Festival international de littérature qui se tient actuellement à Berlin. "Six ans après sa création, le festival manque encore de ténacité dans sa programmation et d'intelligence dans la gestion de ses subventions. Certains genres sont mis à l'honneur (cette année, la littérature francophone d'Afrique et des Antilles), mais on ne retrouve aucune catégorie récurrente, ni aucune hiérarchie. Aux yeux des nombreux critiques qui souhaiteraient classer la littérature non pas uniquement par genres, mais également par chiffres des ventes, (...) cette confusion est un défaut. En réalité, c'est une chance (...). Entre deux rendez-vous obligatoires, on assiste soudain à une lecture du merveilleux Pico Iyer, qui nous parle des rencontres dans les aéroports, du décalage horaire et des salles d'embarquement, de l'anglais si particulier de l'Inde et d'un incendie dans une habitation en Californie. Iyer, né en Angleterre de parents indiens, vit aujourd'hui au Japon et aux Etats-Unis, et sa vie est aussi polyphonique que sa prose, pastiche des lieux, des images, des perspectives. L'espoir évoqué par Edouard Glissant de voir naître une nouvelle beauté dans ce monde globalisé prend forme dans les miniatures de Pico Iyer". (12.09.2006)

 

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